Le mardi sur son 31

Hop, renouons avec les bonnes habitudes! Bon, en l’occurrence, je triche un peu car le roman dont je vais vous parler n’est pas ma lecture du moment, vu que je l’ai déjà dévoré (pour mon plus grand plaisir d’ailleurs!) mais j’ai de bonnes raisons (la première étant que ma lecture en cours est une lecture commune et que je vais me faire lyncher si je dévoile mes impressions)(ce qui serait quand même dommage, vous en conviendrez!)

Bref.

 

Le roman dont je veux vous parler et qui est un énorme coup de coeur, c’est Geek Girl d’Holly Smalle !

geek_girl

 

Quatrième de couverture 

 

Harriet Manners sait que :
– le mot « momie » dérive d’un terme égyptien signifiant « bouillasse noire et gluante ».
– la lune s’éloigne chaque année de la Terre, de 3,8 cm.
– lors d’un éternuement, tous les organes s’arrêtent, le cœur compris.

Harriet Manners, jeune Anglaise de 15 ans, est une geek. Une intello. Difficile donc de se faire des amis lorsqu’on porte une telle étiquette. Alors, lorsqu’elle se retrouve choisie malgré elle par une agence de mannequins, elle se dit que c’est l’occasion de changer son image.

La geek saura-t-elle devenir chic ?

Je l’ai piqué dans la PaL de ma chère dirigeante de Callioprofs et je dois dire que je ne le regrette pas ! Ce livre est une vraie bouffée d’air frais, drôle et léger, mais qui ne se prive pas pour autant de susciter des réflexions, que ce soit sur le domaine de la mode ou la société en général. C’est servi avec énormément d’humour (au point que j’ai frôlé plusieurs fois le fou rire – et laissez-moi vous dire que pour me donner envie de rire, le jeudi matin, dans le train, avec à peine une tasse de café dans le sang, c’est un exploit!) et les personnages sont tellement attachants, délicieux et sympathiques que je n’ai qu’une seule envie : les retrouver dans la suite ! (le tome 3 va d’ailleurs sortir en VO).

Ah, ne vous fiez pas trop au « geek ». Même si je suis loin d’être une référence dans le domaine, je pense qu’Harriett est davantage une passionnée de connaissances, vous savez la fille qui ne peut s’empêcher de dire la bonne réponse quand elle la connaît, même si ce n’est pas elle qui est interrogée par le prof !

Et je ne résiste pas au plaisir de vous livrer cette citation :

« – Tu n’aurais pas pu au moins sourire, Frankie ? soupire papa en observant les photos. Pourquoi faut-il toujours que tu fasses la tête ? « 

Il regarde Wilbur d’un air navré.

« Elle a gâché 80% de nos photos de vacances en France l’été dernier.

– Elle s’appelle Harriett! braille Annabel.

– Oh, pensez-vous, répond Wilbur sans l’écouter. Moi, ça me va. Le public aime que les top-modèles aient l’air aussi profondément malheureuses que possible. On ne peut quand même pas avoir la beauté et le bonheur: ce serait trop injuste! »

Sortie en VF chez Nathan Jeunesse le 30 avril.

Le jeudi sur son 31… Ou quand je fais une allergie au homard!

Exceptionnellement, le RDV lecture de ce blog a été déplacé à jeudi, afin de permettre à certaines collègues de mon cher Whatsapp Book Club de publier aussi leurs billets (ladies, si je ne vois pas vos billets postés d’ici la fin de journée, y’aura des représailles! 😀  )

(D’ailleurs, en parlant de ce Book Club, je tiens à les remercier pour avoir supporté mes râleries sur ce roman. Elles – ainsi que certains proches qui se reconnaîtront – ont été très courageuses!)

Bref, venons-en au fait. Ou plutôt à ce homard qui en définitive, m’a filé des boutons.

rosie_project

Je veux bien sûr parler du Théorème du homard de Graeme Simsion, auteur résidant au Australie, dont c’est le premier roman, et qui s’est vu depuis lors traduire en une quarantaine de langues. La VF vient juste de sortir chez Nil. Cependant, pour cause de tarif numérique plus avantageux, je l’ai lu en VO (d’ailleurs, le titre VO reflète bien davantage le contenu du roman, puisqu’il s’appelle The Rosie Project) (Néanmoins, j’aurais eu plus de mal à faire de – mauvais – jeux de mots si l’éditeur francophone n’avait pas choisi le homard, vous en conviendrez!)

