Le mardi sur son 31… Ou quand je relève le défi de Cécile!

Vous commencez à le savoir, il est rare que je résiste à un défi littéraire. Aussi, quand Cécile, de l’excellent blog Les lectures de Cécile, a lancé le challenge

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Je n’ai bien entendu pas pu résister (bon, OK, elle n’a pas dû argumenter beaucoup pour que j’y participe… )

Le challenge était simple: il suffisait de lire un livre – n’importe quel genre, etc – du moment que la couverture soit kitsch/ridicule/à pleurer… Bref, le genre de bouquin que vous n’emmenez pas dans les transports ou à un rendez-vous d’embauche ! (exemples pris au hasard…)

L’inspiration m’est tombée dessus grâce à Karen, qui avait manifestement décidé de me donner un coup de pouce – sans le savoir (Merci la Miss!) – dans ma recherche de la couv’ la plus kitsch. Et je dois dire que celle-ci est quand même un spécimen dans le genre… Sans plus blablater, la voici!

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Avant que vous ne me posiez la question, oui, le monsieur existe bel et bien. Et pour ceux et celles qui ne connaissent pas la langue de Shakespeare, sachez qu’il s’agit de ses mémoires en tant que… mannequin pour les couvertures de romance.

C’est bon, tout le monde s’est remis ? Continuons!

Pour faire un topo du livre, dans l’ensemble la lecture n’a pas été ennuyante, j’ai même bien ri à plusieurs reprises (et à des passages qui n’étaient pas toujours écrits dans ce but). Néanmoins, si vous cherchez de la qualité littéraire, il vaut mieux passer votre chemin. Si ce n’est pas mal écrit, il y a pas mal de longueurs, de répétitions et certains passages ressemblent plus à des citations du carnet mondain du monsieur qu’à ses mémoires (ou confessions, comme le dit le titre).

Cependant, si cette oeuvre a un mérite, c’est de nous faire entrer dans un monde où peu de francophones ont pénétré – du moins je le pense – celui des conventions de romance, phénomène apparemment assez courant outre-Atlantique. Et c’est effectivement un monde à part qui nous est décrit ! Depuis les élections de « Mister Romance » – en somme, vous imaginez une vingtaine de gaillards bien musclés dans une ambiance de Miss France, avec option « costumes minimalistes » en prime – jusqu’au bal des vampires/Régence/pirate (ca va plaire à certaines!) organisé, en passant par des dédicaces où le mannequin en couverture du roman est parfois plus sollicité par les fans que l’auteur lui-même (je sais, ça laisse pantois!), bref, un phénomène qui a ses règles et ses lois, et qui draine (apparemment, bien entendu, c’est toujours du point de vue de ce cher CJ) des milliers de fans à travers tous les Etats-Unis.

Sur le monsieur lui-même – puisqu’il s’agit quand même de son autobio – qu’a-t-il à dire ? Peu d’informations personnelles, en fait, un peu d’histoire sur le background familial, qu’il évoque par ex. pour les réactions vis-à-vis de son activité, quand il a voulu se lancer, etc. Donc, après une carrière en tant que strippeur – là aussi, les anecdotes sont assez hallucinantes ^^ – et un concours de beauté en tant que « Mister Romance » raté, il se dirige donc dans la carrière d’un modèle pour des couvertures de romance; Ca peut sembler complètement dingue de notre point de vue, mais aux States, le métier est « installé » auprès des photographes et des acteurs de la chaîne du livre…

Outre les photos, il a également figuré dans plusieurs clips vidéos pour des auteurs aussi connues que Sherrilyn Kenyon et Christine Feehan. Comme je l’ai dit plus haut, certains passages ressemblent parfois à « j’ai rencontré un tel et puis une telle, etc », ce qui peut s’avérer lassant pour le lecteur, mais qui semble assez logique dans la perspective d’une carrière dans ce milieu. Notez que les descriptions qu’il en fait sont parfois savoureuses, comme lors de la rencontre avec Fabio – si vous ne savez pas qui c’est, je vous invite à mieux reluquer la première image de cet article… Oui, c’est lui ! – qu’il décrit comme un « séquoia italien ». Tout un programme!

Il y a aussi des côtés moins reluisants dans ce métier, tel le fait d’être toujours en déplacement ou des cas de harcèlement sexuel. Bref, une activité où effectivement le paraître se révèle parfois à double tranchant ! Si le monsieur n’est pas modeste – bon, en même temps, vu son « palmarès » on peut comprendre qu’il ne le soit pas! – il partage des anecdotes où il n’a pas toujours le bon rôle: comme ce jour où en urgence, il décide de faire confiance à une coiffeuse pour le moins inexpérimentée, vu qu’elle parvient à lui teindre les cheveux en orange fluo (et moins drôle, à lui infliger des brûlures chimiques sur le crâne). On comprend qu’il se soit démené pour trouver une coiffeuse plus expérimentée (sinon je pense que les couvertures auraient tout de suite beaucoup moins fait rêver !)

Bref, ce bouquin est surtout intéressant par le milieu qu’il dépeint et dont le public francophone n’a pas forcément idée. Et pour les plus curieux/curieuses – je sais qu’il y en a dans l’assistance, pas la peine de vous cacher! – des photos du monsieur sont inclues au beau milieu de ses « confessions ». A bon entendeur…

Alors, Cécile, je pense que j’ai bien bouclé ce challenge, non ?