Démystifier l’écriture (II)

Première partie ici ! 


Soumission aux éditeurs/éditrices

Premier conseil et le plus important quand vous soumettez à un éditeur : RENSEIGNEZ VOUS ! Là non plus, ne faites pas l’autruche et ne soumettez pas à l’aveuglette. Est-ce que vous vous présenteriez à un contrat d’embauche sans avoir pris le moindre renseignement sur votre employeur ? Non. Donc agissez de même avec votre manuscrit. Soyez professionnel-le-s et informez-vous.

Visitez le site Internet. Regardez ses publications. A-t-il un diffuseur/distributeur? parlez aux autres auteurs/autrices de la maison. Au besoin, contactez une association de défense des auteurs/autrices (je vais y revenir). Bref, renseignez-vous. Ne foncez pas tête baissée sur la première offre alléchante. Parce que vous risquez de vous en mordre les doigts.

On me dira – oui, mais c’est difficile d’être publié ! On n’a pas toujours le choix de la ME (maison d’édition) qui va nous publier. A ceci, je réponds Oui…. mais Non. Oui, c’est difficile d’être publié. Oui, votre manuscrit pourra se voir refuser à de nombreuses reprises. Pour autant, ce n’est pas impossible non plus. Quant à la ME qui va vous publier… De nouveau, ce n’est pas une faveur qu’on vous accorde. C’est une relation commerciale qui se noue ayant pour objet votre manuscrit. De nouveau, est-ce que vous signeriez un contrat d’embauche sans le lire, juste parce qu’un employeur vous a dit oui ? J’espère pour vous que non, parce que vous risquez fort de le regretter. Il en va de même pour votre manuscrit.

Soyons clair-e-s une fois de plus – combien de temps avez-vous passé sur ce texte ? Des semaines, des mois, des années ? Vous vous rendez bien compte de la somme de travail, alors pourquoi le céder au premier venu qui lui ferait les yeux doux sans se renseigner d’abord ? De nouveau – soyez professionnel-le dans votre démarche ! Et il en va de même pour le contrat d’édition (je parle toujours à compte d’éditeur).

Le contrat d’édition

Nous y voilà enfin – le contrat d’édition de votre manuscrit. Premier conseil : NE RIEN SIGNER AVANT DE LE LIRE. Vous pensez que ça va de soi ? Hélas, non.

Deuxième conseil : prenez le temps de le lire. Personne (enfin j’espère! ) ne vous met la pression, voire le couteau sous la gorge pour le signer, n’est-ce pas ? Et c’est bien souvent le premier contrat de ce type que vous avez sous les yeux. Donc oui, vous avez le droit de prendre le temps de la réflexion avant de signer ! Et vous savez quoi ? Vous avez même le droit de vous informer auparavant !

Oui mais… à qui demander ? En premier lieu : aux auteurs/autrices déjà publié-e-s si vous en connaissez. Ne vous contentez pas d’un seul avis, demandez-en plusieurs. Vous verrez que cela vous sera d’une aide précieuse dans le reste de votre carrière. Vous ne connaissez pas d’auteurs/d’autrices ? Ou vous voulez demander à qqun d’autre, qqun ayant une vue plus globale du monde de l’édition ? … Devinez quoi ? Ça existe (si, si). Les associations d’aide et de défense des intérêts des auteurs & des autrices sont là pour vous !

  • Les bonnes adresses (en Belgique et en France)

Alors, je vais en citer quelques-unes, pas toutes (de nouveau, je ne prétends pas être exhaustive sur le sujet). On va commencer par la Belgique et la SCAM qui réalise un énorme travail à ce sujet (j’y suis d’ailleurs affiliée).

Je signale également une de ses publications qui est juste géniale, qui pourra vous servir tout au long de votre carrière concernant justement les rémunérations des différentes activités que vous pourrez peut-être exercer durant votre carrière : Le barème des prestations ponctuelles pour auteurs et autrices de l’écrit. 

En France, vous avez la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, qui publie notamment le très utile contrat al dente.

Un document dont je vous conseille vivement la lecture avant même de signer votre contrat d’édition !

Il existe également d’autres ressources qui peuvent vous permettre de prendre des informations sur les réalités du métier d’auteur/d’autrice.

En Belgique, vous avez le service promotion des lettres de la fédération Wallonie-Bruxelles.

