Wish-list début 2015 : partie 2

Vous ne pensiez quand même pas que je l’avais oubliée ? 😉

Après une première partie entièrement consacrée aux auteurs francophones, voici la seconde partie, où je vous présente les livres anglophones qui me font complètement craquer! Autant vous prévenir: il y a du lourd !

Enfermez vos portefeuilles (ou pas), c’est parti…

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The art of being normal par Lisa Williamson

Two boys. Two secrets.

David Piper has always been an outsider. His parents think he’s gay. The school bully thinks he’s a freak. Only his two best friends know the real truth – David wants to be a girl.

On the first day at his new school Leo Denton has one goal – to be invisible. Attracting the attention of the most beautiful girl in Year 11 is definitely not part of that plan. When Leo stands up for David in a fight, an unlikely friendship forms. But things are about to get messy. Because at Eden Park School secrets have a funny habit of not staying secret for long . . .

En fait, ce roman est déjà sorti – le 1er janvier – et cerise sur le gâteau, il est juste parfait pour mon challenge We need diverse books (je sais, tous les prétextes sont bons!) Les premiers avis ont commencé à tomber et ils sont très positifs. Donc craquage en vue.

Un autre craquage en vue, c’est cette anthologie dirigée par Malorie Blackman avec plein de plumes que j’ai hâte de retrouver et d’autres que je suis curieuse de découvrir. Et puis zieutez donc cette couverture !!

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Love hurts – anthologie de Malorie Blackman.

Malorie Blackman brings together the best teen writers of today in a stunningly romantic collection about love against the odds. Featuring short stories and extracts about modern star-crossed lovers from stars such as Gayle Forman, Markus Zusak and Patrick Ness, and with a brand-new story from Malorie Blackman herself, Love Hurts looks at every kind of relationship, from first kiss to final heartbreak.

Il sort le 29 janvier.

Un bouquin repéré depuis l’année dernière – depuis que les Book Smugglers en ont parlé – et que j’attends en frétillant d’impatience, c’est…

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None of the Above par I.W. Gregorio

When Kristin Lattimer is voted homecoming queen, it seems like another piece of her ideal life has fallen into place. She’s a champion hurdler with a full scholarship to college and she’s madly in love with her boyfriend. In fact, she’s decided that she’s ready to take things to the next level with him.

But Kristin’s first time isn’t the perfect moment she’s planned—something is very wrong. A visit to the doctor reveals the truth: Kristin is intersex, which means that though she outwardly looks like a girl, she has male chromosomes, not to mention boy “parts.”

Dealing with her body is difficult enough, but when her diagnosis is leaked to the whole school, Kristin’s world completely unravels. With everything she thought she knew thrown into question, can she come to terms with her new self?

Incredibly compelling and sensitively told, None of the Above is a thought-provoking novel that explores what it means to be a boy, a girl, or something in between.

J’ignorais tout des personnes intersexes jusqu’ici, c’est ce roman qui m’en a fait prendre conscience et je suis d’autant plus curieuse de découvrir cette histoire!

Sortie au mois d’avril.

Une autre sortie du mois de janvier, c’est

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The door that led to where par Sally Gardner

AJ Flynn has just failed all but one of his GCSEs, and his future is looking far from rosy. So when he is offered a junior position at a London law firm he hopes his life is about to change – but he could never have imagined by how much.

Tidying up the archive one day, AJ finds an old key, mysteriously labelled with his name and date of birth – and he becomes determined to find the door that fits the key. And so begins an amazing journey to a very real and tangible past – 1830, to be precise – where the streets of modern Clerkenwell are replaced with cobbles and carts, and the law can be twisted to suit a villain’s means. Although life in 1830 is cheap, AJ and his friends quickly find that their own lives have much more value. They’ve gone from sad youth statistics to young men with purpose – and at the heart of everything lies a crime that only they can solve. But with enemies all around, can they unravel the mysteries of the past, before it unravels them?

Aucune romance à l’horizon – ça va me changer – et du voyage dans le temps… What’s not to love?

Sortie le 1er janvier.

Bien sûr, je n’oublie pas les suites des bouquins dévorés & appréciés en 2014! Parmi lesquelles figurent…

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Arsenic for Tea de Robin Stevens 

Schoolgirl detectives Daisy Wells and Hazel Wong are at Daisy’s home, Fallingford, for the holidays. Daisy’s glamorous mother is throwing a tea party for Daisy’s birthday, and Daisy’s eccentric family are all invited.

Then one of their party falls seriously, mysteriously ill – and everything points to poison.

With furious storms preventing anyone from leaving, or the police from arriving, Fallingford suddenly feels like a very dangerous place to be. No one at Fallingford is what they seem – and everyone has a secret or two. And when someone very close to Daisy looks suspicious, the Detective Society must do everything they can to reveal the truth . . . no matter the consequences.

J’avais adoré le premier opus – Murder most Unladylike – j’ai hâte de retrouver Daisy & Hazel ! Sortie le 29 janvier. Plus tard dans l’année, le 3e opus – qui se passe dans l’Orient-Express ! – sera aussi publié.

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The Storm par Virginia Bergin

Three months after the killer rain first fell, Ruby is beginning to realise her father might be dead . . . and that she cannot survive alone. When a chance encounter lands her back in the army camp, Ruby thinks she is safe – at a price.

Being forced to live with Darius Spratt is bad enough, but if Ruby wants to stay she must keep her eyes – and her mouth – shut.

It’s not going to happen. When she realises what is going on – the army is trying to find a cure by experimenting on human subjects – Ruby flips out . . . and makes an even more shocking discovery: she’s not useless at all.

Last but not least, la suite d’un de mes plus gros coups de coeur 2014 – The Rain, si vous ne l’aviez pas encore deviné! – j’ai nommé the Storm par Virginia Bergin. J’ai vraiment hâte de voir ce qu’il va advenir de Ruby dans un monde dévasté par une pluie aussi mortelle qu’inévitable…

Je vais m’arrêter là, non pas que je n’ai pas encore de nombreux titres à vous lancer en pâture, mais par pitié pour le portefeuille (croyez-moi, le mien est déjà bien assez en danger!).

N’hésitez pas à me dire les titres présents dans votre wish-list 🙂

Challenge We need diverse books #2 : Les trois soeurs et le dictateur d’Elise Fontenaille

Deuxième rendez-vous pour ce challenge livresque! Au rendez-vous cette semaine : une histoire dont j’ignorais tout et qui a pourtant donné naissance à la Journée Mondiale de Lutte contre la violence faite aux femmes.