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Que raconte donc ce homard, joliment – mais faussement, à mon sens – sous-titré « Comment trouver la femme idéale? »

Voici le 4e de couverture:

Peut-on trouver une épouse sur mesure ?
Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », Don met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences.
Et celles-ci sont nombreuses car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS :
1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l’abricot.
3. Se lever après 6 heures.
Mais elle DOIT :
1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.
S il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c est Rosie Jarman, étudiante le jour et barman la nuit, dont la vie aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée.

Je ne connaissais pas le bouquin avant qu’une des membres du Whatsapp Book Club le suggère et quand j’ai lu cette présentation, je me suis dit qu’il pouvait être sympa.

Et le début, en effet, correspondait bien à mes attentes. Un scientifique brillant, mais complètement inadapté socialement, ce qui donne lieu à bien des situations comiques – je me souviendrai d’une certaine conférence, où on en vient à hurler « Tuez le bébé! » – une volonté de se marier, qui donne lieu au fameux questionnaire, à la base du « Wife Project » (le « Projet épouse » cité dans le 4e…) Vous l’avez compris, ça commençait bien.

Malheureusement, pour moi, ça a continué beaucoup moins bien. Car le « Wife Project » tant vanté cède tout de suite la place au « Father Project », quand Don tombe sur Rosie. Rosie, c’est son antithèse: étudiante en philo, barmaid la nuit, elle ne correspond absolument pas à ses attentes. J’insiste sur ce point, car c’est important. A la suite d’une invitation de son seul ami – Don n’est pas exactement des plus sociables – il reçoit donc chez lui cette jeune femme, s’aperçoit tout de suite qu’elle ne satisfait pas ses critères stricts et en attendant de pouvoir la mettre dehors, est bien forcé d’écouter son histoire.

Quelle est-elle ?

Rosie est persuadée – pour X raisons on ne peut plus floues – que l’homme qui l’a élevé n’est pas son père biologique et que ce dernier est forcément un étudiant de la même promo que sa mère, depuis lors décédée.

C’est là que le premier point « WTF » (What the Fuck si vous ne connaissez pas) est survenu : car aussitôt Don s’intéresse non seulement à cette quasi inconnue, qui – rappelons-le – ne correspond pas à son questionnaire « Wife Project » – mais de plus décide de l’aider (en abandonnant donc son projet marital) et de créer le « Father Project ».

Mais comment s’y prendre pour révéler l’identité du vrai père de Rosie parmi tous les anciens camarades de son père ?

En subtilisant leur ADN bien sûr, sans que les cobayes en aient connaissance, et en le comparant à celui de Rosie. Don étant de plus un brillant généticien, cela se passera sans aucun souci!

Est-ce que vous commencez à voir où je veux en venir ? La raison pour laquelle, si j’avais eu le livre en version papier, je l’aurais claqué à plusieurs reprises contre le mur ? Et pourquoi cette soit-disante comédie m’est restée sur l’estomac ? Non ? Je développe.

On nous présente donc un brillant généticien, attaché de manière quasi obsessionnelle aux règles (surtout dans sa profession, d’ailleurs, au point qu’il entre souvent en conflit avec sa supérieure hiérarchique ) qui soudain, pour un motif inconnu – inutile d’invoquer les sentiments, y’en a pas à ce point de l’histoire –  décide d’aider une inconnue dans sa quête paternelle: d’abord, sans s’interroger sur les motivations de la dite inconnue et comble de l’histoire, il n’hésite pas un instant avant de briser une des règles essentielles en génétique.

(D’ailleurs, il s’agit d’une infraction légale tout court, car si vous ne le saviez pas, subtiliser l’ADN de quelqu’un sans que ce dernier ait donné son accord afin de faire des tests de paternité est passible d’une belle amende et de quelques années derrière les barreaux.)

On me dira qu’il fallait bien un prétexte pour réunir ces deux-là. Certes. Mais quand c’est fait avec autant de subtilité que la tronconneuse s’attaquant à un tronc d’arbre (profitez-en, c’est le jour des métaphores), j’ai du mal à digérer.

D’autant plus que les passages WTF ne s’arrêtent pas là.