Par ex. enseignant-e-s et auteurs/autrices belges, savez-vous que grâce au programme Ecrivains en classe, vous pouvez inviter/être invité lors d’interventions scolaires à la charge de la FWB ?

Ou encore que vous pouvez demander des aides financières/subsides, que vous soyez auteur/autrice/animateur/animatrice d’atelier d’écriture et autres ?

En France, vous avez par exemple les ressources du Centre national du livre, où vous trouverez non seulement des ressources comme ce guide des auteurs, mais aussi des informations sur les bourses et autres aides dont vous pouvez bénéficier.

TBC !

Démystifier l’écriture (1)

Il y a quelque temps, j’ai commencé sur twitter – sur une impulsion, comme d’habitude oserais-je dire – un fil (assez long) d’abord sur le fait de se professionnaliser en tant qu’auteur/autrice, et ensuite, sur les ressources bien utiles à avoir sous la main quand on débute dans le métier !

Parce que tout se perd assez vite sur les réseaux sociaux, voici donc la première partie de ce fil 🙂 Enjoy !

  • Sur le titre d’auteur/d’autrice

D’abord, une mise au point : je vois encore trop souvent des auteurs et autrices nier le titre d’écrivain, d’auteur et trouver toutes les variantes possibles et imaginables comme si ielles étaient indignes de ce titre. Newsflash, people : dès que vous écrivez, que ce soit pour être publié-e ou non, que vous écriviez des nouvelles, de la romance, du contemporain, des poèmes, etc… Vous êtes auteur/autrice. Arrêtons d’agir comme si ce métier était un droit divin ou un privilège décerné par de mystérieuses autorités. La réalité du métier est bien plus prosaïque que ça. Donc sans vous prendre pour le prochain prix Goncourt ou la future JK Rowling (parce que soyons clair-e-s, vous risquez de sévères désillusions si c’est le cas) assumez votre statut d’auteur & d’autrice. Vous verrez que ça vous rendra service !

  • Comment se professionnaliser

On va parler ici de ce qui se passe pendant et après l’écriture, à savoir comment se professionnaliser. Naturellement, je vais parler de ce que je connais et c’est loin d’être exhaustif, donc n’hésitez pas de votre côté à vous renseigner. J’ai déjà abordé dans cet article les choses à savoir lorsqu’on soumet un manuscrit et les documents qui vous seront (certainement) demandés. Rien que par cette démarche, qui indique votre volonté d’être publié-e, vous avez déjà entamé le processus de professionnalisation. Vous considérez que votre manuscrit peut être publié = vous avez donc conscience de sa « valeur ». Je ne parle pas de sa valeur financière, on y reviendra après. Pour le moment, je parle de sa valeur, de son statut à vos yeux. Vous avez mis des mois, voire des années pour l’achever, le peaufiner, le rendre le meilleur possible. C’est quelque chose qui vous tient nécessairement à coeur. C’est une valeur de coeur. A présent que vous vous engagez dans le processus de publication en le soumettant aux éditeurs, vous devez prendre conscience d’un autre aspect potentiel de votre manuscrit – sa valeur financière/monétaire. Parce que soyons clair-e-s : si les livres étaient gratos, vous le sauriez. Donc, du moment qu’il faut payer pour l’acquérir, l’objet en question a une valeur commerciale. Ce qui n’enlève rien aux autres aspects qu’il peut revêtir, mais autant ne pas faire l’autruche.

Surtout que cela ne vous rendra pas service, en fin de compte. Car croyez bien que les autres acteurs de la chaîne du livre, eux, en ont parfaitement conscience. Donc responsabilisez-vous et ouvrez les yeux sur la réalité de votre statut et de ce que vous avez produit. Ce que je vois aussi trop souvent, c’est l’auteur/l’autrice parler de la publication de son bouquin comme si l’éditeur/l’éditrice lui avait décerné une immense faveur ce faisant.