Accrochez votre ceinture, nous partons dans les Caraïbes…

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Les trois soeurs et le dictateur d’Elise Fontenaille

Editions du Rouergue

4e de couv’

Mina, une adolescente californienne part pour la première fois en République Dominicaine, le pays natal de son père. La-bàs, son cousin Antonio lui fait rencontrer Abela, une veille dame. Celle-ci entreprend alors de lui raconter le destin tragique de sa grand-mère Minerva et de ses deux soeurs, qui ont tenu tête au dictateur Trujillo à l’époque…

Thèmes principaux

Résistance politique – Droits des femmes – Racisme

Pourquoi avoir choisi ce roman ?

Je l’avais acheté à la Fnac, il y a un bout de temps, intriguée par le 4e de couv’. Ce challenge était l’occasion rêvée d’enfin le découvrir!

Mon avis

Ce roman relate avant tout l’histoire des soeurs Mirabal : 3 soeurs nées dans une famille aisée en République Dominicaine dans les années 20. Une des soeurs, appelée Minerva et réputée pour sa beauté, est remarquée – malheureusement pour elle – par le dictateur en place sur l’île, Rafael Trujillo. Friand de jeunes filles, Trujillo multiplie les invitations, mais Minerva lui tient tête. Résiste. Et avec elle, toute sa famille, qui en paiera les conséquences. Dès lors, les trois soeurs Mirabal, Minerva, Patria et Maria Teresa entrent en résistance, assistant à des réunions clandestines, passant des tracts sous le manteau. Des gestes qui peuvent nous sembler anodins, mais qui, sous un régime qui massacra une dizaine de milliers d’Haïtiens au moins – le massacre du Persil – valaient la prison et de torture. Une prison que les trois soeurs connurent d’ailleurs, avant d’être relâchées, pour finalement trouver la mort lors d’une embuscade dans les montagnes de l’île le 25 novembre 1960.

Ce que j’ai aimé dans le récit d’Elise Fontenaille, c’est d’abord le fait d’avoir restitué cette histoire fidèlement, sur un ton juste, sans en faire de trop; ensuite, c’est d’avoir marié les deux histoires de Minerva et Mina, cette petite-fille qui débarque à la République Dominicaine sans rien savoir de l’histoire des Mariposas – les papillons en espagnol, et qui désignent les trois soeurs. Soyons clairs cependant : l’histoire de Mina sert surtout de cadre pour relater le destin des soeurs Mirabal. De Mina, on ne sait finalement pas grand’chose, le personnage n’a pas beaucoup d’aspérités, et même si son intrigue comporte des détails touchants – sa correspondance avec son amie d’enfance, Eliza, qui elle est originaire d’Haïti, l’occasion d’évoquer la division politique de l’île – sa voix sert surtout à mener le lecteur à la découverte des Mariposas. Dès que leur histoire est finie – le roman est mince, il ne compte que soixante-dix pages – celle de Mina cesse aussitôt. Une absence qui me laisse un goût de trop peu.

Autre détail touchant dans ce roman, c’est un autre point où se rejoignent réel et fiction, c’est l’apparition dans le roman de la quatrième soeur Mirabal, la survivante car trop jeune à l’époque pour s’être engagée dans la résistance.

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Un bel hommage à « Dona Dede », décédée l’année dernière.

En conclusion, ce roman est une belle introduction au destin de trois femmes dont l’histoire semble encore largement méconnue de nos jours. Il m’aura aussi donné envie de lire deux romans qui traitent de cette époque,

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La fête au bouc, de Mario Vargas Llosa

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Et Au temps des papillons de Julia Alvarez

Je termine cet article par un petit appel : en effet, si vous avez des recommandations pour ce challenge, des idées de titre, etc… n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire 😉 et faites passer le mot. Je ne vous promets pas de les lire tous, mais je suis en tout cas très curieuse d’élargir mon horizon en matière de diversité!

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Challenge « We need diverse books » #1 : Lies We Tell Ourselves par Robin Talley

Je vous en parlais dans cet article, j’ai donc décidé de me lancer dans un challenge livresque cette année. Un challenge qui me tient à coeur, puisqu’il s’agit de parler de la diversité de tous bords (couleur, sexe, religion, etc) dans les romans.  Je suis donc très contente d’inaugurer ce rendez-vous du samedi par un roman qui m’a beaucoup touchée, d’autant plus en regard de l’actualité de ces derniers jours.

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Il s’agit donc du roman Lies We tell ourselves de Robin Talley.

VO – Niveau accessible – YA historique.

4e de couv’

1959 Virginia. The lives of two girls on opposite sides of the battle for civil rights will be changed forever.

Sarah Dunbar is one of the first black students to attend the previously all-white Jefferson High School. An honors student at her old school, she is put into remedial classes, spit on and tormented daily.

Linda Hairston is the daughter of one of the town’s most vocal opponents of school integration. She has been taught all her life that the races should be kept “separate but equal.”

Forced to work together on a school project, Sarah and Linda must confront harsh truths about race, power and how they really feel about one another.

Thèmes principaux

LGBT – Racisme – Lutte pour les droits civils

Pourquoi avoir choisi ce roman ?

L’amitié entre deux élèves, l’une noire, l’autre blanche, au moment de la lutte pour les droits civils dans les années cinquante – soixante aux Etats-Unis était un thème que j’avais déjà abordé dans mes lectures, notamment par le roman Sweet Sixteen d’Annelise Heurtier. C’est un thème qui m’intéresse et le côté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels pour ceux qui ne connaissent pas l’acronyme) m’a beaucoup intrigué. Comment développer une histoire d’amour entre deux êtres que tout oppose ?

Mon avis

Avant toute chose, je dois dire que l’auteur a remporté haut la main ce défi. Le côté romance entre les deux héroïnes est doux & tendre, évoqué mais sans se focaliser dessus. Certains trouveront peut-être que ce côté aurait pu être davantage développé. Personnellement, je n’ai pas ressenti de manque à ce niveau.

C’est un roman avant tout sur l’engagement politique et le sacrifice que nous sommes prêts à faire pour une cause qui, souvent, nous dépasse. L’histoire s’ouvre sur le point de vue de Sarah, qui en même temps que sa petite soeur, s’apprête à entamer sa dernière année dans le lycée de Jefferson. Nous sommes en février, les écoles ont été fermées jusqu’à ce moment, car le gouverneur s’est opposé à la décision de la Cour Suprême, qui autorise, après plusieurs années de recours et d’appels, les étudiants noirs à fréquenter les mêmes établissements que les étudiants blancs.

