Pourquoi j’écris et je lis de la romance

Cet article va commencer par un aveu : je n’écris et je ne lis de la romance que depuis peu. Comme pas mal d’ados, j’ai dévoré quelques romans de ce genre dans ma prime jeunesse et je dois dire que j’étais restée sur une impression plus que mitigée. Un de mes obstacles personnels en lecture, qui peut me faire abandonner tout livre en cours même si, pour d’autres choses, ce dernier se révèle très bien, c’est le statut féminin. Perso, j’en ai eu vite marre de voir ces femmes qui se pâmaient en attendant un regard du mâle, qui enduraient des remarques déplaisantes, voire franchement humiliantes, pour enfin aboutir à un improbable « happy end ». Subir pendant 80% de l’intrigue l’envie de baffer le « love interest » de la belle et lever les yeux au ciel à la fin… Vous comprendrez que j’ai eu vite marre de ce type de romans.

Petit aparté : pour cette raison également que j’ai beaucoup de mal à passer outre le 4e de couverture de nombre de romances contemporaines en vogue aujourd’hui afin de savoir si effectivement, ce scénario est retranscrit dans ces romans. Je sais, je ne peux pas juger sans les avoir lus. Néanmoins, j’admets mes difficultés dans ce domaine !

Bref, pendant des années, victime de ce traumatisme (on ne rigole pas au fond !), j’ai boudé la romance et tout ce qui pouvait s’y rapporter de près ou de loin. De plus, à mes vingt ans, j’ai vu « le Seigneur des Anneaux » et me suis plongée avec délice dans l’imaginaire.

J’ai cependant tenté une première incursion avec une nouvelle écrite en duo avec Marie-Anne Cleden  pour le numéro « Aguas Calientes » paru dans le fanzine « Piments et Muscades » de l’association « L’Armoire aux Epices ».  Si vous ne connaissez pas ce magazine, je vous invite vivement à le découvrir, les nouvelles y sont diverses et d’excellente qualité ! J’ai rencontré plusieurs belles plumes par ce biais.

aguas_calientes

Le véritable déclic a lieu en 2012 : poussée par Muse, qui souffrait apparemment de désoeuvrement, je suis tombée sur le concours des éditions Laska « Romance et bit-lit ».

Si je ne connaissais pas la romance, en revanche, j’avais déjà lu de la bit-lit. Et comme je ne peux jamais résister à un défi littéraire – enfin, Muse ne le peut pas ! – hop ! Nous nous y sommes mises.

Résultat des courses : ma nouvelle a gagné le premier prix. Quand Jeanne, la dirigeante des éditions Laska, me l’a annoncé par mail, je n’y croyais pas. D’ailleurs, je pense que mon incrédulité se sent dans cette interview!

Pour ceux et celles qui ont lu la nouvelle à l’époque, je tiens à préciser que l’épisode mis en ligne aujourd’hui n’a plus grand’chose à voir avec ce que vous avez pu lire. L’univers a été approfondi, les personnages et leur passif ont changé et surtout, la romance a été développée. Un fait pour lequel je remercie en premier lieu les conseils avisés de Jeanne.

Dans cette exploration, d’autres sources m’ont également bien aidé. Je citerai par exemple l’équipe toujours sympathique et enthousiaste du Boudoir Ecarlate,  grâce à laquelle j’ai découvert la saga des « Fantômes de Maiden Lane » d’Elizabeth Hoyt, de la romance historique. Elle réussit le pari haut la main en ce qui concerne les scènes sensuelles, en particulier, et à offrir, en général, une intrigue bien construite (j’avoue un faible pour le premier tome, d’ailleurs !).

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Je suis aussi avec plaisir le blog de Chi-Chi et Tam-Tam, qui décortiquent avec beaucoup d’humour les publications,  ou encore celui de Cécile,  qui m’a fait découvrir en romance contemporaine l’hilarant « Wallbanger » dont j’ai déjà parlé dans un numéro précédent du « Mardi sur son 31 ».

