Challenge We Need Diverse Books #7

Toujours dans le cadre de ce challenge littéraire.

Aujourd’hui, je vous présente un méga-supra-giga coup de coeur. Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que je n’emploie pas ces mots à la légère…

OnlyEverYours

Only Ever Yours de Louise O’Neill 

YA Dystopie – VO accessible – Pas de VF prévue à ma connaissance

Pourquoi avoir choisi ce roman ?

Je l’ai d’abord découvert, comme nombre de mes lectures actuelles, sur Twitter, où l’auteur est également présente. En lisant le résumé, je me suis dit « Ca passe ou ça casse, mais c’est un risque à prendre. » Et je suis très heureuse de l’avoir pris !

Thèmes principaux

Sexisme – Egalité hommes/femmes – Dictature/Autoritarisme – Féminisme

4e de couv’

In a world in which baby girls are no longer born naturally, women are bred in schools, trained in
the arts of pleasing men until they are ready for the outside world. At graduation, the most highly rated girls become “companions”, permitted to live with their husbands and breed sons until they are no longer useful.
For the girls left behind, the future – as a concubine or a teacher – is grim.
Best friends freida and isabel are sure they’ll be chosen as companions – they are among the most highly rated girls in their year.

 But as the intensity of final year takes hold, isabel does the unthinkable and starts to put on weight. ..

And then, into this sealed female environment, the boys arrive, eager to choose a bride.

freida must fight for her future – even if it means betraying the only friend, the only love, she has ever known…

Mon avis

Ah, par où commencer ? Il y a tellement de choses à dire sur ce livre… à commencer par sa dystopie impeccablement maîtrisée du début à la fin et son classement en YA. Encore une dystopie YA, me direz-vous avec un gros doute dans la voix, voire une franche horreur ? Je vous répondrai que oui. Une digne héritière de 1984, de Fahrenheit 451 ou encore The Handmaid’s Tale.

J’ai été franchement soufflée par l’audace de l’auteur, par son courage à assumer et à porter une telle histoire, par son sens critique également. Ici, point d’héroïne qui va se rebeller contre l’ordre en place. Point de triangle amoureux. Et surtout, pas de happy end. Autant que vous soyez prévenus : quand vous pénétrez dans l’univers de Louise O’Neill, c’est une histoire glaçante qui vous attend. Elle n’en est pas moins complètement addictive.

Dans l’univers de freida – et oui, c’est volontairement que les majuscules ont été oubliées, vous allez comprendre pourquoi – point de femmes naturellement conçues. Les Eves sont le fruit de modifications génétiques. Leur nombre, leurs critères physiques jusqu’à l’éducation qu’elles reçoivent – si on peut parler d’éducation – tout est mis en oeuvre pour le seul objectif que les Eves auront à remplir  : devenir les compagnes des Héritiers, pour les plus chanceuses, devenir concubines ou encore des chastity (des nonnes sans le côté religieux) pour les autres. Car, dans cette société patriarcale, se relevant du chaos et dominée par un Père Tout-Puissant, chacun a un rôle strict à jouer.

freida est dans sa dernière année. L’année où elle va enfin faire la connaissance des Héritiers et où ceux-ci devront choisir parmi les Eves disponibles. L’année où elle va pouvoir quitter « l’école » où elle se trouve et enfin découvrir le monde extérieur. En apparence, tout va bien pour freida : elle est cotée dans les dix premières de sa « promotion »; sa meilleure amie Isabel, qu’elle connaît depuis l’enfance, occupe la première place de ce podium, fort convoité, car, comme toutes les Eves le savent, leur classement dans cette impitoyable compétition qui règne parmi les Eves représente leur seule valeur. Leur seule raison d’être. Mais voilà que tout bascule quand Isabel perd le contrôle de son corps. De reine de beauté, elle devient ronde. Pire encore : grosse. Et comme chacun le sait dans le monde de freida, les Eves souffrant d’embonpoint n’ont aucune valeur. Personne n’en veut.

freida ne comprend pas ce qui arrive à sa meilleure amie, qui se coupe brutalement d’elle. Seule, en déroute, livrée en pâture aux appétits toujours plus croissants des autres alors que l’heure de présentation aux Héritiers approche, elle devra faire un choix : entre Isabel et la nouvelle reine de beauté, Megan. Entre l’amitié et l’espoir d’une vie en tant que Compagne. Entre ce qu’elle devine et ce qu’elle veut.

Vous l’aurez compris, c’est un univers d’autant plus horrifiant que nous présente l’auteur qu’il est en soi très réaliste. La suprématie de la minceur à tout prix, les troubles alimentaires et psychologiques, la tyrannie de la société imposant des carcans dont nul ne peut s’échapper et surtout, cette dévalorisation de la femme qui n’est vue que comme un objet, l’enjeu d’une compétition aussi éphémère, qui ne s’attache qu’à l’apparence : autant d’éléments qui se retrouvent dans la société d’aujourd’hui.

La dictature du Père présentée ici s’avère très efficace : tout est réglementé dans ses moindres détails. Des personnes qui sortent du moule imposé ? Elles disparaissent dans les Souterrains, où officient les ingénieurs généticiens. Et il n’y a même pas cette volonté de se rebeller contre l’ordre établi, grâce notamment à l’hyper-médiatisation de cette société du paraître, où chacun se critique librement, sans aucun contrôle.

Vous me direz, peut-on vraiment s’attacher à freida ? Là aussi, je vous répondrai que oui. C’est quelqu’un qui doute, qui souffre, mais qui, quelque part, ne se laisse pas faire. Je l’ai suivie jusqu’à la dernière page, j’ai été tour à tour agacée, émue par ce personnage, j’ai voulu la soutenir, la secouer, lui ouvrir les yeux. Et surtout, il y a ce mystère autour d’Isabel, l’ex-reine de beauté, qui incarne à elle toute seule la face la plus sombre de cette dystopie. Je ne vous en dirais pas plus sur elle.

C’est un récit douloureux, mais nécessaire. Et surtout, il est passionnant. Il provoque, il est insolent, il est rempli d’audace et d’humanité dans ce monde où il y en a finalement très peu. Vous aurez le coeur brisé, mais je vous garantis que vous ne pourrez pas rester indifférent face à ce roman.

Pour moi, définitivement, Louise O’Neill est une auteur à suivre, une plume d’un rare talent, et surtout : un écrivain engagé.

A lire d’urgence.

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5 réflexions sur “Challenge We Need Diverse Books #7

  1. Pingback: [Focus] Louise O’Neill | Cindy Van Wilder

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