Le jeudi sur son 31… Ou quand je fais une allergie au homard!

Exceptionnellement, le RDV lecture de ce blog a été déplacé à jeudi, afin de permettre à certaines collègues de mon cher Whatsapp Book Club de publier aussi leurs billets (ladies, si je ne vois pas vos billets postés d’ici la fin de journée, y’aura des représailles! 😀  )

(D’ailleurs, en parlant de ce Book Club, je tiens à les remercier pour avoir supporté mes râleries sur ce roman. Elles – ainsi que certains proches qui se reconnaîtront – ont été très courageuses!)

Bref, venons-en au fait. Ou plutôt à ce homard qui en définitive, m’a filé des boutons.

rosie_project

Je veux bien sûr parler du Théorème du homard de Graeme Simsion, auteur résidant au Australie, dont c’est le premier roman, et qui s’est vu depuis lors traduire en une quarantaine de langues. La VF vient juste de sortir chez Nil. Cependant, pour cause de tarif numérique plus avantageux, je l’ai lu en VO (d’ailleurs, le titre VO reflète bien davantage le contenu du roman, puisqu’il s’appelle The Rosie Project) (Néanmoins, j’aurais eu plus de mal à faire de – mauvais – jeux de mots si l’éditeur francophone n’avait pas choisi le homard, vous en conviendrez!)

theoreme_homard

Que raconte donc ce homard, joliment – mais faussement, à mon sens – sous-titré « Comment trouver la femme idéale? »

Voici le 4e de couverture:

Peut-on trouver une épouse sur mesure ?
Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », Don met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences.
Et celles-ci sont nombreuses car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS :
1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l’abricot.
3. Se lever après 6 heures.
Mais elle DOIT :
1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.
S il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c est Rosie Jarman, étudiante le jour et barman la nuit, dont la vie aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée.

Je ne connaissais pas le bouquin avant qu’une des membres du Whatsapp Book Club le suggère et quand j’ai lu cette présentation, je me suis dit qu’il pouvait être sympa.

Et le début, en effet, correspondait bien à mes attentes. Un scientifique brillant, mais complètement inadapté socialement, ce qui donne lieu à bien des situations comiques – je me souviendrai d’une certaine conférence, où on en vient à hurler « Tuez le bébé! » – une volonté de se marier, qui donne lieu au fameux questionnaire, à la base du « Wife Project » (le « Projet épouse » cité dans le 4e…) Vous l’avez compris, ça commençait bien.

Malheureusement, pour moi, ça a continué beaucoup moins bien. Car le « Wife Project » tant vanté cède tout de suite la place au « Father Project », quand Don tombe sur Rosie. Rosie, c’est son antithèse: étudiante en philo, barmaid la nuit, elle ne correspond absolument pas à ses attentes. J’insiste sur ce point, car c’est important. A la suite d’une invitation de son seul ami – Don n’est pas exactement des plus sociables – il reçoit donc chez lui cette jeune femme, s’aperçoit tout de suite qu’elle ne satisfait pas ses critères stricts et en attendant de pouvoir la mettre dehors, est bien forcé d’écouter son histoire.

Quelle est-elle ?

Rosie est persuadée – pour X raisons on ne peut plus floues – que l’homme qui l’a élevé n’est pas son père biologique et que ce dernier est forcément un étudiant de la même promo que sa mère, depuis lors décédée.

C’est là que le premier point « WTF » (What the Fuck si vous ne connaissez pas) est survenu : car aussitôt Don s’intéresse non seulement à cette quasi inconnue, qui – rappelons-le – ne correspond pas à son questionnaire « Wife Project » – mais de plus décide de l’aider (en abandonnant donc son projet marital) et de créer le « Father Project ».

Mais comment s’y prendre pour révéler l’identité du vrai père de Rosie parmi tous les anciens camarades de son père ?

En subtilisant leur ADN bien sûr, sans que les cobayes en aient connaissance, et en le comparant à celui de Rosie. Don étant de plus un brillant généticien, cela se passera sans aucun souci!

Est-ce que vous commencez à voir où je veux en venir ? La raison pour laquelle, si j’avais eu le livre en version papier, je l’aurais claqué à plusieurs reprises contre le mur ? Et pourquoi cette soit-disante comédie m’est restée sur l’estomac ? Non ? Je développe.