Quand les premiers étudiants noirs entrent à Jefferson, c’est l’enfer qui les attend. Un enfer vu par les yeux de Sarah, qui, jour après jour, respecte les consignes données, à savoir ne pas réagir aux insultes, crachats, manoeuvres d’intimidation, agressions physiques, etc. Garder la tête haute. Travailler du mieux possible. Et c’est quelque chose qui vous retourne le coeur, quand vous assistez à ce type d’agressions du point de vue de Sarah. C’est d’autant plus terrifiant quand ces évènements se sont passées il y a seulement 50 ans.

L’autre point de vue est celui de Linda: en apparence, l’étudiante privilégiée par excellence. Elle est la fille du rédacteur en chef du journal local, clairement favorable à la ségrégation et qui craint que la fin de celle-ci n’entraîne la fin de son mode de vie, tel que Davisburg (une bourgade imaginaire) la connaît, un point de vue que la jeune fille partage sans réserve. Elle est fiancée, coule des jours heureux en attendant le mariage, bref tout va bien. Mais en vérité, pas si bien que ça. Car le père est un tyran, qui a cessé depuis longtemps de s’intéresser à ses proches, et est obsédé par cette question de la ségrégation. Linda rêve d’être ailleurs, de pouvoir s’évader de cette demeure au climat étouffant.

La rencontre entre Sarah et Linda va connaître un tournant décisif quand les deux jeunes filles doivent travailler ensemble sur un devoir de français.

J’ai adhéré aux deux points de vue et, pour faire la comparaison avec le roman d’Annelise Heurtier dont je parlais plus haut, je pense que la réflexion sur le climat politique et social de cette époque est plus poussé dans Lies We Tell Ourselves. Autant Sarah que Linda sont confrontées aux questions suivantes: mes opinions m’appartiennent-elles réellement ou ont-elles été dictées par mon entourage ? Est-ce que je crois réellement à ce que je dis ? Est-ce que je cautionne totalement la manière dont j’agis ? Et surtout, ce que j’incarne comme opinion politique, comme lutte pour mes droits n’entre-t-elle pas en opposition avec mon bien-être personnel ?

Les personnages des deux jeunes filles ne peuvent pas laisser insensibles, pas plus d’ailleurs que certains personnages secondaires, comme Ruthie, la petite soeur de Sarah, Chuck, un autre adolescent noir ou Judy, la meilleure amie de Sarah. Chacun représente la diversité des opinions en cours à cette époque, un aspect essentiel du roman qui, au-delà des deux camps opposés, ne tombe jamais dans le manichéisme ou la simplification. Au contraire et j’ai d’ailleurs beaucoup aimé l’évolution de Sarah & Linda sur ce plan. La manière dont elles grandissent, chacune à leur manière, est douloureuse, déchirante, mais en même temps tellement courageuse qu’elle ne pouvait que m’émouvoir.

La manière dont elles communiquent peu à peu ensemble, leurs débats enflammés quand elles se trouvent en présence l’une de l’autre, l’évolution de leurs sentiments, leurs interactions avec leurs familles & amis, tout ceci est merveilleusement développé dans Lies We Tell Ourselves Même si cette époque ne vous intéresse pas de prime abord, je vous conseille de vous lancer dans ce roman, ne serait-ce que pour la richesse du portrait qui y est décrit et les personnages authentiques, vrais et très émouvants.

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Challenge livresque 2015 – We need diverse books

Si vous avez suivi mon actualité livresque en 2014, vous avez pu constater que je ne suis pas adepte des challenges. Il y a une raison bien simple, c’est que j’échoue systématiquement dès qu’une « contrainte », aussi légère soit-elle, m’est posée dans mes lectures. A croire que mon éclectisme est mon trait dominant quand il s’agit de choisir celles-ci!

Pourtant, cette année, j’ai décidé de me lancer dans un challenge livresque. Et ce dernier est d’autant plus cher à mon coeur car, depuis des semaines, voire des mois, j’y adhère dans mes choix de lecture. Aussi, quand ce challenge a été lancé en début d’année par le site « We need diverse books« , je n’ai pas hésité et je me suis mise sur les rangs!

Ce challenge, c’est tout simplement de lire des livres mettant en scène la diversité. Et vous le savez, depuis cet article, c’est une valeur non seulement dans laquelle je me retrouve, mais que j’aime défendre, que ce soit dans mes lectures ou mes écrits.

J’ai donc décidé de lire au moins 25 bouquins reflétant cette diversité, même si je compte bien en dévorer davantage !

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Dans ce cadre, chaque samedi, je mettrai un livre en valeur.

Parce qu’à mon humble échelle, moi aussi, je veux que les mentalités changent. Que les choses bougent. Et parce que nous avons tous besoin de cette diversité; parce que l’horrifiante actualité de ces derniers jours m’a encore renforcé dans cette conviction (si j’en avais besoin); parce qu’il est enfin important de dire, répéter et partager ces mots: Respect. Tolérance. Découverte. Liberté.

 

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Diversité en littérature : qu’est-ce que c’est et en quoi est-ce important?

Derrière ce titre, qui ressemble furieusement à celui d’une dissertation – aucun risque que je vous en impose une, je n’étais pas des plus brillantes dans cet exercice à l’école! – je veux surtout parler d’un sujet qui me tient à coeur. Je l’ai déjà effleuré dans des articles comme celui sur la Banned Books Week, mais je m’aperçois que je n’ai pas vraiment livré mes sentiments sur ce thème. Allons-y donc pour un coeur-à-coeur !

Je vais commencer par une anecdote, qui m’est arrivée à plusieurs reprises lors de mes dédicaces. Outre les questions habituelles que le public peut me poser – « De quoi ça parle? » ou « C’est une trilogie? » – on m’a aussi demandé :

« C’est écrit pour les filles ou pour les garçons? »

Passé mon premier moment de surprise – car honnêtement, je n’ai jamais réfléchi en ces termes – j’ai répondu spontanément : « Pour les deux. » Et c’est vrai. En écrivant les Outrepasseurs, je ne me suis pas interrogée en terme de public, et encore moins en pensant à son sexe. J’ai écrit l’histoire que je désirais et je pense que chacun peut y trouver son compte.

Néanmoins, cette question m’a interpellée et en y réfléchissant, je me suis dit que je pouvais comprendre l’intention derrière les mots. Mon but n’est pas de « diaboliser » les personnes m’ayant posé cette question ou de les pointer du doigt. Au contraire, si j’essaie de me mettre à leur place, comme je le dis, je peux les comprendre. Pour autant, je ne cautionne pas cette division et même cette sélection.

