Revue du Web n°8 – semaine du 11/11

Parce que certains articles bien utiles sont trop vite éclipsés par le flux croissant de nouvelles en tout genre, je vous propose une nouvelle catégorie d’articles sur ce blog : la revue du web ! Où, à ma modeste échelle, je donne les liens vers ce qui m’a intéressé dans la Toile du Net cette semaine, avec réactions de ma pomme à la clef ! Bien sûr, j’aborde en priorité des articles sur l’écriture & la littérature, mais d’autres domaines ne sont pas exclus !

Top départ pour cette huitième revue du Web !

On va commencer par le blog de Clémentine Beauvais, qui porte – entre autres – la casquette d’auteur jeunesse et qui parle de questions poil-à-gratter telles que « Quand tu seras adulte, tu écriras des livres pour adultes ? » sur un ton à la fois drôle et instructif. C’est un de mes articles préférés, mais je dois dire que l’article sur la constitution d’une playlist constitue un de mes chouchous (sans aucun doute parce que je serais nulle à cet exercice…)

Merci à Anne Rossi pour la recommandation !

On continue avec une initiative bien sympathique, qui m’a été signalée à l’occasion du dernier article paru sur ce blog « Lettre ouverte aux lecteurs », par le Capitaine Escroc-Griffe (je vous invite d’ailleurs à faire un tour sur son site, si vous ne le connaissez pas), à savoir le challenge francofou. Késako ? Je reprends texto le message posté sur le blog :

« Il s’agit d’un challenge spécialement adressé aux blogueurs. Le but du jeu étant de chroniquer des textes issus de plumes francophones et uniquement francophones (mais peu importe le pays), les traductions ne seront pas acceptées. »

Si vous êtes intéressés, rendez-vous sur le blog !

Je vous ai déjà parlé des Utopiales la semaine dernière, mais saviez-vous qu’au même moment outre-Manche se déroulait la World Fantasy Convention ? Imaginez bon nombre d’auteurs comme Neil Gaiman ou Terry Pratchett réunis dans un seul et même lieu pour parler littérature pendant quelques jours. Avouez que le tableau fait envie ! Bref, si je n’y étais pas – je n’ai malheureusement pas encore développé le don d’ubiquité – l’équipe des éditions Bragelonne, elle, y était présente et vous propose un compte rendu de ce séjour en plusieurs parties. Vous pouvez découvrir la première d’entre elles ici.

Un petit conseil : essayez de ne pas (trop) baver sur votre écran !

Enfin, retour sur un concours d’écriture, qui a suscité bien des envois, j’ai nommé le concours Tremplin Premier Roman de la collection Black Moon, chez Hachette. Une collection dévolue aux romans Young Adult – certains ont été chroniqués dans la rubrique « Le mardi sur son 31 » d’ailleurs – et en recherche de plumes francophones. Comme l’illustre ce court reportage, l’équipe a reçu plus de 500 textes. Au final, 6 ont été retenus. Vous pouvez d’ores et déjà découvrir des extraits via le site Lecture Academy et même voter pour votre préféré (la connexion au site sera nécessaire pour cette étape). Bref, si vous vous intéressez au Young Adult et que vous voulez découvrir de nouveaux talents, rendez-vous sur cette page !

Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle revue du Web !

Lettre ouverte aux lecteurs

Hello ami lecteur,

Sans être un coup de gueule, cette lettre concrétise plutôt mon envie de faire bouger les choses. Je ne dis pas que j’y arriverai – surtout à mon échelle – mais je ne pouvais pas rester indifférente face à une situation que j’ai eu le déplaisir de constater au fil de mes pérégrinations sur le Net.

Si je m’adresse à toi, c’est qu’il y a quelque temps, en voulant déposer mon avis de lecture sur un roman francophone, il m’est arrivé une drôle d’aventure : je suis tombée sur un commentaire de lectrice, qui, sans l’avoir lu, exprimait sa méfiance sur ce bouquin. Pourquoi ? Parce que l’auteur était francophone et donc moins susceptible, selon elle, de livrer une histoire qui lui plaise.

Je n’aurais rien dit si ce commentaire était resté isolé. Malheureusement, ce n’est pas le cas et ça m’a rendu aussi triste que mise en colère en voyant d’autres affirmations de ce genre sur la Toile. Sans doute parce qu’on peut facilement arriver à ce type de réflexion, comme le décrit Flora avec une grande justesse.

