[Sur le grill] Roxane Edouard

Et pour reprendre la série d’interviews de professionnels du monde de l’édition & du livre, comme promis dans cet article, je poursuis avec une nouvelle invitée, à savoir Miss Roxane Edouard !

roxane_edouard

Roxane a plusieurs casquettes à son actif – responsable des droits de traduction pour une agence littéraire londonienne, Curtis & Brown, elle représente également plusieurs auteurs francophones (dont je fais partie) en tant qu’agent littéraire. Un métier qui fait doucement sa place dans le paysage éditorial francophone, comme le montre par exemple cet article, et qui, selon toute probabilité, va prendre de plus en plus d’ampleur en Francophonie.

Sans plus de blabla, place à l’interview !

  • Hello Roxane et bienvenue parmi nous! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Hello à tous et toutes ! Je suis une Française immigrée à Londres depuis presque six ans maintenant. Après un baccalauréat scientifique, j’ai fait un master d’anglais, puis un second master traduction d’édition (oui, j’ai eu du mal à quitter la fac !). Après quelques stages dans l’édition en France et en Angleterre, j’ai décroché un poste d’assistante au sein de l’agence Michelle Lapautre à Paris où je travaillais essentiellement en jeunesse, un domaine que j’affectionne particulièrement. J’y suis restée un an et demi avant que l’appel de Londres ne se fasse trop pressant. Je suis également une passionnée de littérature de l’imaginaire depuis toujours. J’ai d’ailleurs rédigé ma dissertation de master sur la place réservée aux femmes noires dans les littératures de l’imaginaire en travaillant plus précisément sur Octavia E. Butler et Nalo Hopkinson. Au risque de paraître terriblement niaise, je peux dire que les romans d’Octavia E. Butler ont tout changé pour moi. Il y a clairement un avant et un après Octavia.

 

  • Tu as plusieurs casquettes – chargée de droits étrangers chez Curtis & Brown ainsi qu’agent littéraire représentant des auteurs francophones. En quoi consistent ces différentes tâches ?

En effet, à CB, j’ai d’abord été recrutée pour assister deux agents dont les auteurs sont essentiellement des auteurs américains. J’ai par la suite eu l’opportunité d’évoluer et de représenter mes propres auteurs américains également et dont nombreux sont des auteurs jeunesse. En fait, nous travaillons en partenariat avec une agence américaine ICM Partners et nous chargeons de leur droits étrangers. C’est-à-dire que nous vendons les droits des titres de leurs auteurs à des éditeurs étrangers. C’est vraiment passionnant car, non seulement nous avons l’opportunité de voyager mais également d’être constamment en contact avec des personnes à l’étranger et de leur parler de livres ! J’idéalise un peu, il y a bien sûr beaucoup d’administratif et nous ne sommes pas en déplacement tous les jours mais je ne peux pas m’imaginer faire autre chose.

Pour ce qui est des auteurs francophones, c’est un projet encore à ses balbutiements que j’essaie de développer depuis à peu plus d’un an en parallèle de nos autres activités à CB. Je trouve qu’il y a un manque chez beaucoup d’auteurs francophones tant dans la façon dont ils sont représentés en France, mais aussi à l’étranger. Certains s’en sortent très bien, bien sûr mais pour beaucoup, ils tâtonnent et c’est encore difficile de savoir ce qui est standard et ce qui ne l’est pas. J’ai commencé par travailler en partenariat avec des maisons d’édition française comme Hachette. Nous avons d’ailleurs connu pas mal de succès à l’international avec leur série de fantasy jeunesse Oniria de B.F. Parry et j’aimerais vraiment poursuivre ce type de collaboration avec les éditeurs français. Ce qui me tient à cœur est aussi de représenter des auteurs francophones directement et non par le biais d’un éditeur, de travailler le texte de leur manuscrit avec eux, de construire leur carrière en France mais aussi à l’étranger. C’est un projet à long terme et qui va prendre du temps. Après tout, un livre ne s’écrit pas en une nuit et parfois le processus de soumission est tout aussi long, mais je suis patiente.

 

  • Quelles sont tes motivations, en tant qu’agent ? Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Comme je le disais, je ne me vois pas exercer un autre métier. J’aime le contact avec les auteurs et avec les éditeurs français et étrangers. J’aime me faire une meilleure idée d’une culture ou d’une personne en me basant sur leur goût littéraire. J’aime trouver le livre qui fera succomber un éditeur. En tant qu’agent, mon rôle est de développer la carrière de mes auteurs dans un marché en particulier, de les accompagner et bien sûr de négocier les meilleures conditions possibles pour la parution ou la traduction de leur ouvrage tout en prenant en compte la réalité du marché et des maisons d’édition.

 

  • Concrètement, que peut apporter un agent à un auteur francophone ?

