[Focus] Louise O’Neill

Deuxième focus de l’année, après celui dédié à Holly Bourne !

J’ai découvert Louise O’Neill l’année dernière, avec son premier roman Only Ever Yours, dont le pitch, à mi-chemin entre dystopie et critique sociale, m’avait intriguée.

Je peux vous dire que je ne m’attendais certainement pas à ce roman. Holy shit, l’histoire m’a complètement explosé le ciboulot – et de la meilleure manière qui soit.

On dit de Louise O’Neill que son écriture est aussi affûtée qu’un scalpel.

Je ne peux que confirmer.

Louise O'Neill

Avant de plonger plus avant dans les deux œuvres que j’ai eu le bonheur de lire chez cette romancière – bonheur, oui, même si je suis ressortie assez traumatisée de mes lectures – je tiens à dire que ceux & celles pensant que le Young Adult est juste bon à offrir des histoires divertissantes et gentillettes, guère susceptibles de provoquer la réflexion chez les têtes blondes & brunes, ont tout faux. Surtout quand on évoque Only Ever Yours ou encore Asking For It.

Louise O’Neill est une féministe jusqu’au bout des ongles. D’origine irlandaise, elle glisse avec talent du fantastique noir, à la Ray Bradbury ou encore Aldous Huxley, au récit contemporain. Peu importe le genre, au fond, car le sujet qui se trouve au premier plan de ses deux romans est le même, à savoir la condition féminine et la place de la femme dans notre société. Une autre constante de ces deux romans, c’est leur noirceur, une noirceur non pas gratuite ou injustifiée – loin de là. Elle se conjugue avec un réalisme, un souci du détail, une logique implacable que j’ai rarement rencontrée dans les récits que je lis, qu’ils relèvent du Young Adult ou non, d’ailleurs.

OnlyEverYours

Dans Only Ever Yoursdont vous pouvez lire ma chronique détaillée ici – la romancière imagine un monde post-apo, dystopique où les enfants de sexe féminin ne naissent plus de manière naturelle, mais sont littéralement produites à la chaîne. Élevées dans des sortes de couvents – sans la signification religieuse – ces filles grandissent avec un seul objectif en tête : devenir les épouses d’hommes respectables et engendrer des fils. Car, dans la société que dépeint Only Ever Yours, les femmes n’ont pas d’autre choix que de devenir des épouses, des concubines ou encore, sort le plus avilissant, devenir des chastity, s’enterrer dans les « couvents » et éduquer à leur tour les prochaines générations de femmes.

Vous me direz : « Et personne ne se rebelle, ne proteste ? »

C’est là qu’entre en scène le génie, si je puis dire, de l’auteur. Car ces filles sont soumises, depuis leur plus tendre enfance, à une mise en compétition féroce, sans aucune pitié, qui régit chaque aspect de leur vie. Depuis leur tenue jusqu’à leur apparence physique, en passant par leur attitude et leur mode alimentaire, tout est examiné à la loupe. Et malheur à celle qui ne correspond pas aux critères  – elle se retrouve tout en bas du classement. Hors des premières places de ce dernier, point de salut. Dans cet univers, pourtant, freida (et l’absence de majuscule à son prénom n’est pas une faute) va pourtant tenter de trouver sa propre voie…

Si Only Ever Yours n’est pas exempt de défauts, dont certains passages un peu trop longs, on les oublie rapidement au vu de cette histoire, qui vous prend aux tripes, qui vous glace petit à petit d’horreur, qui finit par vous couper le souffle avec son final qui m’a complètement explosé l’esprit – je m’en souviens comme si je l’avais lu hier et ça, c’est assez rare pour être noté. Vous me direz « Pure fiction ? ». Bien sûr – et pourtant, certains aspects de cette société dystopique ressemblent trop à ce que nous pouvons vivre et subir au quotidien pour nous laisser totalement de glace. L’apparence physique mise en valeur de manière permanente, ces critères que l’on nous impose, cet examen continu auxquelles les femmes de tout âge sont soumises… Cela ne manque pas de vous plonger dans un certain malaise. Ce récit gêne de plus en plus aux entournures et encore davantage quand les liaisons amoureuses, si je peux dire car en l’occurrence il s’agit davantage d’un supermarché de la chair où les hommes viennent faire leurs choix, sont abordées.

