Mon NaNoWriMo 2013

NaNo

Article exceptionnel aujourd’hui car demain, départ pour les Utopiales de Nantes (Voir la rubrique « Où me rencontrer ? » Je vous annonce aussi qu’il n’y aura pas de revue du Web ce week-end, elle reviendra la semaine suivante.

C’est de circonstance, je vais vous parler du NaNoWrimo. Je l’ai déjà évoqué de manière générale dans cet article, qui comporte d’ailleurs des témoignages intéressants. Je vous invite à le lire d’abord si vous n’avez aucune idée de ce qu’est le NaNoWriMo !

Que représente le NaNo (son appellation courante) pour moi ? Quand je l’ai découvert, en 2006 ou 2007 – et oui, ça commence à faire un bail ! – j’avoue que je me suis demandée pourquoi participer à ce challenge littéraire. Je veux dire, écrire 50 000 mots en un mois (ce qui représente environ 300 000 signes espaces comprises), OK et ensuite ? Néanmoins, même si j’étais en partie sceptique, je n’ai pas résister aux sirènes du NaNo (il faut dire que je résiste rarement à un challenge littéraire…) et je me suis lancée.

J’ai tenu pendant quelques jours et puis… j’ai lamentablement décroché. L’expérience m’aura au moins appris deux choses : d’une part, qu’il faut tenir le rythme des 1 667 mots par jour dès le début (et non pas se dire « je mettrai un coup de collier le lendemain ! », ce que j’ai trop tendance à me dire en temps normal), d’autre part , qu’il faut un minimum se préparer. Mais le plus important et ce qui m’avait le plus frappé à l’époque, c’est l’extraordinaire émulation qui règne dans les rangs des NaNoteurs. L’écrivain est bien souvent seul devant son traitement de texte (ou une page blanche, pour les plus nostalgiques), aussi savoir qu’au même moment, des dizaines de milliers d’écrivains sont également penchés sur leur clavier et rencontrent les mêmes difficultés que vous pour sortir ce **** de première version, franchement, ça aide !

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Le déclic s’est produit lors du NaNoWrimo 2008. À cette époque, j’ai un projet qui grandit dans l’esprit de Muse, mêlant fantasy urbaine et fantastique. Le côté « réécriture de contes de fée » n’était pas prémédité mais il a grandi peu à peu au cours des différentes versions, jusqu’à devenir un aspect essentiel du roman. Ce bouquin, c’est le premier tome des « Outrepasseurs », qui va paraître chez Gulf Stream Editeur le 13 février 2014.

Bien entendu, la version finale du roman se trouve à des années-lumière de ce que j’ai écrit en novembre 2008. Après nombre de réécritures partielles ou totales, de conversations passionnées avec mes lecteurs et de corrections, il est normal que le bouquin que vous pourrez bientôt tenir entre les mains soit bien différent de cette première version !

Néanmoins, ce NaNo 2008 m’a mis le pied à l’étrier. Il m’a prouvé que je pouvais mener un projet jusqu’à son point final. Cela peut sembler normal, mais pour un bébé auteur (pour reprendre une expression de Jo Ann, que j’aime beaucoup), cette étape n’est pas toujours évidente. Savoir que vous pouvez conclure un roman « potable » – j’entends par là avec une intrigue un tant soit peu logique dans son déroulement – vous aide à prendre confiance en votre capacité d’écriture, en votre Muse (bon, ensuite, vous ne pouvez plus décrocher la bestiole de votre esprit, mais c’est une autre histoire), bref  en vous-même.

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Bien sûr, le NaNo ne représente pas une étape obligée dans le parcours d’un écrivain. Il offre une opportunité de se consacrer à l’écriture pendant un mois et ce dans la bonne humeur générale (elle règne souvent dans le forum du NaNo d’ailleurs !). Personnellement, je garderai toujours une tendresse pour ce challenge littéraire. Depuis 2008, j’ai réussi la plupart de mes NaNos (et non, pas tous !) et je m’apprête donc à rempiler pour une énième édition (j’ai arrêté de les compter…)

Avec quel projet, me direz-vous ? Il était logique qu’après avoir évoqué le premier tome des Outrepasseurs, je mentionne la suite ! Je me lancerai donc dans l’écriture du troisième et dernier tome de cette trilogie, dont vous n’avez pas fini d’en entendre parler d’ailleurs ! (Pour les curieux, le second tome se trouve déjà chez mon éditrice.)

