Le mardi sur son 31

Hello à tous! Avec cette édition du « Mardi sur son 31 » je reviens à une présentation de ma lecture en cours (et non pas celles que j’ai déjà finies, ce sera pour le bilan mensuel!) 

Donc ce que je lis en ce moment, c’est :

 

Feerie-pour-les-tenebres

 

Féérie pour les ténèbres de Jérôme Noirez. Et depuis le temps que je voulais le lire, je suis bien contente de l’avoir décroché ! 

Le 4e de couverture 

De partout, l’En-Dessous vomit la Technole sans qu’on sache pourquoi, sourd cette bouillie toxique et nauséabonde qui, en un autre temps, dans un univers bien différent, fit la fierté des hommes, le symbole même de leur domination sur le monde. Des hommes qui, aujourd’hui, exploitent les rebuts de cet univers disparu, mythique, dans des gisements à ciel ouvert aux allures de décharges en quête des oripeaux d’une gloire à jamais révolue…
Dans les rues de Caquehan la noire, capitale tentaculaire du royaume, Obicion enquête. Et l’officieur de justice à fort à faire. Le crime est odieux. Une jeune fille. Une adolescente. Enuclée. Gorge tranchée, ouverte en croix. Là où, précisément, pour la première fois, la Technole fit son apparition. Et à l’horreur s’ajoute l’étrangeté la plus absolue car très vite, il s’avère que les os de la victime sont en… plastique.

Et la citation qui va bien

La colle de poisson de Vincerince est la meilleure du monde; grâce à elle, Barugal le Fou décore les murailles de sa forteresse avec les corps de ses ennemis. Un jour, il y a collé cent bonshommes, et ni la pluie, ni le soleil, ni les attaques des corbeaux n’ont réussi à les décrocher. Ils doivent y être encore.

Je pense que je vais m’amuser (oui, c’est paradoxal vu l’extrait, mais bon, en même temps je suis fan du « Trône de Fer » donc bon 😀 )

Je ne suis pas encore très loin dans ma lecture, mais le mélange fantasy/fantasy urbaine (et moderne!) me plaît pour le moment. J’avais déjà eu un aperçu de l’écriture de l’auteur avec sa nouvelle parue chez Griffe d’Encre, dans l’anthologie Ouvre-toi !

ouvretoi

 

La nouvelle s’intitule L’apocalypse selon Huxley et personnellement, elle m’avait fait beaucoup rire ! 

 

Et vous, quel est votre mardi sur son 31 ?

Le mardi sur son 31

Aujourd’hui, c’est le fruit – c’est le cas de le dire… – d’une lecture commune menée la semaine dernière avec plusieurs lectrices et bloggeuses, dont Cécile, Plume de Cajou et Bleueetviolette entre autres, que je vous présente ! Je mettrai les liens vers leurs chroniques.

Cette lecture commune portait donc sur :

beignets_tomatesvertes

Je dois dire que je ne connaissais pas du tout le roman et que si je garde un lointain souvenir du film – surtout pour une scène en fait! – je ne me souvenais plus guère de son atmosphère.

Quatrième de couverture

Evelyn Couch, une femme entre deux âges (« Je suis trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune » dit-elle), dépressive, rend visite à une parente dans un hôpital. Là, elle fait la rencontre d’une charmante octogénaire, Ninny Threadgoode, qui lui raconte des histoires vécues soixante ans plus tôt. Cette rencontre va bouleverser sa vie.

Mon avis

Comme je l’ai plus haut, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman. Je me suis donc plongée dans le récit d’Evelyn, femme au foyer dépressive, qui a toujours respecté avec soin les conventions de la société, et qui s’ennuie à mourir dans son train-train quotidien. Alors qu’elle vient rendre visite à son acariâtre belle-mère en maison de retraite, elle s’échappe et rencontre Ninny, vieille dame de plus de quatre-vingt printemps mais à l’oeil et la mémoire toujours alertes, et qui commence le récit des « Beignets de tomates vertes » proprement dit…

Celui qui remonte dans le temps, nous propulse dans les années 30, dans le sillage de la Grande Dépression, en Alabama, où le Whistle Shop fait les beaux jours d’une petite communauté.

Avec ce cadre, vous pourriez vous attendre à ce qu’on vous parle de la pauvreté qui touche le pays, du racisme aussi et de la misère. Et vous l’aurez. Mais servi sur un ton optimiste, chaleureux, parfois naïf, mais toujours empreint d’une bonne humeur, à l’image de sa narratrice, Ninny Threadgoode. J’ai adoré remonter le temps en sa compagnie et celle d’Evelyn et découvrir les histoires du Whistle Shop. L’histoire d’amour entre Ruth et Idgie, le parcours de Stump, les éditoriaux de Dot Weems avec sa « chère moitié » aka l’homme le plus maladroit de tout l’Alabama, qui m’ont fait beaucoup rire, et le destin d’Evelyn lui-même, ces fils rouges qui parcourent le roman et nous bousculent de lieux en époques différents m’ont charmé.

Néanmoins – il fallait bien un « mais » – en dépit de tout son charme et de l’optimisme véhiculé dans ces pages, ce roman ne sera pas un coup de coeur. Car trop de flash-backs tue le flash-back. C’est ce qui m’a le plus gêné au fur et à mesure de ma lecture: la structure inutilement décousue. Je m’attachais à peine à un personnage que hop! deux pages plus tard, vous étiez dans une autre époque, avec un autre personnage principal et d’autres thèmes abordés. Une technique de narration par « vignettes », qui m’a beaucoup frustré d’ailleurs quand une de mes histoires favorites était abordée, telle celle de Ruth et Idgie, qui m’a beaucoup touché. Si on finit par connaître leur histoire en entier, il faut néanmoins attendre pas mal de pages avant d’avoir le fin mot. Et entre temps, je ne vous raconte pas le nombre de fils rouges à connecter entre eux pour savoir qui est qui, qui fait quoi ! Bon, j’y suis arrivée et avec grand plaisir, mais le début peut être déconcertant.

En conclusion, c’est une belle découverte que ce bouquin, qui chronique avec chaleur et amour le Sud des Etats-Unis et son évolution depuis les années 30′ et qui aborde des thèmes sensibles avec beaucoup de justesse et de sensibilité. S la structure narrative avait été différente, je pense qu’il aurait fini dans mes coups de coeur ! Il m’aura en tout cas laissé avec le goût sucré-salé des fameux beignets en bouche et une furieuse envie de revoir le film!