 

Un éditeur/une éditrice, s’iel est bien informé-e et connaît son métier, est qqun qui non seulement apprécie les textes pour leur valeur littéraire, mais aussi doit tenir compte de leur potentiel commercial. Parce que, les gens, pas plus les auteurs que les éditeurs ou les autres acteurs de la chaîne du livre ne vivent d’amour de la littérature et d’eau fraîche. Donc, si un éditeur/une éditrice se dit intéressé-e par votre manuscrit, c’est qu’iel a parfaitement conscience de son potentiel commercial & de la valeur que ce dernier peut prendre sur le marché du livre. Une fois de plus, ca n’enlève rien à la valeur littéraire de votre texte : bien sûr qu’un éditeur/une éditrice peut avoir un coup de coeur pour votre manuscrit (et je vous le souhaite !) Mais il faut arrêter de faire l’autruche et éviter la question de votre rémunération. Parce que qui dit publication dit OBLIGATOIREMENT contrat dit OBLIGATOIREMENT rémunération. Mettez-vous bien ça dans le crâne.

Naturellement, je parle ici de contrats à compte d’éditeur (à savoir l’éditeur prend la charge financière de la publication). Je vous invite à consulter cette page pour plus d’informations – HAUTEMENT NECESSAIRES – concernant les contrats d’édition.  

TBC !

Foire du Livre de Saint Etienne 2018

Hello tout le monde,

 

On se retrouve aujourd’hui pour une brève concernant donc ma présence à la Foire du Livre de Saint-Etienne, qui se tient ce week-end ! (Toutes infos et guides pratiques ici )

 

Où et quand me retrouver ?

On va commencer par le lieu – stand J 6 (îlot des romans ados) à l’espace Jeunesse installé à la place Jacquard.

Pour mes horaires de dédicace, je serai donc là du vendredi après-midi au dimanche fin de matinée.

En détail, voici ce que cela donne !

  • Vendredi 12 : de 15 à 19 h
  • Samedi 13 : de 9 à 19 h
  • Dimanche 14 : de 9 à 11 h 30

N’hésitez pas à me faire signe si vous vous y rendez ! 😉

Septembre 2018 – le CR !

Et c’est parti pour le premier CR de cette rentrée !

Naturellement, le premier événement dont je vais vous parler, c’est bien entendu la sortie de Terre de Brume – tome 1 !

Il est sorti depuis à peine deux semaines et je ne compte déjà plus le nombre de photos, stories, chroniques et autres avis que vous m’avez envoyés sur ce premier tome !

On pourrait croire qu’à chaque sortie, je prenne l’habitude de votre accueil, de votre intérêt et enthousiasme. Qu’à force, je devienne blasée.

Mais ce serait profondément méconnaître la nature des auteurs/autrices ainsi que la relation privilégiée qu’iels peuvent entretenir avec ses lecteurs & lectrices. Pire encore – ce serait une insulte de vous traiter de la sorte alors que vous vous démenez, toujours plus nombreux-ses, que vous venez à ma rencontre (parfois de très loin!). Ce serait sous-estimer votre générosité.

Aussi, au risque de me répéter, MERCI pour tout ce que vous faites ! Vos yeux qui brillent, vos discussions, les échanges que je peux avoir avec vous tou-te-s… C’est un des plus grands plaisirs dans la vie d’écrivain.

et en plus, quand on m’offre des fanarts, alors là, c’est juste la cerise sur le (parfait) gâteau ! Merci encore au talentueux Pandamis pour ce magnifique portrait !

 

Qui dit aussi septembre dit… salons et dédicaces ! 

L’occasion de revenir en Auvergne et de faire halte aux Aventuriales.

On peut dire que ce week-end a été parcouru de moments extraordinaires (je me souviendrai encore longtemps de la projection du Prestige, en compagnie de Christopher Priest, l’auteur du roman !), d’expériences inédites (dont l’animation de mon premier atelier d’écriture, où j’ai réussi l’exploit de n’endormir personne, ah ah !) et naturellement, de pitcher Terre de Brume pour la première fois !

Et vous, que choisirez-vous comme couleur ?

L’opportunité de revoir les copines (mention spéciale à ma chère Nadia Coste, qui a ébloui tout le monde en Doctoresse Strange !)

de goûter à nouveau la succulente truffade de Chez Louise (si vous passez un jour à Ménétrol, ce serait un crime de ne pas s’y arrêter !)

et de saluer les efforts des bénévoles, organisateurs, responsables, etc qui ont contribué à faire de ce we un séjour aussi merveilleux !

 

Côté agenda

Pas de repos pour les braves (ou plutôt les autrices en goguette), voici les deux prochains salons auxquels vous pourrez me retrouver !

