Des Oscars et des gens ordinaires

Une fois n’est pas coutume, j’ai suffisamment d’inspiration pour vous écrire un article sur ce blog (je sais, ça fait un bail).

Et une fois n’est pas coutume non plus, ce sont les Oscars hollywoodiens qui m’ont mis le pied à l’étrier. Si vous ne le saviez pas, dans la nuit de dimanche à lundi, tout le gratin hollywoodien était donc réuni for the event of the year, aux célèbres statuettes dorées. Et non, je n’étais pas collée devant la TV – à vrai dire, j’ai regardé une seule fois les Oscars en direct (enfin en partie !) quand LOTR3 Le retour du Roi s’est retrouvé nominé à je ne sais plus combien de reprises. C’est vous dire si je ne suis pas spécialement fan de l’évènement.

Mais cette année, cependant, on peut dire que les nominations avaient attiré mon attention. Pour des nominations qui ont trop souvent été décriées comme trop blancs (et je ne donne absolument pas tort aux détracteurs/détractrices, loin de là) voir des acteurs & actrices comme Mahershala Ali & Viola Davis parmi les nominé-e-s ou encore des films comme Moonlight & Hidden Figures susceptibles de remporter une statuette, c’était un changement plus que bienvenu, surtout quelques semaines après l’investiture de Trump.

Et si je croisais les doigts pour que tous et toutes remportent le succès remporté, je ne m’attendais pas pour autant à ce que cela se réalise (surtout pour Moonlight – best Movie et dans des circonstances aussi rocambolesques.)

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Mais le plus important ne se situe pas dans la gaffe qui a eu lieu sur scène ;

L’important se situe dans les mots, dans les expressions, dans les regards de ceux et celles qui, le premier moment d’incrédulité passé, ont monté les quelques marches et se sont retrouvés avec la récompense suprême entre les mains. Bien plus qu’objet à poser sur la cheminée (du moins j’imagine ^^ ) c’est la consécration, c’est la reconnaissance du travail accompli.

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Et, surtout à l’époque où nous vivons, c’est l’affermissement d’un droit – celui d’être vu ET entendu. Celui de se dire et de dire tout court aux autres « Je suis à ma place ».

« Je suis sur le devant de la scène, moi qu’on a trop souvent relégué en second rôle, quand ce n’était pas en coulisses, et j’emmerde celleux que cela gêne. »

Mahershala Ali accepts the award for best actor in a supporting role for "Moonlight" at the Oscars on Sunday, Feb. 26, 2017, at the Dolby Theatre in Los Angeles. (Photo by Chris Pizzello/Invision/AP)

Mahershala Ali accepts the award for best actor in a supporting role for « Moonlight » at the Oscars on Sunday, Feb. 26, 2017, at the Dolby Theatre in Los Angeles. (Photo by Chris Pizzello/Invision/AP)

Si j’écris cet article, ce n’est pas seulement pour saluer la victoire de ces acteurs et de ces films. C’est aussi parce que ces victoires me touchent et me parlent sur un plan personnel.

En tant qu’auteur et en tant qu’être humain.

 

Auteur d’abord, car mes deux sorties 2017, que ce soit Ferenusia ou Ce soir, le ciel nous appartient, vont mettre en scène, chacune à leur manière, des personnages que j’ai rarement eu l’occasion de voir figurer dans des romans, si pas jamais.

Être humain ensuite, car je m’avoue volontiers lassée par la plupart des médias & divertissements culturels qu’on peut nous proposer. Comme si on me proposait chaque fois le même format, les mêmes caractéristiques, les mêmes cloisons, les mêmes cadres également dans lesquels je n’entre plus.

Je refuse d’y entrer en fait.

C’est même plus que ça – je ne peux plus ne pas voir ce qui se trouve en face de moi et qui ne va pas.

Ce qui cloche – alors que ça me semblait si normal auparavant.

Que ce soit une remarque grossophobe sous couvert d’une blague ciblant les gros-se-s, l’absence criante d’acteurs/d’actrices racisé-e-s dans les films et autres séries ou encore l’obligation vestimentaire pour l’immense majorité des actrices de porter jupe/talons aiguilles (et je pourrais continuer longtemps dans cette veine), ce sont là autant de détails qui me passaient sous le nez auparavant et que je ne peux plus ne plus voir à présent.

Une évolution qui s’est faite au fil du temps, au fil des rencontres également et qui ne cesse pas de s’affiner.

Ce qui nourrit ma lassitude, ma colère aussi, mon désenchantement se muant en indifférence blasée vis-à-vis de ces médias. S’ils ne me prennent pas en compte, ne reconnaissent pas la réalité de personnes qui, comme moi, ne rentrent pas dans leurs petites cases, pourquoi devrais-je, moi, les prendre en compte ? M’intéresser à ce qu’ils peuvent me proposer ?

Et il en va de même pour les autres produits culturels – au premier rang d’entre eux, les livres.