Je vous laisse sur cette citation, qui met en scène un de mes personnages favoris !

À propos de cinéma, quand je suis rentrée l’autre soir, ma moitié était tellement impatiente d’aller voir le film qui passait, tant qu’on pouvait encore profiter du tarif matinée, qu’ il ne m’a même pas laissé le temps de souffler. Il a décroché son manteau et, m’empoignant par la main, m’a entraînée avec lui. Mais une fois qu’ on a été assis dans le cinéma, il n’a rien trouvé de mieux à faire que de se plaindre de son dos pendant tout le film. C’est seulement en rentrant à la maison que cet idiot s’est aperçu qu’il avait oublié dans sa hâte d’enlever le cintre de son manteau. Je lui ai dit que la prochaine fois nous paierons le tarif du soir, parce qu’il m’avait gâché mon plaisir, à se tortiller comme un ver sur son siège.
Personne ne voudrait acheter un mari légèrement fatigué, pour un petit prix ?

Le mardi sur son 31

Un petit mot avant de vous parler du rendez-vous littéraire hebdomadaire de ce blog : avez-vous remarqué le changement de design du blog ? J’ai également remanié les catégories « Bibliographie » et « Revue de presse » en des pages indépendantes pour chacun de mes textes (voir barre d’onglets ci-dessus), j’espère que ça vous plaît! N’hésitez pas à explorer.

Au programme pour ce mardi, un texte qui m’a beaucoup fait rire et qui m’intrigue, vu qu’il s’agit du premier épisode d’une série numérique, publié dans la collection numérique de Bragelonne « Snark »! Il s’agit de « Souvenirs mortels », le premier épisode de « Rêve Oméga » de Jeff Balek.

Hop, la couv’ !

balek_omega

Quatrième de couverture

Yumington, 2075.

Garibor Coont est un ouvrier disséqueur. Son métier : extraire les organes des morts afin de les préparer à la transplantation. Si son quotidien est banal, ses hobbies le sont bien moins : Coont a la capacité extraordinaire de décoder les mémoires d’Heisenberg, les implants mentaux dont est équipé l’essentiel de la population de Yumington. Un don qui va attirer l’attention de l’Organisation, une société secrète dont l’objectif est de résoudre des crimes aussi technologiques que mystérieux.

Sous la contrainte, Coont devra enquêter sur la propagation d’un virus mental et mortel qui dévore les souvenirs de ses victimes. Et ce qu’il apprendra l’amènera à remettre en cause sa propre identité.

Et au lieu d’une phrase, vous aurez droit à deux extraits (je sais, je vous gâte!)

[…]
— Smith. John Smith.
— Vous aussi ?
— Nous nous appelons tous John Smith. D’ailleurs vous vous appelez désormais vous aussi John Smith.
— Une grande famille, hein ? Et si je veux appeler l’un d’entre vous, je fais comment pour vous ne rappliquiez pas tous ?
John Smith regarde John Smith, le sourcil droit haussé, l’air surpris. […]

[…] En attendant qu’un des Smith prépare ma connexion, je consulte le dossier de la femme à la cervelle toastée, Virginia Woolf.
— Virginia WOOLF ?
— Un homonyme, j’imagine, ou une mauvaise blague de ses parents, marmonne Smith 2. […]

Vous comprenez mieux pourquoi j’ai pas mal ri tout au long de cet épisode !

Et la chronique (auparavant postée sur le forum du Boudoir Ecarlate)

Attention, voici le premier épisode d’une série numérique, joliment déjanté et mené tambour battant ! Nous sommes à Yumington, une ville-univers évoluant sur plusieurs niveaux, située dans un avenir proche. Pas de panique cependant si vous redoutez trop de jargon SF : non seulement l’immersion dans ce monde est très aisée, ne serait-ce que par la construction de ce premier épisode, où des mémos, publicités en tout genre nous familiarisent avec ces nouvelles caractéristiques, mais aussi parce que le récit de Garibor Coont, personnage principal de cet épisode, nous entraîne tout de suite, avec sa gouaille et son humour. Personnellement, l’ambiance de Souvenirs mortels, sous son vernis technologique, m’a fait penser à plus d’une reprise aux polars noirs des années 50-60, avec son lot d’action et de réflexions piquantes !

Garibor Coont travaille donc comme disséqueur dans une usine de tri de cadavres, une activité fort lucrative au sein de Yumington. De manière tout à fait frauduleuse, il récupère les implants dissimulés dans le cerveau des défunts. Appelés Mémoires d’Heidelberg, ils permettent à Garibor de savourer des souvenirs qui ne lui appartiennent bien sûr pas. Tout roule donc pour lui, entre son travail, ses petites fraudes mémorielles, les frasques de son colocataire, surnommé « Churros »  – je vous laisse le loisir de découvrir pourquoi ! – spécialiste en plans foireux. Jusqu’au jour où le « talent » de Garibor est repéré par l’Organisation et qu’il est recruté, sous la menace du chantage, par John Smith.

La mission de Garibor au sein de cette mystérieuse Organisation ? Repérer la cause qui a plongé une dizaine de personnes dans le coma. De plongée mémorielle en traque dans les bas-fonds de Yumington, en passant par une recherche de colocataire, on peut dire que Garibor n’est pas au bout de ses surprises !

Ce premier épisode est frais, punchy et dégage un parfum de thriller très agréable. Il introduit bien les personnages, au sujet desquels on a hâte d’en savoir plus, et si les enjeux restent mystérieux, on peut déjà deviner certains thèmes majeurs de cette série. Ajoutez à cela la voix sarcastique, les échanges aussi frais que piquants entre Garibor et les John Smith de l’Organisation, et vous obtenez un épisode très réussi. Vivement la suite !

Le mardi sur son 31

Après avoir relevé vaillamment un challenge  la semaine dernière, revenons-donc à nos moutons !