 Laissez-moi aussi vous dire que l’auteur ne s’est visiblement pas renseigné sur la méthode pour effectuer des tests de paternité de manière viable – même en n’y connaissant rien moi-même, j’ai trouvé des infos fiables là-dessus en quelques minutes – car le vol d’ADN se passe dans des conditions invraisemblables. Bien entendu, TOUS les échantillons collectés illégalement par Don sont viables, n’en doutez pas.

Mon incrédulité devant le manque de logique (et d’intérêt, à mon sens) de cette histoire aurait pu être compensée (un peu du moins) si je m’étais attachée aux personnages. Manque (total) de bol, ils ne m’ont guère séduit. Entre une Rosie au mieux égoïste, un meilleur ami coureur de jupons et qui ne trouve comme prétexte que son mariage « libre » (bien sûr, ce n’est valable que pour lui hein!), l’épouse du meilleur ami  toujours présente pour les autres & qui a fini par m’énerver devant son manque de réactions face à ce qui se passe dans son ménage… C’est encore Don qui s’en sort le mieux ! (à mes yeux)

(Même si on ne me fera jamais avaler qu’il s’y connaît en génétique et en sciences tout court !)

Il y a des scènes amusantes au début comme je le disais plus haut et j’ai aimé certaines facettes de Don (voir sa relation avec Daphné, très touchante), mais hélas l’intrigue manque de consistance (et de logique) et les personnages se révèlent au passage bien trop fades. Sans parler du dénouement rocambolesque (et bien sûr, les thèmes sensibles, comme le vol d’ADN, sont réglés en deux coups de cuiller à pot. Bien sûr).

En conclusion, un homard creux et sans grande saveur pour moi.

Vous pouvez lire des avis plus enthousiastes chez mes collègues de lecture bloggeuses, Plume de Cajou, Les Lectures de Cécile et Caro Bleue Violette !

Le mardi sur son 31

Le RDV lecture de la semaine!

Après un week-end bien occupé – en lectures aussi, d’ailleurs! – voici donc la lecture en cours !

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le nouveau roman de Sophie Jomain, paru directement chez J’ai Lu, « Cherche jeune femme avisée« . Après avoir lu le premier tome de sa série Félicity Atcock, qui ne m’avait pas assez plu pour que je continue la série, je me suis laissée séduire, non seulement par cette couverture signée Fleurine Rétoré, mais aussi par le pitch, inspiré d’un célèbre conte.

Bon, au vu de ma dernière lecture dans ce genre a donné, je devrais peut-être être plus méfiante. Néanmoins, je me suis laissée tenter par ce roman.

Quatrième de couverture

Quand il voit débarquer dans son cabinet la ravissante, mais ô combien extravagante Gabrielle Géris, Adrien de Bérail est loin d’imaginer qu’il se laissera convaincre de l’embaucher comme baby-sitter. Veuf et très accaparé par son métier d’avocat, il lui faut de toute urgence une personne capable de prendre soin de ses deux chérubins, Paul et Sophie, tout juste âgés de neuf ans. C’est donc en dépit de ce que lui crie la raison qu’il accepte sa folle candidature.

Une personnalité audacieuse et un toupet incroyable pour un petit mètre soixante sur talons… Qui sait ? La jeune femme pourrait bien se révéler être la perle rare…

Je ne suis pas très loin dans ma lecture pour le moment, le premier chapitre m’a fait sourire, donc croisons les doigts !

La phrase qui va bien

« Cependant, en dépit de ce qu’il avait vu aujourd’hui et de la catastrophe ambulante que représentait cette ravissante personne, il devait admettre que  transporter un pigeon dans son sac afin de lui éviter de finir dans la gueule d’un chat avait quelque chose de rassurant.« 

Et vous, quel est votre mardi sur son 31 ?

Le mardi sur son 31

Hello à tous! Avec cette édition du « Mardi sur son 31 » je reviens à une présentation de ma lecture en cours (et non pas celles que j’ai déjà finies, ce sera pour le bilan mensuel!) 

Donc ce que je lis en ce moment, c’est :

 

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Féérie pour les ténèbres de Jérôme Noirez. Et depuis le temps que je voulais le lire, je suis bien contente de l’avoir décroché ! 