Quelques petits conseils si vous vous lancez dans le NaNo ?

  1. Ne vous découragez pas, même si votre début vous paraît une daube immonde : persévérez dans l’effort, vous reviendrez dessus ensuite !
  2. Tenez le rythme : comme je le disais plus haut, ne remettez pas au lendemain ce que vous pouvez écrire le jour même !
  3. Coupez vos ongles (clin d’œil spécial à Jo Ann et ses conseils bien utiles pour le NaNo que vous pouvez consulter sur le site d’Espaces Comprises)
  4. Si vous aimez écrire en groupe, n’hésitez pas à profiter des ressources que le NaNo offre ! Je rappelle à cette occasion le site Web des French Wrimos, le groupe de NaNoteurs français (et qui accueille aussi par défaut les Belges francophones, comme ma pomme).
  5. Et enfin, amusez-vous ! comme je le disais dans mes trois commandements de l’écrivain.

Tous mes encouragements à ceux qui se lancent dans l’aventure & à mardi prochain !

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Le mardi sur son 31

Le principe est simple: ouvrez votre lecture du moment à la page 31 et tirez-en une phrase qui vous semble le mieux convenir pour illustrer le livre.

Alors au programme aujourd’hui, il y aura deux bouquins (vous commencez à me connaître, je suis gourmande!) et toutes deux des histoires d’amour.

On commence par cette phrase:

« Le bal de ce soir étant moins formel que d’autres évènements mondains, il avait délaissé la perruque poudrée pour nouer ses cheveux noirs en catogan. »

Ca vous pose tout de suite l’ambiance, non ?

Tiré de « Scandaleuse Elisabeth » (tome 1 de la famille d’Arsac ») d’Eléonore Fernaye chez Milady Romance

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Le 4e de couverture:

« Paris, 1778. 