Aujourd’hui, c’est un livre qui m’a secoué, qui m’a brisé le coeur, qui m’a fait fondre aussi que je vous présente. Et s’il n’est pas passé loin du coup de coeur – je sais, paradoxal avec la présentation que je viens de vous en faire, mais que voulez-vous, le coeur a ses raisons…- je me souviendrai encore longtemps de cette famille anglaise d’Helen Walsh, aux éditions J’ai Lu.

famille-anglaise

La phrase du jour :

Parfois, l’été, le soleil couchant s’y reflétait, tel un incendie ravageur, évoquant les grandes tours de verre de Kuala Lumpur qui ondulaient comme une armée de vaisseaux spatiaux dans la brume de la mi-journée.

Le quatrième de couverture :

Par la nuit la plus froide de 1975, un jeune homme à la flamboyante tignasse rousse parcourt à toute allure les rues enneigées d’un quartier résidentiel de Warrington. Son nom est Robbie Fitzgerald, et il court pour sauver sa vie – et celle de sa famille.

Dans cette ville rigide du nord de l’Angleterre, il a épousé Susheela, la belle infirmière qui a recousu ses blessures. Pour Robbie, sa femme est une princesse tamoule, mais dans la vie de tous les jours, les Fitzgerald doivent aussi faire face à l’intolérance, à la pauvreté, et à la haine de leurs voisins.

Helen Walsh retrace deux décennies de lutte, d’espoirs et de triomphes avec un talent éblouissant pour chroniquer nos semblables. Avec les Fitzgerald, elle donne vie à une famille qui restera dans le coeur du lecteur bien après avoir refermé le livre.

Mon avis :

(Chronique d’abord postée sur le forum du Boudoir Ecarlate)

Nous sommes à Warrington, bourgade située aux environs de Liverpool, en plein hiver et au beau milieu des seventies. Robert Fitzgerald, dit « Robbie », court à perdre haleine dans les rues de la ville. Chanteur à la voix d’ange, jeune époux et papa, il ne cesse de courtiser la chance dans les salles de concert et autres pubs. Va-t-elle lui sourire enfin ? Warrington toujours, mais à l’intérieur d’un appartement bon marché. Susheela, l’épouse de Robbie, d’origine malaise et presque à terme de sa grossesse, veille sur le sommeil de son jeune fils. Elle s’inquiète du retour de son mari. Va-t-il enfin rentrer ? Reviendra-t-il auprès d’elle ou s’évanouira-t-il dans la nature, à la recherche de la gloire ? Cette nuit marque la fin d’un conte de fées – d’ailleurs, remarque à ce sujet, je trouve que le titre en VO Once upon a time in England « Il était une fois en Angleterre » est beaucoup plus parlant – et la séparation irrépressible entre deux êtres, qu’un grand amour liait pourtant.

Que dire de ce roman-fleuve, cette chronique incisive, vive et parfois crue d’une Angleterre en pleine mutation sociale et économique ? Helen Walsh nous livre, au travers d’une famille mixte, de la description de ses espoirs et de ses désillusions, le portrait d’une société parfois junkie, parfois désespérée, hésitant entre modernité et attachement aux traditions. C’est une œuvre forte, qui prend aux tripes, où un certain humour noir se teinte parfois de tendresse envers les personnages, mais qui demeure féroce et sans concessions dans ses descriptions. Telles celles de Robbie, le chanteur, qui ne parvient plus à faire face à la dure réalité, et qui cherche par tous les moyens à s’évader de son quotidien. Ou encore Susheela, qui deviendra « Sheila », avec sa soif débordante d’intégration dans sa banlieue anglaise, où les insultes comme « paki » et « kebab » sont monnaie courante.

Ce livre, c’est aussi un appel vibrant à la tolérance, un rejet des racismes de tous bords, qui entachent l’âme et endurcissent les cœurs les plus vaillants. Que ce soit la couleur de peau, les préférences sexuelles ou encore les goûts de musique, chacun des personnages mis en scène par l’auteur poursuit la lutte, parfois vaine, pour s’en sortir et gagner le droit à une vie libre. Ce qui ne se fait pas sans douleur, ni déchirement. Car autant vous le dire, la violence est un fil rouge de ce livre, qui s’ouvre d’ailleurs sur une scène assez trash. Néanmoins, pas de voyeurisme ni de complaisance et l’on comprend plus tard toute la portée de cette agression. Les âmes sensibles sont prévenues ! Je dois dire que le parcours qui m’a le plus ému, le plus touché également, c’est celui de Vincent, le premier enfant du couple. Souffre-douleur de ses camarades à l’école, retranché dans ses livres, il démontre pourtant une grande force et une volonté de s’en sortir, coûte que coûte. Il m’a semblé que l’auteur se faisait plus tendre, plus douce également quand elle empruntait son point de vue, sans doute parce qu’en tant qu’auteur, on se sent proche de ce personnage attachant. Qui devient rapidement poignant, d’ailleurs : même si la caractérisation de Vincent n’échappe pas à certains clichés, par son talent de plume, par sa fragilité aussi, sa recherche de l’absolu, il nous devient très proche.

Autant vous le dire aussi, ce livre a fini par me briser le cœur. Un livre dur et âpre par certains côtés, mais doté d’un souffle épique impossible à nier. Même les personnages qui ne m’avaient guère touchée jusque là ont remporté mon adhésion lors d’un final déchirant, où pourtant l’espoir subsiste. Ce roman symbolise une lumière fragile dans les ténèbres d’une époque, qui a marqué de son empreinte bon nombre de nos acquis actuels.

Le mardi sur son 31… Ou quand je relève le défi de Cécile!

Vous commencez à le savoir, il est rare que je résiste à un défi littéraire. Aussi, quand Cécile, de l’excellent blog Les lectures de Cécile, a lancé le challenge

fabio2

Je n’ai bien entendu pas pu résister (bon, OK, elle n’a pas dû argumenter beaucoup pour que j’y participe… )

Le challenge était simple: il suffisait de lire un livre – n’importe quel genre, etc – du moment que la couverture soit kitsch/ridicule/à pleurer… Bref, le genre de bouquin que vous n’emmenez pas dans les transports ou à un rendez-vous d’embauche ! (exemples pris au hasard…)

L’inspiration m’est tombée dessus grâce à Karen, qui avait manifestement décidé de me donner un coup de pouce – sans le savoir (Merci la Miss!) – dans ma recherche de la couv’ la plus kitsch. Et je dois dire que celle-ci est quand même un spécimen dans le genre… Sans plus blablater, la voici!

confessions_hollenbach

Avant que vous ne me posiez la question, oui, le monsieur existe bel et bien. Et pour ceux et celles qui ne connaissent pas la langue de Shakespeare, sachez qu’il s’agit de ses mémoires en tant que… mannequin pour les couvertures de romance.