Je me suis donc posée plusieurs questions : un auteur francophone, quel que soit le genre choisi, vaut-il automatiquement moins qu’un anglophone aux yeux des lecteurs ? Suscite-t-il donc de la méfiance avec sa seule nationalité ? Faut-il croire que les lecteurs se détournent volontairement des francophones avant même d’avoir ouvert le bouquin ?

Cet article n’a pas pour but d’entamer une chasse aux sorcières, pas plus que de faire des reproches (le plus souvent totalement injustifiés) à tous ceux qui, comme toi, consacrent du temps et de l’énergie pour non seulement lire, mais aussi donner leurs avis sur la Toile. Néanmoins, je ne pouvais pas rester insensible face à cette situation. C’est pourquoi je prends la plume pour essayer d’ébranler certains partis pris.

Tu me diras que je prêche pour ma chapelle, vu que je suis moi-même auteur. Tu auras raison. Bien sûr que cela me touche. Une partie de moi-même enrage à l’idée qu’avant même qu’il soit sorti, mon roman pourrait être dédaigné et boudé par une partie du lectorat. Avant même qu’on lui ait donné sa chance.

Mais je suis aussi lectrice et chroniqueuse. J’aime les plumes anglophones – cet article n’a pas pour but de tenter un clivage entre auteurs francophones et anglophones, ce serait aussi stupide que le débat papier vs numérique, alors que ces deux modes de lecture deviennent de plus en plus complémentaires – mais j’aime aussi les francophones, comme le démontre assez ma rubrique « le mardi sur son 31 ». De plus, grâce notamment à mon implication dans CoCyclics, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir des écrivains brillants, passionnés, imaginatifs, qui sont publiés ou qui ne le sont pas encore, mais dont je veux lire davantage.

Aussi, je ne comprends pas pourquoi ce dédain, cette défiance affichée par certains envers les auteurs francophones. Je comprends qu’on puisse avoir des expériences de lecture malheureuses, ça arrive à tout le monde. Est-ce pour autant que l’on doit en faire une généralité et l’appliquer à des écrivains dont le seul « tort » est la langue dans laquelle ils écrivent ? Comme si celle-ci conditionnerait leur imagination et leur talent pour narrer une histoire ?

Je ne le pense pas. Aussi, ami lecteur (parce que tu es un ami, toi qui aimes aussi dévorer des histoires et faire partager ta passion de l’écrit), j’ai envie de te dire : aie le courage d’explorer d’autres horizons ; exerce ta curiosité ; sors des sentiers battus et je suis sûre que tu trouveras d’autres auteurs qui pourront t’enchanter.

Parce que si j’aime lire les aventures de Katniss, Triss, Anita et autres héroïnes, je ne voudrais pour rien au monde renoncer au plaisir de découvrir des plumes francophones talentueuses, par exemple celles de Fred Vargas, Stéphane Beauverger, Valentine Goby, Charlotte Bousquet, Carina Rozenfeld, Lionel Davoust et bien d’autres encore !

Tu me diras peut-être : c’est bien beau tout ça, mais je n’ai pas le temps de partir à la découverte, je croule sous les services de presse, etc. Loin de moi l’idée de critiquer cette pratique, j’en bénéficie aussi. Néanmoins, est-ce pour autant qu’il faut renoncer au plaisir de farfouiller dans les rayons d’une librairie, de naviguer sur les plateformes de vente et de découvrir d’autres horizons de lecture ? Je ne le crois pas. Personnellement, j’ai envie de cultiver ce goût de la découverte, de sortir hors des « genres » (je n’aime pas cette étiquette d’ailleurs) et de faire partager mon enthousiasme, quand je tombe sur un livre qui m’enthousiasme, peu importe que l’auteur s’exprime au départ en français, anglais, espagnol ou chinois !

Tu me diras, ami lecteur, qu’il est parfois difficile de mettre la main sur certains textes, moins bien distribués ou qui ne bénéficient pas de la même promotion que certains ouvrages. Peut-être. Pourtant, reconnais que nous avons à notre disposition des outils qui nous permettent d’acquérir des lectures diverses et variées ! D’abord, le numérique ; ensuite, les festivals, comme par exemple celui des Imaginales, qui invite auteurs anglophones & francophones et qui les met en valeur sans distinction, de manière intelligente en les faisant participer à des conférences et des tables rondes ; enfin, je pense aussi aux bibliothèques et librairies, où l’on peut trouver de précieux conseils.