On nous présente donc un brillant généticien, attaché de manière quasi obsessionnelle aux règles (surtout dans sa profession, d’ailleurs, au point qu’il entre souvent en conflit avec sa supérieure hiérarchique ) qui soudain, pour un motif inconnu – inutile d’invoquer les sentiments, y’en a pas à ce point de l’histoire –  décide d’aider une inconnue dans sa quête paternelle: d’abord, sans s’interroger sur les motivations de la dite inconnue et comble de l’histoire, il n’hésite pas un instant avant de briser une des règles essentielles en génétique.

(D’ailleurs, il s’agit d’une infraction légale tout court, car si vous ne le saviez pas, subtiliser l’ADN de quelqu’un sans que ce dernier ait donné son accord afin de faire des tests de paternité est passible d’une belle amende et de quelques années derrière les barreaux.)

On me dira qu’il fallait bien un prétexte pour réunir ces deux-là. Certes. Mais quand c’est fait avec autant de subtilité que la tronconneuse s’attaquant à un tronc d’arbre (profitez-en, c’est le jour des métaphores), j’ai du mal à digérer.

D’autant plus que les passages WTF ne s’arrêtent pas là.

 Laissez-moi aussi vous dire que l’auteur ne s’est visiblement pas renseigné sur la méthode pour effectuer des tests de paternité de manière viable – même en n’y connaissant rien moi-même, j’ai trouvé des infos fiables là-dessus en quelques minutes – car le vol d’ADN se passe dans des conditions invraisemblables. Bien entendu, TOUS les échantillons collectés illégalement par Don sont viables, n’en doutez pas.

Mon incrédulité devant le manque de logique (et d’intérêt, à mon sens) de cette histoire aurait pu être compensée (un peu du moins) si je m’étais attachée aux personnages. Manque (total) de bol, ils ne m’ont guère séduit. Entre une Rosie au mieux égoïste, un meilleur ami coureur de jupons et qui ne trouve comme prétexte que son mariage « libre » (bien sûr, ce n’est valable que pour lui hein!), l’épouse du meilleur ami  toujours présente pour les autres & qui a fini par m’énerver devant son manque de réactions face à ce qui se passe dans son ménage… C’est encore Don qui s’en sort le mieux ! (à mes yeux)

(Même si on ne me fera jamais avaler qu’il s’y connaît en génétique et en sciences tout court !)

Il y a des scènes amusantes au début comme je le disais plus haut et j’ai aimé certaines facettes de Don (voir sa relation avec Daphné, très touchante), mais hélas l’intrigue manque de consistance (et de logique) et les personnages se révèlent au passage bien trop fades. Sans parler du dénouement rocambolesque (et bien sûr, les thèmes sensibles, comme le vol d’ADN, sont réglés en deux coups de cuiller à pot. Bien sûr).

En conclusion, un homard creux et sans grande saveur pour moi.

Vous pouvez lire des avis plus enthousiastes chez mes collègues de lecture bloggeuses, Plume de Cajou, Les Lectures de Cécile et Caro Bleue Violette !

Sur le grill (3) : Flora du blog Une page s’ouvre

Le retour des interviews! Et cette fois-ci, c’est Miss Flora du blog « Une page s’ouvre » qui est sur le grill (je vous rassure quand même, elle n’a pas – trop – souffert!) J’ai découvert son blog par le biais d’un article qui m’a profondément touché, sans doute parce qu’il s’attaque à un des préjugés les plus courants envers les lecteurs, à savoir « Pourquoi tu lis ça ? C’est nul! » (et je reste polie.) Bref, dès ce moment, j’ai été accrochée par ce blog et la Miss qui le tient ! Sans plus de blablas, allons-y pour l’interview!

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1. Hello Flora ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Fort bien, ma chère Cindy ! Quelle curieuse créature suis-je donc ? Jeune spécimen de l’espèce humaine, j’ai vingt et un ans et le nez encore plongé dans les études – littéraires, of course. En effet, puisqu’il m’est impossible de vivre dans un livre, je nourris le rêve de travailler dans le monde de l’édition. C’est ma façon de supporter ma normalité, moi qui ne mesure qu’un petit mètre soixante-deux, vis à trois stations de métro de Paris, et suis dépourvue de pouvoirs magiques (même si je suis convaincue qu’ils ne se sont simplement pas encore manifestés, j’ai bon espoir).

2. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’ouvrir ton blog « Une page s’ouvre » ? 

Je dirais que la motivation a été double. Au départ, je me disais que ce serait un outil pratique pour rentabiliser mes lectures, mais je l’ai surtout conçu comme un outil professionnel. Comme je l’ai mentionné, je souhaite travailler dans l’édition, et je ne suis pas la seule : les places sont chères dans le milieu. Fournir une preuve de mes capacités rédactionnelles et analytiques me semblait donc être un atout non négligeable et j’étais très impressionnée par le succès du blog d’une de mes amies. En outre, il y avait la possibilité de recevoir des milliers de services de presse, et je m’imaginais croulant sous une pyramide de livres, ce qui a fini de me convaincre.