Le constat est triste, mais vrai: notre société met en place des associations automatiques, presque instinctives, qui veulent que par exemple, la plupart des poupées offertes aux petites filles arborent des cheveux blonds et des yeux bleus (et c’est une blonde aux yeux bleus qui vous en parle). Ou encore, que les garçons préfèrent jouer avec des Legos. Des associations pareilles, vous pouvez en trouver à la pelle. Des étiquettes qui nous sont imposées, parfois de force et qui ne reflètent pas ce que nous sommes.

Nous sommes tous complexes. Multiples. Différents. Et c’est là qu’intervient la diversité.

En tant que lectrice, j’y prête une vive attention. Je suis les campagnes lancées par les auteurs et lecteurs anglophones, telles que We Need Diverse Books ou encore Diversity in YA. Pourquoi ? Tout d’abord, parce que mes goûts de lecture me poussent vers ces romans, qui ne mettent pas en scène la culture ou les personnages auxquels je suis « habituée ». C’est particulièrement vrai si vous regardez mes bilans lecture, mais pour le plaisir, voici quelques-unes de mes récentes lectures:

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Leur point commun, outre le fait de contenir de très belles histoires? Toutes évoquent la diversité.

Justement, qu’est-ce que la diversité, me direz-vous? Loin de moi l’intention de vous livrer un cours magistral, je n’ai pas l’ambition d’être prof. Je ne peux que vous confier mon avis sur le sujet.

D’abord, la diversité, ce n’est pas bannir, censurer ou interdire. Je parlais plus haut de l’omniprésence de poupées pour enfant aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Est-ce pour autant qu’il faut les retirer toutes des rayons ? Bien sûr que non. En revanche, y inclure d’autres poupées au physique différent, que ce soit la couleur de peau, des yeux, des cheveux, les formes qu’elles peuvent avoir: oui. L’une n’est pas meilleure ou pire que l’autre, elles sont différentes et méritent toutes deux de figurer dans le même rayon.

Pour revenir à la littérature, c’est exactement ce que je désire lire. Je veux des héros différents. Et cela ne se limite pas seulement à la couleur de peau, des yeux, à l’apparence physique. Je veux lire des mentalités différentes, explorer d’autres cultures, voir des horizons divers.

J’ai lu plusieurs articles, qui renvoient tous au même constat:  on redouterait qu’en introduisant des personnages différents, le public soit désorienté et ne sache plus s’identifier aux héros/héroïnes. Je me suis posée la question à mon tour.

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4 couvertures illustrant 4 romans que j’ai lus ou que je suis en train de lire. Est-ce que vous pensez vraiment que je me suis basée sur celles-ci pour me poser la question que tout lecteur se pose, inconsciemment, au moment de choisir un livre, à savoir « Vais-je aimer? »

Ce qui revient sans nul doute à s’identifier aux personnages.

Non.

Pour la bonne raison que, passé leur apparence, leur âge ou leur background, ce qui m’intéresse, c’est ce qu’ils ressentent. Ce qu’ils ont vécu. Ce qu’ils veulent. Les obstacles qu’ils rencontrent sur leur route, leurs relations avec leurs familles, leurs amants, leurs amis. Ce qui les fait sourire ou pleurer. En clair, leurs émotions, ce que ces personnages d’encre et de papier parviennent à nous transmettre au fil des pages. Ce qui les rend humains. Ce qui les rend uniques.

Ce qu’ils peuvent exprimer et qui nous fasse réfléchir. Qui nous interpelle.

Car la diversité est aussi là pour nous faire songer à l’autre, à ces différences. Elle remet en question les conceptions que nous pouvons avoir, ces étiquettes dont je parlais plus haut. Et oui, pour ça, il faut aussi parler de thèmes qui peuvent faire peur. Des thèmes qui sont bel et bien présents dans notre vie de tous les jours, mais sur lesquels ont préfère jeter le voile du politiquement correct. Et si c’est nécessaire de les évoquer dans notre vie d’adulte, je pense que c’est doublement nécessaire quand l’on s’adresse aux jeunes.

Si, à présent, je me fous pas mal des stéréotypes, qu’on peut rencontrer à toute époque de la vie, je sais aussi que ça n’a pas toujours été le cas. Ado, je ne correspondais pas, pour diverses raisons, aux canons établis. Je me suis sentie perdue, incomprise, voire même franchement désespérée et ce plus d’une fois. Je sais aussi que c’est en partie dans les livres que j’ai trouvé d’autres manières de penser, des personnages qui n’hésitaient pas à dire tout haut ce que je pensais tout bas, et que que je les aimais justement pour cette raison. Je pense que la jeune fille que j’ai été et qui est toujours là, quelque part, aurait adoré trouver sur son chemin de lectrice des histoires qui reflètent nos différences. Notre diversité.

La diversité m’interpelle forcément en tant qu’auteur. Il y a un conseil qui revient souvent quand on parle d’écriture, c’est Ecrivez ce que vous connaissez, ce qui paraît logique de prime abord. Nous le suivons tous, quand nous nous lançons dans l’aventure, et je ne fais pas exception à la règle. Pourtant, plus j’y réfléchis, plus je me dis que ce conseil peut inconsciemment nous limiter. Poser une frontière face aux horizons que nous aimerions explorer.

Je n’y connais rien dans le fonctionnement d’une navette spatiale ou des coutumes thaïlandaises, est-ce pour autant que je me dois me limiter dans mon écriture ? Et si, justement, j’ai envie de parler d’une astronaute thaïlandaise envoyée en mission pour l’exploration inédite d’une comète (pour rejoindre la récente actualité), hum ?

Vous savez quoi ? L’écriture, c’est aussi une prise de risques. Et oui, je devrai sans aucun doute faire des recherches pour que mon intrigue et mon perso soient réalistes, mais c’est ce qui fait tout le sel de l’écrivain. Si vous pensez par ex. que je n’ai jamais fait de recherches pour les Outrepasseurs et en particulier, pour mon premier tome, qui se passe en partie dans la France du 13e siècle, je peux vous dire que je n’ai pas la science infuse. Et que ce goût de la découverte m’a réservé de très jolies surprises.

Mettre en scène la diversité dans tous ses aspects me tient à coeur. Et les défis qui y sont inhérents, j’aime les relever. C’est le cas par ex. dans mon dernier projet, celui que je suis en train d’écrire, intitulé Qui, de nous deux ? et dont je vous parlais ici. Il y aura sans doute de l’arrachage de cheveux dans l’air quand je l’écrirai/le réécrirai/le corrigerai/l’enverrai aux bêtas. Une routine que les auteurs connaissent. Mon souci, c’est de livrer une histoire qui me plaît, une héroïne qui, si elle ne me ressemble pas par certains côtés, me touche et me fait vibrer. Et aussi d’illustrer cette diversité, qui me tient à coeur.