Bref, tu as l’embarras des moyens. Ce qui te manque peut-être, c’est la volonté de te lancer. N’hésite pas à ouvrir tes ailes et à t’envoler vers d’autres horizons. Tu verras, cela ne peut faire que du bien que de dépasser les frontières. Et si je n’ai pas réussi à te donner l’envie par ce billet, j’espère que tu retiendras mes propos et qu’au moment d’ouvrir un bouquin, tu ne seras pas arrêté par une simple question de nom, de nationalité ou de langue originelle.

Amicalement,

Le mardi sur son 31

Aujourd’hui, c’est un rendez-vous lecture spécial numérique francophone ! Et ce ne sera pas le seul, je peux vous l’affirmer.

On va donc commencer par la phrase du jour:

« Le pistolet était, selon elle, plus efficace sans nécessiter le moindre entraînement de la part de son propriétaire – du moins, si l’on tirait à bout portant. »

Extrait de « L’esclave et l’héritière » d’Anne Rossi, premier épisode des Enkoutan (chez Harlequin HQN)

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4e de couverture : 

Ile de la Tortue, 1753

En montant à bord de l’Agoué, Zulie sent l’excitation la gagner. Si elle réussit à mener à bien l’expédition qu’elle s’apprête à conduire, destinée à mater une rébellion sur une île voisine, elle prouvera à ceux qui en doutaient qu’elle est bien la digne héritière de sa mère, Ma Enkoutan, et que, à son tour, elle ne reculera devant rien pour se faire obéir dans toute la région. Aussi est-elle bien décidée à se concentrer sur son but, et uniquement sur lui. Sauf que, très vite, elle se rend compte que la présence à bord de l’homme de main de sa mère suscite en elle un trouble insupportable, qui risque de compromettre ses ambitions. Et même si la raison lui crie d’ignorer cet ancien esclave, si éloigné des hommes qu’elle a l’habitude de fréquenter, elle a l’étrange impression de perdre tous ses moyens dès qu’elle croise son regard aigue-marine… 

Ce que j’ai aimé : 

Ce premier épisode a constitué une lecture très agréable, avec Zélie, l’Héritière de la redoutable Ma Enkoutan, chef des pirates, qui voudrait bien voler de ses propres ailes mais qui va s’apercevoir en chemin du prix à payer pour suivre les traces de sa mère, et Chen, un esclave franchement pas gâté par le destin (c’est le moins qu’on puisse dire) et qui adore la jeune femme sans oser le lui dire.

L’occasion va se présenter quand Zélie est chargée d’une première mission dans les eaux traîtres de cette mer des Caraïbes, où trahison et amour du profit rôdent en permanence…

Ce qu’il y a de bien quand on lit une oeuvre d’Anne Rossi, c’est qu’on est certain de trouver des personnages solides, attachants et que l’action (comme la romance, dans le cas présent!) n’est jamais très loin! De plus, il est évident que l’auteur s’y connaît en pirates et a mené de solides recherches dans ce cadre historique (et le tout, sans avoir besoin de nous jeter son savoir à la figure!). C’est rythmé, haletant, nous entraînant dans un univers absolument dépaysant, bref banco  pour ce premier épisode, qui constitue une très agréable introduction à l’univers des Enkoutan!

Ce que j’ai moins aimé : 

C’est plutôt un regret ici, le sentiment que la sensualité  entre Zélie et Chen n’a pas été exploitée dans tout son potentiel, comme cela avait été le cas par exemple dans « Les Yeux de tempête » aux éditions Laska.

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Passons à la seconde phrase du jour :

« Le bleu et le vert iridescent de ses plumes accrochait parfois un rayon de lune, mais l’animal se confondit bientôt avec les reflets de l’eau. »

Extrait de la nouvelle « Voler (de ses propres ailes » de Cécile Duquenne aux éditions Walrus.

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4e de couverture : 

Le docteur Edwards a longtemps attendu cette soirée : ce membre éminent de l’Association de Découvertes Archéologiques de Floride est en passe de récolter des fonds pour présenter une somptueuse collection d’artefacts sud-américains : le trésor de Cortés en personne. Olivia, une délicieuse jeune femme, lui propose l’aide financière de son mystérieux patron pour parvenir à ses fins. La curiosité du professeur est attisée. Mais Olivia — et surtout son employeur — ont une autre idée en tête, dont ils se gardent bien de parler avec Edwards. Car derrière les motivations archéologiques se dissimulent les échos d’un combat qui dure depuis des siècles, pour lequel Olivia va devoir utiliser ses pouvoirs et risquer sa vie.