Cependant, au fil des mois, j’ai donné à ce blog une touche beaucoup plus personnelle, et d’un outil professionnel, Une page s’ouvre est devenu le lieu de mon expression la plus intime. Dorénavant, ce n’est donc pas un élément que je mets en avant dans mon parcours professionnel, car c’est mon espace de refuge, et je préfère qu’il garde cette « patte » perso. Ce qui me motive aujourd’hui, c’est donc d’écrire selon mon envie et de partager des choses, débattre avec la communauté des lecteurs.

3. Tu chroniques tes lectures, mais tu parles aussi à coeur ouvert sur de nombreux sujets littéraires. Comment vois-tu le monde du livre à présent ? Quel(s) défi(s) à relever, quel avenir lui vois-tu ? Dis-nous tout! 

Là, ça devient sérieux, attention ! Tu mets le doigt sur LA question qui angoisse la totalité du monde du livre : l’avenir… Pas facile de s’en dépatouiller ! Cela dit, je n’ai pas envie de pleurer sur le sort du livre en disant que tout va mal. Non, si le livre va mal, il faut se remettre en question pour pouvoir réagir et rebondir.

Tout d’abord, on ne peut que faire un constat mitigé : certes, le livre ne va pas aussi bien qu’auparavant, mais il suit une tendance générale, et puisqu’il n’a jamais été une source de chiffre d’affaire énorme, sa crise est peut-être moindre en comparaison avec d’autres secteurs.

En toute honnêteté, j’ignore quel sera l’avenir du livre, ma boule de cristal est désespérément en panne à ce sujet. Ce qui est sûr, c’est que les choses vont changer, le développement du livre numérique va continuer, mais le livre papier ne mourra pas de sitôt. En fait, plutôt que d’œuvrer à l’avenir du livre, on continuera à se poser la question pendant de nombreuses années. Pourquoi ne pas prendre les devants ? Je pense (peut-être à tort, je ne détiens pas toutes les clefs) que l’édition française devrait prendre plus de risques et accepter d’évoluer. Oui, nous avons peur pour nos librairies indépendantes et nos bibliothèques, oui, nous avons peur que la production d’œuvres « restreintes » ne pâtisse de la « best-sellerisation » du marché du livre… Tout ce qui fait l’exception de notre marché français, en fait. Sauf qu’à un moment, à force de vouloir garder les privilèges instaurés, le marché entier risque de sombrer et de ne pas s’en remettre. Il en va de même de certaines incohérences de la production sur lesquelles il faudrait se pencher sérieusement : il n’y a jamais eu autant de livres publiés (regardons un peu le nombre de titres lors de la rentrée littéraire) alors que le nombre de gros lecteurs diminue de plus en plus… Les gens lisent différemment, c’est une réalité.

Il est bien sûr facile de pointer les faiblesses et de ne pas apporter de solutions concrètes, surtout du haut de ma petite vingtaine et de mon inexpérience, mais je pense que l’édition sortira victorieuse (ou du moins, pas trop estropiée) de cette crise en innovant et en acceptant d’évoluer, plutôt qu’en restant accrochée à ses acquis. Avoir un passé prestigieux, c’est bien sûr exceptionnel pour une maison, mais savoir s’adapter et évoluer, c’est vital, que l’on ait un passé prestigieux ou pas. Tout le monde attend de voir ce qu’il va se passer, attend de subir de plein fouet le changement quand il arrivera… Leur marge de manœuvre n’est peut-être pas très grande, surtout d’un point de vue financier, mais pourquoi ne pas considérer l’avenir comme un défi et proposer dès lors une nouvelle façon de penser l’édition et le livre plutôt que d’attendre qu’elle ne s’impose d’elle-même ?

D’un autre côté, je trouve que la production est incroyablement riche et variée, notamment dans des secteurs qui jouissent d’une nouvelle popularité, comme le polar, la SFFF ou surtout le young-adult. Certains y voient de l’opportunisme littéraire post-Harry Potter ou Twilight. Peut-être. Dans tous les cas, cela a ouvert de nouvelles portes, de nouveaux horizons de lecture qui nous étaient jusque-là inconnus. Personnellement, en tant que lectrice, c’est ça que je recherche.