Cet article est non seulement quelque chose que je voulais vous livrer, mais aussi un appel pour que nous n’oublions pas cet aspect essentiel dans nos vies. Pour qu’on secoue les étiquettes qu’on nous colle souvent bien trop vite; pour qu’on brise les frontières qu’on peut rencontrer; pour qu’on parle aussi de sujets qui sont passés sous silence.

Si, pour vous aussi, c’est important, dites-le. Ecrivez-le. Partagez-le.

Haut et Fort.

Bilan lecture du mois de septembre

Prêts pour ce RDV mensuel ? Allons-y !

On va commencer – malheureusement – par des déceptions, qui concernent toutes deux la même série, à savoir « Rush » de Phillip Gwynne. J’avais bien aimé le premier tome, intitulé « Dette de sang ».

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Le pitch ? Un jeune Australien de 15 ans, Dom Silvagni, dont la passion est la course à pied, se voit révéler un terrible héritage le jour de son anniversaire. Sa famille a contracté une dette mystérieuse envers la Mafia et celle-ci exige son dû, à savoir une série de contrats à exécuter par chaque membre masculin de la famille dès ses 15 ans. C’est au tour de Dom de rembourser cette dette.

Malheureusement, je n’ai pas retrouvé l’enthousiasme du début en ce qui concerne les tomes 2 et 3 « Nuit Noire » et « Puzzle Mortel« . J’ai préféré donner sa chance à la série, mais cette fois-ci, j’arrête les frais !

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On continue avec deux (oui, encore!) jolies découvertes, francophones celles-ci, qui concernent les romances M/M (donc homosexuelles, si vous ne connaissez pas l’appellation) et publiées chez Laska.

D’abord « Le correspondant inattendu » de Viviane Faure

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4e de couv’ : 

Maël étudie l’allemand à Rennes. La fin de semaine, il retrouve ses parents, la petite ville où il a grandi ainsi qu’une amie d’enfance. Celle-ci, encore au lycée, accueille en ce moment un correspondant de Hambourg, et elle n’hésite pas à réquisitionner Maël pour qu’il lui tienne compagnie. Un service dont le jeune homme ne se doute pas encore des conséquences…

Quelques jours plus tard, Thomas fugue. Seul dans un pays étranger, il se tourne vers la seule personne en qui il a confiance pour ne pas le juger : Maël.

Mon avis:

Ah cette nouvelle est croquignolette – oui, vous ne lirez pas souvent cet adjectif chez moi, donc profitez-en ! – et très bien écrite. Le ton est juste, entre l’agacement que ressent au début Maël, obligé de tenir compagnie à une amie et à son correspondant allemand, l’amitié qu’il ressent peu à peu pour Thomas et enfin l’intimité qui se noue entre les jeunes gens quand, à la suite d’un incident, Thomas fait une fugue et se retrouve chez Maël. Un bel équilibre entre sensualité et douceur, bref j’ai passé un très bon moment avec cette histoire!

Deuxième nouvelle M/M et cette fois-ci, on monte de plusieurs crans au niveau de la sensualité avec…

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« 4 ans, 2 mois, 18 jours » de Valéry K. Baran !

Quatrième de couverture:

Quatre ans, deux mois et dix-huit jours. C’est le temps qui s’est écoulé depuis que Yohan a rencontré Thomas pour la première fois. Une première fois inoubliable, suivie de nombreuses autres… mais aussi de disparitions, de silences. Jamais d’aucune déclaration, d’aucun engagement.

Ce soir, alors qu’il erre dans un club gay de Paris, Yohan est surpris de retomber sur son ancien amant. Et incertain de l’attitude à adopter. Peut-il se satisfaire d’une nuit de passion brute alors qu’il a si longtemps espéré davantage ?

Mon avis:

Un texte qui ne plaira sans doute pas à tout le monde, car le côté romantique ici n’est pas largement présent. En revanche, l’UST (comprenez Unresolved Sexual Tension = Tension Sexuelle non résolue) est parfaitement dosée ! J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur, très sensuel sans tomber dans le vulgaire ou la surenchère. Une nouvelle qui nous entraîne dans la relation pour le moins compliquée entre Yohan et Thomas, où le coeur et l’attirance physique tour à tour s’opposent et se complètent. Un petit rayon de « happy end » à la fin, assez discret mais qui m’a aussi plu!

Très belle découverte pour ma part.

On quitte le domaine de la romance (quoique…) mais pas celui du LGBT, avec…

Created with Nokia Smart Cam

« Starring Kitty » de Keris Stainton !

(Niveau abordable en VO)

4e de couverture:

Sometimes the greatest love stories happen behind the scenes… 
Kitty’s keeping secrets. Like how she’s struggling to cope with her mum’s illness. And how she’s falling for the girl with the purpley-red hair… A fun film competition with her friends Sunny and Hannah seems like the perfect distraction. But then Dylan wants to be more than Kitty’s secret. Is Kitty ready to let her two worlds meet or will she risk losing Dylan forever?

 Mon avis:

Comme je le disais, on ne quitte pas le domaine LGBT, puisque le personnage principal de ce joli roman, destiné aux 14 ans et plus, n’est autre que Kitty, jeune fille qui se découvre des sentiments pour une voisine de sa grand-mère, Dylan. Mais comment savoir si Dylan a des sentiments pour elle aussi? Comment le dire à ses amies, à ses parents? Comment aussi affronter le regard des autres? C’est une belle histoire que nous conte ici Mrs Stainton, avec sensibilité et justesse. Le thème du « coming-out » et de la première relation de Kitty est le pivot de l’histoire, mais pas seulement. « Starring Kitty » parle aussi de l’amitié, avec les meilleures amies de Kitty, Sunny et Hannah, qui auront droit chacune à leur propre volume; des relations parents/enfants, qui sont ici compliquées par la maladie, vu que la maman de Kitty est atteinte de MS (sclérose en plaques); de diversité (et pas seulement pour le côté LGBT), par ex. Sunny est musulmane, porte le foulard et s’efforce de respecter les traditions de sa famille, ce qui n’est pas toujours facile au quotidien; Du côté d’Hannah, elle est en pleine déroute sentimentale et familiale, ce qui influe sur le cours de l’histoire.