Ce que j’ai aimé : 

Je connaissais déjà la plume de Cécile Duquenne, grâce notamment à son « Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue », roman vampirique joliment déjanté – le tome 2 vient d’ailleurs de paraître aux éditions Voy’El.

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Pour revenir à « Voler (de ses propres ailes) », je dois dire que cette nouvelle m’a beaucoup plu! Elle m’a surpris, non seulement par le personnage d’Olivia, bien éloignée du stéréotype de la « belle plante », mais aussi par l’univers imaginé par l’auteur. Mélange d’aventure pulp et de mythologie sud-américaine, le texte m’a directement emporté dès les premières lignes, grâce à un style très vivant et aux descriptions évocatrices de ce monde relativement peu utilisé dans les textes que j’ai pu lire. En conclusion, une jolie réussite que cette nouvelle (et si l’auteur veut un jour le développer dans un texte plus long, je vote pour !)

Bref, vous l’aurez compris, il n’y aura pas de catégorie « Ce que j’ai moins aimé » pour ce texte, qui m’a emmené dans un très joli voyage.

Et vous, quel est votre « mardi sur son 31 » ?

 

Hommage à Rimbaud

Parce qu’après avoir célébré l’anniversaire de Stoker, je ne pouvais pas ignorer la date commémorant le décès de Rimbaud, un de mes poètes préférés et dont la fureur de vivre transparaît dans chacune de ses oeuvres, petit hommage à celui qui fut surnommé « l’homme aux semelles de vent » :

« Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient.

Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. – Et je l’ai trouvée amère. – Et je l’ai injuriée.

Je me suis armé contre la justice.

Je me suis enfui. O sorcières, ô misère, ô haine, c’est à vous que mon trésor a été confié !

Je parvins à faire s’évanouir dans mon esprit toute l’espérance humaine. Sur toute joie pour l’étrangler j’ai fait le bond sourd de la bête féroce.

J’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J’ai appelé les fléaux, pour m’étouffer avec le sable, avec le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

Et le printemps m’a apporté l’affreux rire de l’idiot.

Or, tout dernièrement, m’étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j’ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

La charité est cette clef. – Cette inspiration prouve que j’ai rêvé !

« Tu resteras hyène, etc… » se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. « Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. »

Ah ! j’en ai trop pris : – Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache des quelques hideux feuillets de mon carnet de damné. »

 

 rimbaud

Revue du Web n°7 – semaine du 4/11

Parce que certains articles bien utiles sont trop vite éclipsés par le flux croissant de nouvelles en tout genre, je vous propose une nouvelle catégorie d’articles sur ce blog : la revue du web ! Où, à ma modeste échelle, je donne les liens vers ce qui m’a intéressé dans la Toile du Net cette semaine, avec réactions de ma pomme à la clef ! Bien sûr, j’aborde en priorité des articles sur l’écriture & la littérature, mais d’autres domaines ne sont pas exclus !

Après deux semaines d’interruption, c’est le retour de la revue du Web !

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont pu se rendre compte que je suis souvent fan de la programmation de la chaîne franco-allemande ARTE. Voilà une affirmation que je ne vais pas pouvoir démentir ce week-end, puisque je vais vous parler d’une émission qui vaut le coup d’œil ! Premier numéro d’une série, « L’Europe des écrivains » nous embarque cette semaine en Irlande disséquée par le regard d’hommes et de femmes de plume. De quelle manière leur pays natal les a-t-il influencés dans leur production littéraire ? Quel point de vue portent-ils sur la société d’aujourd’hui ? Des réflexions aussi passionnantes que critiques dans ce documentaire d’une cinquantaine de minutes, réalisé par Mathilde Damoisel. Pour ceux qui l’auraient manqué, il est disponible via Arte + 7, qui vous permet de revoir gratuitement pendant 7 jours films, séries et bien d’autres choses !

 

Le week-end dernier, je me trouvais donc aux Utopiales. Célèbre festival de science-fiction, qui se tient chaque année à Nantes aux environs du mois de novembre, il avait pour thème cette année « Autre(s) Monde(s) » et comptait une fois de plus des invités de marque.Vous n’avez pu vous y rendre ? Heureusement, ActuSF, célèbre site de chroniques SFFF entre autres, est là pour vous offrir des reportages, interviews sur les moments-clefs de cette quatorzième édition et même des extraits de conférence ! Vous pouvez le découvrir sur la page d’accueil du site.

 

En parlant d’émissions littéraires retransmises sur le Web, je vous avais déjà parlé lors d’une revue du Web précédente d’ « Un Livre un Jour « , qui offre interviews d’écrivains et présentations d’ouvrages en un format court (et même sur le livre numérique !)