Only Ever Yours a gagné – entre autres – the YA Book Prize 2015

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Cet aspect se retrouve d’ailleurs dans Asking for It, le second roman de l’auteur, qui se passe à notre époque, dans notre monde et plus particulièrement en Irlande. Emma est jeune, Emma est belle et Emma ne juge sa « valeur » que selon ces seuls critères. Au jeu du « Suis-je séduisante assez pour emballer tel mec », elle va cependant se brûler les ailes et le corps tout entier. Quand, après une nuit dont elle ne se souvient pas, des photos d’elle dénudée, exposée sans aucune vergogne, des clichés orduriers, révulsants pris par trois mecs qu’elle connaît via le lycée, sont mis en ligne, Emma découvre l’envers du décor ; Quand sa beauté et sa jeunesse deviennent des condamnations plutôt que des atouts ; Quand sa famille entière croule sous le poids de la honte et de la culpabilité pour une « faute » dont elle n’a aucun souvenir et qu’elle n’a pas pu empêcher ; Quand tout le monde, en la regardant, ses soi-disant amies en premier lieu, pense : « Elle l’a bien cherché, après tout ».

C’est un roman-choc, un roman qui pousse le malaise jusqu’à son paroxysme, une lecture dont on ne peut pas sortir indemne. Ces propos vous font fuir ? Pensez plutôt aux cas similaires qui se passent dans la vraie vie, celle de tous les jours, celle où des clichés de jeunes femmes dénudées sont piratés, offerts en pâture, et regardez qui est condamné, lynché en place publique pour cela. Pensez aux viols – près de huit cas par jour en Belgique et on parle seulement des cas dans lesquels la victime a osé porté plainte – aux attentats à la pudeur, à toutes ces relations où la femme est abusée, utilisée et où on lui répond, quand elle ose en parler, « Mais pourquoi n’as-tu pas dit non ? » « Pourquoi n’avoir pas résisté ? », tous ces « Pourquoi » parce que la victime, dans ces cas-là, se retrouve obligée de se justifier. Pensez enfin à l’utilisation de la femme dans les aspects de la société, à son hyper sexualisation, à cette chair qui semble presque libre de consommation. Oui, Asking for It met mal à l’aise. Et pour tout ça, c’est une lecture nécessaire.

À travers les yeux d’Emma, à la fois victime et propre bourreau, Louise O’Neill dresse un portrait glaçant de notre société, mais aussi du fonctionnement de la justice. Elle montre le poids effroyable de l’administration, des procédures auxquelles est soumise la victime. L’église catholique n’échappe pas à la plume affûtée de l’auteur, elle y démontre l’aveuglement des prêtres et leur complaisance envers les « membres honorables de la société », leur soutien même aux jeunes hommes ayant profité d’Emma, l’ayant exposé à la vindicte de tous. Finalement, elle démontre le fardeau pesant de plus en plus lourd sur les épaules de la victime et de ses proches, cette atmosphère anxiogène, qui étouffe et empoisonne Emma & ses proches, jusqu’au dénouement final. Un dénouement plus nuancé cependant que celui d’Only Ever Yours, mais tout aussi percutant, vous laissant libre de vous demander ce que vous, vous auriez fait à la place d’Emma.

Oui, Louise O’Neill ne ménage pas son lecteur, oui, elle expose la laideur, la violence, l’injustice de ce monde. Oui, vous en sortirez peut-être aussi chamboulé que moi. Et oui, il est nécessaire de lire ce qu’elle a à écrire, d’entendre ce qu’elle a à dire. Parce que oui, cela nous concerne toutes et tous.

Site de Louise O’Neill

NaNoWriMo 2015 – le jeu des dix anecdotes

Si vous ignorez de quoi je parle, aka le NaNoWrimo, rendez-vous ici  !