C’est bon, tout le monde s’est remis ? Continuons!

Pour faire un topo du livre, dans l’ensemble la lecture n’a pas été ennuyante, j’ai même bien ri à plusieurs reprises (et à des passages qui n’étaient pas toujours écrits dans ce but). Néanmoins, si vous cherchez de la qualité littéraire, il vaut mieux passer votre chemin. Si ce n’est pas mal écrit, il y a pas mal de longueurs, de répétitions et certains passages ressemblent plus à des citations du carnet mondain du monsieur qu’à ses mémoires (ou confessions, comme le dit le titre).

Cependant, si cette oeuvre a un mérite, c’est de nous faire entrer dans un monde où peu de francophones ont pénétré – du moins je le pense – celui des conventions de romance, phénomène apparemment assez courant outre-Atlantique. Et c’est effectivement un monde à part qui nous est décrit ! Depuis les élections de « Mister Romance » – en somme, vous imaginez une vingtaine de gaillards bien musclés dans une ambiance de Miss France, avec option « costumes minimalistes » en prime – jusqu’au bal des vampires/Régence/pirate (ca va plaire à certaines!) organisé, en passant par des dédicaces où le mannequin en couverture du roman est parfois plus sollicité par les fans que l’auteur lui-même (je sais, ça laisse pantois!), bref, un phénomène qui a ses règles et ses lois, et qui draine (apparemment, bien entendu, c’est toujours du point de vue de ce cher CJ) des milliers de fans à travers tous les Etats-Unis.

Sur le monsieur lui-même – puisqu’il s’agit quand même de son autobio – qu’a-t-il à dire ? Peu d’informations personnelles, en fait, un peu d’histoire sur le background familial, qu’il évoque par ex. pour les réactions vis-à-vis de son activité, quand il a voulu se lancer, etc. Donc, après une carrière en tant que strippeur – là aussi, les anecdotes sont assez hallucinantes ^^ – et un concours de beauté en tant que « Mister Romance » raté, il se dirige donc dans la carrière d’un modèle pour des couvertures de romance; Ca peut sembler complètement dingue de notre point de vue, mais aux States, le métier est « installé » auprès des photographes et des acteurs de la chaîne du livre…

Outre les photos, il a également figuré dans plusieurs clips vidéos pour des auteurs aussi connues que Sherrilyn Kenyon et Christine Feehan. Comme je l’ai dit plus haut, certains passages ressemblent parfois à « j’ai rencontré un tel et puis une telle, etc », ce qui peut s’avérer lassant pour le lecteur, mais qui semble assez logique dans la perspective d’une carrière dans ce milieu. Notez que les descriptions qu’il en fait sont parfois savoureuses, comme lors de la rencontre avec Fabio – si vous ne savez pas qui c’est, je vous invite à mieux reluquer la première image de cet article… Oui, c’est lui ! – qu’il décrit comme un « séquoia italien ». Tout un programme!

Il y a aussi des côtés moins reluisants dans ce métier, tel le fait d’être toujours en déplacement ou des cas de harcèlement sexuel. Bref, une activité où effectivement le paraître se révèle parfois à double tranchant ! Si le monsieur n’est pas modeste – bon, en même temps, vu son « palmarès » on peut comprendre qu’il ne le soit pas! – il partage des anecdotes où il n’a pas toujours le bon rôle: comme ce jour où en urgence, il décide de faire confiance à une coiffeuse pour le moins inexpérimentée, vu qu’elle parvient à lui teindre les cheveux en orange fluo (et moins drôle, à lui infliger des brûlures chimiques sur le crâne). On comprend qu’il se soit démené pour trouver une coiffeuse plus expérimentée (sinon je pense que les couvertures auraient tout de suite beaucoup moins fait rêver !)

Bref, ce bouquin est surtout intéressant par le milieu qu’il dépeint et dont le public francophone n’a pas forcément idée. Et pour les plus curieux/curieuses – je sais qu’il y en a dans l’assistance, pas la peine de vous cacher! – des photos du monsieur sont inclues au beau milieu de ses « confessions ». A bon entendeur…

Alors, Cécile, je pense que j’ai bien bouclé ce challenge, non ?

Well… On dirait bien que ce blog a un an !

Oui, heureusement que WordPress a une meilleure mémoire que la mienne ! Donc ce blog a (déjà) un an…

keep_calm_and_celebrate

Et (déjà aussi) plus de onze mille vues au compteur!

Des débuts modestes pour une aventure qui ne cesse de me surprendre et qui se poursuit… grâce à vous, chers lecteurs!

Merci donc à vous tous qui le faites vivre, qui l’animez, qui commentez… C’est un plaisir de vous lire et de papoter avec vous tous!

Bon, je vous laisse, il paraît que j’ai un gâteau à déguster…

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Le « mardi sur son 31 » ou quand je vais à contre-courant…

Sachez, très chers lecteurs et lectrices, que je vais prendre un risque considérable avec l’article d’aujourd’hui : en effet, ce « Mardi sur son 31 » traite d’une saga mondialement connue. On ne présente d’ailleurs plus son auteur, qui a également signé une autre saga de romance paranormale (qu’on m’arrête si je dis des bêtises !) avec de célèbres Highlanders.

Non, pas celui-ci...

Non, pas celui-ci…

La série dont je vais vous parler se classe plutôt dans la fantasy urbaine, selon moi. Ses personnages – et un en particulier d’ailleurs ! – ont le don de susciter l’hystérie parmi les fans. Personnellement, autant vous annoncer la couleur tout de suite : j’en suis ressortie mitigée et ce pour plusieurs raisons (et je sens que l’une d’entre elles va faire hurler des lectrices… quand je parlais de risque plus haut, n’est-ce pas !)

Etat donné la popularité de l’ouvrage et surtout, la fréquence avec laquelle on me demande si je l’ai lue, autant vous livrer mes impressions dans ce billet !