Chaque auteur a des attentes différentes mais selon moi, tout l’intérêt d’avoir un agent est de former une équipe avec des relations basées sur la confiance et l’honnêteté. Après tout, un texte est toujours quelque chose de très personnel. Avec les auteurs francophones, je re-travaille les textes, pas comme une éditrice ce que je ne prêtant pas être, mais j’aime pousser mes auteurs à se dépasser et à innover. Une fois le texte prêt, commence le processus des soumissions et de relances. Une fois qu’il y a une offre sur un texte, la négociation commence et un des avantages d’avoir un agent selon moi, est qu’il en mesure de conserver certains droits tels que les droits étrangers ou encore les droits audio-visuels si cela est justifié. Nous bénéficions aussi du soutien de service juridique et de comptabilité. Pour faire simple, nous nous occupons de tout l’aspect administratif et pratique afin que l’auteur puisse se consacrer à l’écriture. Le rôle d’un agent ne s’arrête pas une fois un deal finalisé. Il est aussi là pour conseiller et aider par la suite par exemple lors de la promotion d’un ouvrage.

 

  •   Et dernière question – Acceptes-tu des soumissions spontanées ? 

J’accepte les soumissions spontanées mais je suis très sélective et pas toujours aussi rapide que je le souhaiterais. Je suis à la recherche de projets originaux et bien écrits tant en jeunesse qu’en adulte. Comme vous l’aurez compris, j’affectionne particulièrement les littératures de l’imaginaire mais cela reste un marché difficile surtout en adulte et il faut vraiment se démarquer et que j’ai un véritable coup de cœur. Je suis également ouverte à des textes qui n’appartiennent pas aux domaines de l’imaginaire. Je suis d’ailleurs en train de travailler avec une auteure en adulte et son roman est tout ce qu’il y a de plus réaliste. Je prends peu d’auteurs mais chaque texte que je défends doit me tenir à cœur et me parler.

Pour l’aspect plus pratique, je demande un synopsis et les trois premiers chapitres.

 

  • Un petit mot de la fin ? 

Merci de m’avoir invitée ! C’est la première fois que je me prête à ce type d’exercices. J’espère que ce qui en ressort est que je suis passionnée par ce que je fais et que j’espère communiquer ma passion pour les auteurs que je défends en France et à l’étranger.

 

[Sur le grill] Interview : Paola Grieco

Un nouvel opus de « Sur le grill » en version 2.0 puisque j’ai décidé de ne plus seulement consacrer cette série d’interviews aux seuls auteurs et de l’ouvrir aussi aux autres acteurs du livre. Et pour l’inaugurer, j’ai invité mon éditrice chez Gulf Stream Editeur, Paola Grieco, à répondre à mes questions !

photo 3

1/ Bonjour Paola et merci d’avoir accepté cette interview ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Après une maîtrise d’histoire ancienne obtenue en 2001, je me suis tournée pendant quelques années vers l’enseignement au collège avant de reprendre un cursus universitaire en 2006 en Master 2 d’édition. C’est en 2007 que j’ai rejoint l’équipe de Gulf stream éditeur et que je me suis attachée à développer le catalogue de cette maison d’édition jeunesse indépendante installée à Nantes. Après avoir lancé un certain nombre de collections documentaires sur le patrimoine naturel et culturel, l’envie d’ancrer Gulf stream dans la fiction a donné une nouvelle impulsion à la ligne éditoriale. C’est à partir de 2012 que de nombreuses séries explorant les littératures de l’imaginaire, mais aussi l’histoire et le monde contemporain, voient le jour. Ces romans sont destinés aux adolescents comme aux jeunes adultes. Je me suis par ailleurs entourée d’une centaine de filles et de garçons de 11 à 17 ans qui constituent un comité de lecture avec lequel j’échange en permanence.

2/ Comment es-tu arrivée chez Gulf Stream Editeur ?

C’est à l’occasion de mon stage de fin d’études que j’ai poussé la porte de Gulf Stream éditeur… et cela fait neuf ans que j’y déploie mon activité de directrice éditoriale !
3/Quel est ton plus grand plaisir en tant qu’éditrice ? Et inversement, ce que tu apprécies le moins de faire ?

Mon plus grand plaisir ? Annoncer à un auteur que son texte m’a enthousiasmée et qu’il correspond parfaitement à mes attentes, ainsi qu’à celles de l’équipe, pour nourrir la ligne éditoriale de la maison.

Ce que je déplore le plus ? Devoir faire languir les auteurs sur la lecture de leurs textes, et sur la parution de leurs ouvrages. En effet, GSE publie 35 titres par an, et le programme de production se remplit très vite ! Mais le temps éditorial est un temps très long, et ma capacité d’absorption des textes n’est pas élastique…

4/ Quelle est ta vision de la littérature jeunesse/Young Adult ?

Je crois qu’il est possible de tout donner à lire aux adolescents et aux jeunes adultes, à partir du moment où l’éditeur publie des ouvrages avec la conviction qu’ils vont alimenter la réflexion de ces jeunes lecteurs, avides de découvertes et de sensations fortes. J’aime proposer des textes que j’aurais voulu rencontrer pendant mon adolescence, j’aime proposer des textes qui prennent le lecteur par surprise.

5/ Le petit mot de la fin ? 

Mon attachement au texte et à l’image est un fil conducteur depuis 30 ans – eh oui, c’est terrible de déjà pouvoir compter en décennies ! Petite fille, j’écrivais, illustrais et reliais de petits ouvrages pour mon frère, sans imaginer que cela pouvait être un vrai métier. J’aimais observer la fabrication des livres, les papiers, et lire pendant des heures. Et voilà, après quelques détours et la tentation de l’archéologie, j’éprouve aujourd’hui un grand bonheur à transmettre des plaisirs de lecture, tant par le contenu que par l’objet.