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On dit souvent qu’on connaît automatiquement la fin en romance, puisque celle-ci doit bien se terminer. En général, c’est vrai. Perso, cette règle ne me gêne pas trop, car ce qui m’intéresse aussi, c’est de savoir comment les personnages vont y arriver (d’ailleurs une « happy end » n’empêche pas une intrigue, où les personnages ne sont pas épargnés !). Néanmoins, si j’aime la romance, j’aime aussi les histoires qui ne se finissent pas par le « happy end » conventionnel. Par exemple, j’ai apprécié la lecture de « Ce qui nous lie » de Samantha Bailly, paru chez Milady Romance, et qui livre un portrait aussi sensible que juste d’une jeune femme, qui reconstruit ses repères.

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J’apprécie aussi quand la romance se mêle à l’action, par exemple dans la série numérique des « Passeurs d’ombre » d’Anne Rossi, dont la saison 2 vient de sortir chez Numeriklivres ou encore, quand elles se déclinent sous la forme de nouvelles, qui traitent d’érotisme, d’amour et de …chocolat! comme dans les « Moelleuses au chocolat » de ma chère Silène.

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En parlant justement d’aller hors des sentiers battus, j’apprécie aussi de lire des romances mettant en scène des couples d’hommes ou de femmes (un goût que j’ai développé avec les fanfictions, et je ne pense pas être la seule dans ce cas !). Bon, j’avoue avoir lu peu de titres dans ce genre, mais je vous en cite quelques-uns. D’abord celui de Xenja, une nouvelle intitulée « Going Wild » publiée chez Laska, et qui narre avec beaucoup d’humour la transformation d’un jeune homme en loup-garou. Ensuite, un de mes coups de coeur tout récents – je l’ai fini ce matin, c’est dire ! – qui s’intitule « La colline de l’oubli » d’Eve Terrellon, également chez Laska. Une histoire sublime, qui exploite un cadre original – je l’avais rarement vu dans mes lectures – mêlant avec beaucoup d’adresse et de finesse amour et tolérance.

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(La couverture de « Going Wild » a aussi été réalisée par la talentueuse Vay ! )

Pourquoi écrire de la romance ? Dans mon cas, cela tient à quelques mots: aimer décrire l’évolution des sentiments – et je ne parle pas seulement des sentiments amoureux – qu’on puise son inspiration dans la vie de tous les jours ou dans l’imagination. C’est aussi déclarer son amour de la vie, tout simplement.

Maintenant que je vous ai conté la genèse du « Serpentaire » et avant de vous laisser découvrir les aventures d’Izma et de Silaan dans la cité d’Héliopolis – n’oubliez pas que dans un premier temps, le premier épisode ne sera disponible que via l’abonnement sur la plateforme de Laska – une petite annonce !

Couverture 003

Le samedi 19 octobre, avec plusieurs auteurs Laska (Anne Rossi, Xenja, Pauline Libersart & Fabiola Chenet), je serai en dédicace pour le « Serpentaire » au Tea Corner – comme son nom l’indique, c’est un (excellent !) salon de thé – situé au n°6 de la rue Mandar, à Paris. Si le cœur vous en dit, vous pourrez recevoir de jolies cartes postales dédicacées, papoter et déguster de délicieux breuvages et douceurs en bonne compagnie dès 14 heures. J’ai d’ailleurs créé à cet effet une nouvelle page sur le blog, « Où me rencontrer ? ».

Et une dernière note sur le « Serpentaire » : le deuxième épisode paraîtra au mois de novembre, vous n’aurez donc pas trop longtemps à attendre 😉

31 réflexions sur “Pourquoi j’écris et je lis de la romance

  1. La romance est un genre littéraire qui ne m’attire pas vraiment alors que j’aime plutôt ça au cinéma, je vais peut-être me pencher sur le Serpentaire alors 🙂