Bref, je ne fais pas durer le suspense plus longtemps : cette saga, c’est celle de « Fever » (« Fièvre » en français) de Karen Marie Moning.

En VO...

En VO…

... ou en VF

… ou en VF

D’abord, de quoi ça parle ? Elle met en scène MacKayla Lane, « Mac » pour les intimes, une jeune femme bien dans sa peau, qui a toujours vécu dans sa bourgade natale perdue dans le sud des Etats-Unis et qui s’imagine très bien y vivre pour le reste de ses jours. Je souligne ce point, car il est rare de rencontrer une héroïne parfaitement contente de son sort. J’avoue que j’ai aimé ce trait chez Mac.

Dès lors, me direz-vous, quel est l’évènement – car il y en a toujours un, n’est-ce pas ! – qui va la faire sortir de son trou perdu ? L’assassinat de sa sœur bien-aimée, Alina, partie réaliser des études à l’université de Dublin. Le choc est immense pour « Mac » et sa famille, chacun tentant à sa manière de survivre. Ce qui déclenche le départ de Mac pour la verte Irlande n’est toutefois pas le décès brutal de sa soeur, (même s’il est lié bien sûr!), mais l’écoute d’un message laissé par cette dernière sur son répondeur (auquel elle n’avait pas eu accès jusqu’ici), où Alina lui disait clairement être en danger et semblait connaître l’identité de son agresseur…

En se rendant à Dublin, Mac n’imagine pas que son univers est sur le point de voler en éclats, au même titre que le monde entier d’ailleurs…

L'ensemble de la saga

L’ensemble de la saga

Résumer les 5 tomes que compte la saga « Fièvre » en un article relèverait de l’impossible, je ne vais donc pas m’y essayer. A la place, je vais donc vous faire part de mon impression sur cette série, qui, si elle m’a valu de très bons moments de lecture, m’a aussi fait grincer des dents à de nombreuses reprises…

Commençons par le positif : j’ai beaucoup aimé la Mac du début, la jeune femme naïve mais néanmoins déterminée, décidée à faire la lumière sur le meurtre de sa sœur. J’ai lu dans certaines chroniques que des lecteurs n’avaient pas apprécié ce côté « Barbie » qui, il est vrai, peut se révéler agaçant par moments. Néanmoins, c’est cette fraîcheur qui lui a valu toute mon empathie au début de sa quête. Mac est naïve, mais pas stupide (même si elle met en danger un peu trop souvent à mon goût.) Sa vision de Dublin, de ses habitants, de leur accent aussi – j’ai adoré certaines des comparaisons de la jeune femme à ce sujet ! – et bien vite, de l’univers étrange qu’elle va découvrir m’a séduite.

Et puis, comment voulez-vous que je résiste quand l’auteur fait intervenir des fés ?

Pas n’importe lesquels : les Seelie, êtres d’une fantastique beauté, et les Unseelie, le revers de la médaille, ceux qui se montrent volontiers plus cruels et plus sournois. Dans ce cadre, je trouve que l’auteur a réalisé du très bon boulot, non seulement en ne divisant pas les fés en deux camps « les gentils » et « les méchants », mais en préservant toutes les traditions ancestrales et en plus, en les incorporant avec brio dans notre monde moderne…

Car Mac se frotte très vite au monde des fés : non seulement elle peut les voir – elle est un sidhe-seer, une personne ayant le don de double vue et qui sait voir au-delà des masques que portent les fés – mais en plus, elle va se trouver directement impliquée dans  une dangereuse quête, celle du « Sinsar Dubh » (si je l’écris correctement du moins), un objet… pas comme les autres !

Notre monde est effectivement en danger, car les Unseelie, les créatures sournoises et cruelles dont je vous parlais plus haut, emprisonnées depuis des lustres, risquent de s’échapper de leur prison, les murs de celle-ci s’effritant de plus en plus pour une raison inexpliquée, à laquelle est lié le « Sinsar ».

Une héroïne attachante, de la fantasy urbaine avec des créatures hors de contrôle qui menacent d’envahir notre monde à tout moment, pourquoi suis-je donc ressortie mitigée de cette histoire, qui a l’air fort prometteuse ?

Car il y a une romance (très présente d’ailleurs). Et je n’ai pas accroché au personnage du « love interest ». C’est à ce moment que les fans de Barrons & Co risquent fort de me trucider (mais comme j’ai pris le risque, autant assumer jusqu’au bout !)

Un aperçu du monsieur en question...

Un aperçu du monsieur en question…

Qui est donc Barrons ? C’est un personnage qu’on croise assez tôt dans l’intrigue – si mes souvenirs sont bons – et le propriétaire d’une librairie. Imaginez la scène : Mac sort à ce moment d’une traversée plus qu’éprouvante – on connaîtra plus tard la raison – d’un quartier enténébré, désert, où le vent fait voler des centaines de papiers (du moins c’est comme ça que Mac les voit). Les nerfs à fleur de peau, elle voit soudain se dresser devant elle l’enseigne lumineuse d’une librairie à l’ancienne, avec boiseries et marqueterie. Un tableau idyllique pour les lectrices que nous sommes. Mac entre donc dans ce paradis littéraire… et c’est donc là qu’elle rencontre Barrons.

Autant vous dire que je n’ai jamais réussi à me faire une représentation claire du physique de ce personnage. Ce qui est certain, c’est qu’il en impose. Et justement, pour moi, il en impose de trop. A tel point que j’ai eu beaucoup de mal à me le représenter en tant que « love interest » de l’héroïne. L’homme n’a guère de failles (j’ai dû attendre la seconde moitié du dernier tome pour en découvrir une, c’est dire), il ne montre guère son humanité. Bref, pour ma part, je ne l’ai pas trouvé attachant (mis à part lors de trop rares moments.)

D’ailleurs, au début de l’histoire, il sert de guide à Mac (un guide sarcastique et dominateur d’ailleurs, mais un guide tout de même) dans un univers, dont la jeune femme n’imaginait pas l’existence. Très vite (et quelque part c’est logique) il y a un rapport maître/élève qui s’instaure entre eux. Elle lui est utile pour une raison que je ne nommerai pas, il se sert d’elle et en contrepartie, lui enseigne comment se débrouiller dans ce monde où ils risquent tous deux leur vie (enfin, manière de parler, mais là non plus, je ne spoilerai pas).