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Miss Shana des Contes de Minuit m’ayant taggué pour vous révéler dix anecdotes concernant mon roman, je me suis dit que j’allais (encore) le tourner à ma sauce et vous offrir un petit panaché d’anecdotes sur les divers projets que j’ai pu écrire pendant mes NaNos.

Let’s go !

  1. Plusieurs de mes écrits plus ou moins longs sont, à l’origine, des nouvelles. Comme je suis moyennement douée pour cet exercice, soit je sous-estime la longueur finale du texte – ce fut encore le cas pour Mulberry Tree  – soit, quand la fin arrive, je suis insatisfaite, la Muse également et nous revenons toutes deux sur le texte parce qu’en fin de compte, je n’en ai pas tiré tout le potentiel… Ca peut donner un roman… voire toute une trilogie !

  2. Je n’ai pas de rituel d’écriture, à proprement parler. Pas de musique, ce qui a tendance à me déconcentrer, pas d’endroit favori, juste un maximum de calme – ce qui n’est pas toujours facile à trouver d’ailleurs ! J’ai déjà écrit dans les transports en commun, ce qui peut vous mettre les nerfs à rude épreuve avec le bruit ambiant – quand une passagère plus curieuse que les autres ne vous pose pas question sur question sur ce que vous écrivez (Rassurez-vous, Madame, je ne vous en veux plus… trop 😀 )

  3. Je ne suis pas réellement de méthode d’écriture, j’aime bien me lancer à l’aventure – comme vous le savez si vous lisez ce blog depuis quelque temps. Néanmoins, cela ne veut pas dire que je n’ai pas lu de bouquins sur le sujet, comme par exemple La dramaturgie d’Yves Lavandier ou encore L’anatomie du scénario de John Truby. Des livres très intéressants, que je vous recommande d’ailleurs si vous désirez en savoir plus sur les « méthodes » d’écriture. Pour ma part, je ne parviens définitivement pas à les appliquer.

  4. Petite anecdote sur les Outrepasseurs : dans une des toutes premières versions, Peter n’avait pas 17 ans, mais bien une bonne trentaine (oui, c’est un changement). Et laissez-moi vous dire qu’il était loin d’être candide… La preuve :

    « Braquant sa torche sur son visage, Peter l’inspecta sans vergogne. La dryade était jeune encore, elle n’avait sans doute pas trouvé son arbre-âme. Néanmoins, sous le double couvert de sa tunique et de sa veste, ses formes se révélaient assez appétissantes pour faire tourner la tête à plus d’un. Mais c’étaient ses yeux qui fascinaient Peter : ils lui rappelaient un regard semblable croisé quinze années auparavant et jamais oublié depuis. La jeune femme ne baissait toujours pas les yeux. Ménilboné se fera un plaisir de te briser, ma petite. » 

  5.  Mon NaNo 2014, alias Qui, de nous deux ? qui sera bientôt publié d’ailleurs, a représenté un défi dans pas mal de domaines. Première fois que j’écrivais au présent et à la première personne; Première fois également que mon personnage principal n’a pas de racines européennes; Et aussi, première incursion dans le YA contemporain, un genre que je lis de plus en plus, et qui transparaît pas mal dans ce roman… D’ailleurs, pour le plaisir, extrait !

    « Ma tante se trompe si elle croit que je la hais. J’ai appris que cela demandait trop d’énergie, je ne réserve ce sentiment que pour quelques personnes. Magali, elle, ne m’inspire que dégoût et mépris. Son attitude, après ce qu’il s’est passé et surtout, cette interview donnée à un célèbre tabloïd, étalant devant mes yeux incrédules les soi-disant secrets de notre famille… Chaque fois que j’y pense, il me suffit de fermer les paupières et de revoir les gros titres du canard en question.

    J’ai envie de l’étrangler.

    Et l’instant d’après, je me dis que je n’ai pas à me salir les mains, qu’elle n’en vaut pas la peine.

