Vos questions sur l’écriture et le métier d’auteur : sixième round !

Il est temps de reprendre les bonnes habitudes !

Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, je vous invite à consulter les rounds précédents

Round 1

Round 2

Round 3

Round 4

Round 5

Aujourd’hui, au menu, une question très intéressante… Jugez un peu !

Hello, j’aimerais savoir comment tu arrives à gérer les critiques négatives ? Est-ce que tu réponds aux critiques ou pas ? Et si oui, comment ?

Je vais commencer par la deuxième question : non, je ne réponds pas aux critiques négatives que je peux rencontrer sur mes bouquins.

Comme vous le savez si vous suivez ce blog depuis un petit bout de temps, je suis souvent sur Twitter. J’ai donc eu l’occasion de lire des tweets, aussi bien de bloggeurs/booktubeurs que d’auteurs, à ce sujet.

Quelques exemples :

Je n’ose pas parler de ma lecture en cours, parce qu’elle ne me plaît pas et que l’auteur me suit sur les réseaux sociaux. 

Vous n’avez pas aimé mon livre, c’est votre droit. Mais s’il vous plaît, ne m’envoyez pas le lien vers votre critique, ça ne sert à rien.

Je pense que vous pouvez facilement deviner, de l’auteur ou du bloggeur/booktubeur, qui parle dans chacun des tweets.

Quand j’examine ces deux facettes de la même pièce, puisqu’il s’agit toujours de notre rapport au livre, que nous l’ayons écrit ou que nous le lisions, le fait demeure que nous pensons quand même souvent à la personne de l’autre côté du miroir. Pour le lecteur, ce sera l’auteur qui a écrit ces mots. Pour l’auteur, c’est le lecteur, cet anonyme qui va se pencher sur notre histoire et peut-être se laisser emporter 🙂

Quand la relation se tisse à travers les mots, bien entendu, c’est un sentiment d’exaltation et de plaisir mutuel.

Mais il arrive aussi que la rencontre ne se fasse pas. Et dans ce cas, la relation auteur/lecteur peut très vite devenir très tumultueuse – et c’est un euphémisme !

Pour reprendre les tweets cités plus haut, s’il m’arrive souvent de parler de mes lectures et de citer mes coups de coeur, il m’arrive aussi de dire quand je n’ai pas aimé. Vais-je vérifier auparavant si l’auteur me suit ou pas, si il ou elle risque de voir mon tweet ?

Non.

On me jugera peut-être cruelle, d’autant plus que je suis auteur aussi, mais je considère qu’un des droits imprescriptibles du lecteur est aussi de pouvoir dire quand il n’a pas aimé.

Et quand je le dis sur mon blog ou ailleurs, est-ce que j’aimerais que l’auteur me réponde en commentaire ?

Non… avec cependant une exception : si cela mène à une discussion constructive & respectueuse mutuellement. Néanmoins, d’après mon humble expérience, l’exercice se révèle quand même très difficile, sentiments personnels obligent.

Je passe à présent de l’autre côté du miroir, à savoir quand j’endosse ma casquette d’auteur.

Vais-je réagir quand je vois défiler un tweet où mes romans sont cités et où le lecteur déclare ne pas avoir aimé ?

Non, pour la même raison que ci-dessus : je respecte la liberté de mes lecteurs, que la rencontre se soit faite ou pas.

Aurais-je la même réaction quand le lecteur me taggue, que ce soit sur Twitter, Facebook ou ici même ?

C’est là que les choses se compliquent. J’ai dû faire face à ce dilemme, quand un lecteur m’a envoyé une critique, très bien argumentée certes, mais où le sentiment général se soldait par un « Bof ».

Que faire ?

Comment répondre à ce lecteur, qui, j’imagine, voulait quand même une réaction de ma part puisqu’il m’avait envoyé ce lien, sans paraître sur la défensive/aggressive/donneur de leçons, toutes ces choses que je ne supporterais pas de la part d’un auteur si j’étais à la place du lecteur ? (Même si pour ma part, je n’enverrais jamais le lien de ma critique à l’auteur si je n’ai pas aimé.)

Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, en tant qu’écrivain, de mettre de côté ses sentiments personnels et de réagir de la manière la plus neutre possible quand quelqu’un vous déclare « La rencontre ne s’est pas faite » ou « Je n’ai pas aimé » (et je reste encore soft dans les formulations… Certaines sont beaucoup plus cash !)

C’est votre bouquin, votre bébé, votre création. Vous ne pouvez pas vous montrer impartial dans ce cadre.

En fin de compte, j’ai remercié le lecteur pour sa critique et j’ai tourné la page.

Je ne suis pas entrée dans un dialogue qui risquait rapidement de déraper, pas plus que je n’ai demandé d’explications ou de détails sur son ressenti. Vous me direz que c’est peut-être là une occasion manquée, mais la ligne est fine entre entamer une discussion & vouloir convaincre, d’une certaine façon, son interlocuteur qu’il a tort – ou, du moins, pas tout à fait raison sur votre roman.

Une leçon que j’ai aussi retenue dans mes rencontres en direct avec mes lecteurs. Dans ce cadre en particulier, difficile d’échapper quand un lecteur réagit en face de vous… Pour autant, dans mon cas, je n’ai eu droit qu’à des échanges respectueux, francs mais constructifs – ce que je respecte énormément 🙂

Pour revenir sur mon absence de réaction, c’est un choix, qui me convient bien en tant qu’auteur et personne, qui ménage à la fois ma sensibilité et mon envie de créativité. Je ne Google pas mon nom, je ne recherche pas les avis. Bien sûr, tout le monde n’agit pas de cette manière. C’est aussi à vous de voir quel est votre seuil de tolérance, en particulier quand vous êtes auteur, comme je l’avais évoqué dans cet article.

Est-ce à dire pour autant que toute critique négative est bonne à jeter ?

Non.

Il faut bien sûr faire la part des choses – et c’est un exercice difficile, ne nous voilons pas la face – mais je pense honnêtement qu’on peut tirer des leçons des retours de lecteurs. C’est pour cette raison d’ailleurs que, dans mes prochaines créations – forcément, je ne peux plus les appliquer pour les bouquins déjà publiés 🙂 – je m’abstiendrai de certains choix d’écriture. Pour autant, je ne veux pas être bridée dans mes choix de création, ni dans mes défis à relever.

C’est un équilibre subtil, pas toujours facile à appliquer, mais qui fait partie intégrante de la vie de l’écrivain !

Bien entendu, ces propos n’engagent que moi.

N’hésitez pas à me dire en commentaire comment vous, que vous soyez auteur, lecteur, bloggeur ou booktubeur, réagissez face à la critique et/ou quand vous n’avez pas aimé un bouquin, ça m’intéresse.

Et si vous avez d’autres questions à me poser sur l’écriture & le métier d’auteur, laissez-les en commentaire 🙂