Ce qui en vient au point qui m’a valu des grincements de dents, à savoir la vision de l’auteur concernant les rapports homme/femme. Qu’il y ait une phase d’apprentissage, OK. Que l’héroïne se retrouve dans la position de l’élève, OK. C’est logique. Néanmoins, comme je n’ai pas tardé à le comprendre, Mac va souvent rester dans cette position. Et quand en plus, j’ai appris l’existence des « copains » de Barrons, une bande de bras cassés, qui se comportent tous de manière cynique et de dominatrice, j’ai vite atteint mon seuil de tolérance. Et il faut dire que j’ai peu de tolérance en la matière. Goût personnel, je sais.

Notez que Mac a de la résistance et qu’elle a réussi à me faire sourire plus d’une fois par ses répliques cinglantes envers Barrons et sa bande.

Les fans comprendront...

Les fans comprendront…

Néanmoins, je ne l’ai jamais vraiment sentie leur « égale », je n’ai pas vu assez d’évolution à ce sujet. J’aurais aimé une héroïne qui, même si elle est amoureuse, n’en oublie pas pour autant qu’elle a des compétences propres et, grâce à celles-ci, peut s’imposer & revendiquer son indépendance (n’est-ce pas, Kate Daniels ?). Ajoutez à ça ma réaction épidermique face à Ryordan (un pote de Barrons) qui me donnait envie de le mettre au tapis lors d’un match de boxe plutôt que de m’extasier devant, et voilà comment ma lecture de « Fièvre » a été quelque part gâchée.

Vous me direz : dans ces conditions, pourquoi avoir tenu pendant 5 tomes ? Si Barrons & Co se révélait aussi insupportable, pourquoi avoir subi leur présence aussi longtemps ?

Parce qu’en dépit de ces défauts – outre le caractère des personnages masculins, la saga comporte des longueurs et des incohérences – la saga est addictive en ce sens où on a envie de connaître les résolutions des divers mystères développés tout au long de l’intrigue. On a envie de savoir. Et je dois dire que bien que l’auteur n’a visiblement pas du tout les mêmes goûts que moi en terme de personnages masculins – d’ailleurs, je la trouve trop obsédée par le sexe en général, l’intrigue aurait bénéficié d’un répit dans ce domaine selon moi – elle a réussi à tisser une histoire d’amour qui m’a émue (non, ce n’est pas celle de Mac et de Barrons, mais je pense que vous l’aviez compris !).

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Un indice…

Pour terminer ce (long) billet, sachez aussi que ces cinq tomes constituent en quelque sorte un prélude, puisque l’aventure continue dans une nouvelle saga, dont le premier tome s’intitule « Iced » et est déjà publié aux éditions J’ai Lu. Malgré mon intérêt pour cette suite, qui met en scène un monde dans la veine post-apocalyptique, je ne poursuivrai pas l’aventure, vu un des « héros » de l’histoire (non, je ne vous dirai pas lequel)et qui risquerait fort sinon de m’être encore plus antipathique que Barrons !

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Voilà, je vous laisse, je vais aller enfiler mon gilet pare-balles 🙂 Merci aussi de ne pas trop spoiler dans les commentaires, pour ceux qui n’auraient pas lu « Fièvre ». Vous pouvez aussi consulter le blog de Cécile G. Cortès pour un autre avis sur cette saga! 

Le mardi sur son 31

Pour ce premier « Mardi sur son 31 » 2014, je vais vous présenter mon premier coup de coeur littéraire de l’année (le hasard fait parfois bien les choses!) Malheureusement, je peux vous dire que ce roman est pour le moment seulement disponible en VO et je ne sais pas s’il sera prochainement traduit. Toutes les traductions ci-dessous sont donc de mon ressort !

On va commencer par la citation du jour (et pour une fois, elle est assez longue):

If God makes all our faces, did he laugh when he made me ?

Does he make the legs that cannot walk and eyes that cannot see ?

Does he curl the hair upon my head ’til it rebels in wild defiance ?

Does he close the ears of the deaf man to make him more reliant ?

Is the way I look coincidence or just a twist of fate ?

If he made me this way, is it okay to blame him for the things I hate ?

For the flaws that seem to worsen every time I see a mirror,

For the ugliness I see in me, for the loathing and the fear.

Does he sculpt us for his pleasure, for a reason I can’t see ?

If God makes all our faces, did he laugh when he made me ?

Ce qui donnerait en VF : 

Si Dieu a créé tous nos visages, a-t-il ri quand il a modelé le mien ?

A-t-il créé les jambes qui ne peuvent marcher et les yeux qui ne peuvent voir ?

A-t-il bouclé mes cheveux au point qu’ils ne forment qu’une seule masse rebelle ?

A-t-il rendu sourd cet homme afin de le rendre plus dépendant ?

Mon apparence est-elle une coïncidence ou simplement l’ironie du sort ?

S’il m’a créée de cette manière, puis-je le blâmer pour les aspects que je déteste ?

Pour les défauts qui semblent s’aggraver chaque fois que je regarde dans le miroir,

Pour la laideur que j’aperçois en moi, pour le dégoût et la peur.

Nous sculpte-t-il pour son plaisir, pour une raison que je ne peux comprendre ?

Si Dieu a créé tous nos visages, a-t-il ri quand il a modelé le mien ?

Tiré de « Making Faces » d’Amy Harmon

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Quatrième de couverture: 

Ambrose Young was beautiful. He was tall and muscular, with hair that touched his shoulders and eyes that burned right through you. The kind of beautiful that graced the covers of romance novels, and Fern Taylor would know. She’d been reading them since she was thirteen. But maybe because he was so beautiful he was never someone Fern thought she could have…until he wasn’t beautiful anymore. 
Making Faces is the story of a small town where five young men go off to war, and only one comes back. It is the story of loss. Collective loss, individual loss, loss of beauty, loss of life, loss of identity. It is the tale of one girl’s love for a broken boy, and a wounded warrior’s love for an unremarkable girl. This is a story of friendship that overcomes heartache, heroism that defies the common definitions, and a modern tale of Beauty and the Beast, where we discover that there is a little beauty and a little beast in all of us.