[Sur le grill] Aurélie Wellenstein – Le roi des Fauves

Chers tous,

Chères toutes,

Avant de vous livrer le premier article 2016, je vous souhaite bien entendu le meilleur pour cette année nouvelle ! Qu’elle vous soit douce, heureuse et emplie de joie 🙂

J’en profite aussi pour vous glisser, histoire de bien commencer l’année, que j’organiserai une nouvelle séance questions/réponses le dimanche 10/1 entre 18 & 19h sur ma page Facebook et Twitter. Si vous avez des questions à me poser concernant l’écriture, les nouveautés à venir ou encore le métier d’auteur, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Place donc au premier article 2016, où je vous parle d’un roman palpitant, un vrai page-turner, et bien entendu, de son auteur !

 

Le-Roi-des-Fauves

 

4e de couv’ 

Ivar, Kaya et Oswald ont été condamnés à être changés en berserkirs, des hommes-bêtes enragés destinés à tuer sur les champs de bataille. Ils vont errer dans un royaume en ruines pendant sept jours au cours desquels se réalisera leur mutation. Seul le légendaire roi des fauves peut encore les arracher à leur funeste destin mais pour le trouver les trois amis doivent réussir à rester unis.

Mon avis

Avec un tel résumé, ce bouquin ne pouvait que me parler. Cependant, je ne m’attendais pas à ce qu’il me parle autant. Aurélie Wellenstein possède un vrai talent de conteuse, elle parvient à nous entraîner, en une phrase, dans son univers et c’est une plongée dont on ne ressort pas indemne, je peux vous le dire !

Trois jeunes gens, tiraillés par la faim et le froid dans leur village natal, décident de braver les interdits et de s’aventurer dans le bois du seigneur local, bien entendu défendu aux manants qu’ils sont. Là, va se passer un évènement qui va complètement chambouler leurs vies et leur valoir une condamnation contre laquelle aucun recours n’existe – la transformation en berserkirs, des hybrides homme/animal redoutables sur les champs de bataille. Mais Ivar, Kaya et Oswald n’ont aucune envie de se voir réduits à cet état et vont tout faire pour trouver la solution que semble représenter le roi des fauves. Arriveront-ils à temps ?

Un monde qui tire ses sources de la mythologie nordique, un réalisme abrupt, qui ne ménage pas le lecteur, des personnages ambivalents, tout en zones de gris et cette réécriture du mythe des berserkers… Forcément, ce bouquin ne pouvait que me plaire ! Comme je le disais plus haut, il s’agit d’un vrai page-turner, d’un roman qui ne vous laisse aucun temps mort, aucun répit, qui ne vous donne qu’une envie, c’est de le continuer. Ce que j’ai particulièrement apprécié, dans la caractérisation psychologique des personnages, c’est le soin apporté aux réactions quand la métamorphose – inévitable – s’enclenche chez les jeunes gens. Chacun réagit à sa manière, que ce soit la peur, l’enthousiasme ou encore la méfiance. Aurélie est parvenue en outre à marier de manière subtile cette transformation aux émotions, aux traits de caractère que nous percevons chez chacun d’entre eux et j’ai trouvé que c’était parfaitement amené. Enfin, sans vous spoiler quoi que ce soit, je peux vous dire que le dénouement final m’a laissé complètement pantoise, il est d’une audace folle et en même temps suit une logique implacable… Bref, Le roi des fauves est un roman que je ne peux que vous conseiller (pas pour rien qu’il faisait partie de ma sélection 2015 !)

Place maintenant à l’interview…

portrait2

 

 

1/ Hello Aurélie, merci d’avoir accepté cette interview ! Tout d’abord, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Hello ! J’ai 35 ans. J’écris principalement du fantastique et de la fantasy. A l’heure actuelle, je partage mon temps entre l’écriture, mon job à l’hôpital et le pistage avec mon chien. Malheureusement, contrairement à de nombreux autres auteurs, j’ai aussi besoin de beaucoup dormir. Du coup, je donne l’impression d’être perpétuellement fatiguée. Quand j’étais gamine, je voulais devenir fermière-écrivain ! (et mon frère, lui, voulait être boulanger dans l’espace… la SFF, c’est une vocation de famille !)

2/ L’univers du Roi des Fauves est teinté de mythologie nordique, un fait que j’ai beaucoup apprécié. Était-ce prévu dès le départ ou l’inspiration t’est-elle venue au fil de l’écriture ?

Au départ, j’avais envisagé que les personnages soient « simplement » condamnés à se métamorphoser en loups. Mais en écoutant une conférence passionnante de Régis Boyer aux Imaginales sur le mythe du loup-garou, j’ai eu envie d’élargir la transformation aux « guerriers fauves » de la mythologie scandinave (principalement ours, loup et sanglier). J’ai donc eu recours à la légende du « berserk » : un guerrier qui entre en transe, devient surpuissant et laisse son esprit humain s’effacer au profit de son esprit animal. Au-delà de la métamorphose, mes personnages perdent progressivement la raison. Leur conscience s’abîme dans la rage et une soif de sang inextinguible.

