Chroniques LGBT – 2e opus

Vous pouvez retrouver le premier round ici

On va commencer par un roman qui m’a profondément ému et touché, à savoir…

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Two Boys Kissing par David Levithan

4e de couv’

In his follow-up to the New York Times bestselling Every Day, David Levithan, co-author of bestsellersWill Grayson, Will Grayson and Nick and Norah’s Infinite Playlist, tells the based-on-true-events story of Harry and Craig, two 17-year-olds who are about to take part in a 32-hour marathon of kissing to set a new Guinness World Record—all of which is narrated by a Greek Chorus of the generation of gay men lost to AIDS. While the two increasingly dehydrated and sleep-deprived boys are locking lips, they become a focal point in the lives of other teen boys dealing with languishing long-term relationships, coming out, navigating gender identity, and falling deeper into the digital rabbit hole of gay hookup sites—all while the kissing (former) couple tries to figure out their own feelings for each other.

Mon avis

Un roman choral, voilà qui est peu courant dans les YA que j’ai pu lire jusqu’à présent. J’avoue que j’avais un peu peur du résultat final, me demandant si j’allais adhérer à cette structure. La réponse a été un grand oui sur tous les points. On suit plusieurs histoires – des histoires d’amour, de découverte, d’amitié aussi. Comme celle de Harry et Craig, qui ont décidé de battre le record du baiser le plus long. Un geste fort devant l’oeil des caméras. Un geste qui ne plaît pas à tout le monde.

Entremêlées à ce fil rouge, que représentent les 32 heures du défi, il y a l’idylle entre Ryan et Avery, garçon né dans un corps féminin et qui a entrepris la transformation physique masculine; celle de Caleb, un ado dont les parents ont découvert brutalement l’homosexualité et qui a dû prendre la fuite; et toujours, en filigrane, ce choeur anonyme d’hommes, reflet d’une autre génération, une génération qui a vu le sida faire des ravages parmi leurs rangs, une génération qui a dû cacher qui elle était et qui livre ses témoignages.

J’ai été très touchée par ce roman, par ces destins entrecroisés, par le style de Levithan également, tout en sensibilité et en pudeur. Il dresse un portrait réaliste, sans concession de ce que représente l’homosexualité, essentiellement masculine, et livre en même temps un appel à la tolérance, à l’humanité également. J’ai plusieurs fois eu les larmes aux yeux, ce qui est tout de même assez rare chez moi, et je ne peux qu’espérer qu’un jour, ce superbe roman soit traduit en français.

Quittons le YA pour entrer de plein pied dans le roman historique…

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Le Silence des Rails de Franck Balandier

4e de couv’

Alsace, 1942. Parce qu’il est homosexuel, le jeune Etienne est envoyé dans l’unique camp de la mort installé en territoire français annexé. Parce qu’il est homosexuel, il porte le triangle rose, insigne de son infamie, sur son pyjama de prisonnier. S’il sort vivant et libre de cet enfer, personne ne le croira, c’est sûr.

Mon avis

Avec un résumé pareil, je ne pouvais qu’être intéressée par ce roman, sorti l’année dernière, et qui traite d’une page d’histoire encore trop souvent ignorée et passée sous silence, à savoir la déportation et l’emprisonnement des homosexuels pendant la deuxième Guerre Mondiale, obligés de porter le triangle rose. Il raconte également l’enfer quotidien dans le camp de Natzweiler, situé à Struthof, le seul camp de concentration établi sur le territoire français, dans l’Alsace alors annexée. C’est ce que découvre le jeune Etienne, arrêté à Paris en même temps qu’un compagnon de lit.