Connaissez-vous également « Livrés à domicile » ? Émission de Belgique francophone (Hé oui ! Cocorico !), il s’invite chez des lecteurs pour croquer leur portrait, mais aussi des chroniques et interviews d’auteurs et ce dans tous les genres littéraires. Disponible également en replay via le site de la RTBF, vous pouvez retrouver bon nombre d’émissions par ce biais. Bref, n’hésitez pas !

Enfin, pour clôturer cette revue en beauté, voici deux articles qui font « suite » à des liens que je vous avais déjà proposés dans les revues du Web précédentes !

On va commencer par l’écriture en duo sur le blog de Silène, grande amie et auteur – j’en profite d’ailleurs pour dire que le tome 3 de sa saga jeunesse « Moana » paraîtra dans quelques jours aux éditions du Jasmin ! Je vous avais présenté la première partie, voici sa suite ! Quand deux auteurs s’embarquent dans un projet d’écriture commun, voilà ce qui peut arriver…

Seconde « suite » si l’on peut dire, après le point de vue d’Agnès Marot sur les pitches (ou comment présenter son roman en quelques lignes à un éditeur/lecteur/etc !) , voici le point de vue de Syven, qui vous propose même une méthode en quelques étapes pour apprivoiser la bête!

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas gâtés avec cette septième revue du Web ! Sur ce, amigos, je vous souhaite un bon week-end et, comme toujours, de bonnes lectures.

Joyeux anniversaire, Mister Stoker!

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la naissance de Bram Stoker, le célèbre auteur de « Dracula ». Je vous avais parlé de ma fascination pour cette oeuvre dans cet article, aussi je me suis dit qu’aujourd’hui, pour marquer le coup, vous auriez droit à un extrait, du point de vue de Mina. Bon, d’accord, j’avoue, l’article de Silène m’a aussi influencée !

« D’après les nombreuses descriptions que j’ai lues, j’ai reconnu tout de suite le comte – le visage de cire, le nez aquilin, qui, dans le clair de lune, paraissait une ligne blanche et mince, les lèvres vermeilles avec les dents aiguës qui brillaient, entre. Les yeux, surtout, les yeux étaient tellement rouges que j’avais l’impression de regarder, pendant un coucher de soleil, les vitraux de l’église Sainte-Marie à Whitby. Je reconnus aussi, tout de suite, la cicatrice rouge sur son front – à l’endroit où Jonathan l’avait frappé. Un moment, mon coeur s’arrêta. J’aurais voulu hurler, mais j’étais paralysée. Il profita de mon silence pour parler, d’une voix sourde mais tranchante. En parlant, il désigna Jonathan du doigt.

« Silence! Un son, un seul, et je lui broie la tête sous vos yeux! »

Plus que jamais, j’étais trop épouvantée pour oser un seul geste, un seul son. Avec un sourire moqueur, il posa une main sur mon épaule et de l’autre, me dénuda l’épaule tout en murmurant:

« D’abord, un peu de vie, pour récompenser tous mes efforts! Restez calme : ce n’est ni la première ni la seconde fois que vos veines auront apaisé ma soif! »

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L’auteur en attente de publication

J’aurais aussi pu intituler cet article : « Votre manuscrit a été accepté par un éditeur : félicitations ! Et maintenant ? », mais avouez que c’aurait été un peu long !

 L’idée de cet article m’est venue durant mon week-end aux Utopiales ( http://www.utopiales.org/ ), célèbre festival de science-fiction se tenant à Nantes dont j’aurai l’occasion de vous reparler bientôt, quand on m’a posé la question : « Et en attendant la publication, que fais-tu ? ». Du moins, c’était l’esprit.

 

(Pour ceux qui auraient loupé un épisode, la publication en question est celle du premier tome des Outrepasseurs, intitulé « les Héritiers », prévue pour le 13 février 2014 aux éditions Gulf Stream http://www.gulfstream.fr/ )

 Donc, après cet article (https://cindyvanwilder.wordpress.com/2013/10/03/lenvoi-dun-manuscrit-quelques-conseils-1/) et sa suite (https://cindyvanwilder.wordpress.com/2013/10/18/lenvoi-dun-manuscrit-quelques-conseils-2/) , où je mentionnais quelques conseils avant d’envoyer son manuscrit aux éditeurs, je vais donc vous parler de la période d’attente, quand vous avez signé votre contrat de publication et que vous attendez celle-ci !