La ravissante Élisabeth d’Arsac attire à elle tous les regards. Cette jeune femme éprise de liberté refuse tous ses prétendants car elle veut préserver son indépendance et éviter les désagréments du mariage. Pourtant, elle ne résiste pas aux attraits d’une liaison clandestine avec le séduisant Américain qu’elle a rencontré au bal masqué. Cependant l’idylle tourne court lorsqu’il demande sa main. Élisabeth n’envisage pas une seule seconde de s’encombrer d’un mari, mais le destin en a peut-être décidé autrement… »
Ce que j’ai aimé:
  • Le cadre historique: peu exploité, je pense, en romance, c’était intéressant de découvrir cette époque et surtout d’un point de vue francophone! D’ailleurs, ça se sent, l’auteur a fait pas mal de recherches sur l’époque, les us et coutumes, et arrive à distiller tout ça sans tourner en manuel historique. J’ai apprécié la découverte.
  • L’héroïne: J’avais un peu peur en découvrant le titre, mais dans son ensemble, l’héroïne m’a plu. C’est une jeune femme moderne avant l’heure, avec des opinions bien ancrées et qui n’hésite pas à prendre des risques pour rester fidèle à ses convictions. Et puis honnêtement, j’aime aussi le fait qu’on découvre une femme qui ne désire pas attendre le mariage pour découvrir les joies du lit et qui prend donc un amant pour se déniaiser. Cette liberté m’a plu!
  • Le style: l’histoire est servie par un style d’écriture très élégant, reflet de l’époque sans tomber dans des tournures désuètes ou compliquées. Bref, un récit très agréable à lire. Et je dois dire que les scènes sensuelles entre nos deux amoureux sont très bien décrites!
Ce que j’ai moins aimé:
  •  L’intrigue: ce qui peut sembler bizarre vu ce que je viens de citer plus haut, et je pense que ça n’interpellera peut-être pas des lectrices plus aguerries en romance, mais j’aurais aimé plus de risques de la part de l’auteur. Bon, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, l’histoire tient la route et est agréable à découvrir. Néanmoins, force est d’avouer que je reste sur ma faim.
  • Le héros: Et pourtant, il a des atouts pour plaire, ce cher Henry ! Malheureusement, là où le bât blesse pour moi, c’est que je n’ai pas réussi à accrocher à son personnage autant qu’à celui d’Elisabeth. J’aurais aimé qu’on mette plus tôt en lumière ce qui le tourmente – d’ailleurs, je suis au regret de dire que je n’ai toujours pas compris toutes les circonstances de son accident – bref, qu’on montre ses failles plus tôt dans le récit.
En conclusion, un premier tome qui m’a plu, sans avoir été un coup de coeur. Néanmoins, comme j’ai appris que le tome 2 portait sur le frère de la demoiselle – même si la preview n’était pas inclue dans la version numérique – je pense bien y jeter un oeil !
On enchaîne sur une de mes lectures-doudou, un livre que j’ai lu et relu sans me lasser, bref un roman que je n’hésite pas à aller chercher dans ma bibliothèque quand j’ai besoin d’un remontant! Vous l’aurez compris, coup de coeur en vue!
La phrase:
« Dans la grande ville, noire et muette sous la pluie, dans ce Paris qu’elle ignorait, il flambait comme un phare, il semblait à lui seul la lumière et la vie de la cité. »
Je vous avais promis une histoire d’amour. Hé bien, une des plus poignantes que je connaisse est:
« Au bonheur des dames » d’Emile Zola
 aubonheur
4e de couverture:
« Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie. »
  • Je sais, rien que d’évoquer le nom de « Zola » est une prise de risque. Les lectures obligatoires au collègue et au lycée ont fait des ravages. Alors, de là à dire que c’est un coup de coeur… et pourtant, on oublie trop vite que, sous les descriptions parfois fastidieuses et à rallonge, se cachent un cynisme jubilatoire, un humour noir ciselé comme un diamant et surtout, une grande connaissance de l’âme humaine.
  • Zola, c’est aussi la gouaille d’un écrivain qui outre ses thèses naturalistes, décrit une société et ses travers d’une plume vengeresse. Dans le cycle des Rougon-Macquart, dont le bonheur des Dames fait partie, il n’aura de cesse de dénoncer par une ironie mordante les préjugés de l’époque, les dessous de cet Empire qu’il ne reconnaît pas comme sien. Para doxalement, ce sera aussi un de ses meilleurs ambassadeurs.
  • Mais j’ai parlé d’amour, me direz-vous. Hé bien oui: car dans « Au bonheur des Dames », Zola déploie ce qu’il laisse rarement percer dans les autres Rougon-Macquart (du moins ceux que j’ai lu) à savoir une grande tendresse et un romantisme aussi discret que charmant. D’un côté, on a Octave Mouret, un chef d’entreprise, un homme entreprenant, qui veut imposer son magasin de nouveautés (comprenez un magasin de confections) comme l’un des premiers centres commerciaux de Paris (et oui, les romances érotiques d’aujourd’hui n’ont rien inventé avec leurs multi-milliardaires en tête d’affiche!)
  • De l’autre, on a Denise, une jeune fille qui a dû fuir sa province avec ses deux frères plus jeunes, et qui ne pense qu’à assurer leur avenir et le sien. Ces deux personnages vont nouer leur idylle – ô combien contrariée! – au sein du Bonheur des Dames. Vous me direz, c’est le boss qui s’amourache de son employée. Bien sûr. Mais réduire cette histoire d’amour à cette phrase serait une grave erreur. Car Denise, même si elle aime Octave, refuse de céder à ses avances, car elle sait très bien ce qu’il lui en coûterait. Pour preuve, cette réponse quand il lui offre de l’entretenir:
« Non, laissez-moi… Je ne suis pas une Clara [une des maîtresses d’Octave et elle aussi employée au magasin], qu’on lâche le lendemain. Et puis, monsieur, vous aimez une personne, oui, cette dame qui vient ici… [la maîtresse « officielle » d’Octave, qui lui a permis de nouer des contacts dans la haute société] Restez avec elle. Moi, je ne partage pas.« 
  • Bien sûr, l’histoire d’amour entre Octave et Denise n’empêche pas le thème central du roman, qui est la mort des petits commerces, ayant chacun sa spécialité, par le magasin d’Octave (là aussi, si ce n’est pas un thème d’actualité, n’est-ce pas..) et l’exploitation de la femme par ce capitaine d’entreprise, qui finira par trouver sa vengeance dans le personnage de Denise. Une vengeance bienveillante cependant, car elle apportera ce qui manque à Octave: la générosité et l’humanité ( en particulier quand on connaît les conditions de vie des employés du magasin!).
  • Vous l’aurez compris, je suis bien incapable de vous dire ce que j’ai aimé/moins aimé dans ce roman. C’est un coup de coeur, non seulement parce que c’est un roman visionnaire  à plus d’un titre, mais aussi parce que ses personnages sont touchants et attachants. Si je ne devais vous donner qu’un conseil, c’est de ne pas craindre d’ouvrir ce roman et de le (re)découvrir à votre aise.