Bref, on sent que le monde du livre bouillonne en ce moment. Va-t-il imploser ou exploser ? Telle est la question. Mystère, mais j’espère pouvoir un jour participer à son explosion et à la découverte de nouveaux horizons.

4. Tu as rédigé un mémoire sur la bit-lit & la fantasy urbaine. Comment t’est venue l’idée d’entreprendre un mémoire sur ce sujet ? Qu’en as-tu retiré ?

Au départ, je ne voulais pas choisir un sujet de mémoire par défaut qui me prendrait la tête toute l’année. Ça peut paraître bête et simpliste, mais je voulais un truc qui me botte et qui sorte un peu de l’ordinaire (Zola, Balzac, Vian, Duras et compagnie) car je trouve que trop d’étudiants choisissent des sujets rebattus qui ne leur plaisent pas, ce qui est bien dommage.

C’est en voyant le succès grandissant de la bit-lit, ce genre bizarre, que j’ai voulu m’intéresser au phénomène. Pourquoi maintenant, pour quel public, pour quelles raisons ? Je n’y connaissais rien, et je me suis donc penchée sur le sujet d’un point de vue plus sociologique que littéraire. Au fur et à mesure, j’ai constaté que le genre était beaucoup plus riche que le néophyte pourrait le penser, et je me suis désintéressée de la romance paranormale pour me concentrer sur la fantasy urbaine, par souci de temps et de longueur. J’ai décidé d’étudier la place de la femme dans cette littérature ainsi que le travail éditorial et la réception autour de ce genre encore mal défini et jugé illégitime. C’est absolument passionnant, car j’ai pu décortiquer la naissance de ce genre en France, et constater par exemple que certains partis pris d’éditeurs français pouvaient orienter la réception des œuvres, notamment par le changement des couvertures, résolument féminines, qui ont à mon sens enfermé le genre dans une cible déterminée. J’ai pris beaucoup de plaisir à déconstruire certaines critiques négatives en démontrant que la fantasy urbaine, bien que moderne et parfois sans prétention littéraire, possède un sous-texte très sérieux, notamment sur la condition de la femme et l’état actuel de notre société et de ses enjeux (machisme, racisme, addiction, religion, conflits politiques…).

Ensuite, je nourris le faible espoir de redorer légèrement le blason de la littérature populaire, mais la tâche est rude. Je le vois bien lorsque je parle de mon sujet à d’autres personnes, notamment des étudiants qui, de suite, pensent que je ne lis que « des débilités avec des filles à poil sur la couverture », comme dirait Stéphane Marsan, et me jugent. Je trouve ça navrant, et j’espère leur montrer que le sujet en vaut la chandelle et que ce n’est pas parce qu’il s’agit de littérature populaire, a fortiori de littérature féminine, que le sujet est creux et sans intérêt. Je pense néanmoins que les préjugés de ces gens-là relèvent avant tout de leur ignorance totale de cette part de la littérature, car bien des fois, certains se sont montrés très intéressés par le sujet, une fois celui-ci développé et expliqué…

5. Enfin, j’ai découvert que tu avais récemment inauguré un Tumblr, très chouette d’ailleurs ! Que penses-tu de ce nouvel espace de communication ? Est-ce facile d’associer images & propos aussi courts ? Suis-tu beaucoup de tumblr ?

Oui, mes Caprices de lectrice ne sont pas vieux mais c’est une façon totalement différente de partager des impressions de lectrice et de lecture, et j’y prends mon pied ! Je dois dire qu’au départ, je regardais la plateforme Tumblr d’un œil un peu blasé : encore un nouveau machin qui fait le buzz, mais qui ne va pas durer et tralala… J’ai toujours adoré les gifs (une prouesse technologique que je trouve simplement géniale et qui, pour moi, est un peu comme les photographies animées de Harry Potter) et puis en fouinant, j’en ai trouvé des excellents, et la source était à chaque fois la même : Tumblr. Je suis ensuite tombée sur des tumblr aux thématiques qui me passionnent et qui proposaient des associations de phrases et de gifs hilarantes, alors je me suis lancée dans l’aventure.

En fait, j’exploite cette plateforme d’une façon très limitée : c’est une extension du blog mais qui reste un peu à part tout de même, un espace de rigolade et de partage pour se détendre et papoter sur nos expériences de lecteurs. En revanche, je ne serais pas à l’aise pour y bloguer de façon exclusive. Je suis trop familiarisée à Blogger et je n’apprécie pas trop l’interface de Tumblr, qui est en plus un peu lent à la détente et sujet aux bugs (j’ai déjà eu quelques crises de nerfs…). Il y a des gens qui choisissent de bloguer de manière traditionnelle sur cette plateforme mais finalement, beaucoup suivent seulement la tendance « un gif = une phrase ». Et dans cette optique, le site est top. Je conçois donc davantage Tumblr comme un site de partage (on reblogue une photo, une citation, etc.).