Mon avis

Pour « Making Faces », on a parlé de « romance New Adult », de « réécriture de la Belle et la Bête » ou encore de « small town novel ». Oubliez donc ces étiquettes, qui ne reflètent qu’une mince partie de ce roman. C’est avant tout l’histoire de trois destins, qui ne vont cesser de s’entremêler : celui de Fern, l’enfant qu’on n’attendait plus, le bébé-miracle, la petite fille qui va tomber amoureuse à huit ans d’Ambrose Young; celui de Bailey, son cousin, qui lutte chaque jour contre la maladie dégénérative dont il est affecté et qui s’est lancé le défi de vivre jusqu’à ses 21 ans; celui, enfin, d’Ambrose Young, jeune Hercule, qui, secoué par les attentats du 11 septembre, décide de s’engager dans l’armée en y entraînant ses meilleurs amis. De cette aventure, il reviendra seul. Et défiguré, aussi bien physiquement que mentalement.

« Making Faces » parle de la perte de l’innocence d’un jeune homme, de ses proches et amis et de celle d’une petite ville, perdue dans l’état de Pennsylvanie. On y parle d’amour, conjugué à tous les temps: l’amour d’un père adoptif pour son fils; l’amour qui lie deux cousins et ce jusqu’à la fin; l’amour inconditionnel d’une jeune femme pour un homme qui revient dévasté, anéanti. On y parle des ravages de la guerre, de la beauté et de ce qu’elle peut dissimuler. On y parle de courage, d’amitié, de solidarité, des mains tendues qui nous aident à sortir des ténèbres.

Outre l’histoire, ce sont les personnages qui m’ont le plus touché, je dois dire. Je craignais au départ de ne pas beaucoup accrocher au couple Ambrose-Fern, en raison de la manière dont les présentait le résumé. J’avais tout faux ! Autant Fern, avec son courage dissimulé sous une apparence vulnérable, son innocence et sa sincérité – sa déclaration d’amour à Ambrose est l’une des plus belles qu’il m’ait été donné de lire – qu’Ambrose, avec ses doutes dissimulés sous son personnage de super star du lycée et d’icône d’une petite ville, son envie de vivre brisée par ce qu’il vit en Irak, l’amitié inconditionnelle qui le lie à ses quatre amis et sa souffrance quand lui seul revient au pays, tout cela est un concentré d’émotions brutes, qui m’ont touchée en plein coeur.

Et puis, il y a Bailey. J’ai adoré ce personnage, brut de décoffrage lui aussi, qui n’hésite pas à remettre les pendules à l’heure et qui peut voir la vie sous un tout autre angle. Bailey, qui sait que le temps lui est compté et qui continue de profiter de chaque instant, d’une manière qui m’a beaucoup émue. Sa complicité avec Fern, présente à chaque instant, son amour pour Rita, son dévouement pour les siens, qui dissimule ses craintes sous un esprit parfois sarcastique et enfin son évolution dans le roman, ont fait de lui un personnage que je ne suis pas prête d’oublier.

Un mot encore sur le style de l’auteur, très juste et très sensible, sur son regard, qui ne juge jamais, qui nous offre les faits et nous laisse en tirer nos propres conclusions, sur son talent pour faire ressortir les émotions et pour les clins d’oeil à diverses références littéraires (dont Cyrano de Bergerac !). Bref, vous l’aurez compris, « Making Faces » est un gros coup de coeur de ma part, un roman qui m’a marquée et que je relirai avec un immense plaisir.

Merci à Cécile du blog les Lectures de Cécile et Karen du Boudoir Ecarlate pour m’avoir donné envie de le lire. Et vous, lecteurs, n’hésitez pas à découvrir ce roman. Je vous garantis qu’il ne vous laissera pas indifférents!

2013 – le bilan !

Qui dit fin d’année dit bilan ! Allons-y donc pour le traditionnel exercice… surtout que ce dernier, pour ma part se révèle assez bien chargé (une fois n’est pas coutume !)

Qu’a représenté 2013 pour moi ?

 Je la vois d’abord comme une année d’apprentissage et de premières fois. Premiers contrats d’édition signés – j’en ai signé cinq au final  – premiers retours de lecteurs, premières deadlines à respecter pour rendre un texte…

On ne s’en rend pas compte sur le moment, mais ce sont des étapes importantes dans la vie d’une auteur, qui, jusqu’ici, était inconnue au bataillon.

Quelques exemples en détail:

 Premiers « oui » : comme je l’expliquais dans cet article, j’ai connu mon premier « oui » éditorial en 2012 pour les « Outrepasseurs » (et je m’en souviendrai encore longtemps !).

J’ai aussi reçu un « oui » en 2013 de la part de la fine équipe de la collection E-courts chez Voy’El, pour un texte qui me tient à cœur, à savoir « Au service des Insectes » et que certain(e)s d’entre vous ont pu depuis lors découvrir (vous pouvez en découvrir un extrait dans la catégorie « Bonus« ).

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Je suis très contente, non seulement que ce texte ait pu trouver éditeur à sa plume (et je salue le professionnalisme de l’équipe d’E-courts ainsi que de sa directrice, Aude, avec laquelle c’était un vrai plaisir de travailler), mais également qu’il ait pu trouver son public, comme en témoigne la revue de presse.

 Première incursion dans la romance :

Si j’ai reçu là aussi en 2012 un « oui » pour « Le Serpentaire », qui, à l’époque, était encore une simple nouvelle, je l’ai retravaillé en 2013 (comme je l’expliquais dans cet article) et j’ai donc réalisé ainsi ma première incursion dans le milieu fascinant de la romance, bien éloignée des préjugés que je pouvais encore entretenir sur ce genre.

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Je ne sais pas si j’ai pu satisfaire les attentes des lectrices et lecteurs férus de romance avec mon « Serpentaire » – sur lequel j’ai eu moins de retours d’ailleurs. J’en profite d’ailleurs pour remercier celles qui m’ont donné leur avis ! – mais ce qui est certain, c’est que je n’en ai pas fini avec la romance, aussi bien en tant que lectrice qu’en tant qu’auteur.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que je vous avais parlé dans cet article d’un projet mystère… Mais motus et bouche cousue pour le moment !

Comme dirait Nanny McPhee...