  2. Un peu comme toi: j’ai eu des expériences mitigées avec la romance. Un ou deux titres qui m’ont plu, pour quatre ou cinq qui m’ont réduit la cervelle en marshmallow atterré en un temps record…
    Puis j’ai découvert les éditions Laska et leur demande de financement participatif. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça m’a semblé sympa et je me suis dit que ça ferait une bonne occasion de retenter de lire de la romance. À cela se sont rajoutés quelques conseils d’une amie (Camille / Rhi-Peann du blog Le Livre Monde) et me voilà plongée dans ce bain qui me paraissait si frais!
    Alors oui, il y a pas mal de romances assez désespérantes, mais quand c’est bien fait, qu’est-ce que c’est bon! ^____^

    Sur ce, bravo pour la sortie de Serpentaire! 😀
    Je ne sais pas quand est-ce que je me réabonnerai (mes trois mois d’abonnement ont pris fin voilà quelques jours), mais je sais ce que je lirai en tout premier lorsque je le ferai (surtout que j’avais bien aimé ton histoire déjà, à la base)!

    • ah j’adore l’image du marshmallow atterré ^^ Mais oui, je comprends tout à fait. Merci pour les féloches 🙂 et j’espère que la découverte te sera – toujours – plaisante 😉

  3. C’est toujours intéressant de savoir ce qui pousse un auteur à écrire et d’où lui vient son inspiration 😉
    En tout cas, je suis ravie de savoir que tu as approfondi l’univers de Serpentaire, que je serai heureuse de lire très prochainement donc!
    Merci de m’avoir citée dans la liste des Romances ci-dessus, cela fait toujours plaisir!^_^ (Oui, pourquoi doit-on toujours subir les désirs du mâle grognon en Romance quand on peut aussi rigoler un peu :p)
    En tout cas, au plaisir de te voir lors de notre petit moment douceurs en salon de thé!;)

    • Bah, de rien, j’ai beaucoup aimé certains passages de ta nouvelle (et si je ne me trompe pas, y’a bien un roman en cours, non ?) On aura l’occasion d’en parler de vive voix bientôt 🙂

  4. J’aime bien ce voyage littéraire que tu nous décris ! 🙂
    J’aurais adoré être des vôtres à Paris. Snif.

    (La couv de la Colline est de Vay aussi, je crois.)

  5. Déjà, j’aime cet article. J’apprécie aussi beaucoup la série de Maiden Lane. (un faible également pour le premier).
    Merci aussi de m’avoir citée ❤ tu dois lire Tangled maintenant !
    enfin, de quoi parle Le Serpentaire ? Bravo pour cette sortie. 🙂

    • Jolie coïncidence, je te répondais justement sur FB 😉 Yep, je vais m’y mettre, en tout cas Wallbanger était très sympa 🙂
      Et pour le Serpentaire, hé bien, je te mets le résumé ci-dessous:
      « D’un côté, Héliopolis, la ville où le soleil ne se couche jamais et où la population vénère les douze signes du Zodiaque ; de l’autre, la Nécropole souterraine, où les Sombres, exclus de la société, se regroupent autour du Serpentaire, le treizième signe.

      Izma a tout pour être heureuse : un lien puissant avec la magie du Feu, un poste de Guérisseuse dans un des temples d’Héliopolis, un époux aussi charmant qu’ambitieux et une jolie petite fille. Aussi, quand elle décide de relever un dernier défi pour rejoindre le corps d’élite des Héliades, elle pense naturellement que le succès sera au rendez-vous.

      Mais, dans l’obscurité de la Nécropole, tous ses repères s’évanouissent. Izma se retrouve confrontée à un choix entre son quotidien confortable et le désir d’une autre vie ; entre Héliopolis et les Sombres ; et enfin, entre ce que lui dicte sa raison et les élans de son cœur. »

  6. Je suis toujours étonnée de voir le nombre d’auteurs de romance qui n’en lisaient pas vraiment avant! Comme quoi, parler des sentiments humains est une idée qui dépasse le cadre de la littérature de genre! 😉
    Merci de nous lire en tout cas, c’est toujours un bonheur!