    Elle peut m’envoyer toutes les lettres du monde, je ne lui répondrai pas. »

  6. Si je n’aime pas la musique pendant l’écriture, en revanche, certaines chansons me trottent parfois en tête, au point que je me décide à les insérer, d’une manière ou d’une autre, dans mes écrits. Dernièrement, j’ai eu la surprise – hé oui, les auteurs peuvent se surprendre tous seuls ! – de constater qu’une chanteuse en particulier avait été citée à deux reprises dans mes bouquins. Il s’agit de Lana del Rey et, si je ne suis pas une fan inconditionnelle, le timbre de sa voix m’a suffisamment marquée pour que je me décide à citer un de ses airs… Et maintenant, je vous laisse jouer ! A votre avis, dans lesquels de mes ouvrages une référence à Lana del Rey  s’est-elle glissée ?  (En même temps, vous n’avez pas 36 000 possibilités… ^^ )

    Un indice :

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  7. Durant le mois d’octobre, j’ai changé de projet pour mon NaNo 2015. Certain-e-s d’entre vous l’ont peut-être vu apparaître sur le site du NaNoWriMo – sentez-vous d’ailleurs libres de m’ajouter en tant que writing buddy, si vous vous en sentez l’envie 🙂

     

  8. Ce qui m’amène donc au projet que je vais donc poursuivre pour le NaNo 2015 et que j’ai baptisé du nom de code Roar ! Oui, je sais, encore un titre de chanson, me direz-vous. Et de quoi ça parle ? Hé bien, malheureusement, je ne vais pas pouvoir en dire beaucoup plus… non pas pour vous faire mariner, mais bien parce que pour le moment, il doit encore demeurer secret. Sorry, folks ! Comme la présentation très succincte le mentionne, il s’agit bien d’un projet YA. Et en dépit des apparences,  Katy Perry n’y fera pas d’apparition 😉

    NaNo_2015

  9. Si j’aime beaucoup l’émulation et l’enthousiasme qui règnent autour du NaNo, en revanche, je n’ai encore jamais participé à une Kick-off ou un write-in qui s’organisent de plus en plus de par le monde ! Par manque d’opportunités ces dernières années – La Belgique était regroupée jusqu’il y a peu dans le forum néerlandophone, ce qui limitait les possibilités d’interaction – et par manque de temps aussi… Mais il ne faut jamais dire jamais, bien entendu ! 😉

  10. Et enfin, pour cette dernière anecdote, laissez-moi voir… Ah oui ! Je suis une vraie flemmarde – je sais, les gens ont beaucoup du mal à me croire quand je le dis, mais c’est la pure vérité. Pour le NaNo, c’est pareil. Je ne ferai jamais partie des compétiteurs qui alignent 50K, voire 100K en quelques jours – si, ils existent, j’en connais plusieurs. Perso, je continue à mon petit rythme, celui des 1666 mots par jour, et quand j’ai atteint la barre des 50 000 mots, je m’arrête. Et je valide. En général, c’est à ce moment-là que la Muse débarque avec ses idées de réécriture, d’ailleurs… *soupir*

Voilou pour ce tag bien sympathique ! Je vous invite à jeter un coup d’oeil sur les réponses de Miss Shana ou encore celles  de Miss Flo Bouquine concernant son projet. Comme d’habitude, je ne nomine personne, mais si vous avez envie de le faire, lâchez-vous.

A tout bientôt pour de nouvelles aventures !

Mulberry Tree – Suite et fin !

Hé oui, il fallait bien un jour que je clôture cette série, qui a pris des dimensions inattendues !

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Avant de vous livrer la huitième et dernière partie – ainsi que l’intégrale ! – je veux adresser un remerciement tout particulier à Miss Shana, qui se reconnaîtra et qui m’a soufflé la première l’idée de ce pari d’écriture spécial Wattpad.

Les avis et appréciations de mes lecteurs, que ce soit sur les réseaux sociaux ou Wattpad, ont été aussi une grande aide dans cette aventure, qui, comme je le disais ci-dessus, m’a étonné par son ampleur – 35 pages, 76 000 sec –  mais aussi par les thèmes abordés.