Le 4e de couverture 

De partout, l’En-Dessous vomit la Technole sans qu’on sache pourquoi, sourd cette bouillie toxique et nauséabonde qui, en un autre temps, dans un univers bien différent, fit la fierté des hommes, le symbole même de leur domination sur le monde. Des hommes qui, aujourd’hui, exploitent les rebuts de cet univers disparu, mythique, dans des gisements à ciel ouvert aux allures de décharges en quête des oripeaux d’une gloire à jamais révolue…
Dans les rues de Caquehan la noire, capitale tentaculaire du royaume, Obicion enquête. Et l’officieur de justice à fort à faire. Le crime est odieux. Une jeune fille. Une adolescente. Enuclée. Gorge tranchée, ouverte en croix. Là où, précisément, pour la première fois, la Technole fit son apparition. Et à l’horreur s’ajoute l’étrangeté la plus absolue car très vite, il s’avère que les os de la victime sont en… plastique.

Et la citation qui va bien

La colle de poisson de Vincerince est la meilleure du monde; grâce à elle, Barugal le Fou décore les murailles de sa forteresse avec les corps de ses ennemis. Un jour, il y a collé cent bonshommes, et ni la pluie, ni le soleil, ni les attaques des corbeaux n’ont réussi à les décrocher. Ils doivent y être encore.

Je pense que je vais m’amuser (oui, c’est paradoxal vu l’extrait, mais bon, en même temps je suis fan du « Trône de Fer » donc bon 😀 )

Je ne suis pas encore très loin dans ma lecture, mais le mélange fantasy/fantasy urbaine (et moderne!) me plaît pour le moment. J’avais déjà eu un aperçu de l’écriture de l’auteur avec sa nouvelle parue chez Griffe d’Encre, dans l’anthologie Ouvre-toi !

ouvretoi

 

La nouvelle s’intitule L’apocalypse selon Huxley et personnellement, elle m’avait fait beaucoup rire ! 

 

Et vous, quel est votre mardi sur son 31 ?

Le mardi sur son 31

Aujourd’hui, c’est le fruit – c’est le cas de le dire… – d’une lecture commune menée la semaine dernière avec plusieurs lectrices et bloggeuses, dont Cécile, Plume de Cajou et Bleueetviolette entre autres, que je vous présente ! Je mettrai les liens vers leurs chroniques.

Cette lecture commune portait donc sur :

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Je dois dire que je ne connaissais pas du tout le roman et que si je garde un lointain souvenir du film – surtout pour une scène en fait! – je ne me souvenais plus guère de son atmosphère.

Quatrième de couverture

Evelyn Couch, une femme entre deux âges (« Je suis trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune » dit-elle), dépressive, rend visite à une parente dans un hôpital. Là, elle fait la rencontre d’une charmante octogénaire, Ninny Threadgoode, qui lui raconte des histoires vécues soixante ans plus tôt. Cette rencontre va bouleverser sa vie.

Mon avis

Comme je l’ai plus haut, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman. Je me suis donc plongée dans le récit d’Evelyn, femme au foyer dépressive, qui a toujours respecté avec soin les conventions de la société, et qui s’ennuie à mourir dans son train-train quotidien. Alors qu’elle vient rendre visite à son acariâtre belle-mère en maison de retraite, elle s’échappe et rencontre Ninny, vieille dame de plus de quatre-vingt printemps mais à l’oeil et la mémoire toujours alertes, et qui commence le récit des « Beignets de tomates vertes » proprement dit…

Celui qui remonte dans le temps, nous propulse dans les années 30, dans le sillage de la Grande Dépression, en Alabama, où le Whistle Shop fait les beaux jours d’une petite communauté.

Avec ce cadre, vous pourriez vous attendre à ce qu’on vous parle de la pauvreté qui touche le pays, du racisme aussi et de la misère. Et vous l’aurez. Mais servi sur un ton optimiste, chaleureux, parfois naïf, mais toujours empreint d’une bonne humeur, à l’image de sa narratrice, Ninny Threadgoode. J’ai adoré remonter le temps en sa compagnie et celle d’Evelyn et découvrir les histoires du Whistle Shop. L’histoire d’amour entre Ruth et Idgie, le parcours de Stump, les éditoriaux de Dot Weems avec sa « chère moitié » aka l’homme le plus maladroit de tout l’Alabama, qui m’ont fait beaucoup rire, et le destin d’Evelyn lui-même, ces fils rouges qui parcourent le roman et nous bousculent de lieux en époques différents m’ont charmé.