Si le récit a une indéniable valeur historique, au niveau de l’intrigue et de la caractérisation de son narrateur, je dois malheureusement dire que je n’y ai accroché qu’à moitié. La raison sans doute au style de l’auteur, très ciselé, mais aussi très haché à certains moments. Le récit est de plus assez court, le livre en lui-même ne comporte que 200 pages, et j’ai plus eu l’impression d’un survol, d’une vue d’ensemble que d’un réel focus sur le personnage d’Etienne. Je me souviendrai de plusieurs passages poignants, dont le fait qu’on l’oblige à se tenir sur l’étang gelé, s’étendant derrière la demeure du commandant du camp, afin de voir si la glace est assez solide pour que la fille du commandant puisse patiner dessus. Une « anecdote » qui marque les esprits et révèle la non-valeur accordée à la vie humaine dans ce cadre.

En conclusion, un roman à lire & à découvrir, ne serait-ce que pour sa portée historique.

Et pour clôturer ce deuxième opus, on passe à du New Adult, un OVNI qui m’a prise aux tripes pour ne plus me lâcher ensuite !

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Black Iris de Leah Raeder

4e de couv’

IT ONLY TOOK ONE MOMENT OF WEAKNESS for Laney Keating’s world to fall apart. One stupid gesture for a hopeless crush. Then the rumors began. Slut, they called her. Queer. Psycho. Mentally ill, messed up, so messed up even her own mother decided she wasn’t worth sticking around for.

If Laney could erase that whole year, she would. College is her chance to start with a clean slate.

She’s not looking for new friends, but they find her: charming, handsome Armin, the only guy patient enough to work through her thorny defenses—and fiery, filterless Blythe, the bad girl and partner in crime who has thorns of her own.

But Laney knows nothing good ever lasts. When a ghost from her past resurfaces—the bully who broke her down completely—she decides it’s time to live up to her own legend. And Armin and Blythe are going to help.

Which was the plan all along.

Because the rumors are true. Every single one. And Laney is going to show them just how true.

She’s going to show them all.

Mon avis

Si rien que le terme « New Adult » vous a rebuté, laissez-moi vous dire qu’en ce qui concerne Black Iris, vous pouvez oublier tout ce que vous avez déjà lu de ou sur le New Adult. Voilà un roman qui m’a complètement entraîné dans son univers, grâce à sa structure entremêlée de flash-backs et son style, qui vous happe dès le début. C’est l’histoire d’une vengeance. Une vengeance aussi implacable que celle de Monte Cristo, aussi sanglante que celle retracée dans Kill Bill. C’est aussi une histoire d’amour, une histoire d’illusions, de mensonges et d’erreurs. Oubliés les personnages parfois plus-que-parfaits des romances New Adult – non pas que je jette la pierre, j’en lis aussi – voici des personnages grandeur nature. Des personnages qui commettent des fautes, qui trompent, qui abusent, qui mentent. Des escrocs, des arnacoeurs, et pourtant, l’on ne peut pas s’empêcher de pleinement les soutenir, en particulier Laney qui en a tellement bavé qu’à la fin, on se demande si une vie sans vengeance est encore possible pour elle.

Je vous laisserai découvrir la réponse par vous-même 🙂

Un autre point essentiel de ce roman, c’est la sensualité qui transparaît à chaque ligne. A ce niveau-là, Raeder emploie son style telle une arme, faisant grimper la température un peu plus à chaque scène. C’est chaud, très chaud, c’est sulfureux même et pour moi, qui ne suis pourtant pas fan des scènes à plusieurs, j’ai dû rendre les armes devant une de ces scènes, complètement explosive, que contient le bouquin. Une sexualité qui fait la part belle à la diversité et qui sert l’intrigue au lieu de la desservir, qui ne joue en aucun cas les soutiens pour une intrigue bancale, loin de là.

Bref, je vous garantis que vous ne sortirez pas indemnes de cette histoire !

5 réflexions sur “Chroniques LGBT – 2e opus

  1. Pingback: Perspectives 2016 | Cindy Van Wilder
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  3. Pingback: Chroniques LGBT – 4 | Cindy Van Wilder

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