Mulberry Tree signe ma première incursion dans le contemporain – aucune goutte d’imaginaire là-dedans – et je peux vous dire que ce ne sera pas la dernière fois que je m’aventurerai dans ce genre…

En attendant, je vous laisse déguster la suite et fin de cette saga !

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Mulberry_Tree_integrale

Bien entendu, vous pouvez retrouver le tout sur mon profil Wattpad et/ou me demander les versions epub & mobi à cette adresse : cindy.van.wilder@gmail.com

Bonne lecture, les gens !

Revue de presse Outrepasseurs : édition automnale

Ces derniers temps, j’ai pu récolter pas mal de chroniques et d’avis sur la saga des Outrepasseurs – ce qui me fait rudement plaisir, vu que le premier tome est sorti depuis plus d’un an et demi (déjà !)

Avant de vous entretenir des festivités de fin d’année, Montreuil 2015 en tête – je réserve d’ailleurs un petit concours spécialement pour ceux & celles qui s’y rendront d’ailleurs ! – c’est donc parti pour une revue de presse très diverse.

On commence avec les revues en vidéo :

Celle de Miss Flo Bouquine qui parle de la saga en entier, pour commencer (attention, y’a des spoilers !)

Celle de Miss P’tite Elfe, que j’avais manquée en ce début d’été et qui nous parle entre autres du premier tome

Celle de Laetitia Mordue de Livres, toujours sur les Héritiers.

Last but not least, une excellente chronique d’ensemble sur la saga, sans presque aucun spoiler, par Miss Perseneige !

Passons aux blogs & sites, à présent !

J’ai beaucoup aimé toutes ces nuances, rien n’est tranché, ce n’est pas blanc ou noir. Bref, vous ne pouvez pas passer à côté de cette trilogie, elle est pour moi indispensable, envoûtante, prenante… Je n’ai pas assez de mots.

Back to the Geek – Le Libérateur

J’ai pris un très grand plaisir à découvrir la plume de Cindy Van Wilder. Cette saga est très originale sur le fond et je vous conseille de la découvrir.

Reves et Imagines – Le Libérateur

Au final, j’ai adoré ce roman qui est un quasi coup de coeur. Mais c’est un roman pour public averti. 
L’auteur a une plume addictive, à tel point qu’il va me falloir rapidement le tome 2. 

Laetitia Mordue de Livres – Les Héritiers

Je vous en ai déjà trop dit, mais comme vous pouvez le constater, on est assez loin de ce que l’on pouvait s’imaginer à première vue. Et j’ai adoré. J’aime les romans dans lesquels les fés sont celles originellement décrites dans le folklore « celtique », à savoir sans morale, inconsciente des notions de Bien et de Mal.

Bazar de la Littérature – Les Héritiers

Enfin bref, une saga à découvrir absolument ! Visuellement, les livres sont sublimes, il faut quand même le dire : il y a un vrai travail sur le livre en tant qu’objet ! Et si l’on ne juge pas un livre à sa couverture, le contenu est tout aussi magique et magnifique !

Des Livres en Pagaille – Le Libérateur

Et comme dessert, je vous propose deux interviews de ma pomme, l’une sur le blog Lectures et Cie et l’autre sur le blog Des Livres en Pagaille.

Je vous dis, à très bientôt les gens 😉

Chroniques LGBT – 2e opus

Vous pouvez retrouver le premier round ici

On va commencer par un roman qui m’a profondément ému et touché, à savoir…

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Two Boys Kissing par David Levithan

4e de couv’

In his follow-up to the New York Times bestselling Every Day, David Levithan, co-author of bestsellersWill Grayson, Will Grayson and Nick and Norah’s Infinite Playlist, tells the based-on-true-events story of Harry and Craig, two 17-year-olds who are about to take part in a 32-hour marathon of kissing to set a new Guinness World Record—all of which is narrated by a Greek Chorus of the generation of gay men lost to AIDS. While the two increasingly dehydrated and sleep-deprived boys are locking lips, they become a focal point in the lives of other teen boys dealing with languishing long-term relationships, coming out, navigating gender identity, and falling deeper into the digital rabbit hole of gay hookup sites—all while the kissing (former) couple tries to figure out their own feelings for each other.