Voilà aussi et surtout pourquoi des voix comme celles de Yaa Gyasi, Léonora Miano, Meredith Russo, Jeff Garvin et encore bien d’autres parviennent à me captiver. Pourquoi je m’intéresse à leurs récits.

Dernier coup de coeur en date

Parce que leur réalité, comme la mienne, ne s’articule pas autour du pôle qu’on nous ressert si souvent dans les fictions.

Parce que leurs personnages sont différents – comme j’ai envie que les miens soient différents.

Parce qu’ils parlent du monde d’hier et d’aujourd’hui – ou tout au moins une version qu’on ne retrouvera pas dans la plupart des livres d’histoire/journaux actuels.

Aussi et surtout parce que leurs récits me parlent. Me font du bien.

Et qu’en tant qu’auteur, j’espère pouvoir faire de même pour celleux qui me liront.

Voilà pourquoi les victoires de Viola Davis, Mahershala Ali et Moonlight m’ont donné un sourire aussi large que ceux qui se sont inscrits sur leurs visages hier soir.

Voilà pourquoi, en voyant les photos, les vidéos, en écoutant leurs discours, un sentiment de fierté m’a aussi gonflé la poitrine.

Et voilà pourquoi j’ai l’espoir que ces succès encourageront d’autres à créer, rêver, inspirer et – qui sait ? – eux aussi, monter sur le devant de la scène pour crier « J’existe. J’ai le droit d’être ici devant vous. Et je vais cesser de me taire. »

Du nouveau…

Petit update sur ce blog, puisque j’ai le plaisir de vous annoncer que désormais, vous pourrez retrouver toutes mes infos en un seul endroit à savoir mon site Web !

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En français ou en anglais, vous pourrez y retrouver l’agenda, les nouvelles sur mes sorties à venir, les bonus et bien d’autres choses !

N’hésitez donc pas à mettre vos favoris à jour 🙂

Rentrée !

Bonjour à tous et toutes !

Cette semaine, c’était l’heure de la rentrée pour pas mal d’entre vous et je ne fais pas exception à la règle. Après des vacances aussi génialissimes que nécessaires – j’espère qu’il en a été de même pour vous ! – il est temps de se retrousser les manches et de réfléchir au programme des prochaines semaines, voire des prochains mois.

Alors, à quoi pouvez-vous attendre de ce côté-ci ?

  • Tout d’abord, naturellement, une reprise du blog. Plusieurs articles sont déjà dans les tuyaux, dont notamment un nouvel opus de  » Sur le grill « .. Je vous laisse deviner quelle prochaine personnalité du monde du livre sera à l’honneur cette fois-ci !
  • La chaîne Youtube reprend également du service, à un rythme cependant plus léger que celui des mois précédents. Plusieurs thèmes de vidéos sont aussi en développement, dont notamment les chroniques LGBTQIA+ !

Côté littéraire, je vous dévoilerai bientôt les rendez-vous de ce semestre où vous pourrez me croiser, j’attends encore confirmation pour une certaine date… donc Stay tuned !

Et enfin, pour les plus curieux/curieuses, si vous voulez savoir sur quoi je travaille en ce moment, en voici un petit aperçu…

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[Chronique] The Serpent King – Jeff Zentner

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4e de couv’

Dill has had to wrestle with vipers his whole life—at home, as the only son of a Pentecostal minister who urges him to handle poisonous rattlesnakes, and at school, where he faces down bullies who target him for his father’s extreme faith and very public fall from grace.

He and his fellow outcast friends must try to make it through their senior year of high school without letting the small-town culture destroy their creative spirits and sense of self. Graduation will lead to new beginnings for Lydia, whose edgy fashion blog is her ticket out of their rural Tennessee town. And Travis is content where he is thanks to his obsession with an epic book series and the fangirl turning his reality into real-life fantasy.

Their diverging paths could mean the end of their friendship. But not before Dill confronts his dark legacy to attempt to find a way into the light of a future worth living.

Mon avis

Vous connaissez la sensation d’être pris aux tripes dès que vous ouvrez un roman ?

Comme si les personnages semblaient de chair et d’os tant ils vous semblent vrais ?

Et avant même que vous ne vous en rendiez compte, vous êtes déjà à un tiers du bouquin sans même avoir vu les pages défiler ?

Voilà, c’est l’effet que ce roman a eu sur moi.

The Serpent King, je l’ai pris un peu hasard lors de ma dernière razzia en ebooks. J’en avais entendu pas mal parler, surtout en bien, et le 4e de couv’ m’intriguait. La couverture, enfin, constituait un gros bonus avec son design tout à fait adéquat.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, aucune trace de fantastique ou de fantasy dans ce roman. Du 100% réaliste situé à Forrestville, petite bourgade dans le Tennessee, sud des Etats-Unis. On suit trois ados, trois points de vue totalement différents entre Dill, le fils du Serpent King alias un pasteur qui s’est retrouvé en prison; Lydia, bloggueuse à succès et qui a hâte de faire ses débuts à l’université de NY; Travis, à moitié immergé dans l’univers de sa saga fantasy préférée pour mieux oublier ce qu’il se passe à sa maison.