D’abord, direction le Nord ce week-end avec les Halliennales !

et ensuite à la Foire du Livre de Saint Etienne (du vendredi après-midi au dimanche fin de matinée)

Côté écriture

Parce que naturellement, ça s’active en coulisses ! Entre la rédaction du tome 2 de Terre de Brume (qui est un diptyque et non pas une trilogie, comme j’ai déjà pu le voir passer à plusieurs reprises) et les corrections édito sur #TousDebout, mon roman à quatre mains avec ma chère complice Agnès Marot, je peux vous dire que je ne m’ennuie vraiment pas !

Et je ne vous parle même pas des surprises en réserve…

 

Agenda Signatures et Dédicaces – second semestre 2018

Hello tout le monde !

Il est temps de se retrouver pour un petit point signatures/dédicaces spécial second semestre 2018 ! Celleux qui sont abonné-e-s à ma newsletter l’ont déjà reçue (et si vous ne l’êtes pas, c’est par ici ! )

Voici donc le programme de ce second semestre : 

L’occasion de dédicacer mes premiers exemplaires de #TerredeBrume (et à cette occasion, je vous réserve une petite surprise…)

Le week-end se déroulera comme suit :
– Vendredi à 18h : atelier d’écriture/masterclass à la médiathèque de Jaude (Clermont)
– Présence au festival du samedi matin au dimanche FIN DE MATINEE (j’insiste car le festival se déroule sur deux jours entiers)

 

  • 12 – 14 octobre : Fête du livre de Saint-Etienne une première ! J’y serai présente du vendredi après-midi au dimanche fin de matinée.
  • 24 novembre : signature à la librairie Club de Mons (belgique) Centre dès 14 heures.

 

Oui mais… Et Montreuil ??

 

 

Vous êtes déjà nombreux/ses à me le demander, donc on ne va pas faire durer le suspense plus longtemps… Oui, je serai bel et bien présente à Montreuil mais je ne sais pas encore où ni quand exactement !

Donc… wait and see, mes cher-e-s !

 

Voilà, j’espère vous (re)voir nombreux et nombreuses et naturellement, au plaisir de papoter avec vous ! 🙂

Juin 2018 : le CR !

Et voici déjà le dernier CR avant la pause estivale 2018 (plus d’infos à ce sujet ci-dessous! )

Côté Ecriture 

Autant vous le dire tout de suite – ce mois n’a pas été très fertile en écriture. La raison en est à plein de facteurs, inhérents ou pas à mon activité d’autrice, d’ailleurs. Néanmoins, si je n’ai pas pu passer beaucoup de temps devant mon clavier et donner libre cours aux élans de la Muse (qui, elle, naturellement ne dort – presque – jamais ah ah!), j’ai en revanche :

  • effectué les dernières corrections concernant Terre de Brume 1…
  • Et présenté ce roman à plusieurs groupes de libraires !

La preuve en images :

 

Rendez-vous donc le 11 septembre pour découvrir officiellement le premier tome de Terre de Brume ! Et en attendant, je vous conseille de guetter quand même votre BaL durant vos vacances, surtout si vous êtes abonné-e à la newsletter… On ne sait jamais 😉

Côté lectures 

Mes nombreuses pérégrinations à l’étranger en ce mois de juin m’auront donc permis de consacrer plus de temps à la lecture. Entre deux romans encore non parus (hé oui, privilège de bêta-lectrice !) voilà de jolies découvertes toutes placées sous le signe du Pride Month ! 🏳️‍🌈

D’abord, cette extraordinaire pépite, entre récit contemporain et réalisme magique, signée Patrick Ness aka un de mes auteurs favoris :

 

Et en second, cet adorable roman, qui se déguste tel un vrai petit bonbon :

 

Pause estivale

Comme je le disais au début de cet article, ce blog va donc se mettre en pause estivale (et moi aussi d’ailleurs, ah ah!) et ce jusque début septembre. Il y aura néanmoins une exception.

Certain-e-s d’entre vous ont déjà pu le constater, surtout si vous me suivez sur Twitter & Instagram, mais mon blog anglophone, longtemps laissé en friche, a repris du service tout récemment ! La raison en est simple, puisque je m’apprête à me lancer (entre autres) dans un nouveau défi, à savoir écrire dans une autre langue que ma langue maternelle… More on that later (and elsewhere 😉

Je vous souhaite en tout cas de super bonnes vacances, qu’elles puissent vous apportent soleil, sérénité et détente en bonne compagnie !