J’ai aimé le fait que Mrs Stainton ne porte pas de jugement sur ses personnages, qu’elle les laisse faire ses propres choix et qu’elle laisse à son lecteur l’espace pour se faire sa propre opinion. Le style est aussi à noter, car l’auteur n’hésite pas à insérer plusieurs mots d’argot « adolescent » dans un style aéré et fluide… et ça marche parfaitement (ça m’aura permis aussi de découvrir de nouveaux acronymes!) Bref, un roman à conseiller franchement, quel que soit l’âge. A ma connaissance, aucune VF n’est prévue pour le moment.

On continue avec une déception (et je déteste enchaîner de cette manière, malheureusement pas le choix) avec…

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« Earth Girl » de Janet Edwards

VO à réserver pour les lecteurs aguerris, vu le contexte SF.

Quatrième de couverture:

2788. Only the handicapped live on Earth. While everyone else portals between worlds, 18-year-old Jarra is among the one in a thousand people born with an immune system that cannot survive on other planets. Sent to Earth at birth to save her life, she has been abandoned by her parents. She can’t travel to other worlds, but she can watch their vids, and she knows all the jokes they make. She’s an ‘ape’, a ‘throwback’, but this is one ape girl who won’t give in.

Jarra invents a fake background for herself – as a normal child of Military parents – and joins a class of norms that is on Earth to excavate the ruins of the old cities. When an ancient skyscraper collapses, burying another research team, Jarra’s role in their rescue puts her in the spotlight. No hiding at back of class now. To make life more complicated, she finds herself falling in love with one of her classmates – a norm from another planet. Somehow, she has to keep the deception going.

A freak solar storm strikes the atmosphere, and the class is ordered to portal off-world for safety – no problem for a real child of military parents, but fatal for Jarra. The storm is so bad that the crews of the orbiting solar arrays have to escape to planet below: the first landing from space in 600 years. And one is on collision course with their shelter.

Mon avis:

Un bouquin qui promettait beaucoup, mais qui au final, s’est révélé une amère déception… Nous sommes en 2788 et l’humanité a découvert depuis longtemps la colonisation spatiale, grâce au système de portails qui permet un voyage instantané vers d’autres planètes. La Terre est devenue le refuge d’une poignée d’hommes et de femmes, parmi lesquelles les « apes » (comprenez des singes). C’est par ce mot péjoratif que l’on désigne ceux dont le système immunitaire refuse tout voyage par les portails. Jarra est née avec une telle déficience et par conséquent, ses parents l’ont abandonné sur Terre dès sa naissance. Conclusion, la jeune fille a pas mal de rancoeur et d’hostilité à leur égard, mais aussi envers tous ceux qui peuvent se déplacer à leur gré de planète en planète. Au moment de choisir ses futures études, elle décide donc contre toute attente de rejoindre une classe d’exos (comprenez ceux qui viennent d’autres planètes) étudiant le passé de l’humanité sur la Terre. Et pour mieux les duper, elle décide de s’inventer un passé de fille de militaires. Un mensonge qui va en entraîner d’autres, bien plus importants…

Comme je le disais, le bouquin commençait bien. Il est dominé par Jarra, une jeune fille déterminée à être considérée de la même manière que les exos et qui monte un plan assez rocambolesque pour y parvenir. Le contexte est passionnant aussi: le fait de découvrir comment l’humanité évolue selon la planète qu’elle colonise, quels évènements ont provoqué l’exil de la Terre et les conséquences de cette colonisation (telles que les tempêtes scolaires). Bon, on aurait pu aisément se passer de plusieurs passages, mais dans l’ensemble, l’univers est passionnant.

Malheureusement, le reste ne suit pas. D’abord Jarra. Je m’attendais – forcément – à des difficultés pour elle afin de s’intégrer dans cette classe d’exos et il y en a. Mais trop peu. Et tout est résolu beaucoup trop facilement. Tout le monde reconnaît son mérite, sa bravoure, son expérience, son empathie, etc…. Ai-je besoin de continuer? A tel point que je me suis demandé si le personnage ne frôlait pas le syndrôme de la Mary-Sue. Et je ne parle même pas du retournement de situation au beau milieu du bouquin, avec une amnésie aussi sélective que peu crédible…

Quant à l’intrigue… Hé bien, j’ai toujours attendu qu’elle démarre ! Car oui, nous avons des épisodes assez stressants, intéressants aussi (notamment au niveau des fouilles), mais qui ne font en rien progresser l’histoire. Et bien sûr, dans chacun de ces épisodes, nous avons Jarra mise en vedette. Et qui au final, décroche non seulement la reconnaissance attendue, mais aussi l’estime de tous et bien sûr le « love interest ». Point personnel, mais qui a fini par profondément me déranger, l’admiration sans bornes de l’auteur pour les forces militaires et leur état d’esprit. Des gens tellement portés au sacrifice de soi pour le bien-être des autres qui, même s’ils détiennent des armes puissantes entre les mains, ne seraient jamais tentés par une prise de pouvoir. Et bien sûr, qui acceptent Jarra comme l’une des leurs, sans aucune remarque sur son statut de « ape ». Stop, n’en jetez plus, la coupe est pleine!

Cerise sur ce gâteau bien peu goûteux, le fait que l’auteur refuse ou passe outre le côté émotionnel de plusieurs scènes, qui auraient apporté un « plus » non négligeable selon moi. Bref, la déception est amère avec ce premier tome.

On passe (heureusement!) à mon coup de coeur du mois, j’ai nommé l’époustouflant et subversif…

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« Blood of my Blood » de Barry Lyga, la conclusion de sa trilogie  » I hunt killers » !

Niveau confirmé en VO, notamment pour l’argot employé.

Si vous ne connaissez pas encore cette série… MAIS QU’ATTENDEZ VOUS ????

Parue en VF chez MSK, je dois dire qu’elle m’a fasciné dès le premier tome, qui donne déjà le ton avec son titre « I hunt killers » (je chasse les tueurs) et qui met en scène Jasper « Jazz » Dent, un ado au lourd passé, vu qu’il est le fils d’un des tueurs en série les plus célèbres des Etats-Unis, Billy Dent, derrière les barreaux quand l’intrigue commence. Et pourtant, quand des crimes secouent la bourgade de Lobo’s Nod, d’où les Dent sont originaires, Jazz soupçonne tout de suite son père. Un père qui n’a qu’une idée en tête: que Jazz accomplisse enfin son destin, ce pourquoi Billy l’a élevé, devenir un serial killer à son tour.

Vous pouvez lire ma chronique du tome 1 et celle du tome 2 sur Callioprofs.