Trois amis, qui s’apprêtent à entrer dans leur dernière année de lycée, chacun redoutant et espérant en même temps un autre horizon, une autre vie.

Premier roman de Jeff Zentner, The Serpent King m’a totalement fasciné (ah ah) dès le départ. Sa grande force, ce sont les personnages – extrêmement bien construits, extrêmement bien développés. J’ai ressenti d’emblée l’amitié qui les unissait tous les trois, ces liens qui les isolent d’un monde où ils ont beaucoup de mal à trouver leur place – Dill, avec la réputation de son père qui lui colle aux basques et cette culpabilité dont il ne parvient pas à se défaire; Travis et son amour pour la saga fantasy Bloodland, sous la coupe d’un père odieux et brutal; Lydia, esprit en constante ébullition, tiraillée entre son désir de quitter cette bourgade qui ne l’accepte pas et le regret de laisser ses amis derrière elle.

Nous trois contre le monde pourrait être un titre alternatif pour ce roman et c’est un sentiment qui ressort de chacune des phrases de ce bouquin. Personnellement, je me suis énormément attachée à chacun des trois points de vue, chacun me parlant d’une manière différente, me touchant par ses faiblesses, ses espoirs, ses démons. Et il en est question de démons, que ce soit dans les relations familiales, dans l’héritage légué par les générations précédentes ou encore dans l’ambition qui peut tout dévorer sur son passage.

J’ai aimé le fait que chacun des personnages confronte les autres à un moment donné, qu’ils n’aient pas peur de remettre en cause leur amitié, de la questionner, d’évoluer aussi et de faire évoluer les autres. J’ai adoré le fait qu’on parle d’harcèlement scolaire sans qu’on ait les scènes devenues quasi obligatoires d’humiliation générale, que ce soit dans les couloirs ou à la cafétéria du lycée, que la romance puisse se développer sans devenir guimauve ou omniprésente, étouffant par là les thèmes essentiels de ce roman.

The Serpent King n’est pas un roman qui vous épargne. La malédiction qui veut que je me retrouve à pleurer (en général dans un train) a encore frappé ! En même temps, si elle me fait découvrir de telles pépites, c’est une belle compensation. C’est un roman qui vaut la peine d’être découvert, qui m’a fait rire, verser des larmes, qui m’a touché et énormément ému.

C’est une très belle histoire d’amitié, de vie et définitivement, un gros coup de coeur 2016 !

Coffee Book Tag !

Il y a quelque temps, ma chère Bettie Rose Books m’a parlé de ce tag et comme elle connaît mon addiction à ce précieux breuvage – « Jamais de bonne matinée sans d’abord mon café », c’est mon slogan ! – elle a tout de suite pensé à moi.

Allons-y donc pour ce tag très intéressant, que je reprendrai peut-être en vidéo d’ailleurs !

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1. Black: Name a series that’s tough to get into but has hardcore fans.
(Noir : Nomme une série dans laquelle il est difficile d’entrer, mais qui a d’inconditionnels fans.)

Pour ma part, c’aura été la série de la « Roue du Temps » de Robert Jordan, qui depuis lors a été reprise par Brandon Sanderson, si je ne dis pas de bêtises !

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Je m’en souviens comme de l’heroic fantasy classique (et ce n’est en aucun cas péjoratif, simplement le premier tome utilise des ressorts scénaristiques qui sont depuis lors devenus très courants dans ce genre), avec un rythme parfois très lent et des personnages auxquels je n’ai pas spécialement réussi à accrocher. Néanmoins, les divers systèmes de magie étaient assez bien représentés – je me souviens en particulier des Aes Sedai – mais l’intrigue générale ne m’aura pas intéressé suffisamment pour que je poursuive l’aventure.

2. Peppermint mocha: Name a book that gets more popular during the winter or a festive time of year.
(Moka à la Menthe poivrée : Nomme un livre qui voit sa popularité augmenter en hiver ou dans une période festive de l’année.)

La question à laquelle je ne vais pas être fichue de répondre, parce que tout simplement, je me fiche bien de la saison lors de laquelle je lis un roman. Qu’il décrive un blizzard en Arctique ou qu’il se situe dans un climat tropical, peu importe le temps dehors – de toute manière, j’habite en Belgique, c’est tout dire ! – j’y prête une attention égale.

Ajoutez à ça que je ne suis absolument pas une fan des fêtes de fin d’année (je sais, je sais, mais que voulez-vous, c’est ainsi ^^) et vous comprenez mieux ma complète inaptitude à répondre à cette question.

Mais parce que je ne peux quand même pas m’empêcher de citer un bouquin, je vais donc dire le premier tome d’Harry Potter, car je garde l’image des Noëls d’Hogwarts en tête.