Mon avis

Un roman choral, voilà qui est peu courant dans les YA que j’ai pu lire jusqu’à présent. J’avoue que j’avais un peu peur du résultat final, me demandant si j’allais adhérer à cette structure. La réponse a été un grand oui sur tous les points. On suit plusieurs histoires – des histoires d’amour, de découverte, d’amitié aussi. Comme celle de Harry et Craig, qui ont décidé de battre le record du baiser le plus long. Un geste fort devant l’oeil des caméras. Un geste qui ne plaît pas à tout le monde.

Entremêlées à ce fil rouge, que représentent les 32 heures du défi, il y a l’idylle entre Ryan et Avery, garçon né dans un corps féminin et qui a entrepris la transformation physique masculine; celle de Caleb, un ado dont les parents ont découvert brutalement l’homosexualité et qui a dû prendre la fuite; et toujours, en filigrane, ce choeur anonyme d’hommes, reflet d’une autre génération, une génération qui a vu le sida faire des ravages parmi leurs rangs, une génération qui a dû cacher qui elle était et qui livre ses témoignages.

J’ai été très touchée par ce roman, par ces destins entrecroisés, par le style de Levithan également, tout en sensibilité et en pudeur. Il dresse un portrait réaliste, sans concession de ce que représente l’homosexualité, essentiellement masculine, et livre en même temps un appel à la tolérance, à l’humanité également. J’ai plusieurs fois eu les larmes aux yeux, ce qui est tout de même assez rare chez moi, et je ne peux qu’espérer qu’un jour, ce superbe roman soit traduit en français.

Quittons le YA pour entrer de plein pied dans le roman historique…

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Le Silence des Rails de Franck Balandier

4e de couv’

Alsace, 1942. Parce qu’il est homosexuel, le jeune Etienne est envoyé dans l’unique camp de la mort installé en territoire français annexé. Parce qu’il est homosexuel, il porte le triangle rose, insigne de son infamie, sur son pyjama de prisonnier. S’il sort vivant et libre de cet enfer, personne ne le croira, c’est sûr.

Mon avis

Avec un résumé pareil, je ne pouvais qu’être intéressée par ce roman, sorti l’année dernière, et qui traite d’une page d’histoire encore trop souvent ignorée et passée sous silence, à savoir la déportation et l’emprisonnement des homosexuels pendant la deuxième Guerre Mondiale, obligés de porter le triangle rose. Il raconte également l’enfer quotidien dans le camp de Natzweiler, situé à Struthof, le seul camp de concentration établi sur le territoire français, dans l’Alsace alors annexée. C’est ce que découvre le jeune Etienne, arrêté à Paris en même temps qu’un compagnon de lit.

Si le récit a une indéniable valeur historique, au niveau de l’intrigue et de la caractérisation de son narrateur, je dois malheureusement dire que je n’y ai accroché qu’à moitié. La raison sans doute au style de l’auteur, très ciselé, mais aussi très haché à certains moments. Le récit est de plus assez court, le livre en lui-même ne comporte que 200 pages, et j’ai plus eu l’impression d’un survol, d’une vue d’ensemble que d’un réel focus sur le personnage d’Etienne. Je me souviendrai de plusieurs passages poignants, dont le fait qu’on l’oblige à se tenir sur l’étang gelé, s’étendant derrière la demeure du commandant du camp, afin de voir si la glace est assez solide pour que la fille du commandant puisse patiner dessus. Une « anecdote » qui marque les esprits et révèle la non-valeur accordée à la vie humaine dans ce cadre.

En conclusion, un roman à lire & à découvrir, ne serait-ce que pour sa portée historique.

Et pour clôturer ce deuxième opus, on passe à du New Adult, un OVNI qui m’a prise aux tripes pour ne plus me lâcher ensuite !

