Le mardi sur son 31

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de deux lectures marquantes de la même auteur, j’ai nommé Philippa Gregory. Auteur britannique, spécialisée dans les romans historiques – je vous invite à visiter son site Internet, si vous ne la connaissez pas – elle s’est intéressée à l’époque des Tudors et à un de ses plus célèbres représentants, Henry VIII. De lui, on connaît bien sûr ses six femmes, sa cruauté et sa tyrannie, mais aussi la splendeur de sa cour et sa notoriété. Bref, des temps plus que troublés, où la vie et la mort des courtisans dépendaient souvent du bon vouloir du souverain…

A présent que je vous ai brossé le cadre général, venons-en aux romans. Comme souvent, j’ai commencé par la fin, à savoir le second bouquin dans l’ordre chronologique (c’est tout moi, ça!) Rassurez-vous, il est parfaitement compréhensible cependant, même sans avoir lu le premier. Pour moi, qui au moment de l’achat, avais le moral plus bas que zéro et qui avait désespérément envie d’un remontant, ce livre a comblé toutes mes attentes! Et pourtant, ce n’est pas une lecture « feel good » ou « légère ».

Il s’agit de « The Boleyn Inheritance« , traduit en VF par « L’héritage Boleyn« .

héritage_boleyn

 

Et au lieu de vous livrer le quatrième de couverture, je préfère vous parler moi-même de l’intrigue. C’est un roman à trois voix: celle d’Anne de Clèves, quatrième épouse du roi et une des moins connues; celle de Katherine Howard, une jeune fille de 15 ans, qui s’apprête à faire son entrée à la cour et enfin celle de Jane Boleyn, veuve de George Boleyn, exécuté en même temps que sa soeur Anne des années plus tôt.

Par le biais de leurs regards, avec chacun leurs différences – celui d’une étrangère qui pose le pied sur le sol anglais et qui s’apprête à épouser un homme qu’elle n’a jamais vu; celui d’une courtisane qui ne rêve que d’une seule chose, c’est recouvrer le pouvoir qu’elle a connu; celui d’une innocente, qui se retrouve prise au piège d’un complot pour la faire monter sur le trône – c’est une époque à la fois flamboyante et violente qui se livre, où trois femmes cherchent à trouver leur liberté, même si elles n’y ont aucun droit (la condition féminine de ce temps est très bien démontrée d’ailleurs…)

Mais ce sont les personnages qui m’ont le plus séduit, qui m’ont fait trembler pour eux autant qu’ils ont provoqué colère, compassion et empathie chez moi.

Si je ne devais choisir qu’une seule phrase, ce serait celle-là :

« The king did not say goodbye » I say in a sort of quiet horror. It is as they say. The king never says goodbye. »

Ce qui donne en VF:

« Je murmure d’un ton calme et à la fois horrifié: « Le roi n’a pas dit adieu. Tout se déroule comme ils le disent: le roi ne dit jamais adieu. »

Comme j’avais eu un coup de coeur pour ce roman, j’ai logiquement lu le premier bouquin, qui se déroule chronologiquement bien plus tôt. Intitulé « The Other Boleyn Girl« , il a été traduit par « Deux soeurs pour un roi » et a fait l’objet d’une adaptation ciné, comme le prouve cette couverture:

other_boleyn_girl

 

Personnellement, j’ai préféré le roman. Il se passe donc à l’époque de la première femme d’Henry VIII, Catherine d’Aragon. Tout irait pour le meilleur des mondes si le couple royal avait un héritier mâle. Ce n’est pas le cas et la reine, plus âgée que le roi, ne semble plus en état de donner de nouveaux enfants. Un terrain rêvé pour la jeune et ambitieuse Anne Boleyn, qui revient tout juste de la cour française.

Mais ce roman s’attache plutôt aux pas de Mary Boleyn, l’autre soeur Boleyn, et dont les historiens font généralement peu de cas, à part pour la nommer « the great and infamous whore ». Au-delà de cette dénomination peu reluisante, Gregory a voulu montrer l’itinéraire d’une jeune fille, soumise aux pressions de sa famille et à la rivalité amoureuse croissante avec sa propre soeur, et qui finira pourtant par prendre son destin en main. C’est une histoire très touchante, très humaine aussi et qui m’a pris aux tripes, aussi bien vu le destin de Mary que celui d’Anne ou de George, leur frère. Bref, si vous ne devez lire qu’un seul roman de Gregory, je vous conseille celui-là (et en espérant qu’il vous donnera envie de lire la suite!)

La phrase qui va bien :

« You know where, I said. Why ask me ? To the worst place we can think of.  To the Tower. »

Ce qui donnerait en VF:

« Tu connais la destination, dis-je. Pourquoi me le demander ? Ils les emmènent dans l’endroit le plus redoutable auquel nous pouvons songer: à la Tour de Londres. »

10 réflexions sur “Le mardi sur son 31

  1. Oh faut que je les trouve ceux-là. J’ai découvert l’année dernière l’univers d’Henri VIII et j’ai adoré… Merci pour l’article… Cela ca encore allonger ma PAL quand je les aurais trouvés..:)

  2. Oh ! J’avais lu Deux soeurs pour un roi et avais beaucoup aimé. J’ai L’Héritage Boleyn dans ma bibliothèque, et après le semestre que j’ai eu sur l’histoire des Tudors, j’en ai eu un peu ma claque mais tu me donnes très envie de l’y sortir… 😀

  3. Deux livres que je meurs d’envie de découvrir ! Il faut absolument que je les ajoute à ma wish, je n’y pense jamais quand je flâne en librairie ^_^

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