Pour ce qui est d’associer images et textes courts, il s’agit en fait d’une gymnastique. C’est bizarre mais c’est un peu comme un virus : à force d’en lire, on finit par penser comme un tumblr, et le déclic se fait naturellement en voyant un gif. Après, j’aime bien développer (la preuve quand on voit la longueur de cette interview, ayez pitié de moi !) et c’est pour ça que je reprends les caprices sur mon blog en les étoffant davantage. Mais j’aime aussi la concision qu’offre Tumblr. Simple, rapide et efficace. Bien sûr, cette tendance fait partie d’un phénomène de mode, qui s’évanouira peut-être avec le temps… Qui sait !

Enfin, je suis régulièrement quelques tumblr (pas autant que je le voudrais, mais il faut blâmer le manque de temps !), aux sujets assez variés. Bien sûr, il y a ceux qui concernent le milieu du livre, De l’édition et Les Libraires ne sont pas méchants, malheureusement inactifs depuis un certain temps. J’en suis un sur la danse classique (Oh Ballet !) et récemment, Des Fists et des Lettres, qui me fait bien rire, je dois l’avouer… Après, je glane quelques petites choses ici et là, car il y en a tant qui méritent d’être vus !

Et toi, tu as des adresses à nous recommander ?

Tout plein !

Merci à Flora pour cette chouette interview !

Comment écrire des histoires ? (1)

Aujourd’hui, j’inaugure donc une nouvelle série d’articles: après ce qui concerne l’envoi d’un manuscrit, voici tout ce qui touche à l’élaboration des histoires ! Qui a dit que je fonctionnais par ordre chronologique ?

Parmi les questions que je vois souvent revenir dans les interviews, il y en a une qui m’interpelle souvent, à savoir de quelle manière se passe le processus d’écriture (et je ne parle pas de s’asseoir à son bureau et de taper sur son clavier !). Tout ce qui entoure l’élaboration d’une histoire, la construction d’une intrigue, bref ce qui devient un roman/novella/etc demeure, aux yeux du lecteur, assez mystérieux. Je retrouve souvent cette conception selon laquelle l’intrigue arrive, par un processus des plus secrets, dans le cerveau de l’écrivain, qui aussitôt la transcrit sur papier. Comme si elle arrivait déjà toute prête à être écrite, emballée dans sa jolie boîte avec un noeud rouge au-dessus.

De ce genre-là, par exemple !

De ce genre-là, par exemple !

Laissez-moi vous dire que si les histoires nous parvenaient toujours de cette manière, j’en connaîtrais qui seraient heureux ! (ou non ^^) Pour ma part, je n’y crois guère (Muse non plus, d’ailleurs, elle qui s’amuse à me souffler des idées, mais qui me laisse joyeusement en plan quant à leur développement!). Bref, si je crois au pouvoir de l’imagination, je crois également à celui du travail. Et il en faut quand on veut élaborer une histoire avant même de la coucher sur papier !

Bien sûr, tout le monde ne fonctionne pas sur le même schéma.

Un de mes écrivains favoris, George R.R. Martin pour ne pas le nommer (oui, l’auteur du Trône de Fer. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis fan de cette série. Pour les autres… arrêtez de grogner! 😉 ) a ainsi évoqué sur ce sujet la division entre les  esprits « architectes » et ceux « jardiniers ».

Késako, me direz-vous ? C’est simple. Les esprits architectes élaborent les moindres détails de leur intrigue avant d’écrire le premier mot: ils savent à quel moment tel dénouement prendra place, tel personnage va agir de telle manière… Bref, des esprits très organisés!

Par exemple...

Par exemple…

Les jardiniers, de leur côté, préfèrent rassembler les éléments de départ (personnages, lieu, contexte, etc), les mêler en un joyeux « melting-pot » (belgicisme du jour, bonjour!) et voir ce qui va en sortir, au fil de l’inspiration et des pages!

Que va-t-il en sortir...

Que va-t-il en sortir…

Naturellement, ces deux « méthodes » ne s’excluent pas l’une l’autre. D’ailleurs, je me considère comme un mélange des deux, avec une nette tendance pour mon côté jardinier (parce que moi et l’organisation…. Bref, vous avez compris!).