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Black Iris de Leah Raeder

4e de couv’

IT ONLY TOOK ONE MOMENT OF WEAKNESS for Laney Keating’s world to fall apart. One stupid gesture for a hopeless crush. Then the rumors began. Slut, they called her. Queer. Psycho. Mentally ill, messed up, so messed up even her own mother decided she wasn’t worth sticking around for.

If Laney could erase that whole year, she would. College is her chance to start with a clean slate.

She’s not looking for new friends, but they find her: charming, handsome Armin, the only guy patient enough to work through her thorny defenses—and fiery, filterless Blythe, the bad girl and partner in crime who has thorns of her own.

But Laney knows nothing good ever lasts. When a ghost from her past resurfaces—the bully who broke her down completely—she decides it’s time to live up to her own legend. And Armin and Blythe are going to help.

Which was the plan all along.

Because the rumors are true. Every single one. And Laney is going to show them just how true.

She’s going to show them all.

Mon avis

Si rien que le terme « New Adult » vous a rebuté, laissez-moi vous dire qu’en ce qui concerne Black Iris, vous pouvez oublier tout ce que vous avez déjà lu de ou sur le New Adult. Voilà un roman qui m’a complètement entraîné dans son univers, grâce à sa structure entremêlée de flash-backs et son style, qui vous happe dès le début. C’est l’histoire d’une vengeance. Une vengeance aussi implacable que celle de Monte Cristo, aussi sanglante que celle retracée dans Kill Bill. C’est aussi une histoire d’amour, une histoire d’illusions, de mensonges et d’erreurs. Oubliés les personnages parfois plus-que-parfaits des romances New Adult – non pas que je jette la pierre, j’en lis aussi – voici des personnages grandeur nature. Des personnages qui commettent des fautes, qui trompent, qui abusent, qui mentent. Des escrocs, des arnacoeurs, et pourtant, l’on ne peut pas s’empêcher de pleinement les soutenir, en particulier Laney qui en a tellement bavé qu’à la fin, on se demande si une vie sans vengeance est encore possible pour elle.

Je vous laisserai découvrir la réponse par vous-même 🙂

Un autre point essentiel de ce roman, c’est la sensualité qui transparaît à chaque ligne. A ce niveau-là, Raeder emploie son style telle une arme, faisant grimper la température un peu plus à chaque scène. C’est chaud, très chaud, c’est sulfureux même et pour moi, qui ne suis pourtant pas fan des scènes à plusieurs, j’ai dû rendre les armes devant une de ces scènes, complètement explosive, que contient le bouquin. Une sexualité qui fait la part belle à la diversité et qui sert l’intrigue au lieu de la desservir, qui ne joue en aucun cas les soutiens pour une intrigue bancale, loin de là.

Bref, je vous garantis que vous ne sortirez pas indemnes de cette histoire !

[Challenge] Writing cats

Allier les chats et l’écriture… Une combinaison que bon nombre d’auteurs connaissent, même si les deux ne font pas toujours bon ménage !

Aussi, quand la duchessederat m’a indiqué le lien vers ce challenge en image(s), je me suis dit que ça me collait parfaitement !

Petite présentation de ma féline d’abord – à conjuguer au singulier car la demoiselle est possessive et n’admet aucune concurrence sur son territoire. Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez déjà pu l’apercevoir. Elle s’appelle Brandy, affiche quelques années au compteur (et je ne préciserai pas de chiffre, sous peine de représailles !) et est de la race Maine Coon (si vous voulez un aperçu, cliquez sur le lien).

Quand la demoiselle était plus jeune...

Quand la demoiselle était plus jeune…

Created with Nokia Smart Cam

La demoiselle maintenant !

Comme tout chat d’auteur qui se respecte, la Miss adore venir se poser sur mon bureau, examiner ce que je fais, quand elle ne réclame pas quand elle trouve que je ne m’occupe pas assez d’elle.

La preuve :

Created with Nokia Smart Cam

Admirez le geste, à la fois discret et économe en énergie.

Quelquefois, la Miss fait même des razzias dans ma bibliothèque…

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La preuve avec le roman d’Agnès Marot !