Inauguration de la page « Bonus » – Extraits !

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Chers lecteurs,

Je vous avais promis une surprise quand le cap des 100 abonnés sur ma page Facebook (voir la page Présentation & Contact ) serait atteint. C’est chose faite depuis la semaine dernière. Aussi, pour vous remercier de votre fidélité et de votre soutien, voici non pas une, mais trois surprises que je vous ai préparées. Vous ne pourrez pas dire que vous n’êtes pas gâtés!

Vous trouverez ci-dessous trois extraits à découvrir, tous issus de mes publications actuelles et à venir, j’ai nommé « Au service des insectes » et « Le Serpentaire » 1 & 2 !

Comme deux de ces extraits sont assez longs, je vous invite à les lire dans leur intégralité dans la page « Bonus » ci-dessus.

Extrait n°1, le début d’ Au service des insectes:

— Bess, réveille-toi.
La jeune femme soupira et se tourna sur le côté.
— Bess, bon sang ! Debout !
On la secouait vigoureusement par le bras. Bess se décida à ouvrir les yeux. Elle grommela :
— Il est quelle heure ?
— L’heure d’accomplir ton devoir. Lève-toi.
Bess se frotta les yeux. À la faible lueur de la chandelle, elle distingua la mince silhouette de Jeannie, qui venait de la réveiller. Attablée devant sa tasse de fortithé, Marge demeurait immobile, le regard perdu dans le vague. Une expression de résignation se lisait sur sa large face, entourée de longs cheveux gris. Marge avait une quarantaine d’années, mais elle en faisait facilement vingt de plus, résultat de nuits agitées de cauchemars et d’insomnies. Dans les premiers temps de son intégration dans l’équipe des nourrices, Bess avait été terrifiée par les hurlements de la vieille femme. […]

Retrouvez la suite ici.

Et si vous voulez lire les avis des lecteurs, rendez-vous dans la revue de presse!

Extrait n°2, le début du Serpentaire, épisode 1 : Dans ton ombre

La troisième cloche venait de sonner quand Izma arriva à la porte du Verseau. Essoufflée, elle s’arrêta un instant. La descente était rude jusqu’aux rives du fleuve Noun. La jeune femme prit le temps de lisser du plat de la main sa tunique de soie rose, qui dessinait ses formes menues. Elle ajusta la cape de la même couleur qui couvrait ses épaules. Remettant en place une mèche noir corbeau, elle se retourna et regarda la cité.

Bâtie sur une colline, Héliopolis, ville du dieu Soleil, trônait dans la lueur dorée de l’astre. Izma plissa les yeux : d’ici, elle pouvait à peine distinguer le drapeau pourpre planté au sommet du temple des Héliades. En dépit de la chaleur, elle frissonna. Seule, sans le soutien incessant d’Arctus, sans la pression exercée par Yarkam et sa clique, elle pouvait s’avouer qu’elle n’avait aucune envie de faire partie des Héliades. Pas plus qu’elle ne voulait exécuter ce dernier défi, qui, à coup sûr, lui permettrait de revêtir la toge pourpre et de siéger aux côtés de son époux.