Au menu bientôt: d’autres méthodes, plus concrètes celles-là, pour élaborer des histoires!

Et vous, architecte, jardinier ou les deux ?

Les sorties que je guette… ou quand ma PaL pleure à l’avance!

Bon, on ne peut pas dire que je me sois montrée très raisonnable niveau achats livresques ces derniers temps (je ne vous raconte pas l’état de ma PaL) (et elle va encore pleurer, vu cet article!)

Vu que je vous avais pondu un premier article sur le sujet je me suis dit que j’allais récidiver !

Je commence par des sorties imminentes, puisqu’elles auront lieu demain, dans une collection 100% francophone dont j’apprécie beaucoup les productions jusqu’ici, c’est celles de la collection Snark chez Bragelonne ! Admirez-moi ces couvertures…

snark-mars

Outre les suites des sagas de Cécile Duquenne (dont je vous parlerai dans mon récap’ lecture de mars) et de Jeff Balek (chronique du premier épisode ici ) il y aura donc le début d’une autre série de cet auteur ainsi que le premier épisode de « Sainte Marie des Ombres » de Sophie Dabat  ! (Magnifique couverture d’ailleurs, même si un peu flippante!)

En parlant de Sophie Dabat (dont j’avais déjà parlé dans mon récap’ lecture de février ), il faut également que je me procure le second tome de sa saga YA parue aux éditions du Riez (avec toujours une magnifique couverture !)

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Et toujours aux éditions du Riez, le roman de Maëlig Duval, j’ai nommé « Le goût des cendres« 

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Une autre sortie que j’attends avec beaucoup d’impatience, c’est celle de ma chère Agnès Marot aux éditions de l’Armada ! « La Couleur de l’Aube » a une importance toute particulière à mes yeux, vu que c’est le premier texte que j’ai lu d’Agnès et grâce auquel je suis tombée en amour avec sa plume.

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Si vous voulez en savoir davantage sur ce roman, lisez donc cet article !

D’autres sorties qui se profilent à l’horizon, mais dont malheureusement je ne peux pas encore montrer la couverture, c’est bien sûr « 14-14 » de Silène Edgar (auteur des « Fortune Cookies« , un de mes coups de coeur de cette année!) et Paul Beorn, un roman que j’ai eu le plaisir de lire en avant-première et qui est juste génial ! – et « Subliminale », le premier tome d’une trilogie jeunesse par Lise Syven ! Tous deux seront publiés chez Castelmore (Bragelonne).

Une autre série numérique que je vais pouvoir découvrir à mon aise, vu que l’intégrale de la saison 1 vient de paraître, c’est « Toxic » de Stéphane Desienne chez Walrus ! M’est avis que ça va dépoter ! Plus d’infos sur le site de l’auteur.

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Et une sortie qui me fait aussi diablement envie, c’est celle-ci :

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Le premier tome d’une saga fantastique d’Alice Scarling, une auteur francophone, chez Milady ! La couverture est du reste très jolie.

Et aussi, aux éditions Griffe d’Encre, le deuxième tome d’une saga vampirique de Li-Cam « Insangerat » ! J’avais apprécié le premier tome « Lemashtu », où l’auteur réussissait à construire son propre univers original et cohérent. D’ailleurs, il faudra que je le relise avant d’attaquer la suite! Plus d’infos ici.

lemashtu

Bon, je vais m’arrêter ici, sinon mon portefeuille va définitivement m’étrangler! Et de votre côté, quelles sorties guettez-vous avec impatience ?

Liberté, curiosité… et lecture!

Hello les gens!

Aujourd’hui, c’est le centième – déjà! – article publié sur ce blog. Jolie coïncidence car cette semaine, pour mon article « libre », j’avais justement envie de parler de la liberté (d’expression, de parole, de création aussi!) qui se retrouve trop souvent malmenée ces derniers temps. J’avais aussi envie de réagir face à certains «  »articles » » /préjugés, etc que j’ai le malheur de croiser trop souvent. Enfin, comme le week-end dernier je me suis souvenue des droits du lecteur établis par Daniel Pennac – vous pouvez les retrouver ici – je me suis dit que j’allais vous livrer ma propre liste.

Commençons!

1. Le droit de lire ce que je veux

Ou de varier mes lectures comme bon me semble. Même si l’imaginaire et le Young Adult restent mes genres de prédilection, ces derniers temps, grâce à de belles rencontres virtuelles – clin d’oeil aux chroniqueurs du Boudoir Ecarlate, qui ne sont pas pour rien dans l’augmentation de ma PaL ! – je (re)découvre certains genres, j’apprends à surmonter les préjugés et partis pris que je pouvais avoir.