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3. Hot chocolate: What is your favorite children’s book?
(Chocolat Chaud : Quel est ton livre pour enfant préféré?)

J’ai grandi avec la série des Petites Filles Modèles et autres oeuvres de la Comtesse de Ségur. Néanmoins, le roman que je vais citer n’est pas à proprement parler un bouquin pour enfants, mais c’est celui qui m’a beaucoup marquée dans ma jeunesse (ahum !), à savoir les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas; Les complots, les batailles, les amours contrariées et surtout l’amitié entre les jeunes gens… What’s not to love, I ask you ?

Themusketeers

Et en version moderne, voilà ce que ça peut donner !

4. Double shot of espresso: Name a book that kept you on the edge of your seat from start to finish.
(Double espresso : Nomme un livre qui t’a tenu en haleine du début à la fin.)

Ou l’occasion rêvée de vous parler d’un de mes chouchous toutes catégories, un roman qui m’a complètement retourné le cerveau, qui m’aura donné plus que chaud (je vous défie de lire certaines scènes de ce bouquin sans sentir une brusque hausse de la température) et qui m’aura glacé les tripes en même temps. Je parlais de Dumas plus haut, voici le récit d’une vengeance à la Monte Cristo sanglante, parfaitement exécutée, avec une narratrice complètement amorale et que j’ai pourtant adorée.

Si vous ne l’avez pas encore lu… Mais BORDEL qu’attendez-vous ?????

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Black Iris de Leah Raeder (qui va désormais publier sous le nom d’Elliot Wake). Retrouvez ma chronique en entier ici.

5. Starbucks: Name a book you see everywhere.
(Starbucks : Nomme un livre que tu vois partout.)

Je vais choisir un bouquin qui m’a d’emblée intrigué par son titre. Quand je me suis enfin décidée à lire le quatrième de couv’, je me suis dit que là, définitivement, je me dois de le lire ! J’ai donc choisi :

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Tell the Wolves I’m Home de Carol Rifka Brunt (et pour votre info, il est dispo en VP & en poche. Ne me remerciez pas, c’est tout naturel !)

6. That hipster coffee shop: Give a book by an indie author a shoutout.
(Ce café hipster : Donne un coup de pouce à un livre d’auteur indie.)

Je vais choisir une maison d’édition, qui a depuis lors fermé ses portes (malheureusement), avec un roman court, un roman coup de poing, qui m’avait fait pleurer à chaudes larmes (dans le train. Again.) quand je l’avais lu, j’ai nommé la maison Griffe d’Encre et le roman d’Isabelle Guso, Présumé Coupable.

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7. Oops! I accidentally got decaf: Name a book you were expecting more from.
(Oups! J’ai accidentellement pris un déca : Nomme un livre dont tu attendais plus.)

Je sens que je vais me faire des ami-e-s sur ce coup-là, mais tant pis :

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Et oui, j’attendais beaucoup de ce Fangirl, qui, au final, m’a laissé avec une impression de « tout ça pour ça… ». L’ensemble m’a paru hyper longuet, l’héroïne principale m’a ennuyée à plusieurs reprises, j’ai détesté ce que l’auteur a réservé à sa soeur jumelle (un des rares persos dignes d’intérêt). Quant aux passages de fanfic… Seriously, l’auteur avait-elle déjà lu du yaoi ? Parce que j’en lis et je peux dire que les passages de fanfic ne m’ont pas convaincue du tout.

Donc échec pour moi.

8. The perfect blend: Name a book or series that was both bitter and sweet but ultimately satisfying.
(Le mélange parfait : Nomme un livre ou une série qui était à la fois douce, amère et finalement complètement satisfaisante.)

Avec un tel résumé, comment vous parler d’un autre bouquin que le fantastique, splendide, absolument nécessaire, magnifiquement écrit Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie ?

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Sérieusement, c’est impossible ! Et si vous ne l’avez pas encore lu, précipitez-vous sur ma chronique ici ! 

Voilà pour ce TAG ! Je vous laisse libre de le reprendre 🙂 Encore un grand merci à ma chère Bettie Rose Books pour avoir pensé  à moi 🙂

Chroniques LGBTQIA+

… Ze retour !

On voit que ce printemps a été particulièrement occupé pour ma pomme, et que, par conséquent, le blog en a un peu souffert… C’est donc parti pour un petit tour d’horizon de ce que j’ai pu lire ces derniers mois à ce sujet !

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Symptoms of being Human de Jeff Garvin

The first thing you’re going to want to know about me is: Am I a boy, or am I a girl?

Riley Cavanaugh is many things: Punk rock. Snarky. Rebellious. And gender fluid. Some days Riley identifies as a boy, and others as a girl. The thing is…Riley isn’t exactly out yet. And between starting a new school and having a congressman father running for reelection in uber-conservative Orange County, the pressure—media and otherwise—is building up in Riley’s so-called “normal” life.