GROS clin d’oeil à ma Drama Police ! ❤😂

#FAQAgent – Le récap’

Vendredi dernier, Roxane Edouard et moi-même avons donc inauguré la première session de #FAQAgent sur Twitter. Vu le succès, je peux déjà vous dire qu’il y en aura d’autres !

En attendant les prochaines dates et à la demande de plusieurs d’entre vous, qui n’ont pas pu y assister, voici donc un petit récap’ des questions/réponses 😉

Comment trouver un agent ? Et est-il judicieux d’en trouver un dès son premier roman ?

Roxane : Il y a encore peu d’agents francophones mais il y en a. Ils ne sont pas toujours super « visibles » mais tu peux trouver une liste ici:

Il vaut mieux viser ceux qui sont membres de l’AALF. Et puis, notre ami Google peut toujours renseigner ou le bouche à oreille !

Pour répondre à ta 2ème question, je pense qu’il est tout à fait judicieux d’avoir un agent dès son premier roman. L’idée est de développer une collab’ sur le long terme et de construire une carrière en France mais aussi à l’étranger et au niveau audiovisuel aussi.

Cindy : A mon tour de développer côté autrice : perso, quand on débute dans le métier, ben c’est un apprentissage sur le tas. Pour ça qu’il est vraiment super important d’être bien entouré-e comme j’ai déjà eu l’occasion de te le dire 🙂

Donc, oui, je ne vois pas pourquoi un-e agent-e ne serait pas utile (et même nécessaire !) dès le premier roman, ne serait-ce que pour épauler lors de la signature du contrat de publi 🙂

Naturellement il faut aussi que l’agent-e prenne le « risque » de t’épauler dès le départ. Il faut voir aussi selon les désirs de chacun-e 🙂 Certain-e-s sont prêt-e-s à le faire, d’autres pas.

Est-ce qu’un agent littéraire a certaines attentes envers un premier manuscrit envoyé ? A part ce qui semble « logique » (manuscrit corrigé, bien présenté etc..)

 

Roxane : Chaque agent aura sans doute des modalités de soumissions donc dans l’idéal, il faut bien se renseigner au préalable et suivre les modalités de chacun.

Après, on a tous conscience qu’une soumission de premier roman va nécessiter un certain travail et donc les attentes sont différentes par rapport à une soumission d’un auteur déjà publié.

Perso, je recherche toujours des voix, un style différent et des thèmes qui me touchent. Beaucoup se joue sur les premières lignes donc travaillez-les bien! Le nombre de soumissions que je reçois avec une ouverture avec un perso qui se réveille et se regarde dans le miroir…

Cherchez à vous démarquer dans votre présentation et dès les premières lignes !

Il y a des formations particulières pour être agent(e) littéraire ou pas du tout ? On associe jamais ce métier avec les livres. Quelle est la base du travail d’agent(e) et pourquoi en France ce n’est pas aussi développé selon vous deux?

 

Roxane : Il y a autant de façon d’être un agent qu’il y a d’auteur. L’agent s’adapte aux besoins de ses auteurs. Certains ont besoin d’être plus ou moins encadrés à différents stades du processus. Pour un 1er roman, je fais beaucoup de travail édito, beaucoup de relectures, échanges sur le texte avant même soumission à un éditeur. Pour un auteur établi qui vend sur présentation et texte partiel, ma présence est différente. Un agent t’accompagne à chaque étape (soumission, négociations, contrat, compta, présentation aux éditeurs étrangers). La relation auteur/éditeur est donc simplifiée, pas de discussions gênantes concernant la rémunération etc. Concernant le manque d’agents en France, les choses sont en train de changer et la profession se développe et à mon sens c’est très positif pour l’ensemble de l’industrie.

Cindy : J’ajouterais que vu le contexte culturel francophone, où on tient à une relation directe auteur/éditeur, l’intermédiaire n’a pas vrt eu d’opportunité pour se développer, du moins jusqu’à maintenant 🙂

Comment tu choisis les auteur(trice)s que tu vas « défendre »? Ils/elles te contactent ou tu les découvre à travers leurs publications, sur des plateformes spé (ex: Wattpad) ?