A cette époque, je jouais également beaucoup à Skyrim. L’ambiance nordique, les magnifiques paysages de ce jeu vidéo m’ont inspiré le cadre du roman. Les animaux en lesquels les personnages se transforment sont tous issus du jeu : ce sont des bêtes des forêts primitives et enneigées (cerf géant, tigre à dents de sabre, auroch, mammouth, ours, loup,… il y a même un clin d’œil au vasard !)

3/ Tu n’épargnes pas tes héros (là aussi, pour mon plus grand plaisir !) Certains passages sont intenses, les émotions sont sur le fil du rasoir et la violence n’est pas exclue. T’es-tu imposée une limite en ce sens, par ex. vis-à-vis de ton lectorat ?

Non, aucune. Pas pour du Y.A. Au contraire, je dirais. Pour mes projets Y.A., je veux créer des textes très vifs, incisifs, avec beaucoup de rythme, du conflit et des situations extrêmes. C’est justement un format où on peut vraiment s’éclater. Il reste « léger », au sens où un des objectifs est d’avoir un bon récit dont les pages se tournent rapidement. J’aime cette intensité.

En termes de violence, en revanche, jamais rien de gratuit. Je pourrais difficilement décrire une scène de torture ou du gore sordide, c’est au-dessus de mes forces !

4/ Peux-tu nous en dire plus sur tes prochains projets ?

Chez Scrineo sortira en mai prochain « Les loups chantants ». On reste dans un univers froid puisque l’action se passe en Sibérie ! Un jeune homme a perdu sa compagne, emportée par les loups. Depuis un an, il tente de faire son deuil, mais un malheur n’arrivant jamais seul, sa sœur est victime d’un mal étrange : son corps se couvre progressivement de glace. Pour la sauver, le garçon s’élance avec son attelage de chiens de traîneaux à travers les mille kilomètres de steppes glacées qui les séparent de l’hôpital. Mais aussitôt partis, une meute de loups psychiques les prend en chasse. Les prédateurs s’infiltrent dans l’esprit du jeune homme, et la louve de tête lui souffle alors un terrible secret : elle est son ancienne amour. Celle qu’il avait crue morte, un an auparavant.

Bon, autant le dire tout de suite, je suis amoureuse de la louve ! Déjà parce qu’elle est monstrueusement belle : noire et décharnée, tout en nerfs, en os et en tendons. Et puis parce que c’est une énigme, un personnage ambigu, dont les intentions réelles restent longtemps troubles. J’ai hâte de connaître le ressenti des lecteurs à son sujet !

5/ Un petit mot de la fin ? (ca peut être une anecdote, etc… comme tu le sens !)

Ahouuuuuu !

(ceci est un cri de loup… si, si !)

La Tour de Cécile Duquenne : Chronique + interview

latour

4e de couv’

Jessica, 16 ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu’elle se trouve au sous-sol d’une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d’en sortir est de monter jusqu’au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l’ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués…
Et les révélations.
Car Jessica n’a plus aucun souvenir d’avant son arrivée ici. Ils lui reviennent par bribes, étage après étage, et plus elle en apprend, moins elle désire sortir – surtout que son pire ennemi se trouve à l’intérieur avec elle. Bientôt, l’envie de se venger prend le pas sur l’envie de s’échapper…
Et si en exhumant les secrets de son passé, Jessica levait aussi le voile sur la véritable fonction de La Tour ?

Avis

Je dois dire que, lorsque Cécile m’a contacté pour me faire découvrir en avant-première son dernier bébé, je n’ai pas hésité fort longtemps. La coïncidence veut que je venais justement de finir la pétaradante et époustouflante saison 1 des Foulards Rouges, une saga qui bouscule joyeusement les codes & les genres, éditée dans la collection Snark chez Bragelonne. J’étais donc fort curieuse de découvrir ce que Miss Cécile nous avait mijoté !

Et on peut dire que je ne m’attendais vraiment pas à ce récit…

Jessica, une ado, se retrouve donc dans un marécage infesté de crocodiles à l’appétit plus qu’éveillé et sans aucun souvenir de ce qu’il lui est arrivé. Avec d’autres prisonniers, elle parvient à s’échapper via une trappe… pour se rendre compte qu’elle et ses compagnons d’infortune se trouvent enfermés dans une Tour pour le moins étrange. Qui les a enfermés là ? Dans quel but ?

Si ce pitch vous rappelle plusieurs productions récentes, sachez que la ressemblance s’arrête là. Car Cécile Duquenne joue très intelligemment sur deux tableaux : le suspense créé autour des prisonniers et celui tournant autour de leur identité & leur passé. J’ai été complètement happée par le portrait de Jessica, qui se révèle au fur et à mesure, celui d’une ado au passé trouble, qui en a bavé et qui s’en est sortie… Du moins, c’est ce que l’on pourrait penser.

Je ne vais pas trop spoiler, car cette novella mérite qu’on prenne pleinement plaisir à sa découverte, c’est un voyage éprouvant à plus d’un titre, libérateur aussi, et qui a le mérite de poser des questions plus que troublantes sur la justice, la rédemption et notre capacité à pardonner. Un récit à découvrir de toute urgence – et à ce prix-là, vous n’avez vraiment aucune excuse !

cecile_duquenne

Hello Cécile, merci d’avoir accepté cette invitation !

 Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Avec plaisir ! Alors je m’appelle Cécile Duquenne, j’ai actuellement 27 ans, et je suis née et ai toujours vécu en Provence… ce qui explique peut-être la dominance « soleil » dans mes livres 😉

Je suis auteur, mais aussi traductrice freelance car il faut bien manger, et doctorante en littérature japonaise (ultra) contemporaine ; j’étudie les littératures post-Fukushima en France et au Japon.

Sinon, j’adore le thé (j’en bois des litres !!) et j’envisage d’ouvrir une secte, celle des AdoraTHEurs ! (oui, bon, je suis déjà dehors avec mon jeu de mots ^^)

 Tu passes avec bonheur d’un genre à l’autre, depuis le fantastique avec la série des Nécrophiles Anonymes jusqu’au western-space op’ des Foulards Rouges. On se demande où tu vas encore nous emmener dans tes prochaines créations… Une idée ?

Une idée, ou deux ou trois en fait 😉 Mais tout se place sous une seule et même bannière : le steampunk ! C’est un genre très polymorphe, facile à étirer et manipuler, j’adore m’amuser avec.

Ma prochaine publication sera donc du steampunk jeunesse (8-12 ans) qui va vous emmener dans un espace-temps clos où se trouvent le labyrinthe et le manoir d’Arsène Lupin, rien que ça ! Ça s’intitule Penny Cambriole et l’Horloge à voler le temps.

Sinon, je pose en ce moment les bases d’un one-shot steampunk, adulte/young-adult cette fois, qui devrait s’intituler L’Intemporel. Je ne peux guère en dire davantage, mais disons qu’on va plonger du côté magique de la force cuivrée… 😉

 Parlons un peu de la Tour, une novella qui m’a surprise à plus d’une reprise. Comment t’est venue l’idée de cette tour, d’abord, et de Jessica, ensuite ?

L’idée de la tour m’est venue suite au défi que je me suis lancé : écrire un roman (court) en 3 jours seulement. Pour cela, il me fallait absolument un lieu « facile » à explorer, avec une seule voie pour sortir, des épreuves au milieu… on a eu beaucoup de labyrinthes, de tunnels, d’arènes classiques… moi je voulais quelque chose d’intimiste et d’oppressant, et l’image d’une tour sans fenêtre m’est immédiatement apparue. En plus, un récit en huis-clos qui évolue à la verticale, du bas vers le haut et non l’inverse, ça se voit rarement ! L’idée m’a donc tout de suite séduite, et ni une ni deux, je me lançais à la découverte de cette tour… au sujet duquel je n’en dirai pas davantage afin d’éviter de gâcher la lecture comme la surprise à ceux qui nous lisent 😉

Quant à Jessica, la réponse est moins évidente… lorsque j’ai créé le personnage, j’étais comme elle au début du roman : sans éléments personnels auxquels me raccrocher. Il fallait que je trouve un moyen de la rendre attachante sans que le lecteur ne sache RIEN d’elle. Il fallait donc la faire parler et s’exprimer à travers des actes plutôt que des éléments de son passé. Elle apparaît donc d’entrée de jeu courageuse, le cœur sur la main, néanmoins méfiante sans qu’elle puisse savoir pourquoi… évidemment, je savais où j’allais en écrivant le roman, mais lorsque j’ai créé la fiche du personnage en amont, j’étais comme Jessica : je ne savais rien d’elle ni de ce que j’allais découvrir. Elle ne m’est pas apparue d’un seul bloc, comme c’est parfois le cas avec les personnages. Je suis allée à sa découverte, couche de souvenir après couche de souvenirs. Son passé s’est construit par strates, un peu comme elle le découvre dans la tour… mais oups, j’en ai déjà trop dit !! ^^

 Si je ne me trompe pas, tu es traductrice freelance. Comment organises-tu tes séances d’écriture ? Te faut-il une ambiance/un rituel en particulier pour te mettre à écrire ?

Oui, je traduis aussi, dans le domaine de la SF, fantasy, fantastique… et sous pseudo afin de séparer ces différentes activités 😉

Que ce soit pour l’écriture ou la traduction, le rituel est le même : je me fais un petit thé, ou une grenadine si vraiment il fait trop chaud et/ou qu’il est trop tard pour boire du thé, je mets de la musique, j’ouvre mon document… et j’écris. Rien de plus. Pas de formule magique, ni de mantra. Les Anglais disent : « Just get it done. » Du coup, je prends exemple sur eux et je me contente de me poser devant le PC pour écrire, sans tourner autour du pot. J’ai constaté que, pour moi, c’était ce qui marchait le mieux !

Après, j’ai du mal à écrire en groupe lors de rencontres entre auteurs, mais j’adore les word wars : du coup, je favorise souvent les chats entre auteurs lors des Nanowrimo ou Camp nano. Twitter est bien pour ça aussi… ce que tu sais, d’ailleurs 😉

 Un mot de la fin ?