Néanmoins – il fallait bien un « mais » – en dépit de tout son charme et de l’optimisme véhiculé dans ces pages, ce roman ne sera pas un coup de coeur. Car trop de flash-backs tue le flash-back. C’est ce qui m’a le plus gêné au fur et à mesure de ma lecture: la structure inutilement décousue. Je m’attachais à peine à un personnage que hop! deux pages plus tard, vous étiez dans une autre époque, avec un autre personnage principal et d’autres thèmes abordés. Une technique de narration par « vignettes », qui m’a beaucoup frustré d’ailleurs quand une de mes histoires favorites était abordée, telle celle de Ruth et Idgie, qui m’a beaucoup touché. Si on finit par connaître leur histoire en entier, il faut néanmoins attendre pas mal de pages avant d’avoir le fin mot. Et entre temps, je ne vous raconte pas le nombre de fils rouges à connecter entre eux pour savoir qui est qui, qui fait quoi ! Bon, j’y suis arrivée et avec grand plaisir, mais le début peut être déconcertant.

En conclusion, c’est une belle découverte que ce bouquin, qui chronique avec chaleur et amour le Sud des Etats-Unis et son évolution depuis les années 30′ et qui aborde des thèmes sensibles avec beaucoup de justesse et de sensibilité. S la structure narrative avait été différente, je pense qu’il aurait fini dans mes coups de coeur ! Il m’aura en tout cas laissé avec le goût sucré-salé des fameux beignets en bouche et une furieuse envie de revoir le film!

Je vous laisse sur cette citation, qui met en scène un de mes personnages favoris !

À propos de cinéma, quand je suis rentrée l’autre soir, ma moitié était tellement impatiente d’aller voir le film qui passait, tant qu’on pouvait encore profiter du tarif matinée, qu’ il ne m’a même pas laissé le temps de souffler. Il a décroché son manteau et, m’empoignant par la main, m’a entraînée avec lui. Mais une fois qu’ on a été assis dans le cinéma, il n’a rien trouvé de mieux à faire que de se plaindre de son dos pendant tout le film. C’est seulement en rentrant à la maison que cet idiot s’est aperçu qu’il avait oublié dans sa hâte d’enlever le cintre de son manteau. Je lui ai dit que la prochaine fois nous paierons le tarif du soir, parce qu’il m’avait gâché mon plaisir, à se tortiller comme un ver sur son siège.
Personne ne voudrait acheter un mari légèrement fatigué, pour un petit prix ?

Le mardi sur son 31

Un petit mot avant de vous parler du rendez-vous littéraire hebdomadaire de ce blog : avez-vous remarqué le changement de design du blog ? J’ai également remanié les catégories « Bibliographie » et « Revue de presse » en des pages indépendantes pour chacun de mes textes (voir barre d’onglets ci-dessus), j’espère que ça vous plaît! N’hésitez pas à explorer.

Au programme pour ce mardi, un texte qui m’a beaucoup fait rire et qui m’intrigue, vu qu’il s’agit du premier épisode d’une série numérique, publié dans la collection numérique de Bragelonne « Snark »! Il s’agit de « Souvenirs mortels », le premier épisode de « Rêve Oméga » de Jeff Balek.

Hop, la couv’ !

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Quatrième de couverture

Yumington, 2075.

Garibor Coont est un ouvrier disséqueur. Son métier : extraire les organes des morts afin de les préparer à la transplantation. Si son quotidien est banal, ses hobbies le sont bien moins : Coont a la capacité extraordinaire de décoder les mémoires d’Heisenberg, les implants mentaux dont est équipé l’essentiel de la population de Yumington. Un don qui va attirer l’attention de l’Organisation, une société secrète dont l’objectif est de résoudre des crimes aussi technologiques que mystérieux.

Sous la contrainte, Coont devra enquêter sur la propagation d’un virus mental et mortel qui dévore les souvenirs de ses victimes. Et ce qu’il apprendra l’amènera à remettre en cause sa propre identité.

Et au lieu d’une phrase, vous aurez droit à deux extraits (je sais, je vous gâte!)