On the advice of a therapist, Riley starts an anonymous blog to vent those pent-up feelings and tell the truth of what it’s REALLY like to be a gender fluid teenager. But just as Riley’s starting to settle in at school—even developing feelings for a mysterious outcast—the blog goes viral, and an unnamed commenter discovers Riley’s real identity, threatening exposure. Riley must make a choice: walk away from what the blog has created—a lifeline, new friends, a cause to believe in—or stand up, come out, and risk everything.

Mon avis

J’ai beaucoup aimé ce roman, on peut même dire que ça a été un gros coup de coeur.

Comme le dit si bien le 4e de couv’, on ne saura jamais si Riley est un garçon ou une fille. Et je peux vous dire qu’après quelques pages, ce n’est plus une question importante. D’abord et surtout parce que Riley s’identifie comme genderfluid, à savoir quelqu’un qui peut s’identifier en tant qu’homme ou femme. Une identité qui n’est en aucun cas fixe, qui peut d’ailleurs varier selon la personne. C’est un processus qui est extrêmement bien décrit dans le roman, où l’on suit les pensées de Riley et ses difficultés non seulement à s’accepter tel qu’il/elle est, mais aussi à communiquer ses émotions à son entourage.

Comme je le disais dans ma revue Goodreads, c’est aussi un roman qui traite très bien des thèmes adolescents, sans pour autant tomber dans les clichés/lieux communs que l’on peut trouver dans le YA. C’est un bouquin qui a réouvert des cicatrices chez moi, des blessures que je pensais endormies, à tout le moins cautérisées, mais dont ce n’était pas vraiment le cas.
La solitude quand on est ado/jeune adulte, le sentiment d’être incompris, ces regards que l’on doit subir parce qu’on est différent…. Je ne pourrai jamais prétendre savoir ce que le personnage de Riley subit et surtout, ce que tous les jeunes s’identifiant comme « genderfluid » vivent au quotidien.
Ca ne m’a pas empêché de ressentir énormément d’empathie pour ce personnage.
C’est un splendide roman, un début qui m’a laissée le coeur serré et surtout, reconnaissante qu’un tel bouquin existe.
J’aurais aimé le lire quand j’étais ado. Je me serais sentie moins seule, moins isolée, moins vulnérable sans doute.
Pour l’heure, je ne peux que vous encourager vivement à le découvrir. C’est un bouquin qui ouvre les yeux, qui nous donne envie de voir au-delà de notre vision binaire des choses, car non, cela ne concerne pas que des minorités. Non, cela ne concerne pas que la sexualité ou la quête d’identité.
Non, la question n’a jamais été de voir ce que le perso avait ou non dans le pantalon.
La question, c’est de remodeler notre vision des gens, notre vision du monde, d’ouvrir les yeux, et surtout, de respecter l’autre.
Respecter l’autre, aller au-delà des préjugés et des clichés, s’ouvrir à d’autres points de vue.
Et si ce n’est pas là l’enjeu de la littérature, je ne sais pas ce que c’est.

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None of the Above par I.W. Gregorio

A groundbreaking story about a teenage girl who discovers she was born intersex… and what happens when her secret is revealed to the entire school. Incredibly compelling and sensitively told, None of the Above is a thought-provoking novel that explores what it means to be a boy, a girl, or something in between.

What if everything you knew about yourself changed in an instant?

When Kristin Lattimer is voted homecoming queen, it seems like another piece of her ideal life has fallen into place. She’s a champion hurdler with a full scholarship to college and she’s madly in love with her boyfriend. In fact, she’s decided that she’s ready to take things to the next level with him.

But Kristin’s first time isn’t the perfect moment she’s planned—something is very wrong. A visit to the doctor reveals the truth: Kristin is intersex, which means that though she outwardly looks like a girl, she has male chromosomes, not to mention boy « parts. »

Dealing with her body is difficult enough, but when her diagnosis is leaked to the whole school, Kristin’s entire identity is thrown into question. As her world unravels, can she come to terms with her new self?

Mon avis

Un bouquin qui a fait pas mal de bruit lors de sa sortie, notamment parce qu’il aborde le sujet des personnes intersexuées, à savoir des personnes, qui, à la naissance, présentent des caractéristiques biologiques appartenant à l’autre sexe (du moins, c’est le cas présenté dans ce roman. Je vous invite à regarder ce reportage pour obtenir une définition générale de l’intersexuation)

Dans le cas qui nous occupe donc, Kristin, jeune fille populaire, qui vient d’être élue Homecoming Queen par son lycée, découvre lors d’une visite chez son gynéco qu’elle a donc des caractéristiques intersexe. Naturellement, ça remet pas mal de choses en question chez elle, à commencer par sa relation avec son père, ses meilleures amies ou encore son petit ami.

J’aurais vraiment aimé apprécier ce roman davantage. Si l’auteur se débrouille réellement très bien, du moins à mes yeux, pour nous expliquer ce qu’est donc l’intersexuation et évoquer le parcours des personnes qui sont intersexuées, en revanche, sur l’intrigue et le style, je suis restée sur ma faim. Kristin ne m’a pas paru spécialement attachante et le twist de la fin, que j’ai senti venir à des kilomètres, m’a un peu gâché le plaisir de la lecture.