    • Oh, c’est clair 😉 J’ai découvert l’imaginaire à 20 ans, à 30 la romance, qu’est-ce que ca va être à 40 ? (question purement rhétorique, je précise ^^ )
      Merci en tout cas de tenir le blog, j’aime le lire! 😉

  7. Très intéressant comme article ! Je suis tout à fait de ton avis concernant les causes qui m’ont fait abandonner le genre très tôt (hum, je confesse, petite je piquais les romans de mes grands-mères).
    Pour ma part, je pense que ce sont surtout les histoires d’amour (qu’on peut trouver dans n’importe quel genre) et les comédies romantiques / romanesques que j’apprécie (ce qu’on trouve plus au cinéma, en particulier chez les réalisateurs anglais qui sont vraiment capables d’offrir des petits bijoux).
    Le gros souci des romances, c’est qu’elles s’enferment souvent dans des codes et clichés dans lesquels je ne me reconnais pas.
    Bref, il faudra que j’écrive un article dessus, un jour.

  8. Sinon, concernant Maiden Lane, j’avoue que le 4ème tome m’a aussi déçu (d’autant plus que j’en attendais beaucoup, ou justement parce que j’en attendais beaucoup ?). Du coup, je pense que je vais m’arrêter là, surtout que j’ai peur qu’il y ait trop de larmes dans l’épisode suivant (dommage parce que j’aimais beaucoup Saint-John dans le 1er tome, mais j’ai peur de ne pas retrouver la pétillante Meg du 2ème tome, que j’aimais aussi beaucoup, après ce qu’il lui est arrivé).
    Bref, pour moi, le tout 1er avec Temperance et Caire avait été une bonne surprise, j’avais beaucoup aimé, ensuite il y a toujours eu un truc pour me chiffonner dans le traitement de la romance (et trop d’allusions au fait que, décidément, les héroïnes « mouillent bien » ?). Je ne lirai donc le 5ème que s’il a vraiment de très bons échos (et pas uniquement par de pures lectrices de romances vendues d’avance *rires*).

  9. Oui mais non… les titres ne me font vraiment pas envie. Il faut que je regarde les pitchs de plus près, mais je ne pense pas me pencher dessus. Déjà, j’hésite à poursuivre Maiden Lane. Ensuite, les séries, ça coûte. Enfin, les romances, à petite dose ça passe encore, mais là je crois que j’arrive à saturation. Il faut absolument que je fasse passer des classiques, de la jeunesse ou du YA, ou bien des lit’ de genre entre 2 sinon ça fini tôt ou tard par me filer la nausée.
    (puis il faut vraiment que je termine mon projet 2013… j’ai l’impression que je n’y arriverai jamais)

  10. Ah mais c’est fou quand même, nous avons un lien mental ! 😀
    Bref ! Alors, je suis une quiche en romance parce que je ne sais pas m’y repérer et il y a tellement de titres que je ne sais pas quoi choisir pour m’y mettre mais du coup, je vais tenter avec Elizabeth Hoyt, je pense ! Cette collection de J’ai lu « Pour elle » m’a toujours fait pester, d’ailleurs. 🙂 Samantha Bailly me fait de l’oeil depuis un moment aussi, donc ça m’encourage davantage.
    En tout cas, j’ai envie de découvrir de la romance qui bouscule un peu le genre, car je pense que c’est là son avenir – comme toute littérature populaire, elle doit s’adapter à l’évolution de son lectorat. Merci pour ces conseils de lecture et pour défendre un genre si vivement dénigré !

    • Il faut croire la Miss 😉 Tu sais ce qu’on dit à propos des grands esprits ! Je te recommande le T1 d’E. Hoyt, il est très chouette 😉
      Pourquoi pester ? 😉
      Oui, j’aime aussi tout ce qui sort des sentiers battus 🙂

  11. Félicitation pour cette future sortie. J’avoue que j’étais beaucoup plus dans les romances/chick-lit, mais je me mets de plus en plus maintenant dans les romannces historiques que j’apprécie énormément. C’est un genre très intéressant et c’est vrai que j’ai toujours hate d’en lire plus maintenant. Je n’ai pas encote tenté Hoyt mais j’ai beaucoup aimé ce qui nous lie. Bien sur il y a d’autres auteurs que j’aime beaucoup en romance. Et j’espere que certains sortiront en Français aussi.

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