Ecrire pour la jeunesse

« Jeunesse » étant un terme assez large dans le contexte de cet article 🙂 Je préfère le préciser!

Une question qui revient souvent ces derniers temps est le fait d’écrire pour la jeunesse. Outre les réponses qui me viennent tout de suite à l’esprit quand on me pose cette question – à savoir que j’aime exploiter des personnages ados/jeunes adultes, que j’aime narrer leurs premières fois, que j’aime aussi leur style et la vision de la vie qu’on peut avoir à cet âge – j’ai aussi trouvé des échos dans cet article.

Il a été écrit par une agente américaine, Sarah LaPolla, que je suis sur Twitter (quelle surprise, n’est-ce pas, je sais que vous ne vous attendiez pas à ce que je mentionne Twitter dans cet article!) et parle justement d’écrire pour le 21e siècle. Le titre m’a pas mal intrigué et je me suis plongée dedans. De quoi cela parle-t-il, me direz-vous?

Tout simplement du public pour lequel les auteurs jeunesse écrivent en premier lieu, à savoir les jeunes (là aussi, je vise large). Des jeunes, qui pour la plupart, ne sont pas familiers des années 80 ou 90, mais bien des années 2000. Des enfants de ce 21e siècle, qui évolue tellement vite dans certains domaines et pas assez dans d’autres. Cela peut sembler une évidence, mais un point que Mrs LaPolla illustre parfaitement bien – et je pense qu’elle a l’expérience nécessaire pour le montrer, vu les centaines de soumissions qu’elle reçoit par semaine, si pas par jour! – c’est que les auteurs ont tendance à oublier justement ce 21e siècle.

Quelque part, c’est compréhensible. Pour prendre mon exemple, je suis née au début des années 80, j’ai connu une certaine période en étant ado, des références culturelles, sociales et économiques qui ne sont plus du tout les mêmes maintenant. Si je vous parle walkman, Friends ou encore Myspace, ça parlera naturellement à certains d’entre vous – et vous donnera un coup de vieux au passage! Si les ados d’aujourd’hui peuvent connaître ces références, ils n’ont pas vécu avec. Et honnêtement, pourquoi devraient-ils s’en soucier?

Comme le dit Mrs LaPolla

With adults, whether they’re 52 or 27, they have at least one thing in common: they can look back on their adolescence as adults. Teens can’t. They only know their own worldview and the here-and-now. This is one of the main reasons I love YA and want to bring more of it into the world. Teens are full of possibilities. They have more ahead of them than behind them, and their stories often reflect that.

Ce qui peut donner en VF:

Les adultes, qu’ils aient 52 ou 27, ont au moins une chose en commun: ils peuvent revenir sur leur adolescence, avec leurs yeux d’adulte. Les jeunes, eux, ne le peuvent pas. Ils n’ont que leur vision du monde et la perception « aujourd’hui & maintenant ». C’est l’une des raisons principales pour laquelle j’aime le YA et désire donner sa chance à davantage de romans écrits pour ce public. Les adolescents regorgent de possibilités. Ils regardent davantage en avant qu’en arrière et leurs histoires en sont souvent le reflet.

Est-ce à dire que nous sommes trop « vieux » en un sens pour écrire pour la jeunesse? Certainement pas. Car le YA – et c’est un sentiment que je partage entièrement – possède cette double nature, que certains pourront trouver contradictoire, mais que personnellement, je considère comme complémentaire, c’est-à-dire:

I am a firm believer that teens are teens are teens. Meaning, their circumstances and perspectives change, but they don’t. Not really. That’s another reason why I love YA. I don’t need to be a 21st century teen to remember what it felt like to be a teenager. The heart of your stories – the emotional arcs of your characters – should be timeless. That doesn’t mean you can ignore a changing world that influences how your audience relates to your novel.

Et en VF:

Je crois fermement que les adolescents restent des adolescents. Ce qui veut dire que les circonstances et les perspectives changent, mais qu’eux ne changent pas. Pas vraiment. C’est une autre raison pour laquelle j’aime le YA. Je n’ai pas besoin d’être un ado au 21e siècle pour savoir ce que c’est d’être un ado. Le coeur des histoires, les émotions que ressentent les personnages doivent avoir ce caractère intemporel. Ce qui ne signifie pas que vous pouvez ignorer un monde en pleine mutation, qui influence la manière dont votre public s’identifie à votre roman.

 

Ce caractère intemporel est quelque chose que je ressens très fort dans mes lectures, qui appartiennent le plus souvent au YA. Pourquoi sinon m’identifierais-je à ces personnages & ressentirais-je du plaisir à découvrir ces histoires, qui, à première vue, ne me concernent plus vraiment? Pourquoi, sinon ce caractère intemporel, ce côté commun à nous tous, peu importe l’âge que nous ayons, qui nous touche et nous fait vivre des émotions via ces romans? C’est quelque chose que l’on retrouve dans la plupart des romans YA, peu importe le contexte ou le genre d’ailleurs. Bien sûr, ce n’est pas la seule raison pour laquelle je lis du YA, mais j’en profite aussi pour clamer haut et fort: oui, le YA peut être lu par tous, peu importe que vous soyez un ado ou un adulte.

Pour autant – et là aussi, je suis tout à fait d’accord avec ce que Mrs LaPolla explique – il ne faut pas ignorer le monde dans lequel nous vivons, sans pour cela faire un blocage dessus – car soyons clairs, vous n’avez pas besoin de parsemer votre texte de références pour montrer que vous êtes « dans le coup » – une autre expression des années 90 !  – ou de faire un blocage dessus. Pourquoi ? Parce que ces références ne cessent d’évoluer et que votre texte risque de s’en ressentir par la suite, au moment de sa parution. Honnêtement, si vous décrivez un perso vêtu d’un jeans, est-il obligatoire de mentionner que ce sont des jeans skinny, baggy ou autres ? Ou que le téléphone portable dispose de l’option navigation sur Internet ? Nope. Il est bon aussi parfois de laisser l’imagination de votre lecteur faire son oeuvre. Et de penser à l’avenir & aux futures générations qui vous liront peut-être!

Si vous le pouvez, n’hésitez pas à lire la suite de cet article, très intéressant!

4 réflexions sur “Ecrire pour la jeunesse

  1. ça me parle aussi. Et j’ai tendance à préciser aussi (mais bon, ça tu le sais, tu me l’as fait remarquer ah ah ^^). C’est vrai que l’imagination du lecteur doit être aussi mise à contribution ! Bref, j’irai lire Mrs LaPolla !

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