J’étais tellement impatiente que je me suis ruée sur le tome 3 dès sa sortie en VO (la VF est prévue début 2015 chez MSK). Et laissez-moi vous dire, elle est à la hauteur, sinon plus, des deux premiers tomes! Je vas essayer d’y rendre justice, sans pour autant vous spoiler… Comme dans les deux premiers tomes de la série, on retrouve ce mélange de noirceur, largement équilibré par une bonne dose d’humour -Howie, le copain hémophile de Jazz, étant le roi en la matière! – et une intrigue aussi haletante, qui fat la part belle à l’amitié entre Jazz, Howie et Connie, la copine de Jazz. Une amitié qui sera mise à très rude épreuve, vu les épreuves qui attendent chacun des trois ados. Jazz, en premier lieu, confronté à son héritage plus que sanglant et qui va découvrir que le vrai monstre n’est pas forcément celui qu’il croit; Howie, qui se débat avec sa culpabilité relative au tome 2 et dont la loyauté envers Jazz va être testée à maintes reprises; Connie enfin, dont la curiosité l’entraîne droit dans la gueule du loup, mais qui n’a besoin d’aucun héros pour se sauver (et puis-je crier YES! rien que pour ce personnage? Oh YES I can!)

Oui, c’est sombre, c’est sanglant, c’est cruel, mais cette saga fait aussi la part belle à ce qui est important, à savoir l’humanité que nous portons tous en nous. J’ai adoré du début à la fin et je dis un grand bravo à l’auteur ! A découvrir absolument, si vous ne l’avez déjà pas fait !

On passe à une jolie découverte, à savoir le premier tome de la nouvelle saga de Lauren DeStefano, à savoir…

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« Perfect Ruin », premier tome des Internment Chronicles !

Niveau intermédiaire en VO

4e de couv’

On the floating city of Internment, you can be anything you dream, unless you approach the edge.

Morgan Stockhour knows getting too close to the edge of Internment, the floating city and her home, can lead to madness. Even though her older brother, Lex, was a Jumper, Morgan vows never to end up like him. There’s too much for her on Internment: her parents, best friend Pen, and her betrothed, Basil. Her life is ordinary and safe, even if she sometimes does wonder about the ground and why it’s forbidden.

Then a murder, the first in a generation, rocks the city. With whispers swirling and fear on the wind, Morgan can no longer stop herself from investigating, especially once she meets Judas. Betrothed to the victim, Judas is being blamed for the murder, but Morgan is convinced of his innocence. Secrets lay at the heart of Internment, but nothing can prepare Morgan for what she will find—or whom she will lose.

Mon avis:

J’avais découvert cet auteur par sa trilogie du « Dernier Jardin » parue en VF chez Castelmore (mon avis sur le tome 1 & tome 2, je vais bientôt me mettre au tome 3) et je dois dire que j’ai retrouvé des points communs entre ces deux trilogies.

Morgan vit donc dans Internment – imaginez une ville indépendante, naviguant dans le ciel par des moyens assez mystérieux d’ailleurs – gouvernée par son roi et entourée par une ligne de train (oui, moi aussi, ça m’a fait penser à Divergente, mais cette fois-ci, on comprend pourquoi le train fonctionne!). Morgan vit dans une famille en apparence unie: le père garde de sécurité, un des postes les plus en vue dans l’île; la mère, femme au foyer et le frère habitant avec son épouse juste au-dessus de leur appartement. Dans ce tableau somme toute ordinaire, où le train-train confortable de Morgan s’inscrit, des lézardes ne tardent pas à apparaître: la mère développe une addiction aux médicaments, le père ment à sa fille et le frère est devenu aveugle depuis qu’il s’est trop approché du vide… Des lézardes qui deviennent des abysses quand le premier meurtre survient dans cette société qui est gérée de telle manière à éviter de pareilles catastrophes (des contrôles stricts des gardes, des enfants fiancés dès leur plus tendre enfance, etc): celui d’une étudiante, retrouvée égorgée sur les rails. On ne tarde pas à pointer du doigt Judas, le fiancé de la victime. Mais qu’en est-il réellement?

L’écriture de Ms DeStefano est à son habitude, précise et poétique. Je retrouve le style si particulier qui m’avait frappé dès le premier tome du Dernier Jardin. J’ai aussi retrouvé en Morgan le même désir de liberté, la même détermination qui agite Rhine dans le « Dernier Jardin ». Et la société qui paraît si parfaite de prime abord dans Internment tourne peu à peu en dictature effroyable. Pour autant, personnellement, j’aurais justement en savoir plus sur la manière de fonctionner d’Internment. Déjà comment se propulse-t-il dans les airs? Question toute bête, mais qui a son importance vu le tour que prend l’intrigue. Aussi, qu’est-il réellement arrivé à ceux qui se sont approchés du précipice? Là aussi, l’auteur élude, nous fait sentir que des réponses seront peut-être données dans la suite, etc. J’ai beaucoup aimé la relation de Morgan avec sa famille, toute aussi dysfonctionnelle qu’elle est, et en particulier avec son frère, frappé de cécité. Et je rassure ceux qui redouteraient le triangle amoureux à la lecture du 4e de couv’, il n’y en a pas. Du moins, pas pour le moment! Bref, une jolie découverte que ce premier tome, qui ne sera pas un coup de coeur en raison de l’absence de certaines réponses et d’un côté un peu classique de l’intrigue. Mais je serais certainement au RDV pour la suite intitulée « Burning Kingdoms » et qui sort début 2015.

Un livre qui ne relève ni de la SFFF, ni du YA, et qui m’a enchanté, c’est…

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« The Atlas of Us » par Tracy Buchanan !

Niveau en VO intermédiaire

4e de couv’:

How far would you go for the one you love the most?

When Louise Fenton flies to Thailand to find her mother after the Boxing Day tsunami, she fears the worst when the only trace she can find is her mother’s distinctive bag. In the bag is a beautifully crafted atlas owned by travel journalist Claire Shreve, the mementos slipped in-between the pages charting her struggle to find her place in the world following a life-altering revelation, and a tumultuous love affair.

Louise treks across Thailand’s scarred landscape, exploring Claire’s atlas to try to make sense of the connection between this woman and the mother she is so desperate to find.

As devastated people are beginning to put their lives back together, Louise uncovers the secrets that nearly destroyed Claire and the man she loved – the same secrets her mother has been guarding all these years …

Mon avis:

Un roman dont j’ai entendu parler sur Twitter – again – et qui m’a d’abord séduit par sa couverture (n’est-elle pas magnifique?)