[…]
— Smith. John Smith.
— Vous aussi ?
— Nous nous appelons tous John Smith. D’ailleurs vous vous appelez désormais vous aussi John Smith.
— Une grande famille, hein ? Et si je veux appeler l’un d’entre vous, je fais comment pour vous ne rappliquiez pas tous ?
John Smith regarde John Smith, le sourcil droit haussé, l’air surpris. […]

[…] En attendant qu’un des Smith prépare ma connexion, je consulte le dossier de la femme à la cervelle toastée, Virginia Woolf.
— Virginia WOOLF ?
— Un homonyme, j’imagine, ou une mauvaise blague de ses parents, marmonne Smith 2. […]

Vous comprenez mieux pourquoi j’ai pas mal ri tout au long de cet épisode !

Et la chronique (auparavant postée sur le forum du Boudoir Ecarlate)

Attention, voici le premier épisode d’une série numérique, joliment déjanté et mené tambour battant ! Nous sommes à Yumington, une ville-univers évoluant sur plusieurs niveaux, située dans un avenir proche. Pas de panique cependant si vous redoutez trop de jargon SF : non seulement l’immersion dans ce monde est très aisée, ne serait-ce que par la construction de ce premier épisode, où des mémos, publicités en tout genre nous familiarisent avec ces nouvelles caractéristiques, mais aussi parce que le récit de Garibor Coont, personnage principal de cet épisode, nous entraîne tout de suite, avec sa gouaille et son humour. Personnellement, l’ambiance de Souvenirs mortels, sous son vernis technologique, m’a fait penser à plus d’une reprise aux polars noirs des années 50-60, avec son lot d’action et de réflexions piquantes !

Garibor Coont travaille donc comme disséqueur dans une usine de tri de cadavres, une activité fort lucrative au sein de Yumington. De manière tout à fait frauduleuse, il récupère les implants dissimulés dans le cerveau des défunts. Appelés Mémoires d’Heidelberg, ils permettent à Garibor de savourer des souvenirs qui ne lui appartiennent bien sûr pas. Tout roule donc pour lui, entre son travail, ses petites fraudes mémorielles, les frasques de son colocataire, surnommé « Churros »  – je vous laisse le loisir de découvrir pourquoi ! – spécialiste en plans foireux. Jusqu’au jour où le « talent » de Garibor est repéré par l’Organisation et qu’il est recruté, sous la menace du chantage, par John Smith.

La mission de Garibor au sein de cette mystérieuse Organisation ? Repérer la cause qui a plongé une dizaine de personnes dans le coma. De plongée mémorielle en traque dans les bas-fonds de Yumington, en passant par une recherche de colocataire, on peut dire que Garibor n’est pas au bout de ses surprises !

Ce premier épisode est frais, punchy et dégage un parfum de thriller très agréable. Il introduit bien les personnages, au sujet desquels on a hâte d’en savoir plus, et si les enjeux restent mystérieux, on peut déjà deviner certains thèmes majeurs de cette série. Ajoutez à cela la voix sarcastique, les échanges aussi frais que piquants entre Garibor et les John Smith de l’Organisation, et vous obtenez un épisode très réussi. Vivement la suite !

Le mardi sur son 31

Après avoir relevé vaillamment un challenge  la semaine dernière, revenons-donc à nos moutons !

Aujourd’hui, c’est un livre qui m’a secoué, qui m’a brisé le coeur, qui m’a fait fondre aussi que je vous présente. Et s’il n’est pas passé loin du coup de coeur – je sais, paradoxal avec la présentation que je viens de vous en faire, mais que voulez-vous, le coeur a ses raisons…- je me souviendrai encore longtemps de cette famille anglaise d’Helen Walsh, aux éditions J’ai Lu.

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La phrase du jour :

Parfois, l’été, le soleil couchant s’y reflétait, tel un incendie ravageur, évoquant les grandes tours de verre de Kuala Lumpur qui ondulaient comme une armée de vaisseaux spatiaux dans la brume de la mi-journée.

Le quatrième de couverture :

Par la nuit la plus froide de 1975, un jeune homme à la flamboyante tignasse rousse parcourt à toute allure les rues enneigées d’un quartier résidentiel de Warrington. Son nom est Robbie Fitzgerald, et il court pour sauver sa vie – et celle de sa famille.

Dans cette ville rigide du nord de l’Angleterre, il a épousé Susheela, la belle infirmière qui a recousu ses blessures. Pour Robbie, sa femme est une princesse tamoule, mais dans la vie de tous les jours, les Fitzgerald doivent aussi faire face à l’intolérance, à la pauvreté, et à la haine de leurs voisins.