Comme dirait Nanny McPhee…

 Premier texte de commande :

Quand le premier tome de votre trilogie est accepté, la question des tomes suivants se pose assez vite ! Certains auteurs préfèrent tout écrire à l’avance. Perso, je ne l’ai pas fait pour les Outrepasseurs, j’ai attendu de voir si le premier tome passait le cap éditorial. Au cours du printemps et de l’été 2013, je me suis donc attelée à la rédaction du tome 2. À cette occasion, j’adresse un tout grand merci à mon club de lectrices de l’impossible, qui m’a soutenu et encouragé avec un enthousiasme sans faille !

Je n’en dirai pas plus sur ce second tome… Pour le découvrir, vous devrez attendre encore un peu !

 2013 aura donc été une année riche en expériences, enrichissante à tous points de vue. Apprendre à travailler de manière régulière (et non plus seulement quand Muse se révèle trop énervante !), à respecter les délais, à collaborer avec des professionnels de l’édition, à bénéficier de leurs conseils et suggestions… C’est quelque chose que je souhaite à tout candidat auteur de vivre !

 2013 a aussi été l’année des rencontres et de belles rencontres ! D’abord par le biais de ce blog. S’il a été créé au début de l’année – diable, bientôt un premier anniversaire à fêter ! – je m’en suis vraiment occupée à partir de septembre. Là aussi, j’ai découvert ce qu’était la régularité (on ne rigole pas au fond de la salle…). Tenir le rythme des publications, ce n’est pas seulement une question d’écriture, mais aussi d’inspiration. Qu’est-on prêt à dévoiler au public ? Que vaut-il mieux garder pour soi ? Et comment l’exprimer ? Mine de rien, quand vous tenez un blog, ce sont des questions qui reviennent assez souvent.

En vrai, il n'y en a pas (vraiment!)

En vrai, il n’y en a pas (vraiment!)

 Parce qu’un blog, c’est aussi un public. Et quel public vous êtes tous ! Vous qui lisez mes billets, qui m’adressez des commentaires, qui me tagguez, faites partager les articles sur les réseaux sociaux, vous êtes géniaux et je voudrais vous adresser un énorme merci pour votre présence.

 merci

En parlant de réseaux sociaux, ça a été l’occasion de faire de très belles rencontres et de nouer des liens. Vous êtes trop nombreux pour que je vous cite, mais là aussi, merci pour votre fidélité et votre soutien !

 C’est grâce à vous que ce blog, en quelques mois (effectifs) d’existence, s’en va doucement mais sûrement vers le cap des 10 000 vues ! Ce blog, c’est aussi l’occasion de vous faire plaisir et le concours, récemment organisé pour remporter le premier tome des Outrepasseurs, en était une preuve, non seulement au niveau des participants effectifs, mais aussi au niveau du nombre de vues : vous avez été plus de 900 à venir sur ce blog le jour du lancement du concours !

Outrepasseurs-Noel

 Croyez bien que cette initiative ne restera pas solitaire et qu’il y aura d’autres occasions de ce genre pour l’année à venir ! Vous êtes aussi nombreux à vous intéresser aux articles sur l’écriture – un exemple ici et – mais aussi aux débats sur la littérature et la lecture.

 Voilà pour ce bilan (quand je vous disais que j’avais des choses à dire !). Et quid de 2014, me direz-vous ? Hé bien là, je vais vous demander encore un peu de patience et vous donner rendez-vous le 2 janvier pour découvrir mes bonnes résolutions (hum). J’espère qu’elle se révèlera une belle année, enrichissante à tous points de vue!

 Moi, je vous fixe rendez-vous samedi pour la dernière revue du Web de cette année. À bientôt !  

Le mardi sur son 31

Et c’est parti pour un nouveau rendez-vous lecture, cette fois-ci avec un texte qui m’a étonnée et surprise (dans le bon sens, je vous rassure!)

Avant toute chose, la phrase du jour:

« Une crainte superstitieuse s’empara d’Elthya, car jamais la moindre brise ne pénétrait au fond du caveau. »

Tiré de la nouvelle « En Adon je puise mes forces » de Dominique Lémuri aux éditions Walrus.

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Quatrième de couverture: 

Elthya est une prêtresse phénicienne qui pleure son roi défunt. Mais alors qu’elle récite ses oraisons, un vent étrange se met à souffler sur le tombeau. Pendant ce temps, Vjlir se lance à la poursuite d’un redoutable criminel qui vient d’échapper à sa vigilance et à celle de ses gardiens. Le fugitif, Majjaar, a volé une capsule de sauvetage du vaisseau qui les transportaient tous vers le bagne de Mamm et a dirigé ses propulseurs vers une petite planète. Quel rapport entre les deux ? Et bien Elthya s’apprête à faire une incroyable rencontre.

Mon avis:

Je n’avais pas lu le quatrième de couverture avant de commencer cette lecture, j’ai donc été complètement surprise par cette irruption digne d’un space opera dans un récit qui s’annonçait comme de la fantasy aux belles couleurs mythologiques. Et vous savez quoi ? J’ai adoré. Pourtant, si j’aime le mélange des genres d’ordinaire, je ne suis pas une fan des vaisseaux spatiaux, exploration dans l’espace, etc. 

Mais l’auteur a réussi à m’embarquer dans son aventure, d’abord en mettant l’accent sur l’humain, en créant des personnages solides et bien caractérisés. Ensuite, avec la force de son imagination, à la fois foisonnante et maîtrisée, qui ne m’a pas laissée en plan, loin de là, mais m’a donné au contraire envie d’en savoir davantage.

Le télescopage de deux mondes, le choc des cultures est bien retranscrit. J’ai particulièrement aimé la manière dont cette rencontre se déroule et quelles conséquences elle a, pour chacun des personnages. Et croyez-moi, là aussi, l’auteur réserve de sacrées surprises ! En l’espace de quelques pages, Dominique Lémuri évoque des questions telles que la tolérance religieuse ou sociale, la force de nos croyances et la curiosité envers la culture de l’autre. Bref, cette aventure m’a mise en appétit, surtout qu’il y a largement moyen de développer l’univers mis en scène dans cette nouvelle…

En conclusion: un texte surprenant, qui m’a emmenée dans une direction à laquelle je ne m’attendais pas et qui se révèle extrêmement plaisant à découvrir! Une belle découverte en plus à l’actif des éditions Walrus.

Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur, découvrez son blog!