Retrouvez la suite ici

Et enfin, parce que je me suis laissée dire que des lectrices ont dévoré « Dans ton ombre » et attendent avec impatience le second et dernier épisode du Serpentaire, voici un petit extrait pioché au hasard !

Extrait n°3 : Le Serpentaire 2, à la croisée des chemins

[…] Izma avait frissonné à ces mots alors qu’en même temps, son imagination s’enflammait. Soumis aux influences contraires des deux astres, le désert constituait le repaire des exclus, hors-la-loi et autres aberrations, terrain de la lutte sans fin entre le jour et la nuit. Jeune fille, Izma avait souvent rêvé de partir à l’exploration de ces contrées méconnues. Dangereuses. Puis la proposition d’union avec l’un des plus beaux partis de la cité l’avait éblouie et elle avait oublié ses ambitions. Des enfantillages, comme elle les avait appelés avec dédain, avant qu’ils ne trouvent à présent un second souffle. […]

Avant de vous laisser à votre lecture, je signale que je dispose encore de cartes postales aux couleurs du Serpentaire, et si nous nous croisons IRL (voir la page « Où me rencontrer ?« ) vous pouvez bien entendu me demander une dédicace ! Ce sera avec grand plaisir.

Voilou, j’espère que ces extraits vous ont plu! A tous et toutes, un bon week-end.

Dédicace Laska du 19 octobre – Compte rendu

Avant toute chose, situons le cadre: un salon de thé dans une rue paisible du 1er arrondissement de Paris, à deux pas de la foule des Halles.

Tea_corner

Nommé le « Tea Corner », il accueillait en ce samedi cinq auteurs Laska: myself, bien entendu, pour le « Serpentaire » ainsi qu’Anne Rossi, auteur entre autres des « Yeux de tempête« ; Pauline Libersart, auteur de « L’Homme de la sierra » et qui a réalisé un compte rendu de cette rencontre sur son blog; Xenja avec son « Going Wild » et Fabiola Chenet, dont le « Passion et Conséquences » va bientôt être publié.

Petite présentation pour ceux qui ne connaisseraient pas les éditions Laska: il s’agit d’une maison d’édition québécoise 100% numérique et s’intéressant à un seul genre: la romance! Vous pouvez y trouver des nouvelles, novellas, des romans ainsique des séries et ce dans tous les genres de la romance: paranormale, historique, contemporaine, etc ! Pour plus d’informations, je vous invite à consulter le site internet de la maison.

Cet aparté bouclé, revenons donc à la séance de dédicaces communes! Nous avions toutes reçu auparavant, de la part de notre éditrice, des cartes postales représentant les couvertures de nos oeuvres, comme l’illustre cette photo:

N'est-elle pas belle, ma carte ?

N’est-elle pas belle, ma carte ?

Après un déjeuner savoureux, nous avons sorti les cartes et dégainé les stylos! Anne, en grande professionnelle, avait sorti sa trousse spéciale avec bics de différentes couleurs (et aux différentes senteurs!) ainsi que les tampons encreurs. Le Tea Corner, qui affichait déjà salle comble, se voit de plus en plus encombré. Qu’importe: les gérantes y font face avec une grande sympathie – un grand merci à elles d’ailleurs!

On s’interpelle, on discute, on papote joyeusement et bien sûr, on signe. A cette occasion, j’ai le plaisir de pouvoir rencontrer plusieurs personnes croisées sur la Toile, telles que Karen du Boudoir Ecarlate (qui a d’ailleurs réalisé de très jolies photos, encore merci!) ou encore Valérie d’Onirik, ainsi que pas mal de membres du forum Les Romantiques.

L’après-midi s’avance, je trouve un moment pour papoter (enfin!) avec mes collègues auteurs: je découvre ainsi le grand talent de Xenja pour résumer des séries télés, Pauline et Anne suivant la conversation avec grand intérêt. Je fais aussi la connaissance d’AngieOz, la créatrice de la couverture de « Passion et conséquences » de Fabiola Chenet – je la trouve absolument sublime!