Helen Walsh retrace deux décennies de lutte, d’espoirs et de triomphes avec un talent éblouissant pour chroniquer nos semblables. Avec les Fitzgerald, elle donne vie à une famille qui restera dans le coeur du lecteur bien après avoir refermé le livre.

Mon avis :

(Chronique d’abord postée sur le forum du Boudoir Ecarlate)

Nous sommes à Warrington, bourgade située aux environs de Liverpool, en plein hiver et au beau milieu des seventies. Robert Fitzgerald, dit « Robbie », court à perdre haleine dans les rues de la ville. Chanteur à la voix d’ange, jeune époux et papa, il ne cesse de courtiser la chance dans les salles de concert et autres pubs. Va-t-elle lui sourire enfin ? Warrington toujours, mais à l’intérieur d’un appartement bon marché. Susheela, l’épouse de Robbie, d’origine malaise et presque à terme de sa grossesse, veille sur le sommeil de son jeune fils. Elle s’inquiète du retour de son mari. Va-t-il enfin rentrer ? Reviendra-t-il auprès d’elle ou s’évanouira-t-il dans la nature, à la recherche de la gloire ? Cette nuit marque la fin d’un conte de fées – d’ailleurs, remarque à ce sujet, je trouve que le titre en VO Once upon a time in England « Il était une fois en Angleterre » est beaucoup plus parlant – et la séparation irrépressible entre deux êtres, qu’un grand amour liait pourtant.

Que dire de ce roman-fleuve, cette chronique incisive, vive et parfois crue d’une Angleterre en pleine mutation sociale et économique ? Helen Walsh nous livre, au travers d’une famille mixte, de la description de ses espoirs et de ses désillusions, le portrait d’une société parfois junkie, parfois désespérée, hésitant entre modernité et attachement aux traditions. C’est une œuvre forte, qui prend aux tripes, où un certain humour noir se teinte parfois de tendresse envers les personnages, mais qui demeure féroce et sans concessions dans ses descriptions. Telles celles de Robbie, le chanteur, qui ne parvient plus à faire face à la dure réalité, et qui cherche par tous les moyens à s’évader de son quotidien. Ou encore Susheela, qui deviendra « Sheila », avec sa soif débordante d’intégration dans sa banlieue anglaise, où les insultes comme « paki » et « kebab » sont monnaie courante.

Ce livre, c’est aussi un appel vibrant à la tolérance, un rejet des racismes de tous bords, qui entachent l’âme et endurcissent les cœurs les plus vaillants. Que ce soit la couleur de peau, les préférences sexuelles ou encore les goûts de musique, chacun des personnages mis en scène par l’auteur poursuit la lutte, parfois vaine, pour s’en sortir et gagner le droit à une vie libre. Ce qui ne se fait pas sans douleur, ni déchirement. Car autant vous le dire, la violence est un fil rouge de ce livre, qui s’ouvre d’ailleurs sur une scène assez trash. Néanmoins, pas de voyeurisme ni de complaisance et l’on comprend plus tard toute la portée de cette agression. Les âmes sensibles sont prévenues ! Je dois dire que le parcours qui m’a le plus ému, le plus touché également, c’est celui de Vincent, le premier enfant du couple. Souffre-douleur de ses camarades à l’école, retranché dans ses livres, il démontre pourtant une grande force et une volonté de s’en sortir, coûte que coûte. Il m’a semblé que l’auteur se faisait plus tendre, plus douce également quand elle empruntait son point de vue, sans doute parce qu’en tant qu’auteur, on se sent proche de ce personnage attachant. Qui devient rapidement poignant, d’ailleurs : même si la caractérisation de Vincent n’échappe pas à certains clichés, par son talent de plume, par sa fragilité aussi, sa recherche de l’absolu, il nous devient très proche.

Autant vous le dire aussi, ce livre a fini par me briser le cœur. Un livre dur et âpre par certains côtés, mais doté d’un souffle épique impossible à nier. Même les personnages qui ne m’avaient guère touchée jusque là ont remporté mon adhésion lors d’un final déchirant, où pourtant l’espoir subsiste. Ce roman symbolise une lumière fragile dans les ténèbres d’une époque, qui a marqué de son empreinte bon nombre de nos acquis actuels.