Le mardi sur son 31

Aujourd’hui, c’est le fruit – c’est le cas de le dire… – d’une lecture commune menée la semaine dernière avec plusieurs lectrices et bloggeuses, dont Cécile, Plume de Cajou et Bleueetviolette entre autres, que je vous présente ! Je mettrai les liens vers leurs chroniques.

Cette lecture commune portait donc sur :

beignets_tomatesvertes

Je dois dire que je ne connaissais pas du tout le roman et que si je garde un lointain souvenir du film – surtout pour une scène en fait! – je ne me souvenais plus guère de son atmosphère.

Quatrième de couverture

Evelyn Couch, une femme entre deux âges (« Je suis trop jeune pour être vieille et trop vieille pour être jeune » dit-elle), dépressive, rend visite à une parente dans un hôpital. Là, elle fait la rencontre d’une charmante octogénaire, Ninny Threadgoode, qui lui raconte des histoires vécues soixante ans plus tôt. Cette rencontre va bouleverser sa vie.

Mon avis

Comme je l’ai plus haut, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman. Je me suis donc plongée dans le récit d’Evelyn, femme au foyer dépressive, qui a toujours respecté avec soin les conventions de la société, et qui s’ennuie à mourir dans son train-train quotidien. Alors qu’elle vient rendre visite à son acariâtre belle-mère en maison de retraite, elle s’échappe et rencontre Ninny, vieille dame de plus de quatre-vingt printemps mais à l’oeil et la mémoire toujours alertes, et qui commence le récit des « Beignets de tomates vertes » proprement dit…

Celui qui remonte dans le temps, nous propulse dans les années 30, dans le sillage de la Grande Dépression, en Alabama, où le Whistle Shop fait les beaux jours d’une petite communauté.

Avec ce cadre, vous pourriez vous attendre à ce qu’on vous parle de la pauvreté qui touche le pays, du racisme aussi et de la misère. Et vous l’aurez. Mais servi sur un ton optimiste, chaleureux, parfois naïf, mais toujours empreint d’une bonne humeur, à l’image de sa narratrice, Ninny Threadgoode. J’ai adoré remonter le temps en sa compagnie et celle d’Evelyn et découvrir les histoires du Whistle Shop. L’histoire d’amour entre Ruth et Idgie, le parcours de Stump, les éditoriaux de Dot Weems avec sa « chère moitié » aka l’homme le plus maladroit de tout l’Alabama, qui m’ont fait beaucoup rire, et le destin d’Evelyn lui-même, ces fils rouges qui parcourent le roman et nous bousculent de lieux en époques différents m’ont charmé.

Néanmoins – il fallait bien un « mais » – en dépit de tout son charme et de l’optimisme véhiculé dans ces pages, ce roman ne sera pas un coup de coeur. Car trop de flash-backs tue le flash-back. C’est ce qui m’a le plus gêné au fur et à mesure de ma lecture: la structure inutilement décousue. Je m’attachais à peine à un personnage que hop! deux pages plus tard, vous étiez dans une autre époque, avec un autre personnage principal et d’autres thèmes abordés. Une technique de narration par « vignettes », qui m’a beaucoup frustré d’ailleurs quand une de mes histoires favorites était abordée, telle celle de Ruth et Idgie, qui m’a beaucoup touché. Si on finit par connaître leur histoire en entier, il faut néanmoins attendre pas mal de pages avant d’avoir le fin mot. Et entre temps, je ne vous raconte pas le nombre de fils rouges à connecter entre eux pour savoir qui est qui, qui fait quoi ! Bon, j’y suis arrivée et avec grand plaisir, mais le début peut être déconcertant.

En conclusion, c’est une belle découverte que ce bouquin, qui chronique avec chaleur et amour le Sud des Etats-Unis et son évolution depuis les années 30′ et qui aborde des thèmes sensibles avec beaucoup de justesse et de sensibilité. S la structure narrative avait été différente, je pense qu’il aurait fini dans mes coups de coeur ! Il m’aura en tout cas laissé avec le goût sucré-salé des fameux beignets en bouche et une furieuse envie de revoir le film!

Je vous laisse sur cette citation, qui met en scène un de mes personnages favoris !

À propos de cinéma, quand je suis rentrée l’autre soir, ma moitié était tellement impatiente d’aller voir le film qui passait, tant qu’on pouvait encore profiter du tarif matinée, qu’ il ne m’a même pas laissé le temps de souffler. Il a décroché son manteau et, m’empoignant par la main, m’a entraînée avec lui. Mais une fois qu’ on a été assis dans le cinéma, il n’a rien trouvé de mieux à faire que de se plaindre de son dos pendant tout le film. C’est seulement en rentrant à la maison que cet idiot s’est aperçu qu’il avait oublié dans sa hâte d’enlever le cintre de son manteau. Je lui ai dit que la prochaine fois nous paierons le tarif du soir, parce qu’il m’avait gâché mon plaisir, à se tortiller comme un ver sur son siège.
Personne ne voudrait acheter un mari légèrement fatigué, pour un petit prix ?

9 réflexions sur “Le mardi sur son 31

  1. Ah ah j’aime cet extrait !
    Tout à fait d’accord avec ton billet et ressenti comme tu le sais…
    J’ai finalement programmé mon billet pour jeudi et j’en ai profité pour publier sur un autre livre aujourd’hui !

    Merci pour cette LC !

  2. Looool c’est vrai que ce relou de Wilbur est finalement un personnage à part entière, cette scène m’a bien fait rire aussi !

    Sinon, je crois bien que je suis la seule que la narration non linéaire n’a pas du tout gênée 🙂 Malgré tout, ça reste aussi un presque coup de cœur pour moi parce que j’aurais voulu plus d’Idgie !

    En tout cas, ravie d’avoir fait ta connaissance (et de découvrir ton blog au passage) par le biais de cette LC 🙂

  3. Pingback: Bilan Lecture : Février 2014 | Cindy Van Wilder

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