Je n’ai malheureusement pas eu le temps de converser aussi longtemps que je l’aurais voulu avec toutes celles qui sont venues nous rendre visite, par manque de temps et de place, j’espère que ce n’est que partie remise. Heureusement, nous avons eu le temps de prendre une photo-souvenir!

groupe-laska

De gauche à droite: Fabiola Chenet, Pauline Libersart, Xenja, Anne Rossi et moi.

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J’en profite aussi pour vous annoncer que la revue du Web habituelle de ce week-end sera remplacée…  En effet, j’avais promis à mes abonnés sur Facebook une surprise si le chiffre de 100 était atteint (chose faite la semaine dernière!) Donc, chers lecteurs, restez connectés !

 
 
 

 

Le mardi sur son 31

Un mardi sur son 31 sur un roman-choc : autant vous prévenir tout de suite « Kinderzimmer », c’est une claque littéraire.

Kinderzimmer_couv

A l’origine de cette lecture, il y a Cécile du blog les lectures de Cécile  inaugurant un challenge « Rentrée littéraire ». Le principe en est simple : lire 6 romans parus lors de cette rentrée littéraire. J’avais déjà remarqué « Kinderzimmer », d’une part pour son thème – la seconde guerre mondiale est un de mes favoris – d’autre part, en raison des chroniques. Well, il n’en fallait pas plus pour que je sois embarquée (de mon plein gré) dans une lecture commune ! Celle-ci a d’ailleurs été une chouette expérience!

Revenons au roman. Sans plus tarder donc, voici la phrase de ce mardi :

« Surgiront aussi des sons sans images ; triangle rouge, organiser, transport noir, érysipèle, lapins, cartes roses, NN, [chtoubova], [blocova], [chtrafbloc], [arbaïtsapel], [chmoukchtuc], [ferfugbar], [chlague], [revire], [komando], [yougueuntlagueur], [lagueurplatz], [chvaïneraille], [vachraoum], [aoufchtéheun], [chaïsecolone], [planiroung], [chraïberine], [kèleur], [loïseu]. »

Cette phrase est intéressante à plus d’un titre : d’abord, parce que je me suis amusée à retrouver les mots en allemand à partir de ces phonèmes (si je ne me trompe pas… mes études de linguistique sont déjà loin !) ; ensuite, pour l’ambiance que l’auteur parvient à faire passer en ces quelques mots. On imagine sans peine Mila, le personnage principal, terrifiée par ces mots hurlés au visage des prisonnières, ces insultes qu’elle devinait sans les connaître. Et c’est enfin d’autant plus fort de jouer sur ces mots pour instiller la peur panique, surtout dans le cadre d’un camp de concentration. Ce passage m’a énormément marqué.

Le 4e de couv’ :

« Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”
 
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles. »

 Sur le roman en lui-même, ce que j’ai aimé :

* L’énorme travail de recherche que sa conception a dû demander : c’est un aspect qu’on oublie trop souvent de souligner, et je salue d’autant plus l’auteur qu’elle n’assomme pas le lecteur d’emblée de jeu avec des faits et des chiffres. Au contraire, elle la transmet par le regard d’une jeune femme ignorante (et à plus d’un titre), une innocente qui est broyée par l’enfer où elle débarque.

* Le rapport à l’enfant. Je ne pense pas spoiler en disant que Mila est enceinte. Et que forcément, la question de l’enfant se pose tôt ou tard. Il y a des phrases terribles, des mots qui vous marquent au fer rouge dans ce roman et pas seulement pour l’horreur qui y est véhiculée. Au début, loin de l’image d’Epinal de la femme se découvrant enceinte, Mila est désespérée, atterrée par cette mort qu’elle porte en elle, dans son ventre. La mort est autour d’elle, la mort est aussi en elle. Il faudra un long et douloureux parcours, semé d’épreuves irréversibles, pour que cette image la quitte. Je n’en dirai pas plus, mais sachez que les dernières pages sont absolument poignantes.