Je suivrai néanmoins avec attention ce que cette auteur va nous proposer par la suite !

Et je vais clôturer ce petit tour d’horizon avec un roman qui m’aura vraiment marquée, j’ai nommé…

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Faggots de Larry Kramer

Larry Kramer’s Faggots has been in print since its original publication in 1978 and has become one of the best-selling novels about gay life ever written. The book is a fierce satire of the gay ghetto and a touching story of one man’s desperate search for love there, and reading it today is a fascinating look at how much, and how little, has changed.

Mon avis

Rarement un bouquin ne m’aura autant posé de défis !

D’abord, un avertissement – contrairement aux romans que j’ai déjà pu présenter, Faggots n’est vraiment pas pour tout public. C’est une lecture qui doit être réservée pour un public averti (et oui, je pèse mes mots), notamment pour le contenu de certaines scènes. Vous êtes prévenu-e-s !

De quoi traite Faggots ? (Et je vous prie de ne pas répéter ce terme en-dehors du cadre de ce roman). D’abord, je commencerai par son auteur, Larry Kramer, que je ne connaissais pas avant que quelqu’un en parle sur Twitter et qui est une figure majeure dans la lutte pour les droits LGBTQIA+ ainsi que dans la prévention relative au sida. Je vous laisse le lien Wiki si vous désirez en savoir davantage sur l’homme en question.

Dès le départ, Faggots est terriblement difficile d’accès. Autant ne pas se voiler la face – vous avez une pléthore de personnages, l’auteur passe de l’un à l’autre, parfois en très peu de temps. Le style passe sans transition d’un ton descriptif à un récit très oral, dans le sens où l’on plonge sans prévenir dans les pensées des personnages. Enfin, il n’y a pas de réelle intrigue à ce roman : si vous vous attendez à des retournements haletants, passez votre chemin ! Ce roman est clairement une chronique très satirique de la scène homosexuelle du New York pré-apparition du Sida.

Ajoutez à ça la plume trempée dans l’acide de l’auteur, un style qui n’épargne personne, c’est corrosif, c’est extrêmement trash (quand je vous disais que ce roman n’est pas à mettre dans toutes les mains !!), bref ça n’offre clairement pas une vue optimiste de l’humanité, loin de là.

Vous allez me dire : « Mais pourquoi avoir continué ce brûlot ? »

En fait – et c’est là le génie de l’auteur, là aussi, je pèse mes mots – c’est que Kramer, tout en ne se départissant pas de son cynisme à toute épreuve, parvient, via le prisme d’un personnage, qui, je le pense, lui ressemble beaucoup, à laisser percer toute sa sensibilité, toute sa vulnérabilité également et, par ricochet, la vulnérabilité de ceux qui l’entourent. Il expose avec brio la double facette du monde qu’il côtoie : d’un côté, un monde secret, où ceux qui l’entourent ne peuvent pleinement vivre que dans certains lieux (boîtes de nuit, Fire Island, etc), de l’autre, un côté très exubérant, flashy, très factice aussi, où l’on sent, sous les paillettes, le désir de s’assumer au grand jour. C’est vraiment un paradoxe qui est intéressant à suivre tout au long du roman.

Ce roman, c’est aussi une quête d’identité, d’amour également (surtout via le regard de Fred). J’irais même jusqu’à dire qu’on sent l’appel à l’aide, tout au long de ces pages, une chronique douce-amère, une réflexion « Ne vaut-on pas mieux que ça? » Ce n’est vraiment qu’à la toute fin qu’on sent un peu de sérénité revenir dans le récit.
C’est extrêmement corrosif et en même temps, très émouvant. Un mélange des plus détonnants pour ce roman, qui est le reflet d’une certaine époque.

Et voilou pour ces chroniques ! Comme d’habitude, si vous avez des titres à me recommander, je suis toute ouïe !

Chroniques LGBT – 4

Et cette fois-ci pour une édition 100% féminine ! J’aurais aimé vous la poster demain, pour la Journée des Droits des Femmes mais au vu des bouleversements de mon agenda perso, vous l’aurez donc aujourd’hui.