Et voici pour la présentation de la Miss (croyez bien que je pourrai vous mettre encore plein de photos et en discourir pendant des heures… )

Si vous avez envie de relever le challenge Writing Cats, vous avez jusqu’à ce soir pour poster vos propres photos !

Vos questions sur l’écriture et le métier d’auteur : huitième round !

Vous pouvez retrouver les rounds précédents ici 

La question du jour :

Bonjour ! J’ai une question, assez courte. Je me demandais combien de temps, une fois que vous avez écrit le brouillon d’un roman et que tous les chapitres sont rédigés, vous retravaillez un texte et comment est-ce que vous vous y prenez… Merci d’avance 

Bonne question. La réponse en bref : je n’en sais rien ^^ (Je sais, ça fait super organisé)

En réalité, c’est plutôt au cas par cas. D’une part, comme je l’ai sans doute expliqué lors des rounds précédents sur ce blog, je finis rarement la première version d’un roman. Le schéma est le suivant : je me lance, avec peu ou pas de préparation étant donné que je ne suis pas une fan des synopsis/plans/fiches, etc. Tout va bien jusqu’au stade des 50 000 mots – bizarrement (ou non), cela coïncide souvent avec la fin du NaNoWriMo.

Et là, je stoppe.

Pourquoi ? La raison en est simple. Muse s’en est mêlée. Et quand elle s’en mêle, me soufflant suggestions & nouvelles inspirations, je préfère m’arrêter dans le processus de rédaction, faire une pause plutôt que de continuer à tout prix.

C’est un choix personnel, bien entendu. Tout le monde n’agira pas de cette manière et quelque part, tant mieux. Pour l’avoir testée, non seulement sur les Outrepasseurs mais aussi pour Qui, de nous deux ?, c’est celle qui me convient.

Après ce premier arrêt, en général, je mets le projet en pause, le temps de rassembler mes idées et de pouvoir déconstruire l’intrigue. C’est là que commence la réécriture – avec une histoire plus affûtée, des persos plus construits & fouillés. L’avantage, c’est que je connais déjà mes personnages, j’ai fait leur connaissance, et je vois leur potentiel. Même chose pour l’histoire, d’ailleurs.

Je me (re)concentre sur les thèmes que je veux aborder, je redéfinis parfois les personnages du tout au tout – cela m’est d’ailleurs arrivé dans Qui, de nous deux ? une des personnages a subi un véritable « lifting » et elle m’est apparue beaucoup plus crédible de cette manière. Je coupe, je modifie, j’ai rarement l’opportunité de copier/coller car en général, je préfère réécrire. Un processus plus long, certes, mais grâce auquel je peux éviter d’abord les erreurs – ce qu’occasionne parfois les copier/coller – et ensuite, tout remettre à plat.

Cette réécriture est généralement bouclée jusqu’au mot FIN !

Et ensuite ?

Hé bien, ensuite, il y a plusieurs cas de figure : soit je remets le bébé à l’éditeur – si le roman était sous contrat – soit, s’il ne l’est pas, je lisse et je peux encore m’engager sur une phase de réécriture partielle. D’ailleurs, lors de mes dernières corrections éditoriales, c’est ce que j’ai fait. D’après les premiers retours, c’était une bonne idée 😉

Pour le temps que cela me prend, là aussi, ça dépend. Si j’ai une date limite pour rendre le manuscrit à l’éditeur, il est évident que je mets tout en oeuvre pour la rendre au jour dit, question de professionnalisme et de politesse. On me demande souvent, par ex. combien de temps cela me prend pour écrire un livre. La meilleure réponse que je puisse donner, c’est que cela se compte en mois.

Et que le travail de l’auteur est loin de s’arrêter au moment de rendre son bouquin à l’éditeur ! Car après, viennent les corrections éditoriales, la relecture du BAT, etc.

Voilou pour ma réponse 🙂

Et comme d’hab’, si vous avez des questions sur l’écriture & le métier d’auteur, inscrivez-les en commentaire.