Oui, au sujet des expériences, des paris un peu fous… comme un roman en trois jours autoédité par la suite. N’hésitez pas : foncez. On en apprend beaucoup sur soi-même, sur l’objet livre en lui-même, sur l’écriture et notre rapport à ce moyen d’expression poétique.

Surprenez-vous, désapprenez, réapprenez. Auteurs, hybridez-vous. Mais surtout… écrivez quoi qu’il en soit ! 😉

Site de l’auteur

[Sur le grill] Nadia Coste + Le Premier : chronique

Une fois n’est pas coutume, avant de vous livrer l’interview de l’auteur, je tenais à dire quelques mots sur son dernier-né !

Le premier_nadia_coste

4e de couv’

Vaïn n’est pas mort. Pourtant, son frère l’a tué. A-t-il ressuscité ? Pourquoi le soleil brûle-t-il sa peau ? Pourquoi seul le sang le rassasie-t-il ? Alors que son désir de vengeance augmente, Vaïn se convainc que la Nature l’a sauvé de la mort pour éliminer son frère et sa descendance maudite… Une traque terrible et périlleuse commence… Elle durera des siècles. La quête du Premier Immortel depuis la fin du néolithique jusqu’au début de Rome.

Mon avis

Vous pourriez me dire « Encore une histoire de vampire… ». Je vous arrête tout de suite. Oui, on parle de vampire et de loups-garous, mais oubliez tout ce que vous savez sur le sujet. Car s’il est bien un domaine où Nadia Coste excelle, c’est celui de réinterpréter, avec originalité et respect des mythes, les légendes sur ces deux figures fantastiques !

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en plongeant dans ce bouquin et je dois dire que la surprise a été… jouissive – un adjectif que Vaïn appréciera certainement ! C’est sanglant, sombre, violent, c’est même gore à certains moments. Cela aurait pu me rebuter – je ne suis pas une grande fan du sang giclant, etc – et pourtant, je me suis éclaté à suivre Vaïn et Qu’une Corne dans leur épopée. Car il s’agit bien de cela : une quête de vengeance, de justice, de survie enfin dans un monde qui ne cesse d’évoluer.

Une des nombreuses originalités de ce roman, c’est aussi son contexte historique. Franchement, vous en connaissez beaucoup, des intrigues débutant en pleine préhistoire ? Plutôt rare, n’est-ce pas ? Je peux dire que l’auteur a parfaitement posé le cadre et se paye même le luxe d’un énorme clin d’oeil à l’histoire… Mais cela, je vous laisse le découvrir !

Bref, un roman unique – là aussi, c’est à souligner – à découvrir si ce n’est pas déjà fait !

Et maintenant, place à l’interview !

Nadia Coste NB 3

Hello Nadia, merci d’avoir accepté cette invitation ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Salut Cindy (et salut les lecteurs de Cindy !). Merci de m’avoir invitée !

En quelques mots : trentenaire, multipare, lyonnaise, buveuse de thé, lectrice sur le tard, auteur de SFFF, qui n’a pas assez de temps pour mener de front toutes ses vies… est-ce que ça suffit pour cerner le personnage ?

Ton dernier roman en date, Le Premier, vient de sortir aux éditions Scrinéo. Alors, la question que redoute tout écrivain – et que je n’hésite pas à te poser ! : de quoi ça parle ?

C’est l’histoire de deux frères rivaux à la fin du Néolithique. Le premier va tuer le second… mais celui-ci va revenir à la vie « différent ». Va alors s’en suivre une quête de vengeance à travers les âges. Je revisite les vampires et les loups-garous à ma sauce, dans une ambiance primale où le lecteur connaît les codes avant les personnages (ceux-ci ne sont pas forcément sympathiques. Et ils ne brillent pas au soleil).

 Jusqu’ici- arrête-moi si je me trompe – tu avais plutôt publié en jeunesse (je me souviens de l’excellente saga des Fedeylins ainsi que de Ascenseur pour le futur, chez Syros, repris dans la sélection des Incorruptibles 2015-2016) Avec le Premier, tu te tournes vers un autre horizon. Qu’est-ce qui t’en a donné l’envie ?

Hé bien, je pense que, si j’écrivais toujours le même roman, je finirais par m’ennuyer. Alors, j’aime explorer des ambiances différentes, des époques, des lieux, loin dans le passé, dans le futur, ou dans un autre monde… Pour Le Premier, j’avais envie de me pencher sur le mythe du vampire, mais en enlevant le mentor qui explique au personnage principal qui vient d’être transformé ce qu’il peut faire ou ne pas faire. Comment le premier vampire, celui qui ne savait pas ce qu’il était devenu, a découvert tout ça ? Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à boire du sang ? Comment découvre-t-on qu’on est devenu immortel ? Et comment perd-on son humanité peu à peu ?

Ça m’a amené à aller chercher dans des recoins de noirceurs que je n’avais jamais explorés, et c’était une expérience très intéressante.

Parlons créatures fantastiques ! Si tu devais en choisir une pour ta prochaine réincarnation, ce serait… ?

C’est vachement dur, comme question !

Hum, un dragon… mais du genre peluche comme Falcor dans l’Histoire sans fin. Plutôt chat que chien, si possible !

Un petit mot de la fin ?