Commençons donc par une auteur qui, avec un seul roman, est définitivement entrée dans mon panthéon personnel. Inutile de vous dire que j’attendais énormément de son deuxième opus ! Je veux bien sûr parler de …

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Cam Girl de Leah Raeder

4e de couv’

Vada Bergen is broke, the black sheep of her family, and moving a thousand miles away from home for grad school, but she’s got the two things she loves most: her art and her best friend-and sometimes more-Ellis Carraway. Ellis and Vada have a friendship so consuming it’s hard to tell where one girl ends and the other begins. It’s intense. It’s a little co-dependent. And nothing can tear them apart.
Until an accident on an icy winter road changes everything. Vada is left deeply scarred, both emotionally and physically. Her once-promising art career is cut short. And Ellis pulls away, unwilling to talk about that night. Everything Vada loved is gone. She’s got nothing left to lose.
So when she meets some smooth-talking entrepreneurs who offer to set her up as a cam girl, she can’t say no. All Vada has to do is spend a couple hours each night stripping on webcam, and the « tips » come pouring in. It’s just a kinky escape from reality until a client gets serious. « Blue » is mysterious, alluring, and more interested in Vada’s life than her body. Online, they chat intimately. Blue helps her heal. And he pays well, but he wants her all to himself. No more cam shows. It’s an easy decision: she’s starting to fall for him. But the steamier it gets, the more she craves the real man behind the keyboard. So Vada pops the question: Can we meet IRL? Blue agrees, on one condition. A condition that will bring back a ghost from her past. Now Vada must confront what she’s been running from. A past full of devastating secrets-those of others and those she’s been keeping from herself…

Mon avis

Si vous suivez ce blog, vous savez que j’ai eu un immense, gigantesque, méga coup de coeur pour Black Iris de cette même auteur. Un roman qui vous retourne le cerveau, enflamme vos sens et vous laisse complètement à bout de souffle ! J’annonce la couleur d’emblée – Cam Girl n’a pas détrôné Black Iris pour moi. Est-ce pour autant une déception ? Certainement pas ! Au contraire : il aura cimenté encore davantage mon admiration devant l’audace de Leah Raeder, de son style ciselé et percutant, de sa manière de construire les intrigues et surtout, de bâtir des histoires d’amour & d’amitié de manière réaliste, sensible et juste. Pour ceux & celles qui n’ont pas spécialement accroché à la noirceur de Black Iris, je vous conseille de (re)tenter votre chance avec Cam Girl – plus lumineux et à la narration plus linéaire.

Vada et Ellis sont meilleures amies. Elles sont aussi amantes – si Ellis est prête à l’assumer en public, ce n’est cependant pas le cas de Vada; Peur de s’engager, de transformer leur relation en quelque chose de totalement différent et après laquelle elle ne pourrait pas revenir en arrière…

Vada et Ellis sont au point de rupture. Et puis arrive l’accident. Celui dont elles ressortent toutes les deux vivantes, contrairement à l’autre conducteur; celui qui bouleverse Vada d’un point de vue physique et psychique; celui qui conduit les deux amantes à une séparation brutale et nette. Seule, amère et complètement perdue, la jeune femme rencontre un couple d’entrepreneurs audacieux, qui lui fait une proposition alléchante – devenir une « Cam Girl ». Vada s’y jette à corps perdu, et ne tarde pas à faire la connaissance de Blue. Un homme qui lui redonne goût à la vie, confiance en elle-même; Un homme qui la veut pour lui seul. Vada va devoir faire un choix, qui s’annonce d’autant plus cornélien qu’Ellis débarque de nouveau dans sa vie…

Vous pensez connaître, d’après ce que je vous donne comme éléments, la suite de l’histoire ? Détrompez-vous ! Car l’auteur n’a pas son pareil pour nous emmener là où on ne l’attend pas. Entre dénouements complètement haletants et des retournements de situation, je suis restée scotchée à Cam Girl. L’autre point fort de ce roman, c’est le portrait de ces hommes et femmes qui vivent de leur corps, en l’offrant à la vue des spectateurs anonymes. Un monde auquel je doutais d’adhérer, en raison de mes sensibilités personnelles, et pourtant, l’auteur est parvenue à m’immerger complètement dans le quotidien de Vada. On comprend le chemin de la jeune femme, le plaisir qu’elle tire par rapport à la caméra ainsi que les dangers de cette profession. J’applaudis de tout coeur l’auteur de nous dresser un portrait qui sonne vrai, loin des clichés & stéréotypes.

Enfin, last but not least, l’auteur met au coeur de son roman des thèmes qui restent trop peu abordés : la transsexualité, le fait que notre sexualité ne se décline pas en rose ou en bleu, mais bien en une palette aussi riche que variée, la quête d’identité, la difficulté de faire son coming-out ou tout simplement, de dire ce qu’on est et ce qu’on n’est pas. J’ai aussi adoré le fait qu’elle dépeigne la vie au quotidien de quelqu’un qui souffre d’un handicap et que celui-ci n’est pas immédiatement visible. A ce sujet, je vous renvoie au témoignage de ma chère Agnès Marot sur son blog. Un récit essentiel.