* La fin. Justement, en parlant de ces dernières pages, elles ont représenté une bulle d’oxygène bienvenue dans ce roman. Ne vous y trompez pas, l’auteur n’offre pas de « happy end », qui serait d’ailleurs absolument illogique. Mais il y a des moments de grâce, des éclaircies d’espoir fugitives dans un ciel décidément bien sombre, qui m’ont profondément émue.

Ce que j’ai moins aimé :

* Le style. Il a été un élément décisif dès les premières pages. L’auteur nous offre des phrases assez longues, dans un style très brusque, semé de mots indépendants, de virgules qui vous font l’effet de coups de hache, de changements du « je » en « tu » et en « il ». Si je comprends la logique derrière ce style – très puissant au demeurant – il est vrai que le lire sur l’espace d’un roman peut se révéler lassant. Parfois usant. S’il nous donne l’opportunité d’approcher au plus près les sentiments de Mila, il peut rebuter le lecteur. Un choix d’auteur en tout cas, qui ne m’a pas laissée indifférente.

* Mila. Ca peut sembler contradictoire après tout ce que je viens de dire, mais là aussi, je ne peux en dévoiler de trop. Là aussi, je comprends le choix de l’auteur dans la caractérisation de son personnage, néanmoins, j’aurais aimé voir, je pense, d’autres facettes de son caractère, qui interviennent un peu trop tard à mon goût dans la lecture. Goût personnel, je le reconnais !

En tout cas, « Kinderzimmer » ne laisse en aucun cas indifférent. Je me souviendrai longtemps de ce roman, de ces personnages et je suivrai avec intérêt les productions de l’auteur !

Kinderzimmer – Valentine Goby chez Actes Sud.

Revue du Web n°6 – semaine du 14/10

Parce que certains articles bien utiles sont trop vite éclipsés par le flux croissant de nouvelles en tout genre, je vous propose une nouvelle catégorie d’articles sur ce blog : la revue du web ! Où, à ma modeste échelle, je donne les liens vers ce qui m’a intéressé dans la Toile du Net cette semaine, avec réactions de ma pomme à la clef ! Bien sûr, j’aborde en priorité des articles sur l’écriture & la littérature, mais d’autres domaines ne sont pas exclus !

Revue publiée exceptionnellement le dimanche, puisqu’hier, j’étais à la séance de dédicace organisée conjointement avec les auteurs Laska ! J’en ferai un compte rendu plus détaillé jeudi prochain (et oui, vous aurez des photos !)

On va commencer, une fois n’est pas coutume, par un discours. Ni discours-fleuve, ni leçon de vie, simplement le témoignage d’un écrivain de talent, touche-à-tout livré à de jeunes diplômés en beaux-arts. Cet auteur, c’est Neil Gaiman, que l’on ne présente plus, et qui s’exprime très simplement & honnêtement envers ses pairs. Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, je vous rassure, le discours est sous-titré en diverses langues (perso, j’ai testé le sous-titrage VO et il fonctionne très bien !) Enjoy !

On enchaîne avec un reportage très intéressant concernant le rapport entre la romance et le numérique. Forcément, avec mon « Serpentaire », je ne pouvais qu’être interpellée sur le sujet ! En moins de 5 minutes, le journaliste parle des éditeurs « pure players », aka ceux qui publient exclusivement en numérique, et qui s’intéressent bien sûr à la romance. A découvrir ! Notez aussi que cette capsule sur le Web est le premier épisode d’une série intitulée « Un livre 2.0 » et dont on pourra retrouver les numéros sur le site Web de la célèbre émission littéraire « Un livre un jour ».

En parlant de romance, et vu que j’en parlais dans un article précédent, voici le témoignage en trois parties d’une amie auteur, Cécile G. Cortès, que j’ai déjà citée sur ce blog, et qui explique ce qu’elle pense de ce genre en toute franchise. Le genre d’articles que j’aime lire !