 Je suis ravie de te retrouver bientôt pour des salons où on va enfin dédicacer côte à côte ! Il y a quelques années en arrière, on bossait sur nos romans respectifs, et on rêvait un peu à ce moment… et ça y est : les Imaginales, les Futuriales, et sans doute d’autres salons à venir… C’est vraiment formidable de pouvoir vivre ces moments d’échange avec les lecteurs, tout en partageant ces émotions avec des amis auteurs qui comprennent tout à fait ce qu’on vit !

Le blog de l’auteur 

[Sur le grill] Lise Syven

Le retour de la séquence Sur le grill avec, en guest star, Miss Lise Syven !

lise

Ecrivaine aux nombreuses facettes, publiée aux éditions du Riez pour son thriller fantastique, Au Sortir de l’Ombre et sa saga fantasy épique, La Guerrière Fantôme, elle a aussi retrouvé le monde de la magie dans sa série La Balance Brisée publiée chez Castelmore.

Un premier opus que j’ai beaucoup aimé et un deuxième tout aussi passionnant !

Hello ma chère Lise, et merci d’avoir accepté de répondre à cette interview !

Tout le plaisir est pour moi ! Bonjour à tous 😉

D’abord, peux-tu te présenter en quelques mots/phrases (je suis gentille, je te laisse le choix !) ?

A priori, je ne suis qu’une femme ordinaire (je veux dire, sans pouvoir particulier, à part celui de s’endormir sitôt allongée, ce qui est beaucoup moins drôle que de savoir se téléporter). J’ai une famille (un mari, deux enfant, un chat) et je travaille dans le secteur informatique à Brest. Comme vous l’avez sans doute deviné, j’écris aussi et j’affectionne tout particulièrement les genres de l’imaginaire. D’ailleurs, je ne pense pas avoir jamais écrit de texte sans magie présente d’une façon ou d’une autre.

Le tome 2 de ta saga jeunesse, La Balance Brisée, est sorti il y a peu. Tu peux nous dévoiler ce qu’il y a au menu de cette suite sans *trop* divulgâcher ?

Avec grand plaisir ! La vie d’Elie est de nouveau bouleversée, cette fois par de terribles visions liées à la Balance Brisée. Comme rien n’est jamais simple, notre héroïne a également de gros problèmes au collège. Max tourne autour d’une nouvelle élève, Enola, qui est prise à partie par les deux pires pestes de la classe. Elie et Fatou vont évidemment réagir et lui venir en aide, sans se douter qu’un autre danger les guette. (Tatatin !!!)

phenomenale_syven

J’avais beaucoup aimé entre autres le traitement de la magie dans Subliminale, le premier opus. Réussir à donner une originalité propre à un thème très populaire en litt’ jeunesse est un tour de force dont tu te tires avec brio. Quelle a été ton inspiration pour l’apprentissage magique d’Elie et de Karl ?

(Contente que tu aies aimé ! ^__^)

La magie est la clef de voûte de cette histoire, j’en ai eu l’idée avant les personnages, il y a très longtemps en visionnant un épisode de Columbo (véridique). Quant à l’apprentissage, je voulais nettement me démarquer de Harry Potter (où il suffit de prononcer une formule et d’agiter une baguette) car je savais que je n’échapperais pas à la comparaison. Il fallait de toute façon que la magie ne soit pas simple à utiliser, car dès le départ, je ne voulais pas faire des Sallenz des supers sorciers. Je fais partie de ces gens qui croient que rien n’est facile et gratuit, mais qu’en travaillant, on peut tout apprendre. Je crois aussi qu’on apprend mieux avec de l’aide, et qu’il ne faut pas avoir honte de la réclamer: c’est ainsi que maître Dörst (et son parler particulier) sont entrés en scène.

balance_brisee_syven

D’ailleurs, en parlant magie, je sais que tu aimes aussi nous emporter dans d’autres univers, purement imaginaires ceux-ci, comme celui de Siwès, la guerrière fantôme aux éditions du Riez. D’ailleurs, tu peux nous dire ce que tu préfères dans chacun des mondes que tu explores, que ce soit celui de Siwès ou d’Elie ?

J’aime la sensation de liberté que les mondes imaginaires me procurent. Siwès en est un parfait exemple car elle vit son rêve et c’est exactement ce qu’il m’arrive lorsque j’écris. Mais ce que je préfère dans le monde d’Ès, ce sont les créatures fabuleuses, fidèles à leur nature animale (parfois cruelles), et pourtant si clairvoyantes. Dans la Balance Brisée, j’aime que le merveilleux fasse irruption dans le quotidien.  La magie y est un catalyseur qui ouvre d’autres portes dans des situations difficiles. Les cartes d’Elie (ou la Balance Brisée elle-même) permettent de changer la donne en montrant une autre voie. Et j’adorerais posséder ce genre d’outils.

La-guerriere-fantome-277x341

Le mot de la fin ?

Gardez l’oeil ouvert, et le bon. On ne sait jamais, un mur pourrait se mettre à trembler ! 😀

Sur le grill : Bérengère Rousseau

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de pouvoir interviewer Miss Bérengère Rousseau, dont le premier roman, Rédemption, vient de sortir aux éditions du Riez !

redemption_berengere_rousseau

Hello Bérengère ! Merci d’avoir accepté cette interview.