Louise, qui n’a plus parlé depuis deux ans à sa mère, part à sa recherche en Thaïlande, peu après le tsunami de 2004. Elle laisse ses deux petites filles, son mari workaholic et qui ne la comprend plus vraiment, pour atterrir dans un pays dévasté, au milieu des cadavres bouffis et des proches éplorés. Dans sa quête, elle est heureusement aidée par Sam, un volontaire britannique, qui l’emmène dans un temple. C’est là qu’elle retrouve le sac de sa mère et dedans, un atlas intitulé « The Atlas of Us » (comprenez Notre Atlas) et appartenant à une inconnue, Claire Shreve. Qui est-elle ? Quel est le lien entre les deux femmes? Et surtout, pourquoi sa mère détenait-elle ce livre? C’est ce que Louise va essayer de comprendre en parcourant l’atlas…

Un livre qui donne non seulement envie de voyager, mais qui en plus vous embarque dans son sillage, voilà qui n’est pas donné à tout le monde. Et c’est le pari que Tracy Buchanan réussit haut la main. Par la double intrigue – celle de Louise et celle de Claire, qui finissent par se réunir de manière surprenante, mais logique – elle nous entraîne des paysages enneigés de Finlande jusqu’à l’arrière-pays aride australien. Mais cet « Atlas of us » n’est pas seulement un périple à travers le monde, c’est aussi et surtout une belle réflexion sur des sujets sensibles comme l’infertilité, l’hérédité ou encore la vie qu’une femme devrait mener selon les normes de la société. Dans ce cadre, j’ai vraiment aimé l’évolution de Claire, une femme blessée au départ, fragile, qui se laisse entraîner dans une histoire passionnée sans pour autant oublier qui elle est et ce qu’elle veut (un trait trop souvent oublié à mon goût ) Pour un premier roman, c’est un pari réussi haut la main et je suis curieuse de voir les prochains ouvrages de cette auteur.

On clôture ce bilan par une relecture de l’avant-dernier tome paru d’une de mes séries de fantasy urbaine préférées, j’ai nommé…

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« Chimes at Midnight » par Seanan McGuire !

4e de couv’ : 

Things are starting to look up for October « Toby » Daye. She’s training her squire, doing her job, and has finally allowed herself to grow closer to the local King of Cats. It seems like her life may finally be settling down…at least until dead changelings start appearing in the alleys of San Francisco, killed by an overdose of goblin fruit.

Toby’s efforts to take the problem to the Queen of the Mists are met with harsh reprisals, leaving her under sentence of exile from her home and everyone she loves. Now Toby must find a way to reverse the Queens decree, get the goblin fruit off the streets—and, oh, yes, save her own life, since more than a few of her problems have once again followed her home. And then there’s the question of the Queen herself, who seems increasingly unlikely to have a valid claim to the throne…

To find the answers, October and her friends will have to travel from the legendary Library of Stars into the hidden depths of the Kingdom of the Mists—and they’ll have to do it fast, because time is running out. In faerie, some fates are worse than death.

Notez que je n’ai pas fini d’en parler, vu que je suis plongée actuellement dans « All Winter Long » la suite ! Ce qui explique ma relecture, toujours aussi géniale, de ce tome…

Et finalement, une BD – pour une fois ! – j’ai nommé l’excellent…

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« Mots rumeurs, mots cutter » de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini !

4e de couv’

Je me suis levée, les mains tremblantes. J’entendais des chuchotements, des rires dans mon dos. J’ai pris le morceau de craie, regardé les chiffres inscrits sur le tableau. Des fractions qui auraient dû être faciles, des fractions qui se délitaient devant moi, des chiffres bizarres, monstrueux, qui me frappaient comme les insultes et les ricanements, comme la vérité qui me sautait au visage…

Et vous pouvez lire mon avis sur le forum du Boudoir Ecarlate ! 

Et vous, qu’avez-vous lu pendant ce mois de septembre?

Banned Books Week

Comme son nom l’indique, la « Banned Books Week » fait référence à tous ces livres, qui, pour une raison ou une autre, se sont retrouvés pointés du doigt, ont fait l’objet de débats houleux et qui – parfois – ont été rayés des listes de lecture établies par des écoles, des bibliothèques ou encore des clubs de lecture. L’initiative est anglophone, mais elle est universelle car, peu importe la langue dans laquelle ils ont été écrits, les bouquins (et leur contenu) ont toujours été une des cibles préférées de la censure.

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N’est-ce pas, Mr Bradbury?

La « Banned Books Week » a donc été instaurée pour célébrer la lecture à travers le monde et ouvrir les yeux du grand public sur bon nombre de bouquins victimes de bannissement à un moment ou un autre de leur existence. Et si vous pensez que cela ne concerne que certains titres « sulfureux », détrompez-vous! Des best-sellers tels que les « Hunger Games » de Suzanne Collins, « Harry Potter » de J.K. Rowling ou encore « Qui es-tu Alaska » de John Green, l’auteur de « Nos étoiles contraires » ont été mentionnés. Il suffit de voir les listes suivantes:

La « Banned Books Week », c’est donc l’occasion de (re)découvrir des romans et, par leur lecture, de fêter la diversité et la créativité des auteurs, quel que soit leur background, comme l’illustre ce post du site « Diversity in YA » par Malinda Lo, auteur notamment de « Ash » ou encore « Adaptation ». Une initiative qui ne pouvait que me plaire ! J’ai donc décidé de lire à cette occasion un bouquin qui me faisait de l’oeil depuis longtemps, qui a été victime de censure – une école l’a rayé de sa liste de lecture, soi-disant pour son langage cru. Rien à voir avec le fait que l’intrigue concerne une jeune fille homosexuelle, envoyée contre son gré dans un « camp de rééducation ». Mais non, qu’allez-vous imaginer…

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« The Miseducation of Cameron Post » by Emily M. Danforth.

Et puisqu’on en est à parler de diversité – un mot qui peut être dangereux à utiliser, comme l’a encore prouvé récemment la lamentable vague d’insultes envers Malorie Blackman, auteur d’Entre Chiens et Loups notamment – j’ose aussi inviter tous ceux qui ne l’ont pas encore vu à visualiser le discours d’Emma Watson devant l’ONU, qui parle d’égalité entre les sexes (ou plutôt de son absence encore trop criante) dans un discours très émouvant.

Vous avez un compte rendu en français ici

Et vous pouvez également visiter le site officiel de la campagne HeForShe (en français).

*Bizarrement* cette initiative a aussi été la cible d’attaques sexistes peu après son lancement. Un parfait parallèle de ce que la « Banned Books Week » cherche justement à dénoncer…

Et vous, que comptez-vous lire comment livre « interdit » ?