 

Roxane : Je fonctionne au coup de cœur donc je prends peu de projets. Il y a aussi l’aspect humain (il faut qu’on s’entende bien quoi !). En général, on me contacte mais si je tombe amoureuse d’un texte, je n’hésite pas à contacter l’auteur/rice.

La question se pose donc de savoir si les agents sont aussi ouverts à des auteurs qui en sont à leur premier roman ?

 

Roxane : Il est clair que ce ne sera pas le cas de tous les agents selon où ils en sont eux-mêmes dans leur carrière et les auteurs qu’ils représentent déjà. Perso, je trouve passionnant de commencer à travailler avec quelqu’un dès le début de sa carrière.

Si je pense comprendre en ce qui concerne les premières lignes du manuscrit, j’avoue que la présentation reste un peu floue pour moi. En gros c’est un document où on se présente ? Par exemple, ce qu’on fait dans la vie, pourquoi on écrit mais tout en essayant d’être original et d’attiser la curiosité de l’agent ?

Roxane : Dans l’idéal, je demande un pitch court du projet avec un peu d’info sur l’auteur dans l’email de soumission. En pièce jointe, syno et trois premiers chapitres. Il faut se démarquer pas la qualité et les thèmes. Pas besoin de faire une présentation super flashy

Cindy : Et je rappelle que j’ai dédié un article entier à ce sujet.

Et à part sur Paris, peut-on trouver des agent-e-s en province ?

Cindy : ça se peut, même si les principaux, j’imagine, vont être sur Paris. Après, la distance géographique n’est pas spécialement un souci. Je suis en Belgique, Roxane est à Londres, et on parvient très bien à communiquer ensemble.

Et en général, est-ce que vous avez des conseils pour un auteur/ une autrice qui veut se lancer pour la première fois dans le monde de l’édition ? Est-ce qu’il est mieux de passer par un agent littéraire ou directement par une ME ? Les deux en même temps ?

 

Roxane : Je préfère recevoir des textes qui n’ont pas été soumis car il est parfois difficile de faire relire un projet par une maison d’édition qui l’a déjà refusé même si le projet a beaucoup évolué depuis.

Les agents accompagnent-ils aussi sur l’aspect audiovisuel ?

 

Cindy : Ces aspects dépendent aussi des négos avec les éditeurs. C’est un aspect qui apparaît direct dans le contrat de publi. Après, il faut voir si l’agent-e souhaite s’en charger.

Roxane : Tous les agents ne sont pas en mesure de le faire (cela dépend de la taille de leur structure) mais dans l’idéal, ton agent te représente pour tout. Je ne m’occupe pas de l’audio-visuel moi-même mais j’ai des collègues en interne qui le font.

Comment ça se passe pour la rémunération des agent-e-s ? est-ce que c’est un pourcentage ou est-ce des sommes fixes comme un salaire (/mois, /an ?) ?

 

Roxane : Bonne question ! Un agent est payé à la commission, en général entre 10 et 15% de l’avance et des droits. L’agent n’est donc pas payé avant que l’auteur ne soit payé.

Cindy : D’où le fait que l’agent-e a forcément à cœur les intérêts des auteurs/autrices qu’iel représente. Après, il faut naturellement rester dans une certaine mesure & la logique de la chaîne du livre 🙂

Comment se passent les relations avec les ME ? Ca a été difficile de leur imposer un agent ? Généralement en France elles n’aiment pas trop ça il me semble.

 

Roxane : Beaucoup de maisons qui publient des auteurs étrangers ont l’habitude des agents. La question se pose donc plutôt pour les structures qui ne publient que des auteurs francophones. Il faut donc beaucoup communiquer/expliquer/rassurer sur le rôle de l’agent. Au final, on est tous dans la même équipe et on veut tous le succès de l’auteur et du livre. Il s’agit donc d’une collaboration à plus grande échelle.

Cela vous est déjà arrivé de vous heurter à un refus catégorique d’une ME de travailler avec un auteur et son agent ?

 

Roxane : C’est très rare mais c’est arrivé à deux reprises.

Quel type de contrat lie l’auteur à l’agent ? C’est sur un nombre d’année, de projets ?

 

Roxane : On signe une lettre de représentation qui indique la commission, etc. Cette dernière peut être résiliée à tout moment. Petite précision, l’agent continue à toucher une commission sur les contrats qu’il a conclus même après l’arrêt de la collaboration.

 

J’espère que ce récap’ vous aura parlé 🙂