Hello Cindy ! Tout le plaisir est pour moi ! Je suis ravie d’être ici 😉

La petite question obligatoire d’abord : peux-tu te présenter en quelques mots/phrases ?

Je suis enseignante. J’enseigne l’anglais dans le secondaire depuis environ 10 ans. Je suis également psychologue de formation. J’ai une petite fille de 5 ans. J’écris depuis plus de vingt ans (tiens, en le disant, je prends un coup de vieux ^^) dans différents genres et styles. J’adore voyager et je me passionne pour un tas de choses diverses comme la musique, la lecture, le cinéma ou encore le théâtre. Et chose importante que j’ai failli oublier, je suis belge 😉

Ton premier roman, Rédemption, vient de sortir aux éditions du Riez. Peux-tu lever un coin du voile sur cette histoire ?

C’est une histoire qui me tient à cœur car cette aventure est assez atypique. Tout est parti d’une photo. De là est née l’aventure que Noâm va vivre. Si l’action débute dans la jolie ville de Mons, elle va l’emmener dans une région tout aussi belle qui abrite l’un des lieux centraux du récit, le château de Noisy. Pour tenter de comprendre pourquoi des soupçons de collaboration pèsent sur son arrière-grand-père, Noâm va se rendre au château avec son meilleur ami, Lucas. Sur place, un éboulement dans la demeure va les renvoyer à la fin de la seconde guerre mondiale, à la veille de la sanglante bataille des Ardennes. Bien entendu, rien ne va se passer comme il l’espérait et les deux jeunes hommes vont devoir faire face à des imprévus historiques de taille.

Comme j’ai eu le plaisir de le lire en avant-première – hé oui, je peux entendre vos cris d’envie jusqu’ici ! – je sais que le thème du devoir de mémoire était très important pour toi. De quelles sources t’es-tu inspirée à ce sujet ?

Comme je le disais, c’est une photo qui m’a inspiré ce récit. J’ai vu plusieurs clichés du château de Noisy et je suis tombée amoureuse du lieu. J’ai alors fait des recherches sur le château et petit à petit, tout s’est mis en place.

Pour ce qui est du devoir de mémoire, indéniablement. C’est quelque chose que je considère comme une nécessité, pour ne pas répéter les erreurs du passé, et plus encore dans notre actualité troublée. C’est important de ne pas oublier, de comprendre le passé pour évoluer, grandir et j’ose espérer construire un monde meilleur. Souhait probablement utopique mais pour moi, c’est une façon de contribuer au devoir de mémoire en suscitant les interrogations, la réflexion, même si le contexte de Rédemption est quelque peu différent, il n’en reste pas moins d’actualité.

Comment s’est passée l’aventure éditoriale ? As-tu attendu longtemps avant de recevoir une réponse positive ?

Je parlais de l’histoire comme étant atypique. Mon parcours l’est tout autant. Rédemption n’est pas le premier roman que j’ai soumis aux éditeurs. A vrai dire, c’est même un autre que j’avais soumis (lequel est toujours dans le circuit d’ailleurs ^^). Ce projet a essuyé des nons. Beaucoup. Pour diverses raisons, pas toujours précisées. Comme je suis quelqu’un d’assez franc, lors d’un échange avec les Editions du Riez au sujet du projet soumis, j’ai évoqué Rédemption que j’étais en train d’écrire à ce moment-là. Cela a intrigué l’éditeur et il m’a encouragé à lui envoyé le début du roman ainsi que le synopsis. Je lui ai envoyé le tout et il a adhéré. Quelques semaines plus, je signais mon contrat ! C’est d’autant plus incroyable que Rédemption n’en était qu’à son tiers à l’époque.

Cela m’a permis d’être accompagnée dans le processus. J’ai écrit mon roman en entier, sans l’envoyer à l’éditeur mais je le tenais au courant de mes avancées. Il m’a tout de suite mise en confiance, moi qui suis une très grande stressée. Ensuite, une fois le premier jet terminé, j’ai tout relu et le roman a été bêta-lu par mes deux relectrices de choc. Je l’ai retravaillé suite à leurs précieuses remarques et une fois propre, je l’ai envoyé à l’éditeur. Un mois plus tard, je me suis mise au travail avec ma correctrice, Sophie Dabat.

Ce fut vraiment une expérience enrichissante et profitable à tous points de vue. C’était un réel travail de collaboration, de discussion et de partage. Sophie s’est montrée tour à tour compréhensive, bienveillante et adorable. Nous avons pu discuter de points sur lesquels nous n’étions pas d’accord et à chaque fois, nous sommes parvenues à une solution qui se voulait la meilleure pour le récit. Un vrai bonheur ! Et je dois avouer que nous avons bossé comme des folles car nous avons tenu un rythme effréné pour les corrections et dernières relectures !

Un petit mot de la fin ?

J’écris car j’aime ça. Être publiée, c’est la cerise sur le gâteau et c’est comme un accomplissement, un bonus. L’important, c’est de faire ce qu’on aime. Peu importe le temps que ça prend. Et puis, il faut croire aussi en soi et en ses rêves.

berengere

Merci Bérengère pour cette rafraîchissante interview !