On poursuit dans le rayon « écriture » avec cette fois-ci, l’article franchement drôle et instructif de Silène, auteur entre autres des « Moelleuses au Chocolat » que j’avais citée dans mon article sur la romance, et qui parle cette fois-ci de l’écriture d’un roman en duo avec Paul Beorn, auteur chez Mnémos et bientôt chez Bragelonne ! Si vous voulez en savoir davantage sur cette méthode d’écriture, je vous conseille de lire ce témoignage. 

Enfin, on va terminer cette revue par un article de Lise Syven, auteur aux éditions du Riez et bientôt chez Castelmore (Bragelonne), qui parle d’un sujet qui interpelle de plus en plus, à savoir la communication des auteurs sur la Toile. Elle apporte sa réponse aux questions les plus fréquemment posées, à savoir le rapport entre présence de l’auteur sur le Web et les ventes de ses ouvrages, ou encore si cette présence en vaut vraiment la peine. A lire donc!

Voilà, cette revue est terminée. J’espère que vous y trouverez votre bonheur et rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau numéro!

L’envoi d’un manuscrit: quelques conseils (2)

Deuxième partie de cet article, concernant mes suggestions avant que vous n’envoyez votre manuscrit aux éditeurs. Vous pouvez consulter la première partie ici.

A présent que vous êtes certain d’avoir mis toutes les chances de votre côté, il ne vous reste plus qu’à sauter le pas, à savoir l’envoi proprement dit ! Là aussi, cependant, ne foncez pas tête baissée et effectuez quelques recherches auparavant. Cela pourra vous faire épargner de l’argent, des ennuis et de la désillusion.

D’abord, renseignez-vous sur l’éditeur auquel vous voulez envoyer votre bébé. Tous ne pratiquent pas le compte d’éditeur. Certains vous demanderont une participation financière pour certaines prestations, voire toutes. Je vous conseille donc vivement de vous renseigner sur les différents comptes d’édition via cette page  ou tout simplement, en prenant votre temps pour consulter le site internet de l’éditeur. N’hésitez pas non plus à fouiller sur le Web afin de voir s’il existe des témoignages d’auteur et autres informations susceptibles de vous aider dans votre choix.

Ensuite, renseignez-vous sur les publications de l’éditeur. Feuilletez-en plusieurs, afin de vous faire une idée sur sa ligne éditoriale. Regardez sur son site Internet s’il existe des précisions quant aux soumissions et/ou au mode d’envoi de celles-ci. Inutile de lui envoyer votre recueil de nouvelles par exemple si l’éditeur ne prend que des romans ! Je sais, l’exemple est bidon, mais vous seriez étonnés du nombre de soumissions de ce genre qui partent directement à la poubelle.

Si vous êtes auteurs d’imaginaire, je vous recommande également le Guide des éditeurs publié par l’association Tremplins de l’Imaginaire. Comme vous le verrez, j’y ai collaboré pour un article, je peux donc vous dire que ce guide est très bien conçu! Et à 5 euros le prix de vente, cela reste modique.

Enfin, pour les soumissions papier, n’hésitez pas à relier votre manuscrit. Ca facilitera le travail du comité de lecture. Aérez la mise en page, augmentez les marges, voire l’interligne au besoin. Pour les détails pratiques, je vous conseille cet article de la romancière et grande amie Lise Syven.

Ca y est, vous avez envoyé ? Bravo ! A présent, pour être passée par là, je peux vous dire qu’il est très difficile de ne pas guetter l’arrivée du facteur ou de ne pas rafraîchir sa boîte mail toutes les cinq minutes dans l’attente de nouvelles!

Je vous rassure, l’étape est normale. Tenez cependant en compte que vous n’êtes pas le seul/la seule à avoir envoyé votre bébé aux éditeurs, que chez eux les manuscrits s’empilent dans les boîtes mail ou les bureaux des comités de lecture. Donc patience. Ne relancez pas toutes les semaines, ça ne sert à rien. Concentrez plutôt sur autre chose (et pourquoi pas entamer un autre projet ?)

Bientôt la suite! Et comme le samedi, je ne serai pas là, rendez-vous donc dimanche pour la revue du Web. Passez un agréable week-end!