 Tout d’abord, si vous pensez que l’auteur peut enfin se reposer sur ses lauriers (imaginaires), laissez-moi vous dire que rien n’est plus faux ! Si le « oui » que vous avez décroché marque la fin de la recherche des éditeurs, il signifie aussi le début d’une autre époque : celle de la pré-publication!

 Si votre manuscrit représente le premier tome d’une saga (dyptique, trilogie, etc), vous devrez donc penser logiquement à la suite. La date de remise du manuscrit sera à convenir avec votre éditeur, en fonction des délais de chacun (du moins, c’est mon cas avec l’équipe de Gulf Stream).

 Si votre manuscrit constitue un tome unique, vous devrez bientôt vous atteler aux corrections éditoriales, qui porteront à la fois sur le fond et la forme. Elles peuvent se dérouler en plusieurs phases, selon ce que vous aurez convenu avec votre éditeur. Si le terme « corrections » peut effrayer, dites-vous que c’est l’occasion rêvée d’assister à la méthode de travail éditoriale sur un texte. Vous pourrez discuter des changements à apporter, des passages à développer, de la caractérisation des personnages, etc !

 Cette phase ne consiste pas en de simples vérifications orthographiques & grammaticales, même si celles-ci ont bien entendu leur importance. Quand tout se passe bien et quand l’éditeur fait son boulot, c’est l’opportunité d’en apprendre davantage sur votre style, votre écriture, de repérer des darlings (le copyright de ce terme revient à mon amie Lise Syven – http://syven-mondes.blogspot.be/ – qui appelle ainsi les tics d’écriture. Je vous rassure, chaque auteur a les siens !), bref en quelques mots de vous améliorer et d’explorer d’autres facettes du métier d’écrivain. Personnellement, j’ai vécu mes corrections sur le premier tome des Outrepasseurs de cette manière.

 Ensuite, quand vous avez remis vos corrections, que vous et votre éditeur êtes satisfaits du boulot accompli, vient l’épreuve du BAT ou Bon A Tirer. Votre texte a été mis en forme, il ne reste plus qu’à le relire avec attention pour dénicher les dernières coquilles (comprenez fautes de frappe et autres nuisances !), les incohérences, les petits ajouts à faire, bref les derniers détails à apporter pour que votre texte soit parfait. Vous l’aurez compris, les corrections à apporter doivent être mineures. Pas la peine de vous lancer dans une réécriture ou un important chantier. Dans le meilleur des mondes, vous bénéficiez d’un délai suffisant pour relire votre texte à tête reposée (je dis « meilleur des mondes » car ce n’est malheureusement pas toujours le cas !).

 Après la remise du BAT, le texte part chez l’imprimeur, ce qui veut dire que dans un délai plus ou moins proche, vous aurez bientôt l’immense bonheur de tenir votre bébé entre les mains. Croyez-moi, quand ça vous arrive, c’est un des plus beaux moments dans votre vie d’écrivain !

 Bien sûr, entre les étapes que je viens de vous décrire, il y a plein de chouettes moments aussi, comme l’élaboration de la couverture, où vous pourrez peut-être apporter vos propres suggestions. Je dis « peut-être », car la conception de la couverture est une des tâches que se réserve l’éditeur. Vous n’aurez pas forcément votre mot à dire à ce sujet. Ne le prenez pas comme une restriction. Etant donné que la couverture constitue un élément décisif lors de l’achat d’un bouquin – je vous conseille à cette occasion de lire l’excellent article de Flora à ce sujet (http://unepagesouvre.blogspot.be/2013/09/la-guerre-des-couvertures-lepuree.html) – hé bien, votre éditeur a toute latitude pour décider !

 Personnellement, je peux vous dire que je suis totalement satisfaite (et bien au-delà d’ailleurs !) de la couverture du premier tome des Outrepasseurs. Et je la dévoilerai peut-être bientôt…

 Enfin, comme dirait une autre amie auteur, N.B. Coste (http://nbcoste.blogspot.be/) – j’en profite d’ailleurs pour dire que les premiers tomes de sa dernière saga en date « Space League » viennent de sortir ! – ayez des bouquins d’avance. Autrement dit, organisez votre planning d’écriture. Le temps de gestation d’un livre, avant qu’il ne soit exposé en librairie, se compte en mois, voire en années. Prévoyez donc à long terme… et amusez-vous!

(Vous m’excuserez pour les liens, mais WordPress a apparemment décidé de jouer les récalcitrants sur ce point!)