C’était déjà le cas pour la romance. Cela le devient pour la littérature générale, le thriller également ou encore le roman historique. Je découvre de nouvelles plumes, de nouveaux éditeurs aussi. J’élargis mon horizon littéraire. Je mélange avec bonheur plusieurs genres dans ma PaL, plusieurs styles et j’abolis les frontières.

En résumé : vive la curiosité !

2. Le droit de lire beaucoup

Je mentionnais des «  »articles » » plus haut, en fait, j’aurais plutôt dû parler de torchons. Comme celui sur lequel je suis tombée la semaine dernière et qui dénigraient ces « femmes » (je reviendrai sur ce point ci-dessous) « qui engloutissaient deux à trois romans par semaine car il leur fallait leur dose » (vous apprécierez le rapprochement) et « qui se foutaient bien du style ».

N’en déplaise à l’esprit misogyne et imbécile ayant conçu ces phrases, en plus de lire ce que je veux – et donc pas toujours des romans – je lis beaucoup. Comme l’illustre bien la phrase « So many books, so little time« , je ne vois pas pourquoi je restreindrai mon appétit de lecture. Est-ce pour autant que je lis telle une machine, engloutissant page après page, sans prendre attention au style de l’auteur ? Que croit donc l’auteur de ce torchon ? Que nous ne sommes pas capables de comprendre les mots s’ils dépassent plus de deux syllabes ou s’il n’y a pas de jolies images pour nous distraire l’esprit ?

Je réclame donc le droit de lire beaucoup ET en même temps de pouvoir juger si le style de l’auteur me plaît ou pas.

3. Le droit d’être fan

A l’heure où la fangirl – là aussi, vous remarquerez que le terme « fanboy » est soigneusement absent – devient la cible des critiques faciles, comme l’illustrait brillamment cet article, je réclame donc le droit d’être fan. Ce qui comprend de manière non exhaustive :

* M’extasier devant une belle couverture (Là aussi, n’en déplaise à certains, l’aspect extérieur du livre a son importance. Et si vous n’en êtes pas convaincus, je vous renvoie à cet autre brillant article du blog « Une page se tourne« . On en discute par la suite)

* Crier/sauter sur mon siège/utiliser les majuscules/tout à la fois quand un nouveau roman d’un de mes auteurs favoris est annoncé. Et je me fous de savoir que l’auteur est célèbre/a sorti un best-seller/est considéré comme populaire par certain(e)s. Ce qui ne m’empêchera d’être déçue si le roman ne se révèle pas à la hauteur de mes attentes. Qui a dit que les fans avaient oublié tout sens critique ?

* Le point précédent vaut aussi si l’auteur assiste à un festival/participe à une dédicace/a écrit un truc chouette, drôle, sensible etc et que je veux le faire partager.

* de me dire fan d’une littérature/genre/etc sans pour autant avoir lu certaines oeuvres « maîtresses ». Là aussi « so many books, so little time ».

Parce que je suis fan ET fière de l’être.

4. Le droit de parler de mes lectures

Autant je comprends que pour certains, endosser plusieurs casquettes auteur/lecteur/etc peut s’avérer problématique, autant que je ne vois pas pourquoi je ne pourrai plus parler de mes lectures simplement parce que je suis passée de l’autre côté du miroir et vu mes oeuvres publiées.

Ce droit rejoint d’ailleurs le premier droit énoncé, à savoir lire ce que je veux. Et ce n’est pas un secret depuis cet article, je crois énormément au potentiel des plumes francophones – qui passent encore trop souvent inaperçues face aux blockbusters anglo-saxons – et j’aime en parler.

Et ce, même si je connais leurs auteurs, que je les apprécie aussi en tant que personnes et que je veux faire découvrir leurs écrits. Là non plus, ca n’exclut pas mon sens critique, n’en déplaise à ceux qui brandiraient tout de suite la carte du copinage.

Parce que je suis fière de connaître des personnes extraordinaires ET des plumes prometteuses. Et que je prends le droit d’en parler, sur ce blog ou sur les sites qui hébergent mes chroniques.

5. Le droit de se taire

Comme disait Pennac. Quand je croise encore et toujours des image déformées, fausses et biaisées des lecteurs/bloggeurs/membres des forums/fans d’un genre, etc (là aussi, liste non exhaustive). Le droit de me taire, parce qu’il faut choisir ses batailles et ne pas se laisser tout le temps distraire par des esprits chagrins (même si parfois, y répondre fait du bien).