En conclusion, vous ne pouvez pas passer à côté de la plume sulfureuse, tendre, parfois cynique, souvent écorchée vive de Leah Raeder. Une auteur absolument à découvrir et qui ne cesse jamais de m’étonner et d’élargir ma vision du monde. Et n’est-ce pas là un des plus beaux cadeaux que peut nous offrir la littérature ? 😉

Le deuxième roman est également un giga coup de coeur, un récit qui m’a complètement surpris, dans le sens où je ne m’attendais pas à être autant touchée par ce roman. Il s’agit de…

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If You Could Be Mine, par Sara Farizan

4e de couv’

Seventeen-year-old Sahar has been in love with her best friend, Nasrin, since they were six. They’ve shared stolen kisses and romantic promises. But Iran is a dangerous place for two girls in love–Sahar and Nasrin could be beaten, imprisoned, even executed if their relationship came to light. So they carry on in secret–until Nasrin’s parents announce that they’ve arranged for her marriage. Nasrin tries to persuade Sahar that they can go on as they had before, only now with new comforts provided by the decent, well-to-do doctor Nasrin will marry. But Sahar dreams of loving Nasrin exclusively–and openly. Then Sahar discovers what seems like the perfect solution. In Iran, homosexuality may be a crime, but to be a man trapped in a woman’s body is seen as nature’s mistake, and sex reassignment is legal and accessible. As a man, Sahar could be the one to marry Nasrin. Sahar will never be able to love the one she wants in the body she wants to be loved in without risking her life. Is saving her love worth sacrificing her true self?

Mon avis

Vous voulez savoir à quel point ce roman m’a remué ? Dans ce cas, imaginez cette scène : je me trouve dans le TGV me ramenant de mon séjour toulousain, j’ouvre ma liseuse et me décide pour ce titre que je tenais à découvrir depuis longtemps. Je pense l’avoir dévoré en quelques heures, tant je ne pouvais pas m’en détacher. Et il est heureux que je n’aie pas eu de voisin-e car, à de nombreuses reprises, mon coeur s’est serré, les larmes me sont montées aux yeux et j’ai tenté de sauver la face sous le prétexte d’un bon rhume (ce que j’avais aussi, mais bref !)

Il est assez rare qu’un roman me fasse pleurer. Il est encore plus rare que ce soit une histoire d’amour. Et pourtant, Sara Farizan y est arrivée avec une facilité absolument déconcertante.

De prime abord, je dois dire que le style m’a un peu déstabilisé, dans le sens où la narratrice, Sahar, raconte de manière fort simple sa relation avec sa meilleure amie, Nasrin. Je n’ai pas tardé à comprendre cependant que cette simplicité est justement la force de l’auteur. Les sentiments de Sahar sont évidents, puissants, c’est le premier amour, celui qu’on n’oublie pas et pour lequel on est prêt à commettre toutes les folies. Quand Sahar découvre que Nasrin a été fiancée sans qu’elle le sache et que le mariage se tiendra dans peu de temps, elle désespère de pouvoir trouver une solution. C’est la rencontre avec Parveen, une transsexuelle, via son cousin Ali, qui lui offre une réponse inattendue – et si Sahar décidait d’être un homme ?

Un des points forts de ce roman, c’est assurément son cadre, puisqu’il se passe entièrement en Iran, un pays que l’on ne voit quasi jamais dans les fictions jeunesse/YA (en tout cas, pour ma part, c’était la première fois que je lisais un roman situé dans cette partie du monde). L’occasion de se rendre compte de la réalité vécue par la société iranienne et de ses paradoxes également. Un pays qui reconnaît officiellement la procédure de changement de sexe depuis les années 80, qui fait figure de pionnier en la matière – page Wiki pour plus d’infos – un changement qui demeure cependant tolérable uniquement si les personnes opérées font profil bas. Un pays dans lequel les homosexuel-le-s risquent la peine de mort et dans lequel la police arrête les femmes trop court vêtues à leur goût.

Ce sont des passages qui ont été très bien retranscrits dans le roman, et je dois dire que j’ai eu un coup de coeur pour les persos d’Ali & de Parveen. Mais le fil rouge de ce roman est d’une part, la relation Sahar-Nasrin, que j’ai trouvée très juste et très bien développée, d’autre part, la prise de conscience de Sahar – que ce soit avec elle-même, ce qu’elle attend de la vie, ses objectifs, etc. C’est une jeune fille qui devient indépendante, qui ne se laisse pas démonter face aux coups durs (et ils sont nombreux), qui tente de se créer son propre espace dans une société qui ne lui en laisse guère. Les figures parentales sont diablement intéressantes également – depuis le père de Sahar, qui a démissionné depuis la mort de sa femme, jusqu’à la mère de Nasrin, dominatrice et dont l’amour pour sa fille se dévoile peu à peu, en passant par la maman de substitution, celle qui recueille sous son aile les transsexuel-le-s ayant décidé de changer de sexe.

C’est un récit sensible, touchant, émouvant, qui m’a complètement bouleversée et m’aura donné une autre perspective que celle qu’on peut généralement avoir sur ces thèmes en Occident. Inutile de vous dire que je vous le recommande à 200 %. Cerise sur le gâteau, le style est largement abordable (en attendant la VF!) Pour ma part, je guette le prochain roman de cette auteur avec une immense impatience !!