Le droit de me taire, de considérer des initiatives optimistes et positives, d’y apporter ma petite pierre.

Le droit de me taire, de me déconnecter et d’écrire.

 Le droit de me dire enfin « Keep calm and carry on » !

Et si vous voulez ajouter vos propres droits à cette liste, allez-y!

Le mardi sur son 31

Le RDV lecture de la semaine!

Après un week-end bien occupé – en lectures aussi, d’ailleurs! – voici donc la lecture en cours !

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le nouveau roman de Sophie Jomain, paru directement chez J’ai Lu, « Cherche jeune femme avisée« . Après avoir lu le premier tome de sa série Félicity Atcock, qui ne m’avait pas assez plu pour que je continue la série, je me suis laissée séduire, non seulement par cette couverture signée Fleurine Rétoré, mais aussi par le pitch, inspiré d’un célèbre conte.

Bon, au vu de ma dernière lecture dans ce genre a donné, je devrais peut-être être plus méfiante. Néanmoins, je me suis laissée tenter par ce roman.

Quatrième de couverture

Quand il voit débarquer dans son cabinet la ravissante, mais ô combien extravagante Gabrielle Géris, Adrien de Bérail est loin d’imaginer qu’il se laissera convaincre de l’embaucher comme baby-sitter. Veuf et très accaparé par son métier d’avocat, il lui faut de toute urgence une personne capable de prendre soin de ses deux chérubins, Paul et Sophie, tout juste âgés de neuf ans. C’est donc en dépit de ce que lui crie la raison qu’il accepte sa folle candidature.

Une personnalité audacieuse et un toupet incroyable pour un petit mètre soixante sur talons… Qui sait ? La jeune femme pourrait bien se révéler être la perle rare…

Je ne suis pas très loin dans ma lecture pour le moment, le premier chapitre m’a fait sourire, donc croisons les doigts !

La phrase qui va bien

« Cependant, en dépit de ce qu’il avait vu aujourd’hui et de la catastrophe ambulante que représentait cette ravissante personne, il devait admettre que  transporter un pigeon dans son sac afin de lui éviter de finir dans la gueule d’un chat avait quelque chose de rassurant.« 

Et vous, quel est votre mardi sur son 31 ?

Outrepasseurs, un mois déjà !

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Déjà un mois que le premier tome se trouve dans les rayons des librairies! L’occasion de faire un petit récap’ des échos que j’ai pu attraper au vol, ci et là!

Commençons déjà par  des chroniques qui m’ont touchée, interpellée et fait rougir également (non, vous n’aurez pas de photos!) En voici quelques exemples :

Un roman donc intelligent, très original et entraînant, servi par une plume de qualité, qui nous entraine au cœur d’un conte sombre et terrifiant, à mille lieues de ce à quoi nous sommes habitués. Un grand bravo !

L’avis de Karen du Boudoir Ecarlate

De révélations en révélations, ce roman nous embarque dans une aventure qu’on a du mal à oublier et dont on veut en savoir toujours plus.

Celui de Justine du blog Lire une passion

Il reste néanmoins un excellent roman, ce premier tome nous plonge directement dans l’intrigue, j’ai hâte de découvrir le deuxième tome « La Reine des neiges », il sort en septembre 2014 et je suis sûre que la suite nous réserve plein de surprises.

Celui de Miss Allison

Glaçant, pervers, séducteur, le Chasseur est le personnage le plus impressionnant, une figure si bien construite qu’elle me semble encore vivante une fois le livre fermé.

Celui de ma chère So sur Callioprofs

Elle nous entraîne dans un monde sombre et en même temps merveilleux, à la recherche des fés.

Celui du blog La Pile à Lire

Une fois passer l’effet de surprise on est vite happé dans cet univers de contes Merveilleux moderne !
L’auteure ne nous épargne pas le côté cruel et peur primale et réinvente les codes des récits féériques anglais.
Merci à tous & toutes pour ces échanges!
Côté interviews, vous pouvez  en retrouver trois, d’abord sur le site Khimaira, ensuite chez ActuSF et enfin chez Miss Earane.
Pour les dédicaces du mois de mars, vous êtes nombreux à me demander où vous pourrez me croiser !
D’abord, hé bien, ce samedi 8 mars à la librairie de l’Antre-Monde, (Paris) de 15h30 à 19h
Ensuite, le samedi 15 mars après-midi à l’espace Leclerc du centre Atlantis à Nantes (Saint-Herblain) (heures à préciser)